L’Irlande, un paradis fiscal ?

Comparer les politiques fiscales française et irlandaise est surprenant…

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L’Irlande, un paradis fiscal ?

Publié le 16 décembre 2014
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Par Emmanuel Bourgerie.

Irlande credits Debdubya (licence creative commons)

Je vais être honnête avec vous, je suis moi-même surpris par les chiffres sur lesquels je suis tombé en regardant les budgets prévisionnels de 2014 français et irlandais. Je voulais au départ comparer les différents taux d’imposition ainsi que les grandes lignes des choix effectués par les gouvernements respectifs. Puisque la France et l’Irlande sont deux pays de taille difficilement comparable, je me suis permis de ramener les montants prélevés avec la TVA et l’impôt sur les sociétés par rapport au PIB.

Irlande

Je ne m’attendais pas à ce résultat. L’Irlande est connue pour son taux d’imposition de 12,5 %, ce qui est agité régulièrement comme le chiffon rouge de l’évasion et de l’optimisation fiscale. Pourtant, la collecte d’impôts sur les sociétés représente 2.6 % du PIB en Irlande, contre 1,7 % du PIB en France.

Laissez-moi reformuler : l’Irlande collecte plus d’argent en taxant les profits des entreprises que la France ne le fait. Oubliez les taux, assiettes et autres : aux yeux d’un ministre des finances, une bonne taxe n’est pas un fort taux ou une assiette large ou quoi que ce soit, une bonne taxe est une taxe qui rapporte, et en Irlande elle rapporte pratiquement moitié plus qu’en France.

Vous allez me dire que corrélation n’est pas coïncidence, que j’extrapole à partir de pas grand-chose, mais je trouve la situation cocasse : la TVA est plus faible en France et rapporte un peu plus (barre bleue), alors que l’IS est bien plus élevé en France mais rapporte beaucoup moins. Appelez-ça Courbe de Laffer, optimisation fiscale ou théorie du signal, au final l’Irlande est un pays dans lequel les entreprises contribuent plus aux recettes de l’État que la France, et ça, c’est drôle.

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  • Comparaison n’est pas raison.

  • Il y a une autre explication possible qui me semble (désolé) beaucoup plus pertinente.

    La différence que vous pointez sur l’IS… vient du fait que les entreprises françaises ont une rentabilité… dans les chaussettes !

    C’est aussi simple que cela.

    Même si on poussait le taux d’IS à 50 %, la collecte serait toujours minable… non pas en raison de Laffer (quoi que) mais plutôt parce que nos entreprises (en raison des problèmes structurels que nous connaisons tous) n’ont plus AUCUNE de rentabilité.

    Et inversement, si un courageux « président normal » baissait le taux de l’IS à 10 %, la collecte DEMEURERAIT… faible.

    Et pour le coup, c’est beaucoup plus grave.

    Les hauts taux tuent les totaux bien sûr… mais si la base imposable disparaît… Hauts ou bas, les taux n’ont alors plus de prise sur le Réel.

    C’est exactement ce qui se passe (en tout cas pour les entreprises) en France : la double peine (car bien entendu, personne ne baissera le taux de l’IS).

    Et cea annonce un futur très sombre.

  • Merci pour ce billet, cependant, il serait judicieux de mener cette étude sur plus de pays.

    2 ce n est pas assez…

  • Elle est bonne, celle là !

    Dans votre calcul, vous omettez un poste de taxation fondamental : les charges sociales (charges patronales + salariales)

    En Irlande, elles sont en moyenne de 12,1% du salaire
    En France, elles sont en moyenne de… 51,7% du salaire !

    Au final, le taux d’imposition global des PME françaises est de 64,7% contre 25,7% en Irlande (étude annuelle «Paying taxes 2014» publiée par la Banque mondiale et le cabinet PwC*, qui compare les régimes fiscaux de 189 pays). Disponible ici : http://goo.gl/JYvnsp

  • le truc, c’est que, hors fRance, les taux de TVA, IS et IR peuvent être égaux ou supérieurs. MAIS, et c’est un gros MAIS, une fois payé ses impôts, et que ce soit pour particuliers ou entreprises, il n’y en a pas d’autres, juste parfois une petite taxe locale. En fRance, il y a des milliers de taxes, impôts, cotisations (obligatoires), « prélèvements » de toutes sortes. Certains magazines en font une liste régulièrement et c’est plus qu’impressionnant l’imagination de nos « bons gouvernants » en ce domaine

  • C’est vrai que j’habite en Irlande depuis 1988 – et j’ai du mal a reconnaitre le pays suggere par la comparaison.

    Deja il s’agirait de comparer l’ensemble des taxes. Par exemple, en Irlande nous n’avons pas deux taxes concernant les batis mais une seule. Exemple precis pour illustrer : Pour mon appartement en France, je paie 22,50 euros de taxe fonciere + taxe d’habitation au metre carre (et qui sera peut-etre bientot suivi d’une taxe supplementaire sur les residences secondaires). En Irlande je paie 3,33/m2 pour ma maison. En Irlande nous n’avons pas les nouvelles taxes punitives sur les terrains a batir. Ni les taxes hallucinantes sur les abris de jardins. Pour etre honnete nous avons la vignette auto que vous n’avez plus en France : 760,00 euros par an pour 1.8L et 400,00 pour 1.4L.

