Fondation Louis Vuitton : c’est (le monopole de l’État sur) la culture qu’on assassine

Le Monde se met au niveau de Libération pour médire de la Fondation Louis Vuitton et, par ricochet, de Bernard Arnault.

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Fondation Louis Vuiton CC Flickr Daniel Hennemand

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Fondation Louis Vuitton : c’est (le monopole de l’État sur) la culture qu’on assassine

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 1 novembre 2014
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Le Monde se met au niveau de Libération pour médire de la Fondation Louis Vuitton et, par ricochet, de Bernard Arnault. Parce que la culture, c’est comme la confiture : c’est mieux quand on la confie à des cochons.

Fondation Louis Vuiton CC Flickr Daniel Hennemand

La France est un pays de culture. Un véritable bouillon, où les rares morceaux de sens restants sont dilués dans les eaux trop salées de l’exception culturelle. Un pays où les artistes vivent d’amour, d’eau fraîche et de subventions ; où les musées sont gratuits, comme le fromage sur une tapette à souris, affiné et sélectionné avec soin par les sbires du ministère de la Culture.

La culture, en France, c’est une affaire d’État – au même titre que l’éducation, les médias, l’économie, l’environnement et le hamster géant d’Alsace. Et certains entendent bien en faire un monopole, malgré les tentatives de capitalistes sans scrupules de diffuser eux aussi la culture.

Heureusement, les vigies du non-marchand et du non-lucratif veillent en la personne de Jean-Michel Tobelem. Jean-Michel est professeur de gestion spécialiste du mécénat rémunéré par l’État et conseille les collectivités territoriales et acteurs publics sur la gestion de la culture, et directeur de collection « Gestion de la culture et du secteur non lucratif » chez l’Harmattan. Fort de toute cette objectivité, il s’attaque via une tribune dans Le Monde à Bernard Arnault : Fondation Louis Vuitton, le mécénat sans la générosité.

Car Bernard Arnault a plusieurs torts. Non seulement il ose financer la culture sans être l’État, mais il le fait avec son propre argent (ou plutôt celui de LVMH, qu’il dirige) qu’il gagne en vendant des produits dans le secteur marchand. No pasaran !

Bernard Arnault, qualifié par certains de prédateur sans scrupules, assoiffé de richesses et tenté par l’exil fiscal en Belgique, devient par la magie du mécénat un protecteur admiré et désintéressé des arts et de la culture.

Jean-Michel, qualifié par certains d’idiot parasite tenté par le bondage SM, a une vision arrêtée de la culture : pour en être un protecteur, pour mériter l’admiration, il faut être désintéressé, c’est-à-dire faire les choses avec l’argent des autres (dont il vit). Il n’aime pas non plus l’idée qu’une partie des dépenses d’une fondation soit défiscalisée :

L’entreprise se situe dans une perspective d’optimisation fiscale et fait payer par l’ensemble des Français plus de la moitié du coût de la fondation, qui dépasse très largement les 100 millions d’euros annoncés. Dans une période de disette budgétaire, le coût pour le trésor public est loin d’être négligeable.

LVMH dépense plus que prévu pour la culture. C’est certes généreux, mais ce n’est pas bien ; dépenser plus que prévu, ce n’est bien que quand c’est l’État – et l’État le fait chaque année.

C’est même très mal : c’est un manque à gagner pour l’État, un coût pour le Trésor Public qui aurait aimé continuer sa prédation sans scrupules qui finance des tas de choses très utiles comme le salaire de Jean-Michel.

D’autant plus que le mécénat d’entreprise, les gens trouvent ça bien, et la Fondation Louis Vuitton pourrait offrir un bénéfice d’image à l’entreprise qui la finance.

L’essor du mécénat des entreprises est assez récent en France. Mais il bénéficie aujourd’hui de conditions fiscales particulièrement avantageuses, au risque de soulever de légitimes interrogations quand ces opérations servent de support à de gigantesques actions de communication. Le cas de la fondation Louis Vuitton est emblématique à cet égard. L’entreprise LVMH – véritable réussite industrielle datant de l’ère Henri Racamier – dispose de relais politiques et médiatiques sans équivalent en raison de l’énormité de ses dépenses publicitaires, qui tiennent à distance les discours critiques.

