Effet dévastateur de la bureaucratie sur l’emploi

Tout fonctionnaire supplémentaire entraîne mécaniquement l’apparition d’un chômeur dans le secteur privé.

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Effet dévastateur de la bureaucratie sur l’emploi

Publié le 24 octobre 2014
- A +

Par Bernard Zimmern.
Un article d’Emploi 2017

bureaucratie credits photking (licence creative commons)

Utilisant