Transition énergétique : en finir avec les débats irrationnels

À propos de quelques mythes fondateurs de la désastreuse politique énergétique actuelle.

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Transition énergétique (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

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Transition énergétique : en finir avec les débats irrationnels

Publié le 17 novembre 2014
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Par Vincent Bénard.

Transition énergétique (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

La revue des anciens élèves de l’École Polytechnique, La Jaune et la Rouge, publie un très intéressant article de Pascal Rémy, ingénieur X de la promo 1980 et diplômé du MIT, PDG de la société parapétrolière française SNF, leader des « fluides alternatifs à l’eau » pour extraire les gaz et pétroles schistes, avec, tout de même, 2,8 Mds de CA et 45% de parts de marché au plan mondial.

Cet article détaillé démonte plusieurs mythes fondateurs de la désastreuse politique énergétique actuelle. Je vais en résumer l’essentiel, avec mon commentaire en prime.

Préalablement, pour ceux qui rejetteraient ce propos parce qu’il vient de « l’industrie pétrolière », sachez que contrairement aux scientifiques de faculté, qui ne risquent pas grand chose en se trompant, les industriels dépendent, pour vivre, de la justesse de leurs analyses. On peut donc considérer que ce qu’ils expriment, quand bien même ils peuvent se tromper, est moins suspect de biais politicien que les prises de position à l’emporte pièce d’un élu en mal de publicité, ou même d’un scientifique universitaire dont les éventuelles erreurs ne prêtent à aucune conséquence en termes personnels.

L’auteur s’en prend d’abord à la théorie du Peak Oil :

« Les hydrocarbures sont notre marché en plus forte expansion et nous considérons que cette expansion n’en est qu’à son début. C’est un secteur où la technologie et l’innovation jouent un rôle de plus en plus important. Contrairement au discours dominant répandu en France, les hydrocarbures sont considérés à peu près partout ailleurs dans le monde comme un secteur d’avenir. Le récent rapport du groupe Exxon Mobil sur l’énergie en 2040 – rapport qui fait référence en la matière – rappelle quelques évidences mal connues ou délibérément ignorées en France :

– En 2040, le pétrole et le gaz constitueront encore 60% de l’approvisionnement total en énergie de la planète et le gaz sera devenu la deuxième source d’énergie, derrière le pétrole et devant le charbon.

– Les réserves exploitables de pétrole du globe sont évaluées par l’institut américain US Geological Survey à 125 années de consommation. Le même institut évaluait ces réserves à 55 années en 1980.

– Les réserves exploitables de gaz sont estimées à environ 200 années de consommation.

– En 2040, la part du nucléaire dans le mix énergétique mondial aura triplé alors que la part des énergies dites renouvelables restera inférieure à 4%.

Ces données montrent que le monde est loin de manquer d’hydrocarbures et que la notion de « peak-oil » est un concept des années 80 quelque peu dépassé. Comme toutes les thèses malthusiennes, cette notion néglige l’impact des avancées technologiques qui repoussent continuellement les limites des ressources économiquement rentables. Or, les investissements des compagnies pétrolières en exploration-production sont à des niveaux historiques et ont atteint 700 milliards de dollars en 2013 contre 500 milliards il y a trois ans. »

Ainsi donc, la peur de manquer d’hydrocarbures ne serait pas fondée… Quels médias vous en parlent ?

M. Rémy s’en  prend en suite à l’ineptie des objectifs de la politique énergétique française.

« (…) L’objectif « Facteur 4 » est une pure hérésie. Rappelons que cet objectif consiste à réduire par quatre les émissions de CO2 en 2050. Pour y parvenir le gouvernement a prévu de réduire de moitié la consommation totale d’énergie en France. Or ceci ne peut se faire que par des investissements massifs non rentables dans la production et la consommation d’énergie. Cela pourra peut-être créer quelques faux emplois mais diminuera massivement la compétitivité de notre pays, réduira le niveau de vie et augmentera le chômage. Comme l’expliquait Alfred Sauvy en 1960, « remplacer les camions par des brouettes » donne l’illusion de créer des emplois mais dégrade en fait la compétitivité du pays.

