Renouvelables : c’est la « cata »

Le soutien forcené aux énergies renouvelables (hors hydraulique) conduit la France et l’UE « à la catastrophe ».

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renouvelables (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

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Renouvelables : c’est la « cata »

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 2 février 2015
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Par Michel Gay

renouvelables rené le honzec

La politique énergétique de la France, si elle en a une, a été fondée sur les trois présupposés suivants qui se sont révélés faux :

  1. le prix des énergies fossiles va croître de façon inexorable parce que la demande va excéder la production,
  2. l’Europe aura un avantage compétitif en développant une économie « bas carbone » fondée sur les renouvelables,
  3. une augmentation du prix du « carbone » émis par les énergies fossiles augmentera le coût des productions des centrales électriques classiques jusqu’à ce que les énergies renouvelables, notamment éoliennes et photovoltaïques, deviennent compétitives.

Or, on constate le contraire ! La production et les réserves augmentent depuis 2008 pour le pétrole, le charbon et le gaz. Les prix fluctuent mais ils ont baissé, notamment aux États-Unis, et le coût gigantesque des développements éoliens et photovoltaïques plombent notre compétitivité en augmentant les taxes et le prix de vente de l’électricité.

Des centaines de milliards d’euros investis dans des installations solaires et éoliennes ne produisent qu’une faible quantité d’électricité aléatoire1. Des usines conventionnelles, nucléaires ou fossiles, sont toujours nécessaires pour la « vraie » production, en particulier des centrales à gaz afin d’assurer les pointes de consommation les soirs d’hiver.

Ces installations solaires et éoliennes intermittentes ne peuvent jouer qu’un rôle anecdotique sans un système de stockage massif. Or, seuls quelques trop rares barrages hydroélectriques peuvent stocker l’énergie par pompage avec un rendement décent. Les autres techniques (dont l’électrolyse pour stocker de l’hydrogène) ont des rendements électriques ridicules et nécessitent des investissements colossaux qui, au minimum, tripleraient le prix actuel de l’énergie produite.

Le plus extravagant est que les privilèges accordés en Europe aux promoteurs des installations renouvelables ont favorisé d’une part le développement d’une florissante industrie de panneaux solaires… en Chine et, d’autre part, l’augmentation des besoins en matière appelée « terres rares » (d’origine essentiellement… chinoise) pour les générateurs des éoliennes.

Contrairement aux affirmations martelées par certains écologistes et reprises par les médias, non seulement un emploi vert subventionné en Europe n’est pas pérenne2, mais de surcroît il détruit deux ou trois autres emplois par ailleurs dans l’industrie.

De plus, pour équilibrer le réseau de transport, perturbé par des éoliennes intermittentes et dont la puissance est extrêmement variable en fonction du vent, il faut disposer de centrales thermiques fiables, notamment au gaz.

En outre, si le besoin en électricité est couvert par les moyens traditionnels (fossiles et nucléaire), alors l’énergie électrique produite par les renouvelables est inutile. Elle est même parfois revendue à prix « négatif ».

Inversement, en hiver, par temps froid, lorsqu’une situation météorologique stable et sans vent (anticyclone) s’installe sur l’Europe et sur notre pays, la production de l’éolien est faible et celle du solaire aussi (jours courts, peu de lumière). Ce fut notamment le cas le 30 décembre 2014, et durant plusieurs autres jours depuis cette date.

La transition énergétique vers les énergies renouvelables pour succéder aux énergies fossiles est un mythe savamment entretenu, alors qu’en réalité cette transition se fera surtout grâce à l’énergie nucléaire. La surgénération avec de l’uranium, puis avec du Thorium, permettra de satisfaire les besoins mondiaux en chaleur et en électricité pendant plusieurs milliers d’années pour les pays qui pourront se l’offrir. Ces deux éléments sont abondants sur terre comparativement aux quantités qui seront consommées pour la production d’électricité.