On voit bien dans la tribune de Jean-Michel à quel distance sont tenus les discours critiques, comme on le voyait il y a quelques temps dans les lignes poétiques de Libération.

Comme dans le cas de la fondation Cartier, l’instrumentalisation des artistes – les mêmes que l’on trouve dans tous les musées et centres d’art du monde – vise à lutter contre la banalisation de produits qui n’ont souvent d’artisanal que leur réputation.

Dans un musée, ils sont bien. Mais dans la Fondation Louis Vuitton, ou dans la Fondation Cartier, les artistes sont instrumentalisés. Pour servir, on s’en doute, de noirs desseins.

C’est là le sens de la création de la fondation Louis Vuitton : forger une alliance imaginaire entre une multinationale gourmande de profits et des « actifs » capables d’apporter une précieuse valeur ajoutée à ses produits : Paris, le patrimoine, la culture et l’art de vivre à la française.

La Fondation n’enrichit pas le patrimoine en créant un musée, en y exposant des œuvres et en y organisant des événements. Tout comme LVMH ne fait pas rayonner la France, son savoir-faire et son art de vivre mais se contente de les exploiter, toujours avec aussi peu de scrupules. Pour faire le mal, évidemment, c’est-à-dire du profit.

Bien que bénéficiant d’accommodements fiscaux considérables, sur le fondement de son caractère culturel relevant de l’intérêt général, la fondation n’hésite pas à instaurer un prix d’entrée de 14 euros (et une « offre famille » à 32 euros). Les pauvres ne seront pas les bienvenus, mais il est vrai qu’ils sont rarement les acheteurs d’articles de luxe. Quant aux enfants, ils devront payer à partir de… 3 ans ! Foin des promesses sur l’éducation à l’art : à l’ère du capitalisme esthète (Gilles Lipovestsky), il faut apprendre tôt la valeur de l’argent.

Un musée payant ? Sacrilège ! La culture, c’est du non marchand, du non lucratif. Dans un musée qui se respecte, ce sont les contribuables qui régalent, pas les visiteurs. Que ce soit clair : la culture, c’est interdit aux capitalistes.

Les capitalistes devraient faire ce qu’on attend d’eux (ce que Jean-Michel attend d’eux) : payer leurs impôts et flamber ce qu’on leur laisse pour justifier qu’on leur en prenne davantage l’année suivante pour financer les musées que conseille Jean-Michel. Car l’éducation à l’art, et l’éducation en général, c’est avant tout l’éducation à l’art pour l’art, de façon complètement désintéressée et non lucrative. Sauf pour les artistes et tous les bureaucrates qui choisissent comment sera dépensé l’argent public, et les politiciens qui se gavent de champagne et petits-fours aux inaugurations. Quand c’est Bernard Arnault qui inaugure sa propre fondation avec son propre argent, ça embête tout le monde ; il faut que ça cesse.

Imaginons un instant que l’éducation à l’art ne soit plus le monopole de l’État et de Jean-Michel. Ce sont des générations entières qui grandiraient dans l’idée qu’on peut gagner et dépenser son argent soi-même, et que choisir les artistes que l’on expose et que l’on voit n’est pas réservé aux porteurs d’écharpe tricolore. Que deviendraient alors ces adultes, privés de la rassurante contrainte étatique et jetés dans l’insupportable angoisse d’avoir le choix, plongés dans un monde dangereux car libre ? Et, surtout, de quoi vivrait Jean-Michel ?

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  • Il faudrait rajouter le point suivant:
    Le calcul de l’état n’est pas de « faire payer par l’ensemble des français plus de la moitié du coût de la fondation » mais bien d’économiser la moitié des dépenses qui seraient nécessaires dans le cas ou l’état devrait financer lui même l’achat d’oeuvres d’art.
    Ces mesures fiscales comme celles de l’exonération d’ISF ont donc un effet d’aubaine sur la production et les artistes : elles doublent les revenus de chacun.

