Swissleaks : que faire des fichiers volés ?

Michel Sapin (Crédits : Parti Socialiste, licence Creative Commons)

Michel Sapin est fier de vous annoncer que la liste HSBC recensant des clients soupçonnés de fraude fiscale a été largement partagée avec d’autres États.

Par Thibault Doidy de Kerguelen.

Michel Sapin (Crédits : Parti Socialiste, licence Creative Commons)
Michel Sapin (Crédits : Parti Socialiste, licence Creative Commons)

 

Plus on est de fous

La liste « a déjà été remise aujourd’hui à 19 États » et « nous avons 11 pays qui sont en attente, dont l’Autriche où les informations doivent arriver cette semaine, de même que la Slovaquie », a annoncé fièrement le ministre Michel Sapin lors d’un point presse aujourd’hui.

Il s’agit bien évidemment des fichiers dérobés par un ex-informaticien de HSBC Private Bank, Hervé Falciani, qui avaient été transmis à la France et dont l’existence fut dévoilée en 2008. L’affaire a été relancée récemment par des révélations publiées dans plusieurs journaux internationaux, et issues de cette liste, sous le nom de « SwissLeaks ».

Et si cette liste ne restait pas entre les mains des politiques ?

Le problème de cette liste n’est pas tant qu’elle soit exploitée. Un indic sort une liste qu’il transmet au fisc, quoi de plus normal que de voir ce dernier l’utiliser. Qu’à la limite elle soit communiquée à d’autres pays, pourquoi pas. L’indic n’avait qu’à expurger les étrangers et négocier avec les autres pays le prix de sa trahison. Non, le vrai problème, en France, est l’opacité totale dans laquelle cette liste est exploitée. Comme nous l’évoquions il y a déjà quelques temps, toujours sur ce sujet, le principe dans notre pays consiste à choisir ceux que l’on fera monter sur l’échafaud afin de faire couler le sang qui ravit le bon peuple pendant qu’à l’abri des regards, se cachent les amis, tout aussi coupables mais tellement « amis » !

Pourquoi ne pas confier cette liste à des magistrats qui enquêteraient sur tous les noms afin d’identifier qui a fraudé, dans quelles conditions et de poursuivre ou non, de proposer une transaction ou pas ? Il est en effet tout à fait concevable que certains comptes aient servi à des opérations internationales d’intérêt d’État et que cela ne soit pas exposé sur la place publique ni ne fasse l’objet de poursuites. Des magistrats seraient garants de cette justification, sans que des considérations personnelles ou politiques n’entrent en ligne de compte…

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.