Noyautée par des ONG environnementalistes radicales, la politique de l’Union européenne (UE) en matière de climat et d’énergie est… déraisonnable. Pour traiter un problème climatique, l’UE a mis en place un système de bourse d’échange carbone, source de tous les abus et de toutes les malversations, sorti des règlements et des normes aussi inutiles que néfastes pour nos économies… et elle conduit les États vers une transition énergétique qui les mène droit dans le mur. L’Allemagne avec son « Energiewende » est un bon exemple… de ce qu’il ne faut pas faire.

La Commission européenne et maintenant nos gouvernements, convaincus d’agir pour « sauver la planète » (slogan prétentieux ?), nous imposent des plans « climat-énergie » onéreux et flous, ainsi qu’une multitude de normes qui restreignent l’espace de liberté des citoyens et des entreprises. L’Europe montre ce qu’il ne faut pas faire, sauf à vouloir se tirer une balle, non pas dans le pied, mais dans le genou. Son « exemple » fou de soutenir à tout prix le développement des éoliennes et du photovoltaïque n’est pas suivi par les autres pays qui savent raison garder… Dépenser des milliards d’euros et plumer les citoyens et les entreprises pour un si piètre résultat est un délire collectif qui, s’il persiste, mènera l’UE à sa ruine…

En France, le Grenelle de l’environnement a repris à son compte la folle politique de l’UE, l’a déclinée au niveau national, et nous l’impose. La mécanique techno-bureaucratique est en marche. Les Régions préparent leurs « plans climat-énergie », dont on sait qu’ils ne serviront à rien, si ce n’est à plumer le « citoyen-contribuable-consommateur », et à torpiller la compétitivité de nos entreprises.

Ce soutien forcené aux énergies renouvelables (hors hydraulique) conduit la France et l’UE « à la catastrophe ». Est-il possible de faire plus absurde ?

  1. Moins de 5% de la production en France en 2014. RTE, bilan électrique 2014, édité le 27/01/15.
  2. Après des faillites retentissantes dans l’éolien et le solaire (Prokon, Q-cells,…), le leader de l’énergie solaire en Allemagne, SMA Solar, a annoncé mi-janvier 2015 qu’il allait supprimer le tiers de son effectif, soit 1600 emplois.
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  • bonjour ,immense problème ,sujet à polémiques sans fin :S’il est juste que l’hydraulique est quasi parfait ;La France n’est pas la Norvège . Le solaire n’est pas pour tout le monde ,selon l’habitat + les inconvénients liés aux rapports Clients- ERDF question raccordements & prix consentis pour le surplus .
    L’éolien ,pour votre serviteur est juste bon pour soulager/recharger les batteries qui produisent le courant nécessaire aux instruments de navigation et sécurité lorsque son vieux 7 m est en mer .
    D’autres plus savants que moi vous décriront peut-être la dimension (et le coût ) d’un parc éolien pour alimenter un village de 500 habitants ;ce au même prix que le Nucléaire

    • Tout à fait, et e suppose en outre que votre 7m est un voilier. Le jour où on verra des porte-container à voile, je commencerais à croire aux EnR …

      PS : pour le « Charles de Gaule », vous estimez quelle surface pour la voilure ?

      • bonjour pragmat ,il s’agit en effet d’un voilier « gib-séa 24 » (7,15 m) de 1979 ,surface de voilure = 29m² (sans le spi) .
        Pour le PA De Gaulle ,difficile à évaluer ,sans compter qu’alors vous devriez vous abstenir d’y faire dé coller où apponter quoi que se soit .
        A titre de comparaison ,le Fameux Belem = 1200m² .La Goélette à huniers La Belle Poule (sur laquelle votre serviteur fit Maistrance en son jeune temps ) = 400 m²
        PS /mon éolienne ;ou turbine à vent ;fonctionne à partir d’un vent de 3m/s en donnant 10 w ,fournit un courant « capacitif  » de 25 A

    • Il est peut être aussi cher. Mais le coût des stockage et la dangereusité des déchets radioactifs c’est un coût excessif que paye les contribuables et nos enfants paieront le prix fort des dangers du nucléaire. De plus on voit bien que les centrales vieillissent très mal, on risque un fucushima français dans les années avenir si ont fait rien.
      Merci de votre lecture
      Cordialement

      • Un Fukushima français ??? Hab bon, il y a des tremblements de terre Magnitude suivis de raz-de-marée de m de haut en France ???
        Je ne savais pas cela !!!