    Il s’agirait aussi de comparer surtout les depenses de l’etat par rapport au PIB. Il me semble – a verifier – qu’avant l’introduction dans le cadre des derniers budgets, des quelques efforts financiers supplementaires pour les contribuables Irlandais, en aval de la crise de 2007-2008, nous en etions a 37%. La tendance est a la hausse, comme en France mais la derniere comparaison etait 37% d’un cote, 57% de l’autre. En France la tendance etant aussi spectaculairement a la hausse, je ne pense pas que le rapport ait pu changer enormement…

    C’est vrai qu’en Irlande nous payons une importante TVA, en plus de la taxe d’importation, dans le domaine de l’automobile, c’est vrai que les taxes sur les alcools sont tres superieures au niveau Francais, mais pas sur les produits de premiere necessite. Il n’y a pas de TVA du tout sur certains produits de premiere necessite.

    Je n’ai pas le temps d’en ecrire plus mais le sujet meriterait d’etre explore plus en avant.

    • Deux erreurs de ma part – avec mes excuses les plus plates – la premiere concerne la vignette auto pour les vehicules de 1.8L qui n’est pas de 760 mais de 560 euros. J’avais oublie ce que j’avais paye la derniere fois.

      L’autre erreur – plus importante – concerne les depenses annuelles declarees des deux etats par rapport a leurs PIB respectifs. Chiffres probablement quelque peu fantaisistes des deux cotes – with the help of creative accountancy – mais on peut esperer sans trop douter qu’il existe une certaine symetrie quant a la construction.

      France : 56,10%

      Irlande : 48,10%

      • On peut remarquer aussi qu’en Irlande les prelevements les plus imposants se font par le biais des taxes d’importation, et de la TVA principalement, sur ce que l’on peut appeler les produits de luxe. Automobiles neuves, vins et spiritueux, tabac. Si vous decidez de vivre une vie d’ascete, vous ne paierez donc que peu d’impots. Tres peu le font – en verite – mais le citoyen moyen se sent ainsi plus libre. Personne ne vous oblige a payer des taxes sur les produits dont vous n’avez pas vraiment besoin. La decision vous appartient.

        Cela, en plus des 8 points de difference, quant aux depenses de l’etat, changent totalement la donne. Il faut se rappeler aussi que ces chiffres se rapportent a l’annee passee et que nous sommes encore dans une situation d’effort financier post bulle immobiliere. La volonte gouvernementale exprimee etant a la baisse. Le ministre des finances encore recemment parlait d’utiliser une partie de l’exedent budgetaire degage pour commencer a rembourser le capitale de la dette.

        Vous m’avez d’abord fait peur, en vous lisant, je ne reconnaissais plus le pays ou j’ai choisi de vivre, mais apres mure reflexion me voila de nouveau rassure. Les fondations – plutot solides – sont toujours la.

  • J’ai regardé les données d’eurostat et de l’OCDE, les recettes de l’impôt sur les sociétés représentent le même ratio du PIB 2,3%. Ceci dit, cela ne fausse pas tellement votre propos puisqu’avec un taux d’imposition plus faible, l’Irlande a un même niveau de recettes relativement au PIB. Cependant, il faut prendre en compte que le taux nominal français n’est pas nécessairement le taux réel, du fait des nombreuses dérogations et niches fiscales. le taux réel a tendance a baissé lorsque la taille des entreprises augmente. De plus, il faut bien voir que l’Irlande est ce qu’on qualifie communément de paradis fiscal, c’est à dire un Etat parasite qui vit grâce à la délocalisation de profits effectués dans d’autres pays, autrement dit les recettes fiscales proviennent en partie d’une activité exercé hors d’Irlande. On peut vérifier ce fait en comparant le PIB au RNB (revenu national brut qui comprend les flux de revenus entrant et sortant du pays). Pour des pays comme la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, le Danemark, les USA, le Japon, le Canada, le rapport est très proche de 1 (calcul en prenant les données de la banque mondiale), par contre pour l’Irlande ou encore le Luxembourg, le ration (RNB/PIB) est bien inférieur à 1 (resp. 0,816 et 0,68), ce qui signifie qu’une grande part du PIB irlandais quitte le pays immédiatement, ce qui est caractéristique des paradis fiscaux qui sont une destination de transit.

  • Un pays ayant plus ou moins compris les règles de l’économie de marché (Irlande) malheureusement sans une monnaie saine (or ou argent) et une économie marxiste (France)…Qui gagne?

  • En football, c’est le même problème. Le foot français paye six fois plus de charges que le foot anglais. Resultats : 650M€ de recettes fiscales pour le foot français (les 40 clubs pro) contre… 1.8 Mds pour les 20 clubs de PL!

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