5 raisons gourmandes de changer d’avis sur les OGM

Certains risques pour l’avenir de nos modes de vie pourraient inciter les consommateurs à revoir leur position sur les OGM.

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Red wine and chocolate pairing (wikimedia commons)

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5 raisons gourmandes de changer d’avis sur les OGM

Publié le 8 décembre 2014
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Par Steve Savage
Traduction (avec quelques libertés et compléments) de Wackes Seppi

Red wine and chocolate pairing (wikimedia commons)Pour une société prospère confrontée à une épidémie d’obésité, nourrir le monde peut sembler être une cause non urgente. Une société dans laquelle très peu de personnes sont impliquées dans la production agricole peut penser que les technologies qui facilitent la vie des agriculteurs et réduisent les risques liés à leur activité ne sont pas indispensables. Le développement d’un riz susceptible de prévenir la cécité et la mort dans des pays pauvres se heurte à une opposition véhémente de la part de certains éléments de nos sociétés d’abondance1. Mais il y a des risques pour l’avenir de nos modes de vie qui pourraient inciter les consommateurs à revoir leur position sur les OGM.

Et si le bon café, les chocolats fins, les bons vins de Californie [et d’Europe], les bananes ou le jus d’orange pressé devenaient rares et chers ? Vous sentiriez-vous concernés ?

Le fait est que des menaces importantes planent sur la production des espèces à la base de ces produits. Je décrirai ces menaces ci-dessous. Mais le fait est aussi qu’à cause du mouvement anti-OGM, nous sommes beaucoup moins bien armés pour y répondre que nous aurions pu l’être.

Le fonctionnement de la protection des marques et autres signes distinctifs

Permettez-moi de vous expliquer le lien entre les campagnes anti-OGM et le futur incertain de ces espèces cultivées. Les plantes génétiquement modifiées ont été autorisées et commercialisées pour la première fois au milieu des années 1990 ; elles représentent aujourd’hui la technologie dont l’adoption a été la plus large et la plus rapide de toute l’histoire de l’agriculture. Au début de cette nouvelle ère, on s’est beaucoup intéressé à ses applications potentielles au caféier, au bananier, à la vigne, etc. Il y a eu des projets tels qu’un caféier modifié pour ne pas produire de caféine, un café dont le goût ne serait pas altéré par la décaféination. On s’est intéressé à des bananiers produisant des fruits se conservant plus longtemps au stade de maturité idéal. Il y avait des projets en cours ou au stade du tableau noir pour répondre aux grands problèmes de parasites et de maladies pour ces espèces.

Mais, dès la fin des années 1990, les campagnes anti-OGM avaient effrayé suffisamment de consommateurs avec des préoccupations de sécurité alimentaires infondées pour susciter un phénomène de « protectionnisme des marques ». Les produits tels que le vin, le café, les bananes, le chocolat ou le jus d’orange sont mis sur le marché par des entreprises de transformation et de distribution. Ces entreprises ont des marques qui jouissent d’une grande réputation auprès des consommateurs, et elles craignent par-dessus tout une controverse susceptible de compromettre cette réputation ou leurs ventes. Cette préoccupation a fait que les investissements dans la biotechnologie se sont asséchés pour ces espèces vers le tournant du siècle. La pomme de terre est un exemple typique d’espèce confrontée à ce problème de marques. La pomme de terre améliorée par génie génétique2 a disparu pour protéger un nom commercial de grande valeur. Les gens de McDonald’s savaient bien que les variétés de pomme de terre résistantes à des insectes et des virus mises sur le marché à la fin des années 1990 étaient vraiment très appréciées par les producteurs. Ils savaient aussi qu’il n’y avait aucun problème de sécurité sanitaire. Mais ils ne voulaient pas se retrouver avec des manifestations devant leurs établissements. Et ils ont mis fin aux pommes de terre GM par quelques coups de téléphone à leurs principaux fournisseurs3.