        Et pour les dangers du Nucléaire… Vous oubliez bien vite ou ignorez (ce qui est encore pire) les dangers de l’exploitation – recyclage des terres rares / silicium nécessaires pour fabriquer les éoliennes et les panneaux solaires.
        Et je ne parle même pas des 8000 morts annuels dans les mines de charbons au niveau mondial…. Charbon qui est brûler dans les centrales d’appoints aux éoliennes ou de remplacement des centrales nucléaires.
        Et que dire de la pollution causée par les fumées de combustion du charbon (fumées qui contiennent des doses massives de métaux lourds comme le plomb, le cadmium, l’arsenic, le cuivre…)…

        • Et que dire de la pollution causée par les fumées de combustion du charbon (fumées qui contiennent des doses massives de métaux lourds comme le plomb, le cadmium, l’arsenic, le cuivre…)…

          Sans oublier l’uranium, hé hé, tout comme les autres métaux.

  • Est-ce que ces c….ries vont s’arrêter avant que la CSPE ait doublé notre facture d’électricité ?

  • Le réchauffisme témoigne du naufrage de la pensée en Occident post-chrétien.
    Les politiciens se permettent d’imposer des mesures extrêmement lourdes sans preuves, au motif que la réalité va se plier aux modèles du climat – alors que la science exige l’inverse.
    Il exploitent sans retenue leur pouvoir d’endoctriner nos enfants dans un conformisme revêtu de la dignité de science, de sorte que des générations entières sortiront de l’école avec une régression culturelle de plusieurs siècles par rapport à celles de leurs parents.
    Rappelons que c’est faute de preuve que Galilée fut enjoint à présenter le modèle copernicien non comme un fait avéré mais comme un modèle à côté de celui de Ptolémée.
    Au début du 17e siècle, l’Inquisition était donc plus rationnelle que nos autorités politiques du début du 21e…
    À ce rythme de régression intellectuelle, nous finirons nos jours dans des cavernes.

  • Questions réchauffement, il ne semble pas se produire aussi rapidement que soit-disant selon les réchauffistes.
    Mes cornichons sur le balcon en hiver, c’est pas pour demain 🙁

  • L’auteur est un ancien pilote de chasse et aurait du visiblement le rester, vu qu’il ne maîtrise absolument pas son sujet et se borne à répéter des lieux communs entendus ici ou là:

    – Incapacité du réseau à absorber des énergies intermittentes ?
    Le mieux placé pour y répondre est RTE, puisqu’il est garant de l’équilibre offre/demande du réseau et se doit d’être objectif et exhaustif. D’après leur dernière étude prospective à l’horizon 2030 (Voir la simulation page 170 de l’Edition 2014 du Bilan Prévisionnel RTE), le réseau français peut intégrer une capacité x4.5 d’énergie éolienne (passage de 8.1GW installé en 2014 à 36.6GW en 2030) et une capacité x5.6 de centrale photovoltaïque (passage de 4.3 GW en 2014 à 24 GW). Les conditions pour cela sont :
    1) l’ajout par rapport à 2014 de +1,4 GW de capacité de pointe (capacité qui peut être trouvée dans des centrales déjà construites et actuellement sous cocon, donc à investissement 0) ou de moyens d’effacement, puisque d’ici là le développement des smarts grids fera que la demande pourra s’adapter à la production,
    2) la construction de 2 GW de capacité de stockage… Soit 3% de la capacité éolienne et photovoltaïque installée en 2030. A noter qu’en 2030 les voitures électriques – qui sont en fait des batteries sur roues – pourront facilement jouer ce rôle de stockage, sans surcoût d’investissement.