(…)

Par ailleurs, la France est un des pays industrialisés dont l’efficacité énergétique est la meilleure et la production de CO2 la plus faible. La France n’a donc aucune obligation morale de réduire rapidement sa consommation d’énergie et ses émissions de CO2. Sur le plan pratique les efforts que pourrait faire la France sont insignifiants face au risque climatique, si tant est que celui-ci soit avéré. »

À l’appui de cette dernière affirmation, voici un graphe des émissions de CO2 par pays du G20. La France pourrait s’arrêter d’émettre du CO2 demain que personne ne s’en apercevrait.Territorial emissions

Pour terminer, l’obscurantisme Français concernant les hydrocarbures « de roche mère », en clair, de schistes, n’est pas épargné :

« Enfin la position du gouvernement1 qui a interdit toute évaluation du potentiel disponible en hydrocarbures de roche mère est le comble de l’ineptie. Même l’inquisition n’avait pas interdit l’utilisation de la lunette sous Galilée ! Or, les gaz et pétrole de schiste sont en train de devenir l’arbitre du développement économique de la planète et la France ne pourra pas s’en passer.

Grâce aux hydrocarbures de roche mère, les États-Unis vivent un véritable changement de paradigme énergétique. En 2013, la production américaine de pétrole a dépassé les importations. Les USA, qui étaient le premier importateur de pétrole au monde avec 12 mbj sont retombés à 7,5 mbj en 2013 tandis que la production a dépassé 8 mbj, dont la moitié en provenance du pétrole de schiste. À horizon quatre à cinq ans, les USA pourraient ne plus importer que 1 à 2 mbj. Ils seront également rapidement exportateurs de gaz. Le choc de compétitivité lié à la faiblesse du prix du gaz va permettre de réindustrialiser le pays. Et ceux qui considèrent en France qu’il s’agit d’une bulle spéculative sont soit ignorants, soit de mauvaise foi : c’est parce qu’il y a trop de gaz produit aux USA que les prix ont chuté.

Enfin, concernant l’impact environnemental de la fracturation hydraulique et contrairement à l’idée répandue en France, il y a très peu d’incidents aux USA. Il s’y fore plus de 10 000 puits par an et les contentieux se comptent sur les doigts d’une main. Il y a peu d’incidents et ceux-ci sont peu graves. L’essentiel concerne les bassins de décantation des eaux usées qui sont parfois mal conçus. Les forages eux-mêmes ne sont pas dangereux. Comme toute industrie, il y a des risques mais il faut faire confiance aux industriels pour les maitriser. »

L’auteur conclut sur la nécessité d’extirper le débat énergétique des conceptions irrationnelles qui le gouvernent aujourd’hui, et de le replacer dans le champ de l’économie en priorité. Je ne saurais mieux dire.

L’article n’apprendra pas nécessairement grand chose de nouveau aux lecteurs réguliers d’Objectif Liberté ou de Contrepoints, mais il est intéressant car il émane de professionnels reconnus et s’adresse à un public d’une grande culture scientifique et technologique (Ingénieurs de l’X) mais dont la plupart ont des cursus professionnels opérationnels au sein d’entreprises où il n’est pas facile de bâtir des carrières entières sur des idées scientifiquement infondées. La crédibilité du message ne pourra donc pas être évacuée d’un revers de manche par ceux à qui il déplait.

On peut même dire que le scepticisme climatique ou relatif à la transition énergétique se développe rapidement au sein de groupes d’ingénieurs issus de notre plus prestigieuse grande école. À l’instar d’un grand scientifique et écologiste allemand, Fritz Vahrenholt, déjà évoqué ici, ils s’aperçoivent que la réalité climato-énergétique ne correspond pas aux affirmations péremptoires du GIEC ou aux idées dominantes dans les médias de grande diffusion, et que suivre aveuglément ces messages erronés peut notamment  leur faire perdre beaucoup d’argent.

Espérons que l’influence des X au sommet de l’État permettra enfin de convaincre quelques gouvernants bien avisés de reconsidérer les mauvais chemins énergétiques dans lesquels la France est actuellement conduite par une classe politique en grande majorité incompétente.


Sur le web.