Les investissements dans la biotechnologie des « cultures spécialisées » ne se sont pas taris pour des questions de sécurité sanitaire ou d’environnement. Les PGM sont le fruit de la première méthode d’amélioration des plantes à avoir été activement réglementée par l’USDA [Département de l’agriculture des États-Unis d’Amérique], l’EPA [Agence de protection de l’environnement] et la FDA [Food and Drug Administration]. Le cadre réglementaire a été mis en place dix ans avant la mise en culture commerciale du premier hectare de plante transgénique4. Régulièrement depuis lors, les autorités compétentes ont établi que les nouvelles combinaisons d’espèce cultivée/élément de transformation étaient sans danger aucun. Malgré cela, les investissements dans les solutions biotechnologiques pour ces espèces de luxe et d’autres se sont taris parce que les militants anti-OGM sont parvenus à convaincre suffisamment de consommateurs de craindre ces solutions ou de s’en méfier pour que les gestionnaires des marques s’inquiètent à leur tour. C’est sans plaisir aucun que je dois reconnaître leur victoire, qui est un fait.

Loin de moi l’idée que le génie génétique aurait produit une solution facile à ces menaces et à d’autres, émergentes ; nous ne pouvons que spéculer sur ce qui aurait été possible avec 15 années d’investissements soutenus. Les organisations d’agriculteurs et quelques entités publiques ont certes mis des moyens limités dans la biotechnologie pour ces espèces, mais les grands acteurs du commerce sont largement restés sur la touche malgré l’importance de leurs moyens et de leur intérêt pour un appui à ces recherches. Certains ont investi dans le séquençage des gènes, ce qui est bien, mais ils n’ont pas franchi la ligne de danger pour leurs marques en explorant les options « GM », même à titre de précaution. Aucune de ces entreprises influentes n’a voulu se profiler et décrire ces risques au public et lui expliquer pourquoi il faut se pencher à nouveau sur les bénéfices potentiels de la biotechnologie pour ces aliments et boissons très prisés. Les activistes anti-OGM connaissent parfaitement cette dynamique et l’exploitent par des actions préventives lorsque de nouvelles technologies pointent à l’horizon.

Pourquoi nos espèces favorites sont-elles ainsi menacées ?

Les parasites et maladies ne sont rien de nouveau ; ils ont souvent bouleversé l’agriculture par le passé. Mais le risque est aggravé par deux facteurs inhérents à notre époque :

  1. Avec la globalisation croissante des voyages et du commerce, les pathogènes, les adventices et les ravageurs peuvent se répandre à travers le monde à une vitesse précédemment inconnue. Il en résulte des problèmes graves susceptibles de menacer une espèce cultivée dans son ensemble.
  2. Avec le changement climatique, les ennemis des cultures peuvent maintenant prospérer en de nouveaux lieux et à des époques de l’année différentes. Il en résulte des problèmes complexes de gestion de ces ennemis.

L’augmentation du potentiel de nuisance des ennemis des cultures existants est particulièrement problématique pour beaucoup d’espèces à la base de nos aliments et boissons de luxe. Ce que nous apprécions dans le cas de ces produits tient à des facteurs de qualité complexes. Ces espèces sont aussi pérennes. On ne peut pas simplement introduire une résistance dans une variété de ces espèces parce qu’il est difficile de maintenir sa qualité et que chaque génération prend des années pour produire les semences à la base de la génération suivante. Les solutions de l’amélioration des plantes classique prennent des décennies, au mieux, et les nouveaux défis à relever ne nous laissent pas autant de temps.

Les vignes de Californie [et d’Europe]

La protéobactérie Gamma Xylella fastidiosa est endémique aux États-Unis d’Amérique et mortelle pour les vignes de qualité apportées par les Européens (Vitis vinifera). Ce n’était pas un problème ingérable en Californie jusqu’à peu parce que l’insecte vecteur, une cicadelle, Graphocephala atropunctata, se cantonnait principalement dans les milieux au bord des rivières et ne transmettait le pathogène qu’occasionnellement à la vigne.

