La solidarité sans l’État

Le Socialisme, le vrai, le beau, est celui qui se pratique en dehors du cadre du monopole de la violence légitime.

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solidarité credits T Faircloth (licence creative commons)

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La solidarité sans l’État

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 4 décembre 2014
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Par Ferghane Azihari.

solidarité credits T Faircloth (licence creative commons)

Dans un article paru dans Le Monde diplomatique, Alain Supiot, professeur au Collège de France et titulaire de la chaire « État social et mondialisation » s’adonne à un vibrant plaidoyer en faveur de ce qu’il appelle « la solidarité ». Ses définitions de la solidarité sont pour la plupart bienveillantes : « Obligation envers les autres membres, la solidarité témoigne de la solidité d’une communauté […] Par l’égale dignité des citoyens qu’il met en œuvre, ce principe juridique forme le socle du développement humain […] À la différence de la charité […] la solidarité ne divise donc pas le monde entre ceux qui donnent et ceux qui reçoivent : tous doivent contribuer au régime selon leurs capacités, et tous ont le droit d’en bénéficier selon leurs besoins. »

Mais l’auteur se met hélas à entretenir volontairement la même imposture que tous les tenants du socialisme autoritaire, imposture déjà décrite par Frédéric Bastiat : « Le socialisme confond le gouvernement et la société. Dans l’esprit des socialistes, chaque fois que l’on refuse à l’État qu’il assume une mission, c’est comme si l’on refusait la chose en elle-même. On ne veut pas de l’instruction par l’État : c’est comme si l’on refusait l’instruction. On ne veut pas d’une religion d’État : c’est comme si l’on ne voulait pas de religion. On ne veut pas de l’égalisation par l’État : c’est comme si l’on rejetait l’égalité. Un peu comme si l’on refusait que les hommes mangent car nous sommes opposés à la culture du blé par l’État. »

Dans la même perspective, se dresser contre les régimes étatiques de sécurité sociale qui se targuent d’être performants grâce à leur monopole contraignant, cela équivaut pour les sociaux-étatistes à être « néo-libéral » et contre la notion de solidarité. Pourtant, en entachant la solidarité d’éléments étatiques, l’auteur corrompt cette définition ainsi que celle de l’obligation. Oui la solidarité et l’obligation sont tous deux consubstantielles au fait social. Mais l’obligation, si elle est un lien de droit entre deux ou plusieurs individus en vertu duquel certains sont débiteurs et d’autres créanciers, elle se définit avant toute chose par son caractère spontané et volontaire. S’obliger, c’est faire le choix d’être débiteur. Lorsque la dette est imposée par une personne autre que le débiteur lui-même, l’obligation se mue en contrainte et la solidarité en servitude.

L’État-providence contre la solidarité

Ainsi donc, l’auteur, en faisant l’apologie de la pseudo « solidarité » étatique qu’il enrobe d’un lyrisme nationaliste s’adresse à ses lecteurs avec un certain mépris. Car nul doute que ce personnage spécialisé dans les questions sociales, et qui bénéficie d’une des plus hautes distinctions universitaires de la République, connaît parfaitement l’histoire de l’État-providence en Europe. Pourquoi donc embellir son récit en refusant de dire la vérité ? Le fait est que l’État-providence, loin d’être apparu pour satisfaire des impératifs humanistes et égalitaristes ô combien légitimes, s’est au contraire affirmé pour mieux les brider.

C’est en Allemagne sous le très conservateur et autoritaire Otto von Bismarck que naît l’État-providence à l’européenne. Celui-ci déclarait notamment : « Mon idée était de persuader – ou devrais-je dire de corrompre – la classe prolétarienne pour qu’elle voie en l’État une institution sociale érigée pour elle et veillant à son bien-être. » L’État-providence s’est en effet construit contre les solidarités spontanées dans le seul objectif de rendre les masses plus dépendantes des bureaucraties nouvellement nationales (le nationalisme ne suffisait apparemment pas à « fédérer » tout le monde) pour conforter le contrôle social des élites politico-économiques dominantes et étouffer les velléités libertaires de la classe ouvrière.

Bien évidemment, l’auteur n’oublie pas de mentionner les solidarités privées. Mais il vante curieusement un modèle dans lequel celles-ci seraient dominées et contrôlées par une « solidarité étatique » aux allures hiérarchiques et qui a le don de pervertir les mouvements associatifs spontanés en les faisant dégénérer en corporations déconnectées des réalités individuelles et sociales. Doit-on par exemple rappeler le taux catastrophique de syndicalisation en France ?

C’est exactement ce que fait remarquer son collègue Pierre Rosanvallon en 1981 (déjà !) quand il décrit dans La Crise de l’État-providence la transformation de la bureaucratie nationale en « État clientélaire » qui ne sert plus que ses propres intérêts de classe en se contentant de relayer les corporatismes. Ces derniers n’ont qu’un objectif : détourner la puissance publique pour s’accorder des avantages au détriment des autres. Le marché est ainsi dénaturé. Il n’est plus ce lieu d’échange de biens, de services, d’idées et de solidarités mais devient une arène dans laquelle chacun essaie de piller l’autre. On est très loin de cet idéal de solidarité officiellement promu par la social-bureaucratie.

Face au socialisme autoritaire, le socialisme libertaire

Proudhon (Image libre de droits)Face à ce socialisme autoritaire décomplexé, on peut opposer une autre forme de socialisme : le socialisme proudhonien. Le célèbre anarchiste rappelle que tout ce qu’apporte l’État peut l’être également par le biais d’autres formules juridiques. Autrement dit, il n’y a rien que la société civile ne puisse pas faire au moins aussi bien que l’État. L’inverse n’est pas vrai. Car loin d’être une entité métaphysique comme le laisse supposer sa dénomination « providentielle » l’État n’est pas une institution neutre mais une simple collectivité humaine dont la composition ne diffère pas des autres sociétés : des hommes et des femmes avec leurs qualités et leurs défauts. La seule chose qui le distingue des autres sociétés tient à ce qu’il ne fonctionne que grâce à l’institutionnalisation d’une violence soi-disant légitime là où les autres collectivités tendent à privilégier le libre consentement et la libre association nécessaires à la conclusion du contrat.