    – Une énergie extrêmement chère ?
    Je reconnais que les premières installations photovoltaïques ont été trop subventionnées par l’Etat, ce qui a conduit à créer une mini bulle. Mais les choses ont largement évoluées depuis, notamment parce que les prix des modules photovoltaïques ont été divisés par 6 en 3 ans.
    Si l’on regarde les tarifs actuellement proposés par l’Etat en France : 80 €/MWh sur 20 ans pour l’énergie photovoltaïque , 76€/MWh pour l’énergie éolienne. En comparaison avec un prix de gros de l’électricité moyen de 95€/MWh en zone euro. De même, EDF va vendre ses 2 EPR à l’Angleterre pour un prix de 109 €/MWh… garanti pendant 60 ans! Et la comparaison avec le gaz ou le charbon ne tient que s’y l’on prend en compte les externalités négatives de ces énergies (pollution, émission de CO2 etc..)

    De plus, un facteur essentiel à prendre en compte est qu’il y a encore une marge de progression importante dans la jeune industrie photovoltaïque (rendement des modules, automatisation des procédés de fabrication etc..). Ainsi les professionnels du secteur anticipent une baisse de l’ordre de 20% du coût de production d’une centrale PV sur les 2 prochaines années. (ces coûts de production ayant déjà baissés de 300% depuis 2010 grâce à la massification des moyens de production).

    – Une énergie qui ne crée pas d’emploi en Europe ?
    Les modules photovoltaïques ne représentent que 50% de la valeur d’une centrale. Les 50% restants (onduleurs, structures, câbles, main d’oeuvre) sont uniquement d’origine européenne. Pour comparaison, pour une centrale à gaz 60% à 70% du coût d’un MWh produit va hors des frontières de l’Europe (Russie, Algérie, Qatar, que des pays que l’on a envie d’aider en plus). Il n’y a qu’à voir le poids des importations d’énergies fossiles dans la balance commerciale de la France.

    • Si je ne m’abuse les pilotes (de ligne ou de chasse) sont recrutés dans les concours aux grandes écoles d’ingénieurs et ont une formation technique très poussée. Et vous quels sont vos compétences pour mettre en doute celles des autres.

      Réaliser quelque chose qui fonctionne en faisant des choix techniques et économiques de bout en bout n’est déjà pas évident. Je ne donne pas cher de l’avenir de ce qu’on met en place avec des solutions politiques de bout en bout. Et je ne donne pas cher de la France et des pays qui ne comprennent pas cela.

      • Je suis ingénieur et je travaille dans le secteur de l’énergie. Et je n’ai jamais eu la prétention d’écrire un article sur le sujet des ENR. Par contre il m’est facile de relever des contres vérités quand j’en lis. Même si cela peut paraître élitiste, derrière la notion d’énergies renouvelables (et les lieux communs qui y sont associés) se cache une multitudes de problématiques complexes à appréhender : problématiques économiques (encore une fois on parle de technologies dont le coût a été divisé par 5 en 5 ans!) , technologiques (quelle techno pour le stockage de masse de l’électricité ?), géographiques (par ex. pour un même projet en France, le prix de vente de l’élec peut varier du simple au triple en fonction de l’endroit où l’on se trouve) et géopolitiques mêmes.

        Donc oui, il faut malheureusement avoir un minimum de connaissances récentes sur le sujet pour bien en parler (et a fortiori pour écrire des articles dessus), ou à défaut s’appuyer sur des chiffres objectifs. (ce que je fait en parlant de prix en €/MWh )

    • Il y a une question que je me pose depuis longtemps et je n’ai toujours pas de réponse.
      Vous qui êtes un fervent défenseur des énergies renouvelables je suppose que vous êtes équipé à titre personnel de panneaux photovoltaïques et d’une éolienne domestique.
      Ma question, comment êtes vous alimenté en électricité, quand vous rentrez chez vous un soir de janvier à 19h et que le vent souffle à 10km/h? votre réponse m’intéresse.