Glassy Winged Sharpshooter image (Wikimedia Commons)Mais un nouveau vecteur est apparu en Californie en 1989 : la cicadelle pisseuse (Homalodisca vitripennis). Elle prospère sur les agrumes et visite fréquemment les vignes. Pour l’heure, ce vecteur est cantonné dans la Californie du Sud et est géré avec des insecticides et une quarantaine sur les plantes de pépinière susceptibles de le répandre. Mais les choses pourraient se gâter pour les amateurs de vins si la cicadelle pisseuse parvenait dans les districts de la Côte du Nord. Le risque existe aussi que le vecteur et Xylella soient transportés en Amérique du Sud, en Australie, etc. Xylella a récemment atteint l’Europe5. Il y a des vignes d’origine américaine qui résistent à ce fléau, mais elles ne produisent pas de vins de qualité. Le génie génétique offre peut-être une solution, mais dans l’idéal, il faudrait des approches multiples pour gérer la résistance dans le cas d’une plante pérenne. Même si nous avions une solution aujourd’hui, cela prendrait des années pour replanter ou surgreffer nos vignes. Nous devrions vraiment avoir un débat public sur cette solution, maintenant, mais nous ne l’avons pas.

Les grands cafés des Amériques

Hemileia_vastatrix_Leaf_symptoms (de wikipedia)La rouille du caféier a anéanti la production à Java et dans d’autres territoires qui fournissaient l’Angleterre au XIXe siècle. Les Anglais ont dû se tourner vers le thé. Plus tard, la production de café a échappé à la maladie en se déplaçant notamment vers des régions d’altitude d’Amérique Centrale et du Sud. Puis le pathogène de la rouille l’a rattrapée vers 1985 ; et ce n’est que récemment que le climat a changé au point que la maladie est devenue un problème majeur dans ces régions. La voie de l’amélioration des plantes classique est ouverte : il faut croiser les types arabica avec des types robusta plus résistants, après doublement des chromosomes de ces derniers, une étape qui provoque toutes sortes de dommages génétiques ; puis procéder à des rétro-croisements pour restaurer les qualités d’arabica, mais cela prendrait énormément de temps, probablement bien trop pour préserver les moyens d’existence des familles de petits producteurs qui forment l’ossature de la production de café dans les Amériques6. Soyons réalistes : nous, dans les pays riches, nous pourrons probablement nous procurer notre dose matinale d’une autre région du monde ; mais parce que le génie génétique a été « mis hors-jeu » pour le caféier au milieu des années 1990, de nombreuses familles pauvres sont affectées et les prix du café grimpent.

Le jus d’orange de Floride

L’industrie du jus d’orange de Floride s’est largement reconvertie dans le jus frais de haut de gamme du fait de la concurrence du jus lyophilisé du Brésil. Aujourd’hui, toute l’industrie floridienne est en déclin, étant gravement atteinte par une nouvelle maladie bactérienne [le citrus greening] propagée par un nouveau vecteur, un insecte exotique. Le New York Times a publié une excellente description de la situation par May Harmon. Les producteurs ont financé une recherche qui a peut-être trouvé une solution « GM », mais ce seront les distributeurs, attentifs à leurs marques, qui diront si les producteurs pourront l’utiliser dans leurs vergers. Des recherches bien mieux financées auraient été nécessaires et auraient été menées dans un monde rationnel. Lorsque j’étais petit – j’ai grandi là-bas – on trouvait partout une publicité pour le jus d’orange qui disait : « Un jour sans jus d’orange est un jour sans soleil ». Je ne sais pas si c’est vrai, mais nous le saurons peut-être en ce qui concerne le jus frais.

Les bananes

La célèbre chanson des années 1920 « Yes, We Have No Bananas » a pour origine la « maladie de Panama » (Fusarium oxysporum) qui a détruit la banane dessert de l’époque (la variété Gros Michel). On a découvert par hasard une nouvelle variété, la Cavendish, au Vietnam. Elle était résistante à la maladie et se prêtait au transport (la plupart des bananes ne s’y prêtent pas). De nos jours, une nouvelle souche de ce pathogène, Fusarium Tropical Race 4, détruit les Cavendish en Asie et, plus récemment, en Australie et au Mozambique7. Ce n’est probablement qu’une question de temps avant que quelqu’un ne transporte ce pathogène vivant dans le sol dans les Amériques. Il y a eu quelques travaux de recherche pour trouver une solution, mais ce n’est rien en comparaison de ce qui aurait été nécessaire pour protéger l’approvisionnement futur en ce fruit populaire ainsi que les emplois d’un très grand nombre de personnes impliquées dans la production et le transport. Il est peut-être temps qu’un journal fasse un grand titre : « Non, nous n’avons pas de bananes ».