Ainsi, un régime libéral ne fait pas obstacle à la constitution de sociétés qui fonctionnent selon une dynamique mutualiste : une forme de socialisme assis sur des bases non plus légales mais contractuelles. Cette logique auto-gestionnaire est applicable à tous les secteurs sociaux-économiques comme les transports, la sécurité, la santé, l’éducation, la recherche ou encore la finance. Cette forme de société privée peut ainsi parfaitement se comporter comme un service public en étant fondée sur des relations économiques égalitaires sans nécessairement adopter la logique spéculative ou encore poursuivre le profit propre à l’éthique commerciale.

On peut, par exemple, imaginer des structures mutualistes qui modulent le prix de leurs prestations en fonction du revenu de leurs membres en se contentant de couvrir les frais de gestion afin d’adopter la même logique solidariste que l’impôt, le tout absolument sans contrainte. Ainsi donc, si la logique mutualiste est meilleure que la logique purement commerciale, nul besoin d’utiliser la violence pour la promouvoir : elle irriguera elle-même la société à condition que l’État lui laisse sa chance en s’abstenant d’intervenir sur le marché. Démocratiser l’entrepreneuriat mutualiste passe par la libération des initiatives privées, fussent-elles individuelles ou collectives. Elle nécessite que l’on assume une franche politique de déréglementation pour abolir les rentes de situation au profit de la liberté économique du plus grand nombre. Cette forme de socialisme ne peut prospérer que dans un cadre fondamentalement libéral.

La plus grande victoire des sociaux-étatistes sur les partisans de la liberté a été de s’octroyer le monopole de la solidarité et d’en faire une prérogative publique. Cette vision s’est imposée dans l’imaginaire collectif. Résultat, la société civile peine à développer une culture solidariste indépendamment du paternalisme étatique : « au marché de créer la richesse, à l’État de la redistribuer ». Cette vision réductrice conforte bien évidemment le contrôle social des élites politico-économiques dominantes et nuit à la pleine émancipation des individus. Les libéraux les plus conservateurs tombent dans le piège de l’amalgame entre l’obligation de se montrer solidaire et la servitude étatique en dénigrant les plus défavorisés qu’ils accusent d’être assistés et en niant le poids des déterminismes sociaux. Tâchons simplement de faire comprendre à ceux qui ne jurent que par le monopole de la violence légitime que la solidarité revêt un caractère naturel. C’est pour cette raison qu’elle prospérera sans difficulté en dehors de ce vulgaire artifice qu’est l’État-nation.

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  • le problème vient du fait que les socialistes ont tellement influencé les gens avec les inégalités sociales. ils ont fait des inégalités sociales un problème majeur d’aujourd’hui alors que le vrai problème vient de la pauvreté et non pas des inégalités sociales. les libéraux s’occupent du problème de la pauvreté mais pas de la lutte contre les inégalités car les libéraux sont pour l’égalité de droit. or l’égalitarisme s’oppose aux inégalités de droit. l’égalitarisme sous ses airs de bons sentiments charitables n’est que motivé par la jalousie et l’envie. http://www.contrepoints.org/2011/01/06/10334-etre-de-gauche-intolerant-et-peu-genereux
    http://www.contrepoints.org/2011/04/13/21001-radins-envieux-racistes-et-intolerants-les-socialistes-et-les-anticapitalistes http://www.contrepoints.org/2010/10/04/2621-gauche-intolerance-generosite-droite-liberalisme

    • C’est exact, mais on peut ajouter qu’il est faux que le libéralisme intégral entraîne des inégalités croissantes.

      C’est l’un des fondements de l’argumentaire de Bastiat: Il est faux que l’ordre naturel (l’absence de Contrainte des uns sur les autres) nous entraîne sur quelque pente fatale.
      Marx, Malthus, etc.: Tous les pronostics de pente fatale de l’ordre naturel (=spontané) sont erronés.

      Au surplus, on peut ajouter qu’une institution humaine ne peut pas contrer un penchant fatal de la nature humaine. Le socialisme ne peut donc que dériver vers un délire pseudo-religieux.

      • @ Fuchus
        « il es faux …inégalités croissantes »: exact (c’est mon avis) mais venant d’une confusion fréquente, maintenant, entre libéralisme (philosophie intégrant la vie en société) et ultra-libéralisme, actuellement très visible, qui ne tient aucun compte des valeurs humaines, en ayant mis le « pouvoir par l’argent » au sommet de la pyramide » des valeurs.

        Je ne connais pas les auteurs que vous citez mais je suis persuadé qu’il n’est pas raisonnable, avec un peu de culture, d’expérience et d’analyse, de chercher dans les auteurs du passé (aussi glorieux fussent-ils) une solution aux circonstances actuelles si imprévisibles.

        Même la presse d’opinion n’est pas une façon saine de s’informer: un contrepoids glané dans l’opinion opposée et, surtout, dans la presse étrangère (ce qui démontrera, en France, que le monde entier se fiche de savoir quel président sera à la manoeuvre en 2017 jusqu’au jour des élections, alors les bagarres entre prétendants à la présidence de l’UMP, c’est vraiment un problème nombrilo-nombriliste pour dandies parisiens inoccupés afin d’animer les « dîners en ville ». Pourtant il y a plusieurs articles, chaque jour, concernant des supputations prédictives!, dans la presse! ).

        Et d’accord avec votre dernière phrase disant crûment que la doctrine socialiste marxiste a pour vocation de prendre la place de la religion honnie avec la même prégnance sur les esprits!