      • Ah merci, exactement ce que je cherchais pour illustrer mon propos : on croit connaître le sujet parce qu’il a l’air trivial en apparence (quoi de plus bête qu’un panneau photovoltaïque?) alors que la réponse se trouve dans les milliers de simulations faites par les ingénieurs de RTE.

        PS : la réponse à votre question se trouve dans l’édition 2014 du Bilan Prévisionnel de RTE.

    • Comme pragmat je trouve malveillant de critiquer les origines professionnelles de l’auteur de l’article, personnelement je suis commerçant et je lis depuis 40 ans des revues scientifiques et j’ai la capacité à comprendre des énnoncés scientifiques (bien mieux que certains politiques en tout cas !)

      – Le problème de l’intermitence des énergies renouvelables sur le réseau est la nécessité de le surdimensionner ce qui entraine des investissements très importants, vous pouvez nous abreuver de chiffres (des prévisions 2030 quand même, qui pouvait dire que le prix du pétrole serait divisé par deux en 2 mois).

      – Oui les énergies renouvelables sont plus chères, la hausse de 80 % du prix de l’électricité en Allemagne depuis la transition énergétique en est la preuve, si elles ne sont pas plus chères, alors arrêtons les subventions. Tout le monde sait cela.

      – L’énergie qui crée le plus d’emplois de manière locale, c’est le nucléaire, la part du combustible dans le coût de fonctionnement d’une centrale est infime.

      • 1) Nuance, on parle d’un scénario avec un % d’ENR donné dans le mix énergétique français. Ce scénario pourrait se produire demain que les résultats en seraient toujours vrais.

        2) Sauf qu’en 2015 en France, une centrale PV sort de l’énergie moins cher qu’un EPR.

        3) SI je suis votre raisonnement, le nucléaire crée plus d’emploi parceque le coût du combustible est infime ? Et à votre avis, quel est le coût du « combustible » d’une centrale ENR ?

  • @ Mikael, ah ces prix de l’énergie à la sauce des ONG vertes genre Greenpeace repris à l’infini dans la propagande pro renouvelable ! Un mensonge répété à l’infini ne fait pas une vérité. Démontons donc ces hoax verts.

    Rétablissons la vérité des couts du MWh électrique avec les chiffres récents et fiables établis par la Cour des comptes et dans le Rapport Énergies 2050.
    Pour le nucléaire, le cout moyen actuel « sorti centrale » du MWh, complet et sans couts cachés : est pour EDF (cout ARENH) de 40€, pour le consommateur (sans tenir compte des amortissements) de 48.5€ et 54€ après remise à niveau (jouvence) pour prolongation de la durée de vie des réacteurs à 60 ans, pour le prototype EPR de 75€ et descendra à 60€ avec les effets d’échelle et d’expérience.

    En 2010, il était de 33 à 40 euros pour l’hydraulique, 60 à 70 euros pour le charbon, 80 à 90 euros pour le gaz naturel, 80 euros pour l’éolien on-shore (70 euros en 2030), 150 à 200 euros en 2010 pour l’éolien offshore (110 en 2030), 240 à 400 euros en 2010 pour le solaire photovoltaïque (160 euros en 2030).

    Et le prix « sorti centrale » n’est qu’une partie du cout final, l’énergie doit bien finir par arriver chez nous ou nos entreprises. Pour l’éolien et le photovoltaïque, si ils montaient en puissance, il faudrait ajouter les couts importants de régulation et de distribution à cause de la forte contrainte de l’intermittence. Et, autre conséquence de l’intermittence, l’impact sur les rejets de CO2 puisqu’il faudrait des centrales au gaz ou au charbon pour compenser les « pannes » fréquentes du soleil et du vent.

    • Merci d’illustrer parfaitement mon propos initial : vous me parlez de coûts 2010 sur une technologie qui a divisé ses coûts par 5 en 5 ans… et qui a encore plusieurs innovations de rupture dans ses cartons.