Fusarium wilt banana - Credit ilbe(dot)com

Chocolat

Le cacaoyer, dont dérive le chocolat, est affligé de nombreux parasites et maladies ; il y en a deux en particulier qui se sont répandus en Amérique Centrale et du Sud avec des conséquences désastreuses sur la production8. Il s’agit du balai de sorcière [Moniliophthora (= Crinipellis) perniciosa] et d’une moniliose [Moniliophthora roreri] ; selon des chercheurs réputés, la moniliose représente à elle seule « une menace majeure pour le cacao dans le monde entier ». Les grandes enseignes de confiserie ont financé le séquençage du génome, mais elles indiquent explicitement ou implicitement sur leurs sites qu’elles n’adopteront pas de solution issue du génie génétique (Nestlé, Mars, Hershey’s). Une fois de plus, la menace plane essentiellement sur les petits producteurs, principalement en Afrique si ces pathogènes y prenaient pied et s’y répandaient.

Pourquoi des PGM ?

Les approches modernes de génie génétique constituent des moyens très logiques de protéger ces espèces. La base génétique de la qualité des produits de ces espèces est très complexe ; nous avons donc de bonnes raisons de nous en tenir aux meilleures variétés que nous connaissons. Le génie génétique nous permet d’y introduire des gènes utiles sans bouleverser cette base génétique. Quelquefois, cela signifie transférer un gène d’une espèce sauvage apparentée ou d’un membre moins apprécié de la même espèce dans un environnement génétique de qualité. Et d’autres fois, transférer un gène d’une autre plante s’il n’est pas disponible dans l’espèce considérée. Cela peut aussi signifier recourir à plusieurs gènes différents déployés simultanément pour la gestion de la résistance. Ou encore modifier un porte-greffe qui protégerait la variété traditionnelle greffée sur lui9.

Chez ces espèces, il sera possible de maintenir des filières séparées, « GM » et « non GM », pour les produits. L’identification des variétés et des filières (« identity preservation ») – la « traçabilité » – est la norme pour ces espèces en raison de leur valeur et de leur qualité, qui justifient le coût de la tenue de registres, de l’utilisation de matériels différents, etc. Il y aura toujours des consommateurs qui ne feront pas confiance à la science ; une société riche leur permet de continuer à acheter du « non GM ». Mais ce qui n’a aucun sens dans une société riche, techniquement développée, c’est qu’une minorité bruyante a déjà compromis l’approvisionnement futur de tous. On ne peut pas rattraper plus d’une décennie de progrès potentiel en jetant simplement de l’argent devant le problème dans une situation de crise. Ce qui est encore plus insensé, c’est que les gens qui ont le plus à perdre dans ces scénarios de fléaux s’abattant sur des cultures sont dans beaucoup de cas les plus pauvres, ceux dont le travail nous permet d’apprécier ces produits de luxe.


Sur le web. Traduction de Wackes Seppi pour Imposteurs.

  1. C’est un site qui milite pour l’introduction du riz doré.
  2. Il s’agit de la NewLeaf Potato, des pommes de terre ‘Russet Burbank’ Bt, résistantes au doryphore, et résistantes, pour les versions améliorées, au virus Y et au virus de l’enroulement des feuilles.
  3. En Europe, BASF a retiré en février 2013 sa demande d’autorisation de mise en culture et sur le marché de la pomme de terre ‘Fortuna’, résistante au mildiou. Sa variété ‘Amflora’, qui ne produit qu’une des deux formes d’amidon, l’amylopectine, a obtenu cette autorisation – après… 13 ans de procédure. L’autorisation a été annulé en décembre 2013 par la Cour de justice de l’Union européenne pour vice de procédure. Exit donc une variété qui aurait permis aux industriels d’économiser la coûteuse et polluante séparation de l’autre forme d’amidon, l’amylose, qui représente environ 20% de l’amidon total. BASF a transféré sa recherche aux États-Unis d’Amérique.
  4. En France, la Commission du génie biomoléculaire et la Commission de génie génétique ont été créées en 1986 et 1989 respectivement, neuf et six ans avant la commercialisation de la première PGM aux États-Unis d’Amérique. La première directive européenne date de 1990.
  5. Pour l’Europe, voir aussi cet article de l’efsa. Xylella ne menace pas que la vigne.
  6. Les chantres du « commerce équitable », tel Max Havelaar, interdisent les OGM dans leurs cahiers des charges…
  7. En Afrique, et principalement en Ouganda, où il fournit l’aliment de base, le bananier est atteint par un flétrissement bactérien à Xanthomonas. Aucune solution par l’amélioration des plantes classique, ni par les produits phytosanitaires. Des souches résistantes au flétrissement ont été produites par transgénèse, avec un gène du poivron, et pourraient être diffusées pour la plantation en 2016… si l’opposition aux OGM, largement financée par des groupes européens dont Oxfam, peut être surmontée. Un autre exemple de « plutôt mort que nourri aux OGM »
  8. Voir aussi ceci.
  9. On ajoutera à ces scénarios l’utilisation de séquences génétiques artificielles bloquant une voie métabolique (ce fut le cas pour la tomate FlavrSavr, et de la pomme de terre ‘Amflora’).
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  • Le raisonnement par la peur de manquer …