  1. Note de Vincent Benard : des gouvernements successifs, pour être exact.
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  • « sachez que contrairement aux scientifiques de faculté, qui ne risquent pas grand chose en se trompant, les industriels dépendent, pour vivre, de la justesse de leurs analyses »

    Sachez que contrairement aux scientifiques de faculté, qui ne risquent pas grand chose quelque soit le résultat de leurs études, les scientifiques travaillant pour les industriels n’ont plutôt pas intérêt à publier des résultats allant à l’encontre de l’intérêt de leur employeur s’ils souhaitent garder leur travail.

    « Or, les investissements des compagnies pétrolières en exploration-production sont à des niveaux historiques et ont atteint 700 milliards de dollars en 2013 contre 500 milliards il y a trois ans.  »

    Cette augmentation des investissement est-elle due à une augmentation des découvertes de nouveaux gisements… ou à la nécessité d’exploiter des gisement de plus en plus difficiles d’accès pour pallier à la baisse de production des gisements conventionnels?
    La question de la date de « la fin du pétrole » excite beaucoup de monde mais est une question absurde, il restera probablement du pétrole sur terre dans des centaines d’années. La vrai question est à quel coût d’extraction le pétrole ne sera plus rentable face à d’autres sources d’énergie et quels pays auront à disposition ces énergies alternatives pour soutenir leurs économies le moment venu.

    • Bonjour zereth
      « les scientifiques travaillant pour les industriels n’ont plutôt pas intérêt à publier des résultat »
      C’est pas faux, mais toute source est forcement partiale donc écoutons tous les avis.
      « La vrai question est à quel coût d’extraction le pétrole ne sera plus rentable face à d’autres sources d’énergie »
      Toutafé c’est le noeud du problème.. mais actuellement l’éolien et le photovoltaïque ne sont pas bien placé.

      PS je n’ai rien contre l’éolien.. non subventionné (id pour la voiture électrique).

    • correction :
      Sachez que COMME les scientifiques travaillant pour les industriels, les scientifiques de faculté risquent leur travail si ils publient des résultat qui déplaisent à leur financeurs.
      Alors se tromper, pourquoi pas, mais seulement dans le sens requis pour conserver des financement.

      La seule différence, c’est que l’industriel est soumis à la contrainte du réel, pas le financeur publique.

      Ainsi, un industriel peut sans doute exiger de ses chercheurs des chiffres optimistes sur la rentabilité et la sécurité de l’exploitation pétrolière, mais pour autant ça ne rendra pas cette exploitation rentable dans les faits, et si les dangers existent l’industriel devra payer cash si il les ignorent.
      Inversement, on trouvera facilement un « chercheur » capable d’inventer des inconvénients imaginaires, il suffit de mettre assez d’argent sur la table, et c’est la collectivité qui paiera, alors pourquoi se priver ?

    • « les scientifiques travaillant pour les industriels n’ont plutôt pas intérêt à publier des résultats allant à l’encontre de l’intérêt de leur employeur »
      Ca n’est pas le problème. Le problème est que s’il travaille pour un industriel, un scientifique n’a vraiment pas intérêt à donner des résultats faux, publiés ou non. Tandis que s’il travaille dans une faculté, il lui suffit d’avoir suffisamment d’amis dans les comités de lecture et de les flatter pour que des résultats faux soient acceptés. A noter également qu’un résultat juste remettant en doute les espoirs d’un industriel est extrêmement favorable à ce dernier, puisqu’il lui évite de perdre des sommes considérables dans des investissements mal avisés. En revanche, un résultat faux soutenant une position politique assurera le financement d’un labo universitaire et la réélection du financeur public.

      Quant à penser qu’un industriel attendra d’y être contraint par l’échec des autres pour se lancer dans un investissement rentable, c’est bien mal connaître le principe de l’investissement. Plus le risque est élevé, plus l’investissement sera réduit, donc on n’augmente pas les investissements comme un joueur qui voudrait se refaire par un plus gros coup.

