Hollande et le mythe de « l’État qui paye »

hollande_c'est l'Etat qui paye_credit Nicolas Nilsen

Et que dira François Hollande quand il n’y aura plus de grain à moudre ?

Par Nicolas Nilsen

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Jeudi soir sur TF1, François Hollande aura finalement lâché la phrase emblématique de son quinquennat : « C’est l’État qui paye ! » En direct, le Président de la République aura fait l’aveu de sa méconnaissance crasse des mécanismes de base de l’économie et donné l’explication de la déroute Française.

On comprend mieux pourquoi Hollande ne s’inquiétait pas de la dérive des dépenses que lui rappelait pourtant inlassablement la Cour des Comptes. Il pensait : Ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye ! Pour lui, l’État c’est comme une source providentielle, une caisse magique que les riches doivent remplir à coup de matraquage fiscal pour que les socialistes puissent redistribuer et gaspiller au gré de leurs choix idéologiques : Ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye !

On comprend aussi pourquoi le chef de l’État reportait lâchement à plus tard les réformes indispensables. En fait il ne comprenait pas la notion même de discipline budgétaire. Pourquoi économiser puisque ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye ! Il se disait : tant qu’il restera encore du grain à moudre, je continuerai à multiplier dépenses !

L’État, grand guichet distributeur

Depuis des décennies, l’État-providence est devenu un immense guichet distributeur d’allocations, d’indemnités, de prestations, de primes, d’aides, de subventions en tout genre… Pour les idéologues socialistes, l’État-providence c’est cela : une sorte de Père-Noël keynésien distribuant généreusement des cadeaux : des prestations sociales, des indemnités chômage, des « primes de Noël », des allocations logement, des primes au départ des Roms (et aussi celles pour ceux qui repartent après être revenus pour toucher à nouveau la prime), et des RSA et l’AME etc. L’État multipliait les droits, les prestations, les allocations et les aides, distribuant sans compter, à tous, étrangers comme sans papiers… Les intermittents du spectacle, c’est l’État qui paye ! Les emplois dits d’avenir : c’est l’État qui paye ! Les 60 000 fonctionnaires supplémentaires : c’est l’État qui paye ! La garantie « universelle et solidaire » des loyers de la loi ALUR pour financer les impayés des locataires : c’est l’État qui paye ! Le « tiers payant généralisé » de Marisol Touraine (qui ne fera qu’achever de déresponsabilise les patients et dévaloriser le coût de la médecine) : c’est l’État qui paye ! Etc.

Avec Hollande à la tête de l’État, c’est donc happy hours toute l’année. C’est pas cher, c’est l’État qui paye, alors pourquoi se gêner ?

Bientôt plus de grain dans les silos de l’État

L’État-providence aura finalement mis toute la société sous perfusion. Pendant des décennies, il aura ponctionné ceux qui créaient la richesse nationale et fait tourner les impôts dans ses grosses machines redistributrices pour subventionner généreusement ses clientèles.

L’État « Providence » a ainsi vécu pendant des décennies de la richesse des autres et, du haut de sa grande bureaucratie pleine de fonctionnaires et de petits inspecteurs du fisc, il aura redistribué plus de 58% du PIB en allocations, subventions, aides, indemnités, avantages et prestations diverses… Élu grâce aux clientèles qu’il arrosait, il a continué à prélever sur ceux qui avaient créé cette richesse et gagné cet argent (les sales riches, les sales capitalistes, les sales patrons qu’à l’époque Montebourg injuriait du matin au soir, ces sales entrepreneurs qui exploitent les travailleurs etc.).

Tant qu’il y a eu création de richesse, ce système a marché. La France était riche, la société était aisée, les revenus étaient élevés, l’État pouvait ponctionner la richesse et intervenir dans tous les domaines en transfusant au travers de tous ses tubes ministériels et guichets bureaucratiques… Pour faire rentrer l’argent dans les caisses de l’État-providence, le fisc aura matraqué tout le monde : avec des impôts sur les bénéfices, sur les plus-values, sur le capital, sur les maisons, sur les revenus, sur la fortune, et des taxes et des prélèvements sur tout et n’importe quoi… Ce matraquage fiscal aura atteint des niveaux quasiment confiscatoires : 46,2% du PIB en 2013. Les prélèvements atteignant le seuil d’alerte, l’État aurait dû économiser massivement : il a vu au contraire les dépenses publiques atteindre le niveau record de 57,4% du PIB en 2013. Quand on a des recettes qui ne rentrent plus et qu’on refuse de baisser les dépenses, il ne reste évidemment que la dette. Elle atteindra les 2.000 milliards fin 2014. Mais Hollande l’a dit : pourquoi se gêner puisque « ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye ! »

À la veille d’un effondrement des finances publiques

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L’État-providence ne peut pas continuer éternellement à marcher ainsi et ceux qui le prétendent sont évidemment d’une incrédulité sans borne ou d’une inculture économique tragique.

Ce qu’on appelle le « modèle Français » a fonctionné comme un système fou tiré par des dépenses publiques financées à crédit. Il aurait au contraire fallu tout repenser à l’envers pour recréer les bases d’une société de production – et non d’une société tirée par la consommation à coup d’allocations ou d’assistanat financés à crédit par la dette. Mais pourquoi faire des efforts quand on pense que ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye !

Plus on attend et plus le réveil sera dur

Aujourd’hui, à mi-mandat du quinquennat de François Hollande, l’État est malheureusement arrivé au bout de ce système insensé : l’État est en faillite, les agents économiques sont ruinés, les particuliers n’ont plus le sou, tous les systèmes de protection sociale sont en train de s’écrouler sous cette idéologie du « ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye ! »

Le réveil des consciences sera évidemment douloureux, mais sans doute moins que le réveil par la violence dans la rue et les émeutes urbaines. Si l’État est arrivé au point où il ne peut plus garantir les retraites, ni les indemnités chômage, ni les prestations sociales qui seront rognées les unes après les autres, alors il faudra bien que quelque chose change. En profondeur et vite…

Souhaitons que les Français comprennent rapidement que les politiciens actuels leur mentent et que, s’ils ne réagissent pas rapidement, ce seront eux, les Français de base, qui seront les dindons de la farce d’un l’État-providence arrivé à bout de souffle, ruiné et en faillite. Ils se réveilleront peut-être quand leurs retraites ne pourront plus être payées et que Valls, les larmes dans les yeux, viendra annoncer la fin de l’État-providence et dire aux fonctionnaires qu’il ne peut plus les payer ! Et aux chômeurs qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses pour payer leurs indemnités de fin de droits. La tête qu’ils feront quand il comprendront, mais trop tard, ce que veut dire très exactement « ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye ! »


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