      Sinon pendant ce temps là, dans la vrai vie et le monde réel, des investisseurs et des banques ont financé un projet PV en 2014 en France de 360m€ qui sortira un prix de 105€/MWh pendant 20 ans alors qu’en même temps l’Angleterre a signé avec EDF la construction de 2 EPR à un coût de 109€/MWh sur 60 ans. (dommage pour eux, vous auriez du les conseiller…).

      Encore une fois, il faut que les ENR en France fassent x2 ou x3 avant qu’il n’y ait des surcoûts importants pour le réseau et d’ici là leur prix aura continué de baisser, ce qui permettra de financer une intégration réseau (stockage etc..) plus poussée.

      • @Mikael, la convention à 109 euros par MWh des deux EPR est le coût lors de la livraison (= dans10 ans?) celui de 105 euros par MWh (s’agit-il de la centrale de Cestas?) est un coût actuel. Mais il ne comprend pas les dépenses qu’il impose au réseau, et la nécessité de disposer d’une centrale de back-up, en particulier en hiver! Discuter ad nauseam sur le prix d’une électricité intermittente n’a de toute façon pas de sens. Ce qui est important, c’est le prix de l’électricité du mix électrique qu’elle impose. L’exemple de l’Allemagne est particulièrement frappant: l’augmentation du prix de l’électricité depuis 2000 y est parfaitement corrélée (coefficient de 96 %) avec l’accroissement de la part de l’éolien et du solaire PV dans le mix électrique, environ 7 % d’augmentation par accroissement de 1 %. Initialement, le développement de l’éolien et du solaire a été présenté comme un moyen de lutter contre les émissions de CO2. C’est un argument particulièrement inepte pour la France, dont l’électricité est déjà décarbonée à 90%. Il est remarquable que la France soit dans les 4 pays les moins émetteurs d’Europe, avec la Norvège, la Suède et la Suisse. C’est essentiellement parce que ces 4 pays fonctionnent essentiellement au nucléaire et/ou l’hydroélectricité. A contrario, les champions des ENR électriques, l’Allemagne et le Danemark sont parmi les pays les plus émetteurs, et le prix de l’électricité y est le double du nôtre. L’Espagne a pris longtemps le même chemin, mais a commencé à y mettre le holà.

  • D’énormes inconvénient des éoliennes industrielles sont liés à la grande intermitence de la puissance électrique qu’elles envoient sur le réseau français. Pour compenser la variabilité de cette puissance, les gestionnaires doivent utiliser les autres centrales électriques comme variables d’ajustement, centrales hydrauliques mais aussi centrales nucléaires. Cela fait vieillir prématurément les centrales nucléaires, leurs circuits de refroidissement et turbines, obligeant à remplacer plus souvent les parties fragilisées, donc diminuant la disponibilité des centrales pour ces longs travaux de maintenance, une baisse de 1% du taux de disponibilité c’est déjà 5 milliards de kWh perdus à cause de l’intermittence, et à remplacer de manière plus ou moins contraignante, chère et polluante. De la même manière l’intermittence des éoliennes gêne le fonctionnement des centrales à charbon les plus performantes et les moins polluantes, obligeant à consommer plus de charbon et à polluer plus avec des centrales plus polluantes.
    Ainsi, non seulement les éoliennes introduisent leur propre puissance chaotique, souvent inutilisable dans le réseau (payée 0 euros le kWh), mais en plus elle rend la production de la majorité des centrales plus irrégulière et plus chère.
    En faisant fonctionner à grands frais des éoliennes à l’énergie souvent inutilisable, on rend plus fragiles les centrales nucléaires, on rend leur fonctionnement et leur maintenance plus aléatoires et on oblige à payer cher pour réparer les effets destructeurs de l’intermittence éoliennes dans les centrales nucléaires, tout en diminuant leur production électrique qui doit alors être compensée par des centrales plus polluantes et émettant plus de CO2 (par exemple centrales au lignite allemandes, responsables de milliers de morts par an par les particules fines). L’éolien industriel, c’est au moins la quintuple peine pour notre fourniture d’électricité.
    Pour corriger l’intermittence de chaque kWh d’éolien et photovoltaïque produit, on voit qu’en Allemagne et en Espagne on produit 2 à 2,5 fois plus de kWh d’électricité non intermittente. Malheureusement encore, c’est par combustion d’énergie fossile, en priorité du charbon, le gaz de plus en plus de schiste étant plus cher. Or la pollution atmosphérique par combustion de charbon et lignite fait de l’ordre du million de morts supplémentaires par an, dont une partie par les centrales électriques qui en brûlent au moins la moitié. A énergie produite comparable c’est plus de mille fois plus de morts que les accidents nucléaires (Tchernobyl principalement). L’éolien industriel tel qu’on le pratique en grand est donc de fait générateur ou complice de plusieurs centaines de fois plus de morts que le nucléaire suite à Tchernobyl et Fukushima.
    D’autre part les éoliennes industrielles sont une technique mâture qui ne peut guère s’améliorer, contrairement au nucléaire par fission ou au photovoltaïque. Leur développement risque d’être de plus en plus un boulet pour les autres centrales et pour le réseau électriques.
    Ces nuisances essentielles des éoliennes géantes ne sont pourtant guère évoquées.