      • MichelO: « Ca n’est pas le problème. Le problème est que s’il travaille pour un industriel, un scientifique n’a vraiment pas intérêt à donner des résultats faux, publiés ou non.  »

        bonjour,
        il y a les travaux des équipes scientifiques et il y a la communication . A l’issu des travaux scientifiques , outre le rapport à destination du centre de décision (qui lui a interêt à être le plus exact ) , il peut très bien être produit plusieurs type de rapports sur les perspectives relativement à un domaine , un à destination des investisseurs , un autre pour le public , un autre pour les politiques , un autre en interne . L’histoire récente est remplie d ‘exemple de grandes entreprises dont la communication laissait entendre que l’avenir est radieux …

    • « La vrai question est à quel coût d’extraction le pétrole ne sera plus rentable face à d’autres sources d’énergie et quels pays auront à disposition ces énergies alternatives pour soutenir leurs économies le moment venu. »

      Ce n’est pas cohérent : si c’est le coût d’extraction du pétrole seul qui augmente, l’alternative évidente est le gaz et non des « énergies alternatives » dont on sait bien ce que le terme vague désigne et le peu de réalisme qui y est associé.

      • Et je m’avancerais à dire que les escrologistes l’ont très bien compris et que c’est la raison profonde de leur haine envers les gaz de schistes : le fait de disposer de ressources de gaz bien supérieures au pétrole casse le discours sur la tragédie du peak-oil. (Vous remarquerez qu’ils insistent beaucoup sur le fait que les réserves de GdS seraient limitées tout en luttant férocement pour interdire leur estimation en France).

      • 1. L’Europe n’a pas beaucoup plus de pétrole que de gaz
        2. On est très loin de pouvoir faire avancer nos véhicules au gaz, que ce soit en terme économique (densité énergétique) ou technique (Airbus à gaz?).

  • Cela fait plaisir de savoir que nos grandes écoles ne se résument pas a quelques sombres politicards hantant les palais de la république . Les traitres ( et leurs conseillers) qui nous gouvernent devraient être tous traduit en justice . Ce jour là , je pourrais enfin reprendre une carte d’électeur et faire un choix

  • « Or, les investissements des compagnies pétrolières en exploration-production sont à des niveaux historiques et ont atteint 700 milliards de dollars en 2013 contre 500 milliards il y a trois ans.  »

    Et ces investissements ont été bien moins productifs que par le passé. Les capex des majors ont explosé, sans réussir à maintenir leur niveau de production. Ce pétard mouillé est en fait extrêmement inquiétant. Et l’IEA ne cesse de relever ses projections d’investissements nécessaires dans l’énergie pour satisfaire une demande mondiale pourtant largement tassée par des prix durablement élevés depuis 10 ans.

  • a mon avis, la volonté de réduire le CO2 est la suivante : comme on importe gaz et pétrole, et qu’une grosse partie de notre économie tourne grâce à la dette, il s’agit d’arreter de s’endetter contre des hydrocarbures.

    • Pour la partie CO2 pourquoi pas, (et encore, c’est discutable) mais alors pourquoi diminuer la part du nucléaire où nous sommes largement exportateurs, au profit du photovoltaïque et de l’éolien pour lesquels nous devons importer en masse (les panneaux et les terres rares chinois pour les néodymes des éoliennes) ?

      • Pour faire augmenter le taux de production de CO2 de la chine et faire baisser le notre, comme ca on a bonne conscience : la poussière sous le tapis.

    • Résonnement Colbertiste (le héros de Zemmour), mais bon on est en France ou tout le monde est obsédé par la balance commercial depuis des siècles.
      Si un industriel français doit utiliser du bois français à la place du pétrole pour fabriquer un produit, vous aurez certes réduit le déficit commercial en réduisant les importations de pétrole, mais vu que l’industrie en question va nécessairement faire faillite, vous aurez augmentez d’autant plus le déficit commercial qu’il faudra importer le produit que votre industrie fabriquait auparavant. Ce produit étant un produit transformé, il coûte beaucoup plus cher que la valeur énergétique nécessaire pour sa fabrication. Sans compter sur le fait que votre industrie maintenant détruite ne peut plus exporter, ni créer de nouveau produits qu’elle ne pourra pas exporter non plus etc…
      En fait en voulant réduire le déficit commercial, vous l’augmentez d’autant plus.
      Si on arrêtait d’acheter du pétrole, on n’améliorerait pas notre balance commercial, on détruirait notre économie tellement ce produit est compétitif et nécessaire dans le monde actuel. Le seul moyen d’arriver a cette objectif est de trouver une énergie renouvelable aussi bon marché et abondante que le pétrole. Mais dans ce cas la, l’état n’a aucun intérêt à investir dedans.
      Ca me fait penser au gogos qui vont sur youtube pour voir les espèce de machine a énergie gratuite que les pétrolier font tout pour nous cacher. Comme si un mec qui inventait l’énergie gratuite et mettait un brevet dessus ne deviendrait pas l’homme le plus riche du monde en quelque années. En fait, la dernière chose que le mec ferait, ça serait surement de faire une vidéo youtube pour expliquer a tout le monde son invention :D.
      C’est un peu pareil avec les ENR, si ça marchais vraiment, on en entendrait jamais parler :).

