Le toc prohibitionniste

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interdit de penser credits thierry Ehrmann (licence creative commons)

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Le toc prohibitionniste

Publié le 25 octobre 2014
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Par Édouard H.

interdit de penser credits thierry Ehrmann (licence creative commons)

Le 5 octobre dernier, j’écrivais un article en faveur de la légalisation de la GPA. Ce que je retire du nombre considérable de commentaires qu’il a générés, au-delà de la virulence de nombreuses personnes et de la tendance à psychanalyser leurs adversaires de la part des critiques, c’est l’incapacité des gens à réfléchir par-delà la violence.

Un phénomène très clair se dégageait en effet à la lecture des commentaires : il y a un problème ? Boum, prohibition complète par l’État. La fréquence à laquelle j’ai pu observer cette obsession de la prohibition et sa répétition constante tend à me faire dire que je viens de découvrir un TOC.

Réfléchir à des solutions issues de la société civile ou procéder à une légalisation associée à des réglementations d’État, c’est quelque chose qui semble hors de portée pour les personnes atteintes du TOC (trouble obsessionnel compulsif) prohibitionniste. Une solution humaine et raisonnée est impossible, seule la prohibition totale autoritaire est envisageable. Voici quelques exemples pour illustrer :

– Il peut y avoir des problèmes d’exploitation des pauvres avec la GPA ? Boum, prohibition totale. Impossible de réfléchir à des solutions comme : les futurs parents qui tendraient à choisir une mère porteuse saine et non une femme désespérée ; les agences de mise en relation qui feraient ce tri à cause de la pression sociale ; une réglementation d’État qui interdirait aux femmes gagnant moins de X € d’être mère porteuse ; une légalisation de la GPA altruiste uniquement ; etc.

– Il peut y avoir des problèmes avec des personnes non entraînées qui porteraient des armes (pour leur défense) ? Boum, prohibition totale du port d’arme. Impossible de réfléchir à des solutions comme la création d’associations qui offriraient des cours de tir gratuits, à un permis de port d’arme soumis à condition d’entrainement, etc.

– Il peut y avoir des problèmes avec des immigrés peu qualifiés qui créeraient de la concurrence avec les locaux peu qualifiés ? Boum, la prohibition totale de l’immigration peu qualifiée est nécessaire. Impossible de penser que ces gens ne maîtrisent pas la langue, n’ont pas de réseau, n’ont pas la culture, et donc ne font pas concurrence au même niveau avec les autochtones. Impossible de penser à une réduction d’impôt pour les autochtones les moins qualifiés touchés par la concurrence avec les immigrés. Etc.

– Il peut y avoir des problèmes de santé et d’addiction avec la vente libre de cannabis ? Boum, prohibition totale des drogues. Impossible de penser à des entreprises qui tenteraient de créer des produits innovants non addictifs afin de mieux répondre aux attentes des consommateurs. Impossible de réfléchir à la création d’associations dédiées à la sensibilisation aux risques liés à la consommation de drogue. Impossible de penser à une légalisation associée à de strictes réglementations qui tendraient à assurer sécurité et information pour les consommateurs.

Cet article n’est pas un appel à débattre sur les quatre sujets que j’ai soulevés, ce n’était que des exemples et j’aurais pu en choisir d’autres. Il s’agit simplement de dénoncer cette ridicule obsession qui consiste à ne savoir répondre que par une interdiction totale dès lors qu’on a la moindre inquiétude sur une activité humaine.

Puisque j’entends déjà venir la remarque, j’aimerais préciser ceci à mes amis libertariens et anarchistes : oui, ces réglementations d’État seraient nuisibles. Mais il faut savoir aller étape par étape, on ne passera pas du jour au lendemain de la société française à une société libre. Il faut se réjouir de toute étape qui va dans la bonne direction. Une activité humaine (non agressive) légalisée mais réglementée est bien plus souhaitable qu’une prohibition totale.

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Créer un compte Tous les commentaires (10)
  • Mathilde de St Amour
    25 octobre 2014 at 9 h 21 min

    J’ai relu votre article et les commentaires.
    Bon, sur le moment j’avais trouvé qu’il y avait peu de réflexion dans votre article et donc peu dans les réactions qui n’étaient pas très sympathiques et très tranchées négatives.
    Toquée? Oh oui je l’avoue, je le suis. D’ailleurs dans le DSM 5, le TOC devient une catégorie à part des troubles anxieux. Je vous passe tout son descriptif clinique vous avez l’air de vous y connaître!
    Qu’avez-vous compris des commentaires qui vous ont été fait???, à part « non, on en veut pas » , votre feed-back est une bonne idée.
    Moi ce que j’ai peur c’est que vous soyez pour sans en voir toutes les dérives, tous les aspects négatifs, dc une fois la légalisation effective, vous n’arriveriez pas à gérer tous les comportements. ( vous si c’est vous qui prenez la responsabilité de la légalisation), vous comprenez?
    Non moi je ne débattrais pas sur vos 4 exemples, ds le contexte actuelle, mais dans une société fait de paix et d’amour oui 🙂 on ira pas loin, je m’en fous, chacun fait ce qu’il veut 😉

    • Ca s’appelle la médicalisation du débat. Qui fera enfermer qui en fin de compte?