    • Donc, si je comprends bien, j’ai économisé la moitié de ce que m’aurait coûté en impôts ce bidule affreux rempli de croûtes innommables s’il avait été construit par le seul Etat ? J’en suis fort reconnaissant à M. Arnault. Et merci à Mme Arnault d’avoir, vraisemblablement, œuvré pour que ce bidule affreux comporte un auditorium, seule pièce dédiée à l’art…

      • Donc pour le journaliste du « Monde » tout appartient à l’Etat & l’argent que celui-ce nous laisse, il nous le donne.

        & Paul McCarthy, il ne bénéficie pas d’avantages fiscaux?

    • excellent commentaire mais qui sera surement descendu en fleche
      accessoirement combien d’ouvrier d’heures de travail de cotisations sociale de TVA qui vont bien evidement aller dans le tonneau des danaides de ceux qui savent, perorent et travaillent accesoirement si bien que les journaux dont nous parlons sont en detresse financiere

  • « Le Monde » et « Libé » ratent le coche, mais cet article également, j’en ai peur ; La question n’est pas –une fois de plus– la question public/privé (débat binaire qui fait rater l’enjeu réel), mais la connivence entre Arnault et la puissance publique.
    A titre d’exemple, sur ce sujet : http://www.delanopolis.fr/L-art-dominant_a2331.html

  •  » Ce sont des générations entières qui grandiraient dans l’idée qu’on peut gagner et dépenser son argent soi-même, et que choisir les artistes que l’on expose et que l’on voit n’est pas réservé aux porteurs d’écharpe tricolore. »

    Mon rêve…. dans ma ville le politocard/potentat local a décidé l’ouverture d’un centre d’art contemporains…. Mais vraiment….. comme si il n’y avait que ça à faire de l’argent….
    Certes, cela lui à permis de croiser Fleur Pellerin…. Un peu cher la visite… mais bon tout est bon pour ce jeune loup cumulard de la politique qui il y a 2 ans nous racontait qu’un élu était un précaire…. LOL.

  • Faut pas exagérer on est en France quand même et l’état a quand même posé ses billes.

    La convention signée entre LVMH et la Ville de Paris a prévu que cette dernière deviendrait propriétaire de la Fondation au bout de 55 ans, je suppose que LVMH, qui a mon avis peut se payer un terrain, n’a pas eu le choix sinon pas de permis de construire.

  • Un pauvre type parmi tant d’autres.

  • Un commentaire du Monde, à se tordre de rire :  » Au risque de paraître marxiste dépassée je trouve fascinant de voir ce qui devrait être en dehors de la sphère marchande (et l’Art en est un bel exemple ) enrôlé , dénaturé , manipulé au service d’intérêts privés . C’est en quoi le capitalisme est un totalitarisme  »

    Il illustre particulièrement bien le ton général des commentaires du Monde ou de Libé. Cette espèce d’anticapitalisme moisi, inculte, puérile et hors-sol de conditionnement dont on est très fier en France.

    • Surtout qu’on a du mal à comprendre en quoi l’art est « en dehors de la sphère marchande ». Tiens je vais aller dans une galerie et piquer une toile, j’ai le droit puisque ce n’est pas marchand ?

    • « Au risque de paraitre marxiste depassee… »

      Merci, Gil, de partager cette phrase avec nous. Au moins, il y a ici comme un petit espoir de guerison, pour cette journaliste bien formatee, on s’excuse deja de quelque chose qu’on commence, un tout petit peu mais quand-meme, a percevoir comme ridicule aux yeux des autres. Quand on arrive a identifier ses propres problemes, et qu’on en voit soit-meme les symptomes, c’est deja un premier pas.

    • C’est un des thèses des années 45 à70 illustrée abondamment dans les essais d’Adorno et repris ultérieurement par Boulez, qui nous pollue avec cette idéologie depuis le début des années 1970, depuis qu’il a pris le pouvoir sous Pompidou et Madame, puis confirmé par Jack L et sa meute socialiste : « l’artiste ne peut vivre qu’accolé l’institution ».

      Et Van Gogh, et les autres… Tous les génies ayant réussi une œuvre sans l’institution, les plus nombreux par ailleurs ?