      • En même temps, plus on dépense d’argent pour acheter de l’énergie (quelle soit locale ou importée), moins on en a pour d’autres budgets (enseignement, protection sociale, investissement, etc.)

        Et c’est sans prendre en compte dans le calcul les conséquences géopolitiques de cette dépendance (voir Ukraine et Irak/Syrie/Lybie, en particulier).

        Donc chercher une alternative moins chère, aussi efficace et locale au pétrole n’est pas stupide.

        Sauf qu’il est peu probable qu’on trouve avant le pic. Problème.

        • Vous avez de toute façon besoin d’énergie. Depuis la préhistoire l’homme utilise l’énergie de la nature pour se faciliter la vie, et aujourd’hui plus que jamais l’économie a besoin d’énergie.
          Bien sur, nous avons l’espoir un jour de trouver mieux que le pétrole, pour cela je pencherais vers une invention humaine récente, à la pointe de la technologie et de la recherche physique, une découverte qui a déjà fait ses preuves et qui à tellement à nous offrir dans le futur :
          Le moulin a vent !
          non jdéconne, le nucléaire bien sur. 😀

          • Oui mais…
            1. le nucléaire, c’est de l’électricité : à quand les camions, les cargos, les avions, les tracteurs, les bulldozers électriques? 98% du transport mondial se fait avec du pétrole
            2. peu de pays ont les compétences pour gérer un parc nucléaire ou la stabilité politique pour gérer un parc nucléaire
            3. le pic de pétrole n’est pas dans des siècles; on y est peut-être déjà depuis 2005

            Bref, c’est compliqué.

            L’ami Bihouix parie plutôt sur le pull (« l’isolation du futur » *) et le vélo (« la voiture électrique du futur » **):
            http://www.youtube.com/watch?v=i03kd_diDDk

            * France : 30 millions de logements à isoler, 300.000/an, ça fait un siècle, donc trop tard
            ** batteries : bulldozers à pétrole pour extraire platine et lithium; de toute façon, pas assez pour produire les batteries d’un milliard de voitures électriques

            • Ne vous inquiétez pas, quand il y a du profit à se faire (ou quand ils sont devant le mur), les hommes trouvent toujours des solutions… l’électricité semble le scénario le plus probable, parce qu’un capital existe déjà dans le domaine.

              Au XIX° on ne donnait pas cher de l’automobile, avant que l’on invente les pneumatiques…

              Une innovation, par définition, c’est trouver quelque chose que l’on ne connaissait pas avant. Et regarder d’en haut et sur le papier, en ne considérant que ce l’on connait, n’est pas la meilleure manière de se rassurer.

  • Le tableau sur les émissions de CO2 est effarant :

    – l’industrie relocalisée en Chine serait la première source de réchauffement climatique (si tenté que le CO2 en soit la cause), donc le facteur principal serait la relance par la consommation…
    – Les éoliennes et autres ‘renouvelables’ en France, même à 25 ou 30% n’ont absolument aucun impact sur la production de CO2 mondiale, c’est un « vert d’eau » dans la mer.

    On a beau être libéral et laisser à tous le droit de s’exprimer, il y a un moment où on est obligé de prendre sacrément sur soi quand on entend raconter des sornettes comme le font les verts.

    Assez délirant que 8 à 9% de la population puisse avoir un tel pouvoir de nuisance…

    • 8 à 9 % ? On en est très loin. EELV revendique 15 000 adhérents ! Et plafonne au mieux à 1,7 M de voix.
      Çà fait donc 3%en comptent très, très large.

      Cela dit, il suffit souvent de bien moins de gens pour prendre le pouvoir même dans un grand pays. Quelques centaines, parfois quelques dizaines même.

      • J’ai pris les chiffres des européennes, le pourcentages de suffrages exprimés, pour ce qu’ils valent, je n’ai aucune revendication scientifique 🙂

        Les verts ont fait pire que prendre le pouvoir, ils ont développé une vérité unique et son corolaire : une morale unique et intégriste.