    • Darad,

      Je n’ai pas connaissance et j’en doute un peu pour être franc, que l’intermittence des éoliennes est compensée par du nucléaire ou par de l’hydraulique, question d’inertie et de cout.

      Ce sont des centrales fossiles, au gaz ou au charbon, qui doivent s’adapter à la priorité donnée au renouvelable, éolien ou PV.
      Mais même pour ces centrales, il ne suffit pas d’appuyer sur un interrupteur on/off. Le cout des arrêts et reprises est loin d’être négligeable, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle, parfois, le cout de l’éolien sur le marché est négatif. Il vaut mieux payer un peu pour écouler son énergie éolienne que payer pour arrêter une centrale au gaz ou charbon.

      Mais je ne devrais pas donner cet argument, certains croyants du renouvelable, ils osent tout puisque certains gobent tout, vont affirmer que leur énergie est gratuite et mieux encore, produit de l’argent !

      • produit de l’argent !

        Si ❗ Beaucoup de fric pour ceux qui possèdent ❗
        Pour ceux-ci, cette expression est valable :mrgreen:

      • L’intermittence des éoliennes est compensée d’abord par l’hydraulique des barrages derrière lesquels de l’eau est stockée, et ensuite par les centrales fossiles, au gaz ou au charbon dont vous parlez. A l’origine, les centrales nucléaires devaient fonctionner à régime constant, mais maintenant on les utilise en faisant varier leur puissance aussi pour compenser la variabilité de la demande devenue plus forte par l’intermittence, mais leurs variations sont plus lentes que pour les barrages ou la plupart des centrales fossiles.
        La fragilisation des centrales nucléaires due à ces variations concerne surtout les circuits de refroidissement et turbines, mais peu les cuves de réacteurs très résistantes.

  • Si vraiment le renouvelable est rentable, si l’on en croit la propagande verte, alors, chiche, supprimons la contribution au service public de l’électricité (CSPE) ou du moins la part dédiée à le subventionner.

  • Et ajoutons, comme le dernier clou au cercueil de la farce anti-nuke, que nous ne sommes pas condamnés à stocker nos déchets ad vitam éternam, la technique pour les brûler existe: ce sont les réacteurs à neutrons rapides dont la France a abandonné l’expérimentation pour raisons de basse politique, ce qui constitue un acte de haute trahison.