  • La solidarité c’est qui permettre et aider tout un chacun de se réaliser dans la vie, donc à devenir autonome.
    Par conséquent ce n’est pas uniquement en dépensant de l’argent qu’on va retirer d’on ne sait où, et en édictant des règles qui disent quoi faire ou pas, qu’on aide les gens à devenir autonomes.
    Il faut donc bien analysé aux cas par cas, trouver des solutions individualisées et il faut que les gens concernées y mettent du leur.
    Donc on voit bien que c’est le libéralisme qui est solidaire et pas le reste

    • « aux cas par cas, trouver des solutions individualisées et il faut que les gens concernées y mettent du leur. »
      C’est-à-dire: Aimer son prochain.

      • Cela peut se dire autrement même si l’idée que nous sommes de la même espèce nous fait immanquablement penser à « si c’était moi! ».

        Mais je ne suis pas d’avis de faire du prosélytisme, genre « chrétien qui s’ignore ».

        La foi est un cadeau (« une grâce ») de Dieu que tous auront, un jour ou l’autre, l’occasion de se voir offrir, en toute discrétion et en toute liberté d’y adhérer ou non.

        Mais après tout, peu importe, ce qui vaut la peine d’être vécu, c’est la rencontre naturelle en fraternité, quelles que soit les idées, croyances ou doctrine, qui puissent satisfaire notre esprit pour la justifier.

        Et si l’on est croyant, selon la formule: « Dieu y retrouvera les siens » (ce qu’à mon avis, nous sommes tous!, mais ce n’est que mon avis!)

  • La justice sociale

    « Social » est devenu en quelques années, le mot fourre-tout de la langue politique française. Tout est social : la politique, les enjeux, la misère, les drames, la détresse, le mouvement, la souffrance et… la justice. Cette dérive n’est pas innocente. Dans le meilleur des cas, elle ne rajoute rien d’utile à la signification du mot affublé d’un « social » ; dans de nombreux cas, elle en transforme radicalement le sens tout en bénéficiant de son aura. Justice sociale appartient à cette dernière catégorie.
    Dans le langage parlé, le terme « justice sociale » est d’abord ambigu. Si la justice sociale c’est de permettre aux plus modestes d’avoir un accès à l’instruction, à la santé, à la retraite, alors le libéralisme est le meilleur allié, et de loin, de la justice sociale. La liberté et la propriété sont le meilleur moyen pour produire en masse ce dont les hommes, y compris les plus modestes, ont besoin pour vivre bien. La définition politique de « justice sociale » va, quant à elle, dans une direction très différente. La justice sociale est alors une norme supérieure écrasant la justice « simple » au nom de laquelle l’État peut légitimement tenter de fixer la place de chacun dans la société.
    Chez les penseurs antiques, la justice n’est pas une situation donnée, un état de choses fixe, c’est d’abord une vertu individuelle. Une action consciente est juste ou injuste, un objet inanimé ne peut pas être juste ou injuste. Une pluie estivale peut être plutôt bonne ou plutôt mauvaise pour une récolte, elle n’est ni juste ni injuste, sauf à retourner dans la pensée animiste donnant aux forces de la nature des intentions. Par raccourci de langage, on dit ensuite qu’une loi est juste ou injuste selon qu’elle encourage ou décourage une action juste ou injuste.
    S’appuyant sur cette tradition, la justice consiste alors à protéger les droits naturels de chaque individu (liberté, propriété, sécurité), à faire respecter les engagements et à dédommager les victimes en cas de violation des droits naturels. La justice est donc d’abord « restauratrice », elle permet de rétablir un équilibre qui a été rompu.
    Quelqu’un a pris quelque chose qui ne lui appartenait pas (vol). Quelqu’un n’a pas tenu un de ses engagements (rupture d’un contrat). Quelqu’un a une responsabilité dans la violation des droits naturels d’un autre (accident, agression). La justice rétablit l’équilibre rompu. Elle oblige le coupable à dédommager la victime, et elle sanctionne le coupable.
    Cette définition classique se retrouve d’ailleurs dans toutes les oeuvres populaires. La veuve et l’orphelin ne demandaient pas la justice sociale, mais la justice. Le héros punissait le méchant – lui faisait assumer ses responsabilités – et restituait le butin aux victimes, il ne prenait pas aux puissants leur dû ni ne leur faisait assumer des responsabilités qui n’étaient pas les leurs en vue d’une image donnée de la société. Les Robin des Bois ou les Zorro ne défendaient pas la justice sociale, mais la Justice.
    Dans ce contexte, une société n’est donc pas juste parce qu’elle a un aspect donné, un état des choses fixe, mais parce qu’elle est régie par des lois justes, quel que soit l’aspect que l’application de ces lois justes lui donne ensuite.
    Le concept de justice sociale inverse complètement cette hiérarchie. La société n’est pas juste parce qu’elle est régie par des lois justes, elle est juste parce qu’elle a un aspect donné (égalité des revenus, ou des capacités ou des opportunités), aspect donné quelles que soient les lois qui ont permis de parvenir à cette situation.
    La justice sociale viole les principes de justice. Pour que l’apparence de la société soit ceci plutôt que cela, la place des individus doit être fixée – ou a minima favorisée ou défavorisée. C’est-à-dire que les lois ne doivent plus être justes, sans autre objectif que rendre à chacun son dû ou ses responsabilités, mais forgées en vue d’un objectif précis sur la situation des individus après l’application de la loi, sans considération particulière pour les responsabilités ou les droits de chacun.
    La justice sociale, pour exister, doit ainsi violer la justice. Elle doit prendre à Pierre pour donner à Paul, sans considération sur le fait que Pierre n’a jamais violé les droits naturels de Paul, n’a jamais rompu un contrat avec Paul, sans même que Pierre ne connaisse Paul. Pierre devient un moyen, au service de la justice sociale.
    Cela a plusieurs conséquences.
    Les principes de Justice permettent aux hommes de vivre en société, sans craindre pour leur sécurité ; ils permettent aux hommes d’échanger, de coopérer sans violence, ni incertitude. La justice sociale, en abîmant les principes de justice, détruit donc la source même de la société harmonieuse, les échanges justes entre individus égaux en droit.
    D’autre part, le « social » devient une sorte de nouvelle exigence morale, supérieure à la justice ou à la bonté. Un individu soucieux de respecter les principes de justice peut ainsi n’avoir aucune conscience sociale. Dans le même temps, on peut violer ces principes de justice au nom de cette nouvelle exigence morale majeure. Ainsi, brûler la voiture de son voisin pourrait ne pas être condamnable puisque ce ne serait que l’expression d’une révolte sociale.
    Désormais, les individus ne doivent pas agir avec justice ou bonté envers les autres, mais agir pour le bien d’une autre entité, manifestement distincte des individus et des liens qu’ils créent entre eux : la société.
    La justice sociale permettrait donc de construire une société « juste » sans individus justes – c’est inutile, ce qui compte c’est la place et les moyens de chacun dans la société – ni règles justes – cela empêcherait la justice sociale de passer.
    La justice sociale n’est donc ni « juste », ni « sociale ». Elle n’est qu’un prétexte pour augmenter le pouvoir de l’État et de la classe politique, contre les individus, contre la justice, et contre la société.