  • il faut dire que les sociétés produisant des ogm ont tout fait pour que le public n’adhère pas à leurs découvertes : gênes tueur pour protéger leurs « brevets », maïs ultra résistants aux herbicides…
    si leurs premières recherches et commercialisations avaient été des patates/cactus poussant dans les déserts, des cerises grosses comme des melons ou des noisettes comme des noix de cocos, les gens auraient applaudis des deux mains

    • C’est bien le problème avec Monsanto.

      Leur stratégie est de faire toujours plus de lobbying pour plus de règlementations :
      – empêchant les autres de vendre leur semences, croulant sous la bureaucratie
      – toujours plus de brevets dans plus de domaines

      Alors peut-être oui aux OGM, mais non à Monsanto. Un autre OGM est possible.

      • Joseph Monsanto Bové?

      • M. PlugMan,

        Un autre procédé qui a la vie dure !

        Croyez-vous vraiment que Monsanto est le seul sur le marché ?

        Croyez-vous vraiment que leur stratégie est de faire toujours plus de lobbying pour plus de règlementations ?

        Le toujours plus de règlementation est au coeur de la stratégie des « antis », ainsi que des « altermondialistes ».

        Le ticket d’entrée est exorbitant pour les petites et moyennes entreprises, ainsi que pour les espèces cultivées dont le marché est trop petit pour absorber les coûts, notamment de la règlementation.

        Résultat : les « gros » dominent largement… beau fond de commerce pour l’anticapitalisme. Le domaine des PGM se limite essentiellement aux grandes espèces cultivées et aux traits qui apportent un avantage à l’agriculteur… beau fond de commerce pour ceux qui brandissent l’argument que les PGM ne profitent pas aux consommateurs.

        Toujours plus… stratégie également des politocards démagogues.

    • M./Mme Honorbrachios,

      C’est formidable, ce que la désinformation a la vie dure. Les brevets n’ont nullement besoin de « gènes tueurs » pour être défendus. En fait, les « gènes tueurs », s’ils avaient eu un réel potentiel commercial, auraient permis aux producteurs de variétés de plantes autogames (désolé pour le gros mot scientifique) de se passer de brevets (un peu comme Coca Cola qui n’a jamais divulgué sa formule). Mais voilà : contrairement à l’immense tapage médiatique déployé, malheureusement, avec succès, « Terminator » ne peut pas fonctionner, ni techniquement, ni économiquement, pour obliger les agriculteurs à se fournir sur la marché tous les ans.

      La première PGM mise sur le marché a été une tomate de conservation plus longue que les tomates « normales ». Mais les gens qui l’ont conçue étaient doués derrière une paillasse et nuls en dehors de leur laboratoire. FlarSavr a été un immense flop. En cause par exemple, le choix d’une variété initiale de piètre qualité gustative.

      On ne réécrit pas l’histoire. Je ne suis pas convaincu que les gens auraient applaudi des deux mains devant des plantes génétiquement modifiées présentant manifestement un avantage pour le consommateur. C’est trop facile, pour les « antis » de jouer sur la peur, l’incertitude et le doute (abrégé en anglais en FUD).

