Le logement social contre la mixité sociale

Désormais, davantage de ghettos, de l’intégration forcée. Cette solution est inadmissible et scandaleuse.

Par Jacques Garello.

Manuel Valls credits Parti Socialiste (licence creative commons)
Manuel Valls credits Parti Socialiste (licence creative commons)

 

On a beau chercher à se donner une étiquette de social-démocrate ou de démocrate libéral, on n’en reste pas moins un homme de gauche acquis au collectivisme, et il y a tout intérêt à le prouver à la veille des élections cantonales. Vendredi dernier, le discours du Premier ministre sur la mixité sociale fleurait bon la « société sans classe ». Pour Valls et ceux de sa famille, intégrant bien sûr les Verts, il faut hâter un audacieux programme de logements « sociaux » de nature à mélanger les Français de toutes conditions. Les lois SRU du camarade Gayssot en 2000 et ALUR de la prêtresse Duflot en 2015 ouvraient la voie de la collectivisation de la vie municipale. Valls ira plus loin. Désormais, dans toutes les communes de plus de 3.500 habitants qui n’auront pas atteint leur quota de 25 % de logements sociaux, non seulement les pénalités financières prévues seront appliquées avec la plus extrême rigueur, mais le Préfet disposera de pouvoirs qui sont autant d’attaques et à la propriété privée et à l’autonomie locale. Il pourra délivrer lui-même des permis de construire, il pourra faire bâtir dans des zones jusque là protégées, il disposera d’un droit de préemption. La solution est donc dans la mise en place de quartiers où seront regroupés des Français qui jusqu’ici vivaient séparés en communautés.

mixité sociale rené le honzecDésormais plus de ghettos, de l’intégration forcée. Cette solution est inadmissible et scandaleuse. Mais elle est inspirée par une analyse stupide et mensongère suivant laquelle le logement « social » serait un facteur de cohésion sociale, alors même qu’il contribue non seulement à la crise du logement mais aussi à la ségrégation et aux espaces de non-droit. En 2012, une étude de l’IREF (menée à l’initiative de l’UNPI (Union Nationale de la Propriété Immobilière) par Nicolas Lecaussin et moi-même, « La vérité sur le logement social » mettait en évidence des vérités qu’ignore la pensée unique :

  1. Les ménages aux revenus les plus faibles sont logés pour 60 % d’entre eux dans le parc privé, parce qu’ils n’ont pas accès aux HLM.
  2. Les HLM ne les accueillent pas pour trois raisons : des villes et des régions ont pléthore de logements HLM vacants alors qu’il existe une pénurie ailleurs, ce qui montre l’intelligence de la politique du logement ; les HLM sont devenues inhabitables, par défaut d’entretien (c’est le sort de toute propriété collective), ou par volonté des occupants actuels d’exclure de nouveaux arrivants « exogènes », dérangeant leurs mœurs, et commerces ; les HLM sont occupées par des ménages au-dessus du plafond de ressources, soit 4.000 euros, cela représente 370.000 familles, dont 53.000 ont un revenu mensuel supérieur à 11.200 euros.
  3. L’attribution des HLM est influencée par les interventions politiques, elle crée une clientèle fidèle pour les municipalités.
  4. Le financement du logement social se fait essentiellement par dérivation forcée de l’épargne nationale, les dépôts sur les livrets A étant totalement (Caisses d’Épargne) ou partiellement (banques) orientés vers la Caisse des Dépôts et Consignations à des conditions de taux et de durée que ne peuvent atteindre les investisseurs privés. La conséquence est un surcoût de la construction sociale, et un blocage de l’investissement locatif privé.
  5. Les HLM échappent à toutes les contraintes administratives auxquelles sont confrontés les investisseurs privés (plans d’urbanisme, zonage, instruction des permis, etc.). Si l’on veut faire du logement un facteur de brassage social, il vaut mieux emprunter la voie de la propriété privée.

La privatisation des HLM en Angleterre ou aux Pays-Bas a transformé des bâtiments inconfortables et dégradés en immeubles entourés de tous les soins par leurs occupants désormais propriétaires.

Quant à la cohésion sociale, elle n’est pas seulement affaire de logement. Elle implique aussi :

  1. Une scolarité de qualité, grâce à une libre concurrence entre établissements de tous genres, alors que les enfants sont aujourdhui livrés à un monopole public ivre de laïcité et de syndicalisme.
  2. Une intégration par l’emploi, ce qui est impossible dans un pays où les chômeurs se multiplient, grâce aux contraintes fiscales, sociales et réglementaires pesant sur les entreprises, et grâce au traitement « social » du chômage. L’économiste Thomas Sowell, lui-même issu de Harlem, a bien expliqué le miracle de la cohabitation entre ethnies aux États-Unis : le travail, source de relations personnelles et de promotion sociale.

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