Débat sur le réchauffement climatique : nous sommes foutus !

weeping angel credits mike chernucha (licence creative commons)

D’après Guy McPherson, Professeur émérite de l’Université d’Arizona en ressources naturelles, écologie, etc., le changement climatique est « irréversible » et, en gros, nous sommes tous foutus.

Par Ryan McMaken.
Un article du Mises Economics Blog

weeping angel credits mike chernucha (licence creative commons)

D’après Guy McPherson, Professeur émérite de l’Université d’Arizona en ressources naturelles, écologie, etc., le changement climatique est « irréversible » et, en gros, nous sommes tous foutus.

Comme je l’ai déjà évoqué, toute personne attachée à la liberté et au progrès devrait saluer les déclarations qualifiant d' »irréversible » le changement climatique. Après tout, s’il n’y a rien à faire pour l’arrêter, alors autant avoir l’esprit tranquille, et laisser l’humanité gérer au cas par cas les problèmes environnementaux qui se présenteront dans le futur, ce qu’a fait homo sapiens pendant des millénaires.

Ainsi, le verdict d' »irréversibilité » dans le verdict de McPherson nous libère d’un énorme poids. Nous pouvons cesser de débattre sur la nécessité, ou non, de casser le développement économique avec un amoncellement de réglementations destinées à réduire le niveau de vie des populations à l’échelle mondiale en limitant les émissions de carbone (enfin, sauf pour les super-riches et les super-proches du pouvoir, évidemment).

Mais ce n’est pas tout ! McPherson a un autre tour dans sa manche. Que l’humanité soit foutue ne signifie pas que l’on peut laisser de côté ce problème et se recentrer, dans le temps qui nous reste, sur l’amélioration rapide de notre niveau de vie. Non non non, apparemment nous avons tout de même le devoir de nous faire hara kiri pour que d’autres animaux prennent notre place sur cette Terre. La méthode choisie ? Nous devons « anéantir la civilisation industrielle ».

Puisque McPherson se considère qualifié pour intervenir dans ce débat, je suppose qu’il se rend compte qu’anéantir la civilisation industrielle causerait quasi-instantanément une famine pour une grande partie de l’humanité. Pour sûr, c’est compatible avec son plan de détruire l’humanité au profit des cerfs et des amibes mais, ensuite, il montre qu’il n’envisage pas (ou du moins, pas correctement) les conséquences de la fin de la civilisation industrielle lorsqu’il déclare que, étant voués à une disparition certaine, le seul choix qu’il nous reste est d’« apprécier et créer des instants de bonheur tant que nous sommes là ».

Alors, qu’en est-il ? Devons-nous anéantir la civilisation industrielle ou « apprécier et créer des instants de bonheur tant que nous sommes là » ? En tout cas, ces deux propositions sont mutuellement exclusives pour la vaste majorité des personnes.

Peut-être que McPherson est de ces gens qui ont la fausse impression qu’avant l’industrialisation, la Terre était un monde merveilleux au parfum bucolique et rempli de joie de vivre. Beaucoup d’écologistes semblent croire à ce mythe ridicule. La réalité de ces bons vieux temps pré-industriels, bien sûr, était celle d’une vie de subsistance passée à gratter la terre du matin au soir en espérant ne pas être frappé par les aléas de la nature.

Pour la plupart des gens, le bonheur vient lorsqu’on dispose de temps libre, dans un confort relatif, en ayant accès à des soins médicaux modernes lorsque quelqu’un tombe malade. Sans la civilisation industrielle, il n’y a pas de médecine moderne, peu de confort, et certainement pas de temps libre. L’origine de ce « bonheur » que nous serions censés atteindre dans la vision de McPherson est un mystère.


Traduction par Fabrice M. pour Contrepoints de « Global Warming Debate Over: We’re Doomed »