    • Il y a évidemment un « bug » dans votre démonstration: d’une part pourquoi confondre la justice, au sens premier: caractéristique de ce qui est juste dans un sens moral, général et la justice, au sens officiel ou institutionnel dont le souci ne doit pas être l’équité suivant l’avis du juge, mais la conformité à la loi réputée déterminée de façon démocratique.

      Toute personne ayant vécu le décès d’un enfant, ressent une injustice (morale) car cela va contre « la loi naturelle » (et en ce sens, « la vie est injuste », dit-on, avec raison, en imaginant ou pas, « un organisateur de la vie » à qui s’adresserait cette accusation « d’injuste », injurier le « hasard » paraissant peu raisonnable!)

      Par contre, la « justice » institutionnelle s’intéressant à la conformité à la loi, est forcément contingente de cette loi.
      La loi est évidemment édictée par une émanation (peu) représentative de la nation mais d’une façon majoritaire assez éloignée du consensus unanime.

      Il est donc insensé de réclamer de la justice institutionnelle, la responsabilité ,en toute circonstance, d’une justice au sens moral.

      Si en plus, on « colore » ces deux justices par le mot « social », on introduit une notion hiérarchique de critère, en l’occurrence, la « société », dont les intérêts devront passer avant l’intérêt individuel. Le pouvoir se confondant artificiellement comme le défenseur de la société, il devient normal d’écraser les intérêts de quelques individus, au nom de la société, en conformité avec certaines lois.

      Il en va ainsi en cas de faillite où les institutions de l’état sont créanciers privilégiés légaux et donc premiers servis, sans partage proportionnel prévu! C’est donc bien la loi qui a créé, dans ce cas, le ressenti d’iniquité, pour « le bien de tous », mais le malheur de quelques uns!

    • Justice sociale est un motvirus comme cadeau fiscal.
      Ca sert à justifier moralement une inégalité de traitement en faveur d’intérêts particuliers.

  • Mais c’est déjà le cas de la Sécu qui est une société privée, sous tutelle de l’état, qui fonctionne sur le principe mutualiste, les plus riches paient pour les moins riches….mais qui est obligatoire. Et je ne parle pas du RSI ou autres caisses obligatoire aussi !

    • La sécurité sociale française n’a aucune base contractuelle. Ce n’est pas vraiment ce que j’appelle du mutualisme libertaire.

      • Ferghane

        « La sécurité sociale française n’a aucune base contractuelle. Ce n’est pas vraiment ce que j’appelle du mutualisme libertaire. »

        On joue sur les mots : le mutualisme c’est de l’assurance. C’est un marché avec un prix suivant des risques avec un contrat. La solidarité n’a rien à voir là-dedans, la solidarité est un acte volontaire. Quand ma mutuelle fait dans la solidarité en accordant des avantages différenciés, ce n’est pas mon choix, je n’ai pas le choix.

        Même les produits dit « équitables » ne vont pas jusqu’à faire payer différemment le produit suivant les revenus. Suivant la perception que l’on a de l’action « équitable » on peut rajouter 50E sur le paiement mais c’est volontaire.

        Vous faites de l’entrisme pour venir accoler le libéralisme au socialisme en transformant les mots : obliger et s’obliger par exemple.

        • Non, je ne joue pas sur les mots.
          http://en.wikipedia.org/wiki/Mutualism_(economic_theory)

          Renseignez-vous au lieu de m’accuse,r avec le même ton arrogant et agressif, d’entrisme et autres fantasmes.

          • MDR

            C’est bien ce que je disais, il faut mettre les définitions surtout quand on aborde une théorie économique.

            Un facepalm de compétition :

            « In a session of the French legislature, Proudhon proposed a government-imposed income tax to fund his mutual banking scheme, with some tax brackets reaching as high as 331⁄3 percent and 50 percent, which was turned down by the legislature. »

            Le mutualisme aussi marche bien avec l’argent des autres !
            D’ailleurs toutes les expériences de mutualisme bancaire AUTONOME ont tourné court et ce n’est pas à cause de l’état C’est comme pour les systèmes coopératifs, très peu de gens ont intérêt à acheter 15 ce qui coûte 10. Mais bon, tant que ça ne me coûte pas, vous pouvez bien faire ce que vous voulez.

            Sinon relisez mon message précédent en vous mettant dans la peau d’un libéral et vous verrez qu’il n’y a aucune agressivité. Mais ça fait toujours ça quand on est mis en face avec ses propres contradictiions.

            • http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=RPEC_121_0091

              Bien malin est celui qui prétend pouvoir recenser les différentes expériences mutualistes dans l’histoire de l’humanité.

