L’immobilier neuf s’enfonce dans le marasme

radeau de la méduse credits jean-louis mazières (licence creative commons)

Combien de temps nous faudra-t-il pour nous remettre de la calamité « Duflot » ?

Par Thibaut Doidy de Kerguelen.

radeau de la méduse credits jean-louis mazières (licence creative commons)

Les mises en chantier de logements neufs ont reculé de 5% d’août à octobre pour s’établir à 72 785 au troisième trimestre 2014. Les ventes de logements neufs ont pour leur part baissé de 11, 5% (10% dans le collectif, 24, 8% dans l’individuel), selon des chiffres publiés ce mardi par le ministère du Logement.

Concernant la vente de logements neufs, les chiffres laissent apparaître des régions dans lesquelles il n’y a eu lors du troisième trimestre 2014 aucun appartement ou aucune maison mis en vente !!! C’est la panne complète.

Nous ne nous étendrons pas sur les conséquences économiques d’une telle panne, sur le nombre d’entreprises du bâtiment contraintes de fermer et de licencier, mettant des milliers d’employés à la charge de la collectivité, sur les conséquences fiscales d’une telle situation avec des rentrées de TVA sur les ventes qui s’écroulent, les recettes fiscales et para-fiscales liées à l’emploi qui disparaissent… J’attends que messieurs les chantres de la disparition des « niches fiscales » nous fassent le décompte ! (pour ma part, j’avais très exactement prédit ce scénario dès l’annonce des mesures de leur suppression…)

Quant à ceux qui pleurent sur un prix de l’immobilier trop élevé, en dehors du prix du marché, excessif par rapport aux prix en Allemagne, qu’ils réfléchissent à la loi de l’offre et de la demande. La demande s’accroît chaque année (pour des raisons naturelles comme l’agrandissement du nombre de personnes, la mobilité, la recherche d’un nouveau logement, mais aussi pour des raisons sociologiques comme la destruction des familles et la multiplication des situations « monoparentales », ou encore politique avec l’installation de plus 300 000 immigrés par an dans notre pays. Cette demande qui dépasse largement l’offre ne peut qu’entraîner les prix vers le haut et seule la reprise de la mise en chantier peut faire espérer un rééquilibrage du marché, donc des prix. Cela ne pourra se faire que par l’investissement privé. L’intelligence consiste à savoir, quand la nécessité l’impose, lâcher d’une main pour gagner de l’autre. Bref savoir ne pas être idéologue.

Pour le moment, tous les indicateurs sont au rouge

radeau de la méduse rené le honzecPar type de logement, sur la période, les mises en chantier de logements ordinaires sont ressorties en baisse de 6,4% à 66.984 unités. Seul (tiens tiens, ne subsiste-t-il pas là une dernière « niche fiscale »?) le marché des logements en résidence (pour seniors, étudiants, de tourisme), a progressé de 15,4% à 5 801 unités.

Sur les 12 mois écoulés entre novembre 2013 et octobre 2014, le nombre de logements neufs mis en chantier affiche encore un recul de 11,4% à 301 240 unités. En 2013, déjà ce chiffre avait reculé de 4,2% sur un an. Les agitations gouvernementales, en particulier de la calamiteuse Madame Duflot, qui affichait avec ses lois stupides un objectif d’un demi-million de logements construits par an, est non seulement loin, mais totalement inaccessible sans une refonte complète de la politique du logement.

Quand bien même les socialistes, touchés par la grâce, se mettraient-ils dans la bonne direction et prendraient les bonnes mesures, celles-ci connaîtraient un temps de montée en charge qui ne laisserait pas entrevoir une amélioration avant plusieurs années. En effet, le nombre de permis de construire accordés pour des logements neufs, l’indicateur imparable sur les futures mises en chantier, a régressé de 3,9% sur le troisième trimestre, à 98 017. Les permis accordés pour les logements ordinaires ont reculé de 7,5% à 88 801 unités d’août à octobre, tandis que ceux octroyés aux logements en résidence bondissaient de 52,8% à 9 216. Normal, l’économie sur les logements en résidence existe et est viable.

Dès lors, les investisseurs existent, les investissements se font et la demande trouve son offre. On ne connait pas d’écart significatif sur le marché résidentiel entre la France et nos partenaires. Il suffirait donc de créer les conditions d’une économie saine sur le marché du logement ordinaire pour que la situation se stabilise. Mais voilà, la dure réalité d’aujourd’hui, c’est que, tous marchés confondus, sur les 12 derniers mois, les permis de construire sont en repli de 12,1% à 387.502 unités…..

« L’intelligence, faculté de reconnaître sa sottise », disait Paul Valéry…

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