  • Le merveilleux PV permet de nous éclairer le jour, et de nous chauffer l’été.
    L’une des meilleures centrale PV de France, celle de Curbans, dans le 04,
    Parc photovoltaïque raccordé au réseau électrique fin 2010 , France entière : 1 017,2 MWc
    Production électricité photovoltaïque , France entière : 610,9 GWh
    Taux de charge , France entière : 6,85 %
    Parc photovoltaïque raccordé au réseau électrique fin 2010 , Région PACA : 122,42 MWc
    Production électricité photovoltaïque , Région PACA : 89,0 GWh
    Taux de charge , Région PACA : 8,3 %

    Centrale photovoltaïque de Curbans ( 04 )
    La centrale photovoltaïque de Curbans est présentée comme l’une des plus importantes d’Europe.
    Puissance installée : 26 MWc
    Production annuelle : 33 GWh , soit un taux de charge de 14,48 % ( ou encore 1 268 heures de
    fonctionnement à pleine charge, sur une année de 8760 heures )

    Le reste du temps, on fait quoi ?

    • Bonjour, merci de ne pas tout mélanger non plus.
      Une centrale PV de 26 MWc et qui a 1268 heures de fonctionnement à pleine charge fonctionnera en fait 4380 heures par an (dès qu’il fait jour) mais avec une puissance moyenne de 7.5 MW (29%).

      Personne ne remet en question le fait qu’un MW crête de PV est différent/produit moins qu’un MW de puissance installée d’une centrale conventionnelle. Mais ce qui compte au finale c’est la quantité d’énergie produite et le coût de production du MWh.

      • Bien entendu, mais à l’arrivée, le taux de charge est bien de 14,48 %, soit un chiffre minable.
        Si je devais exploiter un équipement industriel avec un tel rendement, je mettrais la clé sous la porte.
        Le PV ne produit … RIEN, et jamais aux bonnes heures.
        Et encore, la Centrale de Curbans est très au sud de la France, avec un très bon ensoleillement.
        Taux de charge moyen de la France : 6,85 % !!!!
        Et en Allemagne, encore beaucoup plus au nord ? Le pays où ils vont remplacer les centrales nucléaires avec des rendements encore plus minables !!!

        Je vais me répéter : le PV permet de nous éclairer le jour, et de nous chauffer l’été.

  • Ne faudrait-il pas s’organiser pour arrêter cette folie collective ?
    Il ne semble en effet pas suffisant de dénoncer ces prises de positions complètement irréalistes et irresponsables de la part de politiques qui se moquent des opinions divergentes parce qu’ils ont aujourd’hui tous les pouvoirs.
    Ne pourrait-on pas demander à ceux qui prétendent les remplacer quel est exactement leur programme énergétique ? Ne vont-ils pas poursuivre un chemin si bien engagé ?

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Nous avons montré dans un précédent article que la stratégie énergétique 2050 annoncée par le président de la République relance insuffisamment le nucléaire, et que décarboner de façon compétitive et résiliente l’économie française à l’horizon 2050 nécessite de disposer à cette échéance d’une puissance installée nucléaire de l’ordre de 85 GW (60 à 65 % du mix électrique).

EDF est en grande difficulté financière, à cause de la sous-évaluation du prix de vente de l’ARENH (Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique), fixé à 42 euro... Poursuivre la lecture

Par Michel Gay et Jean-Jacques Nieuviaert.

 

Selon un rapport du 28 avril du « Centre for Research on Energy and Clean Air », bien que les volumes de ventes aient diminué, la Russie a presque doublé ses revenus issus de la vente de combustibles fossiles à l'UE pendant les deux mois de guerre en Ukraine grâce à la flambée des prix. La Russie a perçu sur cette période environ 62 milliards d'euros de ses exportations de pétrole, de gaz et de charbon, dont environ 44 milliards vers l’UE, ... Poursuivre la lecture

La réponse est simple : par bêtise et par dogmatisme. L’Union européenne, notamment l’Allemagne qui défend son industrie, veut écarter le nucléaire par dogmatisme politique vert antinucléaire en s’ingéniant à effrayer les citoyens.

Ses « élites » utilisent les grands médias pour distiller régulièrement une peur irraisonnée parmi la population, d’autant plus facilement que le sujet est compliqué.

Que l’Allemagne assume ses choix, mais qu’elle veuille les imposer à tous les autres devient insupportable.

De plus, certains pr... Poursuivre la lecture

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