              A l’échelle moderne, ne vous déplaise, beaucoup d’expériences mutualistes ont été entravées par les autorités publiques qui y voyaient un dangereux outil d’émancipation. L’article ci-dessus en cite quelques unes

              Le truc concernant le mutualisme proudhonien, c’est que l’auteur tendait de plus en plus vers la pensée libérale tout au long de sa vie, à tel point qu’il déclarait dans la Théorie contre l’impôt : « l’intervention du gouvernement dans les transactions et entreprises qui sont du ressort de l’activité personnelle est réprouvé à la fois par la science et la liberté… L’état doit s’abstenir de tout ce qui ne requiert absolument pas son initiative, afin de laisser un champ plus vaste à la liberté individuelle. »

              En espérant avoir bien expliqué le sens du mutualisme que j’évoque depuis le début : un système économique et sociale qui prône une solidarité va au-delà de l’assurance tout en s’attachant au respect du libre-consentement.

              • Ah d’accord, donc en fait le lien que vous aviez donné à 11h25 n’est plus valable à 16h45.

                Proudhon a mis une vie à changer d’avis et vous 5h et 20 mn. Lui au moins a eu l’honnêteté de nous faire part de ses contradictions tout au long de sa réflexion.

                Merci pour le lien payant, les réchauffistes nous font la même quand ils sont à bout d’arguments.

                Si le système mutualiste que vous mettez en avant dans ce lien sont entre autres les SEL, sachez que ça ne fonctionne qu’entre travaux de même nature : 1 heure de repassage contre 1 heure de tonte de pelouse.

                Mais quand j’ai dit à mon voisin que je lui réparerai son ordinateur (une petite demi heure) contre la tonte de ma pelouse (4 heures) il n’était plus d’accord… mais quand il a vu que le réparateur du coin lui demandait 100E pour ne serait-ce que faire un diagnostic il a du se rendre compte que la valeur travail ne se mesure pas en heure… et que l’égalité ça n’existe qu’en rêve…

              • Sinon, il n’est pas nécessaire de recenser les expériences mutualistes : regardons ce qu’il en reste.

    • Pour moi, ce qui doit être obligatoire, c’est d’être assuré à minima. Rien de plus.
      On s’assure comme on veut, on choisit la société, le degré de couverture.

      • … et de cotisation : membre, membre donateur, membre bienfaiteur, etc. Une société d’entraide mutuelle doit attirer un minimum de dons et legs, c’est à ça qu’on juge qu’elle est saine.

    • « sous tutelle de l’état » : sous tutelle, ce n’est plus privé. Tout ce qui est sous tutelle est une excroissance de l’Obèse, un bubon purulent de la peste étatique illibérale et inhumaine.

      Concernant la SS, vérifiez les statuts ! Seuls les salariés et les caisses de base sont de droit privé mais la tête est dramatiquement publique. La caisse nationale de la SS est tellement publique qu’elle fait doublon avec le ministère de la santé dans un gâchis inouï de dépenses publiques.

      Avec la SS, ce ne sont pas les riches qui payent pour les moins riches. Avec la SS, c’est la masse des pauvres qui paye pour les super pauvres, tous étant ruinés par l’Obèse. Les riches, ça fait belle lurette qu’ils sont barrés à l’étranger, loin de l’enfer fiscal socialiste franchouillard.

      • J’aime beaucoup votre commentaire!

        J’ai travaillé 17 ans dans votre pays comme « médecin-travailleur immigré » (sous le label « U.E. », mais ça ne change pas grand chose: je n’étais pas Français)

        J’ai connu la naissance de ce que vous appelez une « usine à gaz », appelée HAS (puisqu’on ne parle qu’en sigles, en France: il s’agit de la Haute Autorité de Santé) qui s’est évidemment empressée de grossir par des antennes régionales et départementales, multipliant, une fois de plus, les « non-soignants » au »service » (tu parles!) de la santé.

        Je vous conjure de demander un jour le nombre de personnes vivant sur le compte de l’état et de ses annexes (CNAM, CRAM, agences et succursales locales, mutuelles, assurances, et bien sûr, ministère de la santé, cabinet, multiples commissions diverses et variées, études en tout genre commanditées, et leurs nombreuses administrations dépendantes) qui s’occupent de santé et de médecine mais ne voient des malades que les documents administratifs; n’oubliez pas les multiples organismes de contrôles des différentes dépenses, ajoutez-y le temps accordé par le médecin, sa secrétaire ou les services administratifs des hôpitaux, pour les taches administratives adressées à des gens, jamais concernés personnellement par la santé des personnes, mais préoccupés de récupérer les remboursements permettant de poursuivre les soins. Si vous ajoutez, enfin, le temps passé au tribunal administratif, pour les conflits à propos des remboursements dépendant de l’interprétation de la nomenclature, (pour ma part, après 3 auditions au tribunal, tout s’est terminé dans un bureau de la CRAM où, reconnaissant mes erreurs de bonne foi lors de mes débuts, en France,nous avons conclu à un « arrangement » « amiable » à l’américaine,et je fus pourtant heureusement surpris que l’indu avait été diminué d’une bonne moitié!, pas moins! Qui a dit « arnaque »?)

        Additionnez le tout et vous découvrirez qui est vraiment le « charognard » qui vit aux dépens du budget national dédié aux soins de santé des malades, se réservant la part du lion: si on voulait, l’assurance-maladie ne serait pas en déficit, évidemment!

        Les cagnottes ouvrières d’entreprises qui ont vraiment précédé le système « solidaire » d’assurance-maladie, bien trop rapidement capté par la horde des « administratifs » « vivant sur la bête », et qui en a détruit le sincère côté solidaire de la veuve ou de l’épouse de l »ouvrier-victime d’un accident du travail, éventuellement mortel.

        Faites le compte et vous verrez enfin où passe l’argent à la fois des cotisations destinées à l’assurance maladie (dont on pense, en France, qu’elle est la meilleure du monde, ça va de soi!!!) et une partie non négligeables de la fiscalité (et de la dette)!

        Mais quand il est question de faire des économies, c’est tout naturellement qu’on se tourne vers les firmes pharmaceutiques, les médecins et leurs honoraires et les hôpitaux, jamais vers cette administration pléthorique au-delà de toute imagination mais restant, comme toute autre administration, intouchable puisque « totalement dévouée au bénéfice de la population », alors qu’il n’est question que de contrôles spécieux et inquisiteurs, de pression sur les prix facturés, les séjours dépassant la norme d’un demi-jour, de médicament générique « made in India », (non vérifié) à substituer quasi obligatoirement à l’original (qui lui a subi tous les tests!

