Propagande climatique : le climathon !

roue de la fortune credits kris krug (licence creative commons)

À un rythme hebdomadaire, le climathon primera tout au long de l’année 2015 les plus belles pièces de propagande climatique francophone.

Par Benoît Rittaud.

roue de la fortune credits kris krug (licence creative commons)

Avec la conférence Paris Climat qui se tiendra en décembre prochain, l’année 2015 va inévitablement être placée sous le signe de la propagande climatique la plus débridée et la plus outrancière. Pour ne rien rater de toutes ces merveilles de rhétorique qui nous attendent, je vous propose le climathon.

À un rythme hebdomadaire, le climathon primera tout au long de l’année 2015 les plus belles pièces de propagande climatique francophone. Un Vainqueur de la Saison (Hiver, Printemps, Été et Automne) sera ensuite choisi parmi les Vainqueurs des semaines de la saison écoulée, au moment de l’équinoxe ou du solstice selon le cas. Enfin, le meilleur des Vainqueurs saisonniers sera proclamé Grand Vainqueur.

Je compte donc sur vos nominations régulières et argumentées (les nominations pour la semaine n+1 sont à mettre dans le fil de la semaine n ; la promulgation du Vainqueur de la Semaine aura lieu chaque lundi matin). En outre, ceux qui veulent faire partie du jury sont invités à m’envoyer un mail.

Le Vainqueur de la Semaine 1

réchauffement climatique rené le honzecCette première semaine a montré qu’il n’y aurait pas de round d’observation entre les climathlètes, qui ont d’emblée donné le meilleur d’eux-mêmes. Le jury a particulièrement apprécié ce portrait de Nicolas Hulot publié dans M le Magazine du Monde co-signé par Pierre Jaxel-Truer et Stéphane Foucart. Un texte dont les fines nuances hagiographiques feraient presque passer pour articles critiques les portraits de Franco qui paraissaient dans les journaux espagnols des années 50. Le Journalderéférence rate le coche cette semaine, mais le jury ne doute pas des aptitudes exceptionnelles de son équipe et lui exprime sa confiance pour l’emporter une fois prochaine.
Hier matin sur France Inter, l’anthropologue Philippe Descola s’est surpassé pour tenter de devenir le premier vainqueur du Climathon, avec une splendide tirade renouvelant le classique « vote des pingouins » en un original « vote des glaciers » (Ça commence vers 26′20) :

« Il n’est plus possible, maintenant, avec le réchauffement global, de faire comme si il existait d’un côté la nature et de l’autre côté la société. Pour qu’un monde différent advienne, il est nécessaire de concevoir des systèmes collectifs dans lesquels les non-humains, les climats, les glaciers, les virus, les animaux de compagnie, etc., soient, d’une façon ou d’une autre, représentés, qu’ils réintègrent les collectifs de façon à ce que ce phénomène d’exclusion qui a commencé au XVIIIème siècle, qui a touché aussi pendant longtemps les peuples dits primitifs qui n’étaient pas conçus comme ayant les lumières suffisantes pour rentrer dans la cité politique, de façon à ce que ce mouvement puisse à nouveau rendre une vie collective, différente de celle que nous menons actuellement, possible, et qu’elle soit plus accueillante à toute forme de vie différente de la nôtre. »

Malgré cette percée tout à fait remarquable, personne n’a pu arrêter le rouleau-compresseur de cette semaine, François Hollande. Le Président de la République française a en effet réalisé un doublé particulièrement impressionnant en seulement quelques jours : avoir bombardé le susnommé Nicolas Hulot « envoyé spécial pour la préservation de la planète », puis avoir, dans ses vœux télévisés du 31 décembre adressés aux Français, notamment déclaré que :

« La France, elle a été capable, il y a maintenant 70 ans, de réunir une grande conférence pour les droits universels de l’homme. Et bien maintenant nous devons entraîner le monde pour qu’il puisse adopter à son tour une déclaration pour les droits de l’humanité pour préserver la planète. Et je ferai tout pour que, à Paris, en 2015, la conférence soit un succès. Parce que je veux que, lorsque nos enfants nous interrogeront, nos petits-enfants, sur ce que nous avons été capables de faire en 2015, nous puissions être fiers et leur dire que nous avons contribué à préserver la planète toute entière. »

Particulièrement sensible à l’instrumentalisation des générations futures, le jury accorde en outre ses félicitations au vainqueur de cette semaine pour être aussi parvenu à amalgamer droits de l’homme et droits de la planète.

C’est donc sur un rythme particulièrement soutenu que démarre ce climathon, laissant présager une compétition d’une très haute tenue.


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