      Pour lui le cinéma, la variété, la chanson, même la musique classique financée par les fondations, par le marché ou par un système privé, « ce n’est pas de l’art. »

      Étonnamment (heureusement) pour toute cette idéologie (tous ces idéologues et leurs idiots utiles suiveurs et rémoras), qui n’est pas pour rien non plus cousine des idéologies du GIEC et de cet esprit bravache où l’art, la science comme le réalisme économique ont toujours été absents (voire pourchassés), on constate assez rapidement une chose simple : tous ces gens et idéologies subissent de plein fouet actuellement une catastrophique fin de cycle.

      C’est la seule raison pour laquelle ils sont si agressifs.
      Comme la bête mourante dans la savane quand elle est attaquée par les prédateurs qui attendent la tombée de la nuit pour la finir.

      Ne soyons pas si impatients, les barrières de la langue de bois et de l’entre-soi tombent enfin !
      Après des dizaines d’années de luttes…
      Car le système comme la pensée sont vermoulus.

      • Ah, mais c’est que je suis plein d’impatience, un enterrement de premier classe, cela ne se loupe pas, imaginez seulement que je ne sois pas informe du deces de la bete dans les 72 heures, je serais foutu de rater la mise en biere, les obseques, ou d’arriver a la cathedrale Notre Dame tout mal rase, avec la chemise de travers.

        Et puis je veux surtout assister au plombage du cercueil.

        Pour revenir a ce que vous disiez plus haut, et je sais que nous sommes du meme avis, puisque nous parlons ici en toute connaissance de cause. Les artistes « accoles a l’insitution » cela produit surtout de jolis petits conformistes bien barbants. Il y a qu’a regarder – ou ecouter – autour de soi. Quel ennui !…

        • J’oubliais la littérature dont le financement public est quasi inexistant… et qui survit d’une manière incroyable en France malgré le fait qu’il n’y ait pas que des chefs-d’œuvre. Regardez la production de bandes dessinées et le Festival d’Angoulême. Miraculeux ! Il y a de quoi être inspiré pour l’avenir alors que le secteur public de l’art se nécrose sans retour.

          • Oui, c’est vrai, il reste encore, malgre la chape, queques rayons de lumiere. D’ailleurs il m’arrive encore souvent de lire en Francais. Je viens d’acheter le dernier roman de Patrick Modiano, « Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier », et « Comme un chant d’esperance » de Jean d’Ormesson. Je les verrais mal subventionnes, ces deux-la, par Francois Holland et sa meute…

            Juste pour le plaisir, je viens de rouvrir le livre de Jean Montaldo, qu’il avait ecrit a la suite du deces de Pierre Beregovoy, « Lettre ouverte d’un « chien » a Francois Mitterand au nom de la liberte d’aboyer ». Deja, en 93, les accusations musellieres, de la part du pouvoir « democratique » en place envers ceux qui ne se taisaient pas…

        • De toutes manières et uniquement pour vous paraphraser, l’art officiel subventionné est devenu systématiquement synonyme, dès l’affichage des dates et du programme, d’ennui universel et de daube institutionnelle. Combien de spectacles affligeants présentés par Télérama comme des premières mondiales dans lesquelles je me suis engouffré tête baissée par appétit de culture et de modernité et lors desquels j’ai baillé toute la soirée.

          Je ne parle pas aussi des expositions vastes escroqueries où j’ai été invité, comme tous les happy fews et lors desquels « l’artiste » insipide, mais soutenu par les grands institutionnels de ce monde jusqu’au ministre de l’inculture en personne, nous obligeait à passer en simulant la surprise ou l’admiration devant des « œuvres » que la maîtresse de mes enfants en maternelle aurait trouvées talentueuses… pour leur niveau (cliché souvent présenté mais toujours efficient). Combien d’œuvres sans métier ni talent ni génie, combien d’œuvres « beaucoup de bruit pour rien » et « tempêtes dans un verre d’eau » avons-nous été obligés de regarder et de supporter jusqu’à nous demander si nous n’étions pas à notre tour frappés par la divine obsolescence, dans notre mépris à n’y voir que de l’insignifiante expression au regard du génie des siècles passés. D’autant plus après nos formations académiques où l’on nous présenta les chefs-d’œuvre incontournables des siècles.

