La robotique au service de la productivité

Alors que les nouvelles technologies permettent d’améliorer la productivité en faisant mieux, plus vite et moins cher, la France tarde à s’engager dans la voie de la robotisation.

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La robotique au service de la productivité

Publié le 2 mars 2015
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Par Delphine Granier
Un article de GenerationLibre

Robby the Robot - Credits JD Hancock (CC BY 2.0)
Robby the Robot – Credits JD Hancock (CC BY 2.0)

 

Alors que la robotique prend son essor dans des pays comme l’Allemagne, le Japon, la Chine, la Corée du sud etc., la France tarde à s’engager dans la voie de la robotisation. Le nouveau rapport du Boston Consulting Group (BCG), « Why advanced manufacturing will boost productivity », paru en janvier 2015, analyse comment les nouvelles technologies permettent d’améliorer la productivité en faisant mieux, plus vite et moins cher. « Dans cinq à dix ans, les robots deviendront une solution incontournable dans la plupart des industries, y compris pour les petites et moyennes entreprises » estime Olivier Scalabre, directeur associé au BCG Paris. Anticipant l’essor de la robotique avancée, l’étude pose la question de la place de l’humain dans cette nouvelle configuration (cf. le débat de GenerationLibre sur le sujet).

robotique hollande rené le honzecDans le contexte de mondialisation des dernières décennies, l’amélioration de la compétitivité des entreprises revenait essentiellement à rechercher de la main d’œuvre à bas coût, souvent issue des pays émergents. La rapide hausse des salaires dans ces pays a aujourd’hui changé la donne et la délocalisation ne semble plus la solution idoine pour diminuer ses coûts de production. En Chine, alors que le coût du travail représentait, il y a un peu plus de 10 ans, un vingtième seulement du coût du travail américain, l’investissement dans de nouvelles technologies de production ne pesait pas lourd face à la possibilité de délocaliser. Aujourd’hui, le différentiel de coût entre la Chine et les États-Unis a quasiment disparu pour de nombreux produits et la main d’œuvre brésilienne, par exemple, est estimée plus coûteuse que dans de nombreux pays européens. La recherche de gains de productivité se situe, à présent, du côté des nouvelles technologies.

L’industrie 4.0 est en plein essor. Le progrès des technologies de l’information et l’introduction du numérique à toutes les étapes du processus de production ont permis de maximiser la performance tout au long de la chaîne de production. Le développement de la robotique avancée permet, par ailleurs, aux entreprises de gagner en flexibilité et d’améliorer leur réactivité face au marché, en minimisant leur temps d’adaptation, et de faciliter l’innovation en permettant aux entreprises de produire des produits nouveaux de tout type, de meilleure qualité, respectueux de l’environnement, à moindre coût, et en toute sécurité. La recherche de moyens industriels innovant, en assurant par ailleurs une maîtrise des coûts de production, est un atout majeur pour maintenir les emplois dans les territoires.

L’exemple des principaux outils de technologie avancée l’illustre. Les imprimantes 3D et la simulation digitale permettront aux ingénieurs d’économiser du temps et d’optimiser les coûts de production. L’automatisation et le numérique permettront l’utilisation de machines connectées entre elles, capables d’ajuster automatiquement leur niveau de production en fonction de capteurs de données en temps réel. Enfin, l’émergence de robots de plus en plus autonomes, capables de communiquer entre eux, permettra de maximiser l’efficacité de la chaîne de production en offrant la possibilité de s’adapter en temps réel.

Si ces changements ne bouleverseront pas radicalement le monde du travail à court terme, les nouvelles technologies s’installent progressivement comme un inévitable outil de modernisation. Selon une étude menée par le Boston Consulting Group, 72% des entreprises industrielles américaines sondées déclarent vouloir investir davantage dans la robotique avancée et les nouvelles technologies dans les cinq années à venir. 56% d’entre elles prévoient, par ailleurs, que l’automatisation leur permettra d’améliorer leur productivité de façon plus significative qu’en délocalisant. Plusieurs géants américains de l’industrie témoignent aujourd’hui de la puissance des nouvelles technologies en termes de gain de productivité. Ford Motors estime que l’investissement de 15 millions de dollars sur cinq ans aura permis à l’entreprise d’économiser 120 millions de dollars, soit un retour sur investissement de 700%. Selon le Boston Consulting Group, la combinaison des différents outils technologiques à disposition permettrait en moyenne de réduire les coûts de production de 20 à 40%.

La part croissante de machines autonomes dans les processus de production interroge la place de l’humain dans l’entreprise. Estimant que les robots seront capables de gérer 25% des tâches automatisables en 2025, le BCG prévoit que la généralisation des robots dans l’industrie, comme dans les petites et moyennes entreprises, entraînera la destruction d’emplois dans certains cas : les secteurs de l’automobile, du transport, des composants électriques et électroniques, et les producteurs de biens d’équipement industriel représenteront 75% des installations de robotique avancée d’ici 2025. Dans ces industries, les robots pourront superviser 30 à 40% des tâches automatisables. Toutefois, le travail complémentaire entre l’homme et la machine constituera globalement le modèle de demain. Aussi, si la machine semble plus compétitive, c’est l’union de l’homme et la machine qui permettra l’efficacité maximale.

Considérant l’impact estimé des technologies de production sur la productivité et le retard de la France dans l’utilisation de la robotique avancée, une réflexion sur notre modèle de production s’impose, à la lumière des nouvelles technologies, du digital et du Big Data.


Sur le web.

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  • « une réflexion sur notre modèle de production s’impose, à la lumière des nouvelles technologies, du digital et du Big Data. »

    Robot, big data ou pas, plus ou moins nouvelles technologies, cela veut dire simplement pour les entreprises « investissement ». On peut donner tous les noms ou toutes les cibles à cet investissement, les entreprises ont pour cela besoin des fonds que l’état leur a pris et des marchés qui existent de moins en moins quand la réglementation interdit tout et n’importe quoi.

    Et puis si l’avenir de la France est de couler du béton pour fixer des éoliennes ou d’étendre de la laine de verre, l’apport de la robotique est assez restreint.

  • Les Français ne sont pas plus bêtes que les autres, ils s’équiperaient en robots si l’Etat ne faisait pas tout pour empêcher que ce soit rentable pour eux. La robotisation, c’est l’affreux revenu du capital qui prend la place du revenu du travail. Il y aura bientôt une taxe sur les robots pour compenser le manque à gagner du fait qu’ils ne cotisent pas aux syndicats…

    • Et la robotisation est une excellente alternative a l’immigrationnisme compulsif d’une certaine partie de nos « élites », mais comme les robots ne votent pas a gauche il est quasi certains que tout sera fait pour empêcher la modernisation de notre industrie.

  • J’ai envie d’acheter un robot qui ira bosser à ma place et me rapportera un salaire 😆

  • Les commentaires sont fermés.

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