    • Moi, ce qui me fait peur chez les prohibitionnistes, c’est qu’il n’envisagent jamais les dérives, tous les aspects négatifs, donc une fois l’interdiction effective, ils n’arrivent pas à gérer les comportements malsains, violents, mafieux et corrompus, qui en découlent. Pire, en général ils n’assument pas du tout.

      Combien de prohibitionnistes de la drogues ont des remords, ont honte, lorsque des pays tombent dans une guerre civile larvée (genre Mexique)? Quand la police remet de la drogue à ses informateurs? Quand la mafia prend possession des quartiers pauvres?

      Aucun.

    • « Moi ce que j’ai peur c’est que vous soyez pour sans en voir toutes les dérives, tous les aspects négatifs, dc une fois la légalisation effective, vous n’arriveriez pas à gérer tous les comportements. »

      Ça tombe bien, c’est précisément le but. Votre argument s’applique tout aussi bien à internet, à l’électricité et au droit de vote des femmes.

      Il n’y a pas de crime sans victime et les seuls à devoir assumer les dérives sont leurs auteurs.

  • Tout comme dans l’auto-phobie où la répression routière des délinquants routiers est étendue à tous les automobilistes et sans nuances et justice dans le barème de sanction. Nous sommes totalement (de totalitaire sans doute) dans une société en limite des droits humains dans beaucoup de domaines. Hélas point d’éclaircie de quelque parti politique que ce soit.

    A lire gratuitement, un livre plein de questionnements:
    « Radars et justes sanction »
    http://www.monbestseller.com/manuscrit/radars-et-justes-sanctions-texte-integral#.U_rqxWOGPFL

  • Vous résumez parfaitement ce qui avait été mis en place de façon exponentielle sous Sarkozy : un évènement = une loi.

    On a aussi dans le délire de ce TOC prohibitionniste, l’interdiction de construire des ascenseurs qui n’obéissent pas aux normes de sécurité suite à un accident (un homme était tombé dans une cage d’ascenseur alors que la porte s’était ouverte sans que l’ascenseur soit au bon niveau). Un accident = obligation pour toutes les copropriétés de faire des millions de travaux de sécurité aux nouvelles normes pondues immédiatement après l’accident.

    Pour une faute commise, tout le monde paye et plus personne ne va faire attention, alors qu’il aurait été beaucoup plus juste d’informer des dangers potentiels. nous aurions alors été traités en véritables êtres humains capables d’attention et d’évaluation d’une sitatuation dangereuse. Là, non, on nous met dans un parc, comme les bébés.

  • Une autre façon de parler de ce qui se passe quand on pousse le principe de précaution trop loin.

    Ce qui est effectivement amusant, c’est que lorsqu’on fait remarquer que peut-être une décision d’interdiction totale est absurde et qu’on pourrait peut-être en envisager une autre, moins totalitaire (soit en faisant confiance à l’auto-régulation de la population, soit en graduant l’interdiction), on se fait irrémédiablement traiter de quelque chose : anarchiste, fouteur de bordel, irresponsable, ultra-libéral….

    C’est très révélateur des peurs condtionnées (de gens incapables de penser par eux-mêmes et qui préfèrent regurgiter le pire scénario qu’on leur a mis en tête plutôt que de réfléchir par eux-mêmes) et de ceux qui préfèrent chercher la faille chez la personne plutôt que débattre de la qualité d’une argumentation.

    Tous ces gens sont persuadés qu’ils sont mieux protégés par une interdiction totale et une législation contraignante ! Et ils préfèrent y abandonner le peu de libertés qu’ils pourraient avoir.

    Ce sont souvent ce genre de sots qui font le lit des extrêmes, qui eux savent très bien exploiter la bêtise et la peur….

  • Le dévoiement de l’égalité en égalitarisme explique le réflexe prohibitionniste, expression de l’uniformisation de l’humain (social) et de ses actions (économie). Bref, c’est l’application obsessionnelle de la barbarie socialiste qui, d’échec en échec, évolue inexorablement vers sa forme fasciste.

  • Une activité humaine (non agressive) légalisée mais réglementée est bien plus souhaitable qu’une prohibition totale.

    L’histoire nous l’a déjà appris avec l’alcool. Dépénaliser le cannabis, et faire qu’il soit vendu dans des officines spécialisées ne serait pas idiot. Plus de trafic illégal, enfin moins, et cela utiliserait (gaspillerait) bien moins les services de l’état, tout en rapportant quelques taxes …

  • Déresponsabiliser les gens, c’est d’abord les mépriser : l’individu est réduit un enfant qu’on doit protéger de lui-même ? C’est aussi le craindre, comme on craint voir une arme dans les mains d’un gamin. Mais c’est surtout très égoïste : les prohibitionnistes ne s’attaquent jamais à leurs propres pratiques, puisque eux sont des exemples de vertu, responsables et bienveillants envers le fumeur, le buveur, la prostituée, la musulmane, l’obèse ou le travailleur du dimanche.

    Heureusement pour eux, la connerie ne sera jamais prohibée, mais lorsque ce sera eux qu’une loi visera, gageons que nos arguments ne seront pas tombé dans oreille d’un sourd.

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