          Et puis, quand on a voyagé, quand on a visité tous les musées de France, de Hollande, d’Angleterre et d’Italie, le Vatican, la Galerie des Offices, le Moma, la National Gallery, la Tate… l’art contemporain n’a vraiment pas le niveau, c’est tout !

          Dans la musique, la situation est identique. Comparer les œuvres dites « magistrales » de Boulez, Nono, Stockhausen, Xenakis… et celles de leurs devanciers du XXè siècle les plus proches Dutilleux, Messiaen, Debussy, Ravel Stravinsky, Prokofiev, Scriabine, Rachmaninov laisse un goût de rien dans la bouche, une espèce de mépris pour la forme artistique magistrale, pour le vrai, le beau et le juste, une expérience toujours impitoyable pour les plus récents.

          Amusant par ailleurs d’utiliser le mot daube car étymologiquement ce mot décrit tout d’abord un plat régional vraiment délicieux, plein de goûts et de sensations.

          Voilà le problème de l’art moderne : il voulut supprimer les sens en les remplaçant pas le concept intellectuel ! Faire des premiers un attribut de la réaction, du conservatisme.

          Chassez le naturel, il revient au galop !

          • L’expérience réelle vécue avec mon fils et ma sœur. Mon premier fils a aujourd’hui 27 ans. Et je vous rassure, j’adore ma sœur qui a beaucoup de culture et passe beaucoup de temps dans les musées, à Paris ou ailleurs.

            Expérience authentique.

            Mon fils fait un très beau dessin abstrait en section de grande maternelle, à la gouache, rempli de splendides couleurs primaires et secondaires. Un réel feu d’artifice ! Ne reculant devant rien pour honorer son œuvre, je la fais encadrer en loupe d’orme sous glace et je l’affiche fièrement dans notre maison. Un jour, ma sœur passe à la maison, passe devant le tableau et, sincère au plus haut point, lâche : « Super, vous achetez de l’art contemporain ! »

            Je la rassure et lui dis la vérité… Expérience enrichissante pour tous et admiration pour le talent de mon fils. Qui n’est pas devenu peintre.

            • Les enfants ont tres souvent du talent. Apres la puberte les priorites changent et on ne voit plus le monde de la meme maniere. De nombreux eleves sortant des Beaux Arts pretendent, ou croient tres sincerement, avoir retrouve cette spontaneite creatrice. Pour quelques uns c’est vrai mais ils sont rares. L’Ecole fait partie integrale de la grande lessiveuse etatique.

  • A l’intention de l’auteur.

    Votre article est écrit sur un mode ironique, « très tendance », mais qui implique que pour en comprendre le sens, il faut connaître le sujet avant de vouloir s’en informer… Ce ambiguïté est particulièrement déroutante.

    Si vous critiquez une action, ironiquement, vous la louez et vice versa. Si le lecteur n’a pas déjà une opinion, il ne sait pas comprendre le sens de la vôtre, car il peut interpréter votre ironie pour une narration directe, non ambiguë.

    Ne pourriez-vous pas être plus conventionnel (ce n’est pas ringard) et plus informatif dans votre narration ?

    Félicitations pour votre belle plume. J’ai apprécié d’emblée cette phrase (je vous cite) : « Un pays où les artistes vivent d’amour, d’eau fraîche et de subventions ; où les musées sont gratuits, comme le fromage sur une tapette à souris, affiné et sélectionné avec soin par les sbires du Ministère de la Culture ».

  • Dans le domaine de la culture aussi il serait grand temps de fermer les robinets d’etat. Il n’y a qu’a regarder partout dans nos villes les « oeuvres » des sans talent, mais connectes, qui ornent nos carrefours giratoires et nos places de la republique, pour etre persuade qu’un comite ne choisit jamais rien d’autre qu’un invariable compromis. Un homme seul, une femme qui choisira d’acheter ou de commander une oeuvre d’art, et faisant la un choix personnel ou ils tomberont quelque peu amoureux de cet objet, ou de cette curiosite, de ce bati ou de ce monument, sont a meme de choisir une oeuvre qui leur parle,
    personnellement. On choisit une piece comme on tombe amoureux. On synthetise d’une maniere a la fois consciente et inconsciente toute l’experience sensorielle d’une vie. Que l’etat vous suggere ce que vous devriez aimer sent le mariage force. Le mecenat etatique amene sans surprise au compromis. Comme tout ce que l’etat « democratique » vient a toucher d’ailleurs. Quand je regarde le batiment de la fondation Louis Vuitton, je vois le choix d’un homme et cette experience se poursuivra, sans aucun doute, a l’interieur, le jour ou j’aurai le plaisir d’aller visiter la fondation. Il se peut tres bien que je n’aime pas ce que je verrai ce jour la, mais au moins j’aurais rencontre quelqu’un, un homme, une histoire, une esthetique, le fil continue de l’histoire de Vuitton et de son esthetisme.