  • Une des causes du rejet de la technologie en Europe et dans d’autres pays a été aussi l’absence de solutions séduisantes et de bénéfices pour le consommateur final. Les firmes comme Syngenta et Dupont ont fait une erreur majeure:au lieu de proposer des OGM apportant un vrai gain visible pour la société ( amélioration qualité aliments, solutions aux problèmes techniques non résolus,production de médicaments etc..) elles ont copié Monsanto dont le seul but était de remplacer les herbicides ( par ex) de Syngenta, Bayer ou Dupont par le leur ( le glyphosate). Pas folichon pour le grand public.Il était aussi stupide d’utiliser comme marqueur des gènes résistance aux antibiotiques ( peur supplémentaire) La stratégie de communication des industriels a été inefficace car elle a laissé se créer un fossé injustifié entre les dits OGM et les autres techniques utilisées en génétique ( pour ne pas affoler) et elle n’a pas combattu ceux qui souhaitent le déclin de l’espèce humaine ( ex: rejet du riz doré, OGM qui limite les problèmes de cécité des enfants). L’auteur indique que jamais une technologie avait progressé si vite : je dirais plutôt que jamais une technologie fantastique ne s’était autant plantée ! ( 86 % des surfaces toujours concentrée aux Amériques après 20 ans de développement !).

    • M. Visor,

      Comme je l’ai écrit ci-dessus, on ne réécrit pas l’histoire.

      Je ne suis pas convaincu pour les causes du rejet, tout au moins en Europe et plus particulièrement en France.

      La désinformation a eu devant elle une autoroute déserte : méfiance publique après le sang contaminé, la vache folle, etc. ; caca nerveux sur l’utilisation de gènes de résistance à des antibiotiques comme marqueurs (on ne fait plus ça) ; extrême frilosité politique (sauf exception) ; agitateurs fortement médiatisés (le moustachu…), etc. Sans compter l’anticapitalisme et l’anti-américanisme.

      Les firmes autres que Monsanto ont développé ce qui était accessible et potentiellement rentable. Il y a aussi eu des démarches originales, les pommes de terre Amflora (riche en amylopectine, bien meilleure pour l’industrie) ou Fortuna (résistante au mildiou) par exemple. Elles se sont heurtées au front du refus politique et médiatique.

      Il faut bien garder à l’esprit qu’un essai de maïs producteur d’une substance thérapeutique a été détruit en France (dans un silence assourdissant de la classe politique…). Il est vrai que cette substance était destinée à soigner la mucoviscidose et que tout le monde – en tout cas pas les vandales volontaires – n’en est pas atteint.

      La communication de l’industrie ? Nulle.

  • Pour une science au service de l’intérêt général !!!

    Ce jeudi 11 décembre 2014 l’Institut Francilien Recherche Innovation Société (IFRIS), avec le soutien du Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) et de l’université Paris-Est (UPE) convie Nicolas Defarge, chercheur au Laboratoire OERECA-IBFA/Université de Caen Basse Normandie et membre du Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le génie Génétique (CRIIGEN) à venir participer à un débat lors de la 7ème matinale animé par David Demortain, sociologue des sciences et de l’action publique à l’INRA. Inscription obligatoire

    http://criigen.org/manifestation/66/display/Conference-IFRIS-Deux-ans-apres-letude-Seralini-comment-evoluent-les-tests-de-toxicite-11-12-2014-

  • Merci pour cet article, très instructif.

      • Monsanto ne fait que répondre rationnellement à des attaques plus stupides les unes que les autres. celui qui se ridiculise par son manque de professionnalisme c’est le journaliste : il mélange tout ( mélanges de pesticides et OGM, la technologie OGM et l’OGM glyphosate en mais de Monsanto) et s’étonne qu’il n’y ait pas d’études d’impact sur tout .Il est facile mais stérile de tout suspecter et il n’y aurait aucun progrès ( et beaucoup de mortalité) avec le principe de précaution, mais c’est sûrement ce que certains veulent

        • @VISOR

          C’est vrai que Monsanto est un enfant de chœur pour toi ! Surtout ne change rien ! Quand tu auras 99% d’opinion publique contre les OGM, pense à revoir ta stratégie désinformative !

