#Luxleaks : le Luxembourg a raison de mener sa politique !

mur de berlin credits noud w (licence creative commons)

Critiquer le Luxembourg rapporte gros médiatiquement, mais n’est-ce pas un moyen facile de fuir ses responsabilités ?

Par Le Parisien Libéral.

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Heureusement qu’il y a le Luxembourg et ses petits arrangements avec les départements fiscaux des multinationales !

Comme ça, cela permet aux médias de la bobocratie (Le Monde et The Guardian) de taper sur un petit pays qui ne demande qu’à vivre, lui, et ses dizaines de milliers de frontaliers, y compris Français, plutôt que de se poser les vraies questions.

Déjà, il est assez comique que Le Monde, qui jamais n’a critiqué les propos de Manuel Valls (« la France décide seule« ) alors que la France viole les traités européens, dénie au Luxembourg le droit de voter ses propres lois. On ne peut pas excuser la France d’avoir un comportement budgétaire non seulement irresponsable mais en plus contraire aux traités, et ensuite venir faire des reproches aux autres.

Ensuite, la France et sa classe politique et médiatique n’ont vraiment pas à donner de leçons. Quand on autorise l’UEFA à opérer dans un cadre fiscal sur mesure afin de s’assurer l’Euro 2016, quand on pense que le régime d’exception des DOM-TOM, ou celui des impôts en Corse sont justifiés, de quel droit se mêle-t-on des affaires fiscales des autres ? La France ne cesse de créer des niches sur mesures pour les journalistes ou les politiciens. C’est son droit. C’est aussi le droit du Luxembourg que de préférer attirer des entreprises dans un pays qui, à la différence de nous, n’a ni accès à la mer, ni atouts particuliers.

Nos voisins et amis belges peuvent aussi se poser des questions, qu’est-ce que Belgacom, majoritairement détenu par le royaume de Belgique, fait au Luxembourg ? Tout ceci, comme dans le cas français, est d’une énorme hypocrisie. Oui, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne ou les États-Unis ont besoin de l’existence de petits pays comme la Suisse ou le Luxembourg.

Ils sont doublement indispensables.

D’une part, ils permettent de servir de piqûre de rappel, dans un contexte de fiscalité largement excessive dans la plupart des démocraties occidentales. Pendant que le Luxembourg attire des entreprises, la France préfère créer des emplois jeunes ou aller faire la guerre au Mali. L’existence du Luxembourg contribue, avec d’autres éléments, à rappeler l’existence de la courbe de Laffer et à se souvenir du fait que nous ne devons pas aller trop loin en matière d’oppression fiscale.

D’autre part, cette polémique sur le Luxembourg permet de réaliser quelle est l’idéologie qui anime un grand nombre de politiciens, en France notamment : celle de la prison fiscale et de la confusion entre les patrimoines privés et « publics ». (En réalité, comme disait Margaret Thatcher, il n’y a pas d’argent public, mais admettons). L’argent produit en France par des personnes privées ou morales, n’est pas l’argent de France, l’État.

Arrêtons de critiquer le Luxembourg, demandons plutôt ce que nous, Français, pouvons faire pour :

  • Simplifier notre système fiscal (flat tax ?) ;
  • Migrer d’un système de prélèvements contraints vers un système de dons volontairement consentis ;
  • Arrêter l’hypocrisie (Monaco ? Andorre ?) ;
  • Faire en sorte que les politiciens français paient eux aussi des impôts ;
  • Aligner nos dépenses publiques sur nos recettes fiscales, sachant que ces dernières, malgré l’existence du Luxembourg, ont toujours progressé, même depuis 2008.

Plutôt qu’ériger des murs de Berlin fiscaux, réformons notre pays, en diminuant le rôle de l’État !


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