    • « si tenté »
      « un « vert d’eau » dans la mer. »

      Joli.

  • Étonnant que l’on n’ait parlé que des assiettes en plastique à l’issue du vote de la loi. Quel arbre qui cahe une équation énergétique impossible à résoudre !

    http://www.mauvaisenouvelle.fr/?article=france-le-plastique-n-est-plus-fantastique–444

  • Il convient tout de même de faire quelques remarques.

    Lorsque vous dites « sachez que contrairement aux scientifiques de faculté, qui ne risquent pas grand chose en se trompant, les industriels dépendent, pour vivre, de la justesse de leurs analyses », cela mérite quand même quelques critiques. D’abord, un scientifique qui se trompe peut voir sa carrière en prendre un coup ! Ensuite, on peut conclure qu’un industriel a tout intérêt à faire du lobbying auprès des décideurs politiques quitte à cacher, biaiser des informations justement pour pouvoir vivre de l’exploitation de certaines ressources par exemple.

    Il est également assez paradoxal d’utiliser l’estimation d’un institut quand dans la même phrase vous montrez qu’une prévision antérieure de cet organisme a été réfutée.

    D’autre part, je vous rappelle que le concept de « peak oil » ne signifie pas pénurie, ou fin des hydrocarbures mais ralentissement de la production et fin du pétrole/gaz bon marché.

    Sur l’efficacité énergétique, il faut rapporter soit à l’activité économique ou encore au nombre d’habitants. Si on regarde relativement à l’activité économique, le Danemark, le RU, la Suède, l’Allemagne, l’Espagne, le Japon font mieux (données de l’AIE). D’autre part, votre argumentaire : « la France pourrait s’arrêter d’émettre du CO2 demain que personne ne s’en apercevrait » me fait penser aux paradoxes d’Euboulides : les sorites du tas et du chauve. Rappel de ces deux paradoxes : quelqu’un qui a des cheveux n’est pas chauve. Ce n’est pas le fait de perdre un cheveu qui rend un individu chauve. Ainsi, un non-chauve ne devient pas chauve s’il perd un cheveu. Si on a un raisonnement récursif, on en arrive à la conclusion qu’un individu avec un seul cheveu sur sa tête n’est pas chauve et que donc s’il perd un cheveu il n’est pas chauve non plus. Le raisonnement est similaire pour le tas : un million de grains de sable forment un tas, ce n’est pas en ôtant un grain de sable que le tas n’est plus un tas Ainsi, si on ôte un grain de sable d’un tas, celui-ci reste un tas. On en conclut encore qu’un grain de sable forme un tas de sable ! Ce que vous nous dites ressemble fortement à cela. Si la France cesse d’émettre du CO2 personne ne s’en apercevra, idem si c’est l’Allemagne, idem si c’est l’Espagne, idem si c’est le RU, idem si c’est le Danemark, etc. Au final on en concluerait que personne ne s’apercevrait si l’UE n’émettais plus de CO2 ! Comme pour les sorites, on voit bien qu’il y a un problème.
    A propos des ressources dites non conventionnelles ( gaz, huiles de schistes), le miracle américain est loin d’être avéré. Une étude de l’IDDRI chiffre le gain pour le PIB américain de leur exploitation à 0,84% entre 2012 et 2035 ! Certains gisements ont été surestimés (par erreur ou délibérément ? Curieusement cela coïncide avec de nouvelles règles mises en place par la SEC (Securities and Exchange Commission), l’AMF (autorité des marchés financiers) américaine. La rentabilité du modèle est également largement discutée. Dans la revue Nature, un ancien conseiller scientifique du gouvernement britannique, David King, souligne que le rendement d’un puits de gaz de schiste décroche de 60 à 90 % au terme de sa première année d’exploitation. Ainsi pour rembourser ses dettes, un opérateur doit sans cesse trouver de nouveaux gisements et forer. Cela fait véritablement penser à une bulle. D’autant plus que les prix baissant, le remboursement est rendu encore plus difficile.

    • « D’autre part, je vous rappelle que le concept de « peak oil » ne signifie pas pénurie, ou fin des hydrocarbures mais ralentissement de la production et fin du pétrole/gaz bon marché.  »

      Vous avez oublié le charbon ! Le peak oil-gaz-charbon !