    Les socialistes n’ont jamais aime l’histoire, leur ambition etant d’en voir la fin.

  • Ca les gratte drôlement, tous nos socialistes pour lesquels l’art doit être une affaire d’Etat sinon , il s’agit de mœurs bassement mercantiles ….et pourtant…et pourtant…. Le roi Solex qui n’aime pas les riches a bien inauguré la fondation ..et sans rechigner…encore un couac, un mensonge , ces gens là ne savent plus ou ils sont duis que le musher confond la droite et la gauche….les toutous ne savent plus dans quel sens tirer…

  • Avons nous encore de l’energie, du temps et de l’argent pour l’art ?

    Pendant ce temps Valls et Hollande se félicitent de leur travail intense, et pensent (et pas qu’en se rasant), que finalement un 2 eme mandat serait rigolo.

    Et c’est drole. C’est possible. Non, ne rigolez pas. Putain que c’est long.

    Chaque minute qui passe, un chatons meurt écrasé, des gens se retrouvent à la rue suite aux salves d’impots, des petites vieilles meurent dans une atroce agonie et dans l’indifference la plus totale. D’autres souffrent de longs mois en attendant que leur cancer les emportent.

    Et puis, il y a l’Art. Le plugué et j’en passe des meilleurs.

    Devenez tous et toutes des anarchistes, prenez vos fourches, vos gourdins, et allons réclamer notre liberté. Délivrons nous de nos agresseurs.

    • Vous savez, les fourches et les gourdins, aujourd’hui, il y aurait comme un probleme d’asymetrie, il serait sans aucun doute plus prudent de s’inspirer du Mahatma Ghandi (ici tres serieusement) et de traduire sa methode sur le terrain Francais. L’avantage, teste, de la non violence c’est qu’elle donne aux peuples la position confortable d’occuper « the moral high ground. »

      • il y aurait une dysimetrie, une asymétrie certainement. C’est ça qui est bon. Passer pour des martyrs en défendant notre bien le plus précieux: la liberté.

        Voyez vous la beauté du geste est bien plus forte que les armes. Et je vous rejoints sur Ghandi, mon héro préféré.

        Mais il est plus que temps d’être, au moins un fois dans notre histoire, des hommes. Des vrais.

  • Un musée privé payant, c’est scandaleux ? Et le zoo de Vincennes – pardon, zoo de Paris désormais, histoire qu’on sache bien qui a payé les travaux – à 23€ l’entrée, ça bien sûr, c’est du miel dans le portefeuille.

  • Bizarre, aux USA la culture et l’art sont plus vivants et dynamiques que jamais alors que c’est 100% financés par le privé.

  • Le Monde combien d’euros de subventions cette année ?

    Vite ! Que quelqu’un coupe le robinet à pognon !!!

  • Totalement d’accord avec cet article et ras le bol des monopoles d’Etat

  • Le vrai sujet: Jean michel. Comme tant, il tolere le prive tant que celui ci courbe l’echine. Notre clerge en 2014 a decidement des bouffees d’anguoisse.
    Vivement 1789

  • Jean-Michel aboie parce qu’on lui enlève le pain de la bouche et moi j’applaudis car ce pain c’est notre argent , que l’on n’a pas choisit de donner à ce que je m’en souvienne !

  • Beaucoup d’âneries dans ce propos. Des moulins à vents qui autorisent (croit-il) monsieur Créteur à dérouler des lieux communs mensongers…
    Un peu minable et même pas drôle 🙁

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