        À ce propos, il est « piquant » que la France fut très, très loin d’être la première à constater les défauts de ce prétendu anti-diabétique oral, utilisé, la plupart du temps comme aide pour maigrir et sérieusement toxique: les différents contrôles n’ont donc servi qu’à protéger du « made in France » de feu Mr Servier, resté impuni des nombreuses victimes de son « médiatur » , au mépris des études prouvant la toxicité de ce produit!

        Bonjour la soi-disant protection du patient malgré la surveillance de myriades de fonctionnaires divers ayant ainsi prouvé leur totale inutilité au service du patient puisque pas un seul n’a relevé cette grave erreur plus tôt! L’affaire politique s’est dite « résolue » par la dissolution de l’ AFSAPS (en gros,, l’équivalent de la food and drug admianistatration américaine, à la française, mais l’original U.S.,est autrement plus efficace et sévère et une référence internationale reconnue!)

        Quand la France comprendra-t-elle qu’à l’extérieur, la confiance est rompue et qu’aucun discours, si éloquent soit-il, ne peut modifier cette impression tenace de beau discours français totalement sont inefficaces face à des réalités?

        La France s’est crue épargnée par la crise grâce à sa prétendue grandeur répétée à l’envi.

        Elle n’en a été qu’épargnée quelques mois mais a plongé plus bas que ses partenaires; elle doit maintenant se relever et tous ses voisins et au-delà savent comment y parvenir. Mais hautement conservatrice, la France et son président attendent dans l’inaction, que la conjoncture internationale lui offre des taux de croissance et rendant indolores les efforts fiscaux exigés du peuple et des entreprises et feront semblant d’offrir une croissance à prendre en marche, sans effort excessif. Ce qui n’arrivera pas!

    • Le monopole de la Contrainte est ce qui définit l’État.
      Si nous y sommes soumis de force, alors l’État est entièrement responsable de tout ce qu’elle est.
      Il n’y a pas de nuance possible.

  • Merci! Ceci est sans conteste le meilleur article de politique que j’ai lu depuis très très très longtemps.

    J’aimerais cependant noter deux problèmes majeurs auxquels tous ceux qui adhèrent à l’idéologie libertarienne doivent impérativement répondre dans la libéralisation des marchés.

    D’une part, le système de planification centralisée de la finance internationale force actuellement les États à devenir autoritaires. Le système des monnaies fiduciaires à taux de change flottants utilise la menace des agences de notation et le spectre de la perte financière comme un outil pour forcer une « solidarité » internationale en soit-disant « libre-marché », alors que la fondation même du système (le dollar US) repose sur la coercition et la subversion.

    D’autre part, même en démolissant ce système, en dégonflant les fortunes spéculatives et en refondant le libre-marché sur des monnaies représentatives, la répartition actuelle des titres de propriété sur les ressources réelles (ressournes naturelles etr moyens de production) rendrait très difficile l’équilibre compétitif. Comme recourir à la violence (retirer les droits de propriété existants) n’est pas une option afin d’aboutir à une société libertarienne, le monde aurait à faire preuve d’une autodiscipline extrêmement forte afin de boycotter volontairement les grandes fortunes et rééquilibrer les forces de marché.

    Les expériences de rééquilibrage du monde nous ont donné des révolutions diverses, de la terreur au communiste Stalinnien. Notre monde fait face à un nouveau réveil actuellement. Dans notre quête pour un monde libertarien, nous ne devons pas répéter les erreurs du passé: la violence contre la violence.

    • Oui la monnaie est pervertie par l’état. Merci de consulter la définition de fiduciaire. On utilise la monnaie pas parce qu’on a confiance en elle mais parce que – pour l’instant – on n’a pas le choix.

      Le système des changes flottants c’est un marché, certes très imparfait, mais un marché quand même. Imaginez-vous un système basé sur un taux de change fixe, basé sur quoi ? Une autorité ? Voir comment ça a fini pour les pays d’amérique latine qui ont voulu s’atteler au dollar.

      Sur les fortunes, vous feriez bien de vous renseigner. Le top 10 des fortunes mondiales ce sont à 80% des self made même si on ne part pas toujours de rien. Mais aucune violence dans tout cela. La violence est toujours du coté de l’état qui n’aime pas la concurrence, celle qui ferait qu’une entreprise pourrait être plus forte que lui. Votre propos c’est une bonne excuse pour exproprier.

      L’inégalité est dans la nature de l’homme, on n’a pas tous les mêmes capacités. A moins de couper les bras des uns ou d’atrophier le cerveau d’autres, il y en aura toujours certains qui s’en sortiront mieux que d’autres : un reset ne sert à rien.

  • Curieusement, on ne parle que de solidarité, mais plus de charité…

    • C’est volontaire. Derrière la notion de solidarité, il y a une certaine forme de réciprocité et d’égalité. La charité, elle, est unilatérale. Elle présuppose une certaine forme de subordination. C’est pourquoi, selon moi, la première est meilleure que la seconde.

      • Il est surprenant que vous voyiez de la subordination dans la charité. Pourtant, c’est bien la solidarité qui exige de la coercition pour exister tandis que la charité, état naturel de l’humanité convergeant vers le bien, se suffit à elle-même, sans aucune contrainte.

        La coercition résume l’échec historique de l’illusion socialiste. La solidarité n’existe pas, jamais ni nulle part, sans contrainte ni violence. La solidarité socialiste n’est qu’un parasitisme, un mensonge contre le progrès, contre la civilisation humaine. Le socialiste ne supporte pas qu’on puisse vivre sans sa petite personne, alors, pour exister quand même, il veut imposer à tous sa solidarité et exige de la réciprocité. Mais quelle réciprocité est possible avec le prétendu solidaire quand celui qui est charitable n’a pas besoin de lui ? La solidarité n’est qu’illusion.