      Qui va coïncider bien sur à un réchauffement catastrophique, l’invasion de nuées de sauterelles, des pluies de météorites et l’arrivée des martiens et de Gozer le Gozérien. Tout en même temps. On n’a vraiment pas de chance si vous voulez mon avis …

    • Cela fait véritablement penser à une bulle. D’autant plus que les prix baissant, le remboursement est rendu encore plus difficile.

      Je ne vois pas ou est le problème :
      si les prix baissent, les nouveaux forages s’arrêtent.
      si les prix montent cela freine la consommation.
      Normal, François :mrgreen:

      • Vous n’avez donc aucune notion du temps ? Lorsque l’entreprise s’endette, les prix sont à un certain niveau. Si les prix baissent, la somme à rembourser elle ne change pas. Il est donc plus difficile de rembourser. Vous ne savez donc pas que l’inflation favorise les emprunteurs alors que la déflation favorise les créanciers ? C’est la base de l’économie. Vous me semblez avoir des lacunes.

        • Quelle notion de temps il manque à : « si les prix baissent, les nouveaux forages s’arrêtent.
          si les prix montent cela freine la consommation. » ?
          C’est exactement un raisonnement dans le temps.
          Ensuite, si une entreprise surévalue un marché et fait un mauvais investissement, elle en subit une perte… Quoi de plus normal ?
          Mais la plupart du temps ces revirement de marché ne sont pas assez cataclysmique pour mettre la société en faillite.

        • http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9flation

          « Les états et leurs économistes-maison s’inquiètent aussi beaucoup du risque de déflation sur leur bilan et leurs recettes. Leur endettement massif signifie qu’en cas de déflation, il leur faudra rembourser plus qu’avant (l’inflation ayant l’effet inverse). Pire encore : par la dilution du pouvoir d’achat de la masse monétaire existante dans une masse monétaire accrue, l’inflation est un impôt sur la détention de monnaie, au profit de l’émetteur de monnaie ; la déflation a l’effet rigoureusement inverse : le pouvoir d’achat de la masse monétaire existante s’accroit, et l’émetteur de monnaie perd une ressource importante, ce qui réduit son pouvoir d’influence. »

          En gros voila pourquoi l’état déteste la déflation et encourage ses économiste-maison à vous vendre « l’inflation bonheur du peuple ».

          • J’explique simplement que du fait de la baisse des prix du gaz, les remboursements pour les entreprises sont plus difficiles. Si vous en concluez qu’elles ont fait un mauvais investissement, cela signifie donc que vous estimez que l’exploitation de gaz de schiste n’est pas rentable.

            Je vous conseille également de vous méfier de wikipédia, notamment sur des sujets politiques, on trouve des activistes. C’est justement le cas de l’individu qui a ajouté le passage que vous citez à l’article sur la déflation. L’inflation a justement permis à de nombreux foyers de devenir propriétaires et de s’équiper après-guerre.

        • N’importe quoi. La capacité de remboursement dépend de la marge dégagée pas des prix. Et l’inflation est une donnée monétaire qui n’a rien à voir avec les fluctuations de prix d’un marché particulier.

          • La capacité de remboursement dépend de la marge, certes. Mais plus le prix du baril est élevé, plus la marge est importante.

            Ensuite, l’inflation dépend (entre autres) du prix des importations (dans lesquelles le pétrole tient une place plus que conséquente) : Moins elles sont chères, moins les coûts de production sont élevés, moins les prix sont élevés. Des prix qui baissent, ça s’appelle la déflation.

            • La marge dépend du volume, des prix, et des coûts pas que des prix. L’inflation n’est qu’une constatation monétaire des fluctuations de prix. C’est une conséquence pas une cause.
              Les variations de taux de change peuvent avoir une influence plus importante que l’inflation. L’inflation à un sens vis à vis du crédit pour les particuliers, peu pour les entreprises, surtout multinationales qui achètent et vendent du crédit en fonction des évolutions du marché.