          • Non,Monsanto n’est pas un enfant de cœur .La technologie de la transgenèse n’a pas été inventée par Monsanto mais par des Européens.On peut contester l’attitude de Monsanto mais ce n’est pas une raison pour condamner une technologie qui rendra des grands services à l’humanité. La génie génétique sera une des 4 ou 5 grandes innovations du siècle ( avec les nanotechnologies, le digital…) . Faut il interdire l’insuline sous le prétexte qu’elle est issue d’OGM? C’est une question de temps mais tout le monde finira par accepter les OGM ( ne serait ce que pour les médicaments) car on ne peut refuser de telles innovations.Si , demain le consommateur peut disposer de frites non cancérigènes ( sans acrimalide) grâce au génie génétique je pense qu’il adhérera. Malheureusement Monsanto a donné une mauvaise image de cette technologie car c’est un peu le  » bad guy » et que l’on n’a pas encore vu tous les bénéfices de ces techniques de transgénèse.

  • Bizarrement, aucune mention d’un argument qui a pourtant beaucoup de chance de faire douter tous ces gens à qui les OGM font peur : OGM = génie génétique. Génie génétique = médecine, notamment l’insuline.

    Donc, si on est par principe opposé aux OGM, il faut aussi interdire le génie génétique en médecine.

    « Podcast Science 169 – Le point sur les OGM avec Marc Robinson-Rechavi »
    http://www.podcastscience.fm/dossiers/2014/04/07/podcast-science-169-les-ogm-ni-pour-ni-contre/

    • Compte le nombre des conflits d’intérêts au niveau des Etats-Unis (politiciens « revolving doors », Food and Drug Administration – FDA,…) , Union Européenne (EFSA : scientifiques de l’ILSI (International Life Sciences Institute) financé par les plus grandes entreprises de l’industrie agroalimentaire ,…), France (conflit d’intérêts mis en lumière lors du procès Fellous / Séralini) et tu auras trouvé des arguments qui ont beaucoup de chance de faire douter tous ces gens à qui les OGM font peur !!!

      Va planter de l’insuline sans confinement !!!

      http://www.arte.tv/sites/fr/robin/2010/12/06/le-proces-seralini-fellous-et-les-conflits-dinteret-de-lafbv/

    • C’est tout chaud ! Tu comprendras pourquoi  » aucune mention d’un argument qui a pourtant beaucoup de chance de faire douter tous ces gens à qui les OGM font peur  » : http://www.pltv.fr/fr/les-attaques-de-monsanto-contre-le-documentaire-de-paul-moreira-2/

      • Désolé mais dans la vidéo il n’y a absolument aucun argument sérieux qui puisse faire douter et suspecter des risques insurmontables avec les OGM. On peut se faire peur avec tout et n’importe quoi avec un peu d’imagination: milliards d’interactions entre nos aliments ( même bio) ,avec es bactéries, les virus, notre génétique particulière, les rayons des smartphones, les rayons cosmiques,… pour soigner votre anxiété maladive il y a sans doute des médicaments… mais nous n’avons pas la preuve qu’ils ne provoquent pas des effets pour les générations suivantes.

    • Non, cet argument ne fait pas douter.

      La réponse des Séralini, Vélots, Greenpeace, etc. est : Mais nous n’avons rien contre les OGM ! Nous sommes pour ! Mais nous avons des doutes (ou des objections) pour ceux qui sont lâchés dans la nature.

      • Pour comprendre quel sont les méthodes anciennes utilisées par l’ingénieur agrochimique car il n’a rien inventé ! Pardon l’agence de  » société d’intelligence économique  » rémunéré par les lobbys pour désinformer l’opinion publique, c’est par ici :

        http://www.marianne.net/Sciences-sous-influence-d-interets-prives_a243089.html

        Qui aura le courage de l’attaquer en diffamation ?

        • Merci, M. Eau Pure !

          C’est toujours un ravissement de lire vos « arguments ».

          Vous faites fort pour ce début d’année ! Vous n’allez pas tenir la distance…

          Quant à l’ouvrage de Mme Thébaud-Mony, j’espère qu’il comprend un chapitre sur la « science asservie » au militantisme politico-socio-économique. Tiens, sur cette « étude » financée, à travers une association-écran, par des géants de la grande distribution qui se font leur oseille sur le « nourri sans OGM » et quelques autres entreprises qui se font leur image de marque sur une certaine vision de l’écologie.

  • Les commentaires sont fermés.

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