        Parce qu’il a peur de finir seul, d’être en bas de l’échelle sociale, à sa place naturelle, le socialiste est obsédé jusqu’à la folie par l’exigence de la contrainte et considère la charité d’autrui comme une insulte. Son mépris pour la charité n’est que l’expression de son insupportable complexe d’infériorité et un inassouvi besoin de puissance. Le socialiste grenouille dans le péché chimiquement pur de celui qui ne supporte pas l’existence du bien hors de sa petite personne. Le chef des socialistes ne déroge pas à cette insondable déchéance de l’être dans le péché : moi président, je, je, je… Moi, je ! MOI, JE, bordel !

        Mais c’est peine perdue pour le socialiste car, quoi qu’il fasse, peu importe ses crimes égotiques relevant du traitement psychiatrique le plus sévère, l’humanité vit très bien sans le parasite socialiste car, définitivement, nul n’a besoin de lui.

        • Permettez-moi de vous rappeler, cher Cavaignac, que cet article ne fait nullement l’apologie de la solidarité légale et publique mais s’attache à proposer une vision contractuelle, privée et volontaire de celle-ci.

          • Hmmm… Oui, la solidarité contractuelle, privée et volontaire existe. La solidarité de l’individu avec autrui, c’est l’échange volontaire dans le marché libre. Il suit que profit est la conséquence de la solidarité.

            Le socialisme, même privé, reste un mensonge et ne peut pas fonctionner. Il y a d’ailleurs fort à parier que les tribunaux d’un Etat minimal régalien condamneraient les tentatives de socialisme privé, au même titre que les arnaques type pyramide de Ponzi.

            • Le socialisme privé ne peut pas fonctionner dites – vous ? Il vous faut faire un peu plus d’anthropologie je pense.

              La famille n’est – elle pas une forme de socialisme privé ?

              • Non ! Quelle vision horrible de la famille !

                • Et pourtant ! C’est une forme de société où il y a un partage de ressources et de propriété(s) relativement important 🙂 Et une très grande solidarité en général !

                  Bref. Je ne comprends pas votre haine de la solidarité dès lors qu’elle est volontaire.

                  • Quelle haine de la solidarité ? Je me contente de dénoncer la fausse solidarité socialiste.

                    • Je vous parle de solidarité privée (la famille en est une) et vous me rétorquez que le socialisme volontaire reste une imposture. A moins qu’on ne se comprenne pas…

                    • A la rigueur, vous pourriez être audible si vous compariez le socialisme à un fonctionnement tribal, un résidu de barbarie égaré dans le monde moderne.

                    • Ferghane,

                      Marrant que quelqu’un qui a fustigé la nation dans des articles précédents vienne maintenant nous vanter la solidarité de la famille comme un acte de socialisme alors que ce sont des liens de même nature qui rendent solidaire de la famille et du pays, même s’il n’y a pas la même intensité.

                      Par exemple j’aurais le même type de plaisir – mais peut être pas avec la même intensité – à savoir que mon pays s’en sort bien dans la compétition économique car on a pris les bonnes décisions qu’à savoir que mon petit dernier a eu son diplôme.

                      Encore une fois, vous transformez les mots et c’est de la manipulation. Je hais les manipulateurs, ce sont des psychopathes.

                    • Gameover.

                      Aucun rapport entre la nation qui est une idéologie étatiste et la famille.

                      Cordialement,

                      Le psychopathe manipulateur.

                    • Ce n’est pas parce que l’état se sert de la nation (groupe) que la nation est une idéologie étatiste. La nation existe sans l’état : cf les Etats Unis à leur création.

                      Il y a exactement la même volonté déconstructiviste du socialisme envers la nation qu’envers la famille.

                      Cette notion de groupe fait que ça ne me gêne pas trop de financer (un peu hein) le département de la Creuse avec qui j’ai quelques affinités culturelles (au contraire de vous certainement) mais que ça me fait ch*** grave qu’on ait donné dernièrement 1Md à la Cote d’Ivoire bien que dans les 2 cas on ne m’ait pas consulté.

                    • @Gameover,

                      Vous me reprochez de jouer sur les définitions. Je peux vous reprocher d’en ignorer le contenu. A partir du 19ème siècle, la nation est un produit du nationalisme. C’est une construction idéologique et politique qui vise à établir un patrimoine historique qui doit justifier l’action de l’Etat.

                      Or ce patrimoine historique est bien délimité par les bureaucraties qui s’attachent à l’inculquer via toute une ingénierie sociale qui va du système d’éducation généralisée à la muséologie en passant par l’édification de fêtes symboliques et autres éléments folkloriques.

                      http://www.taurillon.org/L-Etat-national-de-Mario-Albertini

                    • Il y a certes souvent une unité politique attachée à l’idée de nation mais ce n’était pas entre autres le cas de l’allemagne avant 1871, ni de l’italie. L’état utilise la notion de nation pour asseoir son autorité mais ce n’est pas une raison pour les confondre.

                      Ce n’est pas parce que l’on mange souvent les pommes de terre sous forme de frites que l’on va changer son nom. On ne plante pas des frites, ni des pommes-frites.

                      Mais revenons au sujet. La digression sur la famille n’est pas utile au mutualisme.

                • De fait, la famille fonctionne un peu selon la maxime « De chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins » 🙂 C’est un socialisme…Certains diraient-même COMMUNISME (Ça va , je ne vous ai pas fait trop peur ?)

              • Non absolument pas!

                J’admets, si c’est indispensable à la satisfaction de votre compréhension,, que ma famille soit l’unité SOCIALE de base d’une société dans un type d’organisation, purement mentale, ou conceptuelle, acceptable.

                Mais j’ose espérer qu’il ne vous a pas échappé que SOCIALISTE est bien le superlatif de social ce qui fait toute la différence entre la solidarité entre les membres d’une même famille sans que jamais, on n’en arrive à sacrifier un membre pour le prétendu bien du groupe comme cela s’est passé tant dans un régime se disant « national-socialiste » que dans unautre se disant une union des républiques socialistes et plus précisément soviétiques.