          • Réfléchissez un peu. La valeur du chiffre d’affaire dépend des prix (à production égale, bien entendu si les prix baissent mais que le volume des ventes augmente, le CA peut rester le même voire augmenter). Le montant de la dette lui ne change pas. Si vous avez des prix qui diminuent, la valeur nominale de votre CA va diminuer, vous aurez alors plus de difficulté à rembourser votre dette. Je ne vois pas ce qu’il y a de compliqué à comprendre.

            Concernant l’inflation, rien n’empêche de parler d’inflation dans un secteur. Ceci dit, ici, je parlais en effet de l’inflation et la déflation en générale, le raisonnement étant analogue.

        • Random, vos notions en économie semblent être assez … aléatoires :mrgreen:

        • Vous ne savez donc pas que l’inflation favorise les emprunteurs alors que la déflation favorise les créanciers ?

          Cela reste à voir : un emprunteur peut faire faillite malgré l’inflation. L’inflation ou la déflation à 2 chiffres ne sont jamais bonnes. Maintenant, qui vous dit que les forages ne se font pas sur fonds propres ? Aux US, pas mal de gens ont de grosses fortunes, et sont prêts à prendre des risques. A part vos considérations générales, il n’est pas si simple de conclure.

          • je n’ai jamais dit qu’un emprunteur ne pouvait pas faire défaut avec de l’inflation. pourquoi me faire porter des propos que je n’ai jamais tenus ?

            Concernant le financement sur fonds propres, cela ne change pas grand chose. Un investisseur veut un retour, un rendement. Si les prix baissent, le rendement, le taux de profit sera plus faible. pour maintenir un taux de profit suffisant, il faut continuer à forer donc soit emprunter soit trouver de nouveaux investisseurs (système de Ponzi).

  • À la lecture de cet article on pourrait croire que l’extraction des gaz de schistes n’aurait qu’un impact marginal sur l’environnement, ce serait oublier ces quelques réalités :
    – contamination des nappes phréatiques en raison des fuites d’hydrocarbures le long des tubages;
    – 3,6 ha sont nécessaires à l’exploitation d’un seul puit (sols bétonnés pour accueillir l’infrastructure qui devra être reliée au réseau routier, gazoduc);
    – un forage nécessite environ 20 000 000 de litres d eau soit l équivalent de la consommation quotidienne de 100 000 habitants;
    – les vapeurs d’hydrocarbures sont majoritairement composées de méthane dont une partie est relâchée dans l atmosphère au niveau du puit, hors le méthane est un gaz à effet de serre bien plus puissant que le CO2;

    De plus il me semble que le rapport Bloomberg en date de mai 2014 fait bien état d un bilan négatif aux États Unis au terme de 4 années d exploration et ce notamment en raison du fait que les réserves s épuisent plus rapidement que prévu et qu il devient nécessaire de forer plus profondément augmentant ainsi considérablement les coûts.

  • il y a un point que vous avez soigneusement ignoré , la coté ‘capitalisme’ du sujet . il ne faut pas parler de transition énergétique en terme statistique ou scientifique mais financier coté industriel, pas du client : l’écologie rapporte gros aux petits malins , aux bonimenteurs de foire . les clients de ces gens sont toujours perdants et une prise de marché se fait toujours au détriment d’autres industriels (nucléaire !) . par contre c’est gens sont du pain béni pour les banquiers qui ramassent toujours la mise a la fin de la partie que cela soit pour vendre du vent ou du chocolat .

    • Connaissant un peu le domaine vu mon travail, je reprends un argument écolo:
      solutions renouvelables pas du tout aléatoires gratuites à perpétuité une fois installé (rendement =temps infini / (prix d’installation)
      applicables aux éoliennes, panneaux solaires, barrage

      Si vous croyez que l’entretien d’un barrage, éolienne, ferme photovoltaïque c’est du gratuit je vous laisse dans votre rêve.
      Prenez le barrage du Chambon si vous voulez un exemple facile à comprendre. A ma connaissance, en France, ceux qui habitent près des éoliennes sont plutôt mécontent à cause du bruit, elles cassent aussi
      souvent.

      L’écologie, quand on y gratte avec de l’économie, elle perd beaucoup de sa nature
      Quand on vous donne un bilan carbone de la fabrication d’un panneau solaire, mieux vaut ne pas demander les chaînes de sous-traitance interminable de certaines entreprises

      La nature humaine et la nature de l’énergie font que le consensus sera toujours difficile

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