                Et donc, dans ce sens-là, tous les membres de ma famille vous refusent le droit de les appeler « forme de socialisme privé », c’est un abus de langage qui mériterait, à mes yeux, d’être considéré comme injurieux, tant je considère, comme ceux qui m’entourent et que j’ai, en partie, éduqués, je le reconnais volontiers, nous considérons comme fondamentale par dessus tout le reste, l’exercice d’une vraie liberté personnelle, y compris quand il y a désaccord entre nous: cela ne touchera en rien mon affection pour eux, gage d’une solution, jamais irréversible, qui conviendra aux deux parties, au moment « M ».

                L’inverse, le sacrifice, la mort ou l’exil, de l’unité pour préserver la cohérence du groupe n’est même pas envisageable!

  • La solidarité dans l’État, c’est le totalitarisme, c’est-à-dire le contraire de la laïcité.

    Nous subissons toutes les perversions du totalitarisme
    – Inefficacité: Notre appauvrissement devient flagrant
    – Conformisme étouffant, mépris et haine, opprobre et répression de la dissidence
    – Régression intellectuelle, déni des faits, confusion entre la réalité et les valeurs
    – Recours désordonné à la Contrainte, y compris en matière non objective (conscience, opinion)

    Séparer la solidarité de l’État, c’est appliquer la laïcité.
    La vision de l’homme, les valeurs, sont l’ordre du religieux, par définition.
    La religion est ce qui dans une société relie les hommes entre eux et les générations entre elles.
    Elle rejoint la spiritualité en ce que ces questions n’ont de réponses qu’absolues, hors du temps et de l’espace (même quand elles sont formulées par un socialiste, cf. Vincent Peillon).

    Les sociétés occidentales ont été fondées sur la religion chrétienne, qui leur a transmis un ensemble original de principes:
    – La religion peut être bonne ou mauvaise, mais les homme ne peuvent que « reconnaître l’arbre à ses fruits »
    – Elle est disjointe du pouvoir, ce qui définit l’idée régalienne (pouvoir limité, séculier, objectif)
    – Tous les hommes sont égaux en dignité

    Ces principes fondent le libéralisme, qui non seulement les respecte strictement, mais en dépend.
    C’est aussi en rapport à ces principes que le socialisme se définit, mais pour les combattre, pour rétablir le totalitarisme.
    En eux-mêmes, ils n’exigent pas le christianisme, mais en pratique, les autres religions les supplantent à la faveur de la déchristianisation.
    Triste constat: Le totalitarisme séduit l’homme, alors qu’il ne lui convient pas.
    Il doit résister à l’hubris, la tentation de soumettre autrui, et d’imposer un ordre collectiviste.

    À propos de Proudhon, voici une controverse avec Frédéric Bastiat où l’on constate qu’il est bien socialiste, donc imperméable aux lumières libérales de ce dernier: http://bastiat.org/fr/lettre3.html

  • Globalement, je suis surpris de trouver plusieurs accords avec un soi-disant proudhonien, moi qui suis sans nuance du côté du contemporain de Proudhon, et selon moi infiniment plus glorieux, qu’était, Frédéric Bastiat…

    « Les libéraux les plus conservateurs tombent dans le piège de l’amalgame entre l’obligation de se montrer solidaire et la servitude étatique en dénigrant les plus défavorisés qu’ils accusent d’être assistés et en niant le poids des déterminismes sociaux. »
    Là, je me demande s’il s’agit d’un stéréotype réaliste ou de l’imaginaire socialiste.
    Quand on parle d’assistés, on décrit une réalité mais on accuse avant tout un système et ceux qui le promeuvent. Quant aux assistés eux-mêmes, on les plaindrait plutôt…

    « Tâchons simplement de faire comprendre à ceux qui ne jurent que par le monopole de la violence légitime que la solidarité revêt un caractère naturel. »
    Proudhon a dit cela ?
    Je ne le vouerai donc plus aux gémonies !
    Certes, ceux qui s’offensent du manque de générosité des hommes se croient-ils autre chose que des hommes ?
    Ou veulent-ils plutôt satisfaire leur souci de leur prochain aux frais des autres ?

    • Proudhon détestait le lucre, la spéculation et autres techniques issues de l’éthique commerciale (quoi que sa vision a évolué tout au long de sa vie…)Cependant, un régime de liberté ne fait pas obstacle à ce que certains décident de vivre selon une éthique non-commerciale pour peu qu’il renonce à la contrainte pour l’appliquer aux autres.

      En ce sens, le mutualisme libertaire, qui est une forme de « collectivisme contractuel » est la seule forme de socialisme soluble dans un régime de liberté.
      D’ailleurs je ne vois pas comment on peut soupçonner le père de l’anarchisme de collectivisme autoritaire…

  • Article très intéressant, bravo !

  • « l’auteur, en faisant l’apologie de la pseudo « solidarité » étatique qu’il enrobe d’un lyrisme nationaliste »

    Vous ne devriez pas être étonné : tous les socialismes sans exception sont nationalistes et hygiénistes.

  • la solidarité ne peut pas être obligatoire elle ne peut être que volontaire. au sinon c’est du vol. la solidarité des socialistes n’est motivé que par la jalousie et l’envie et a comme résultat le nivellement par le bas, l’égalité dans la misère

  • « À la différence de la charité […] la solidarité ne divise donc pas le monde entre ceux qui donnent et ceux qui reçoivent ».
    Que savez-vous de la vertu théologale de Charité, M. Azihari. Elle ne  » divise pas le monde entre ceci ou cela ».
    Demandez à un prêtre, et il tentera de vous éclairer sur ce point que manifestement vous et Alain Supiot ignorez. Et il vous vous faudra probablement passer au confessionnal pour commencer à comprendre que la Charité est l’Amour insondable du Dieu Trinitaire, et non pas une quelconque « solidarité qui témoigne… ou qui divise… blabla ».

  • La charité : « La main qui donne est toujours AU-DESSUS de celle qui reçoit ».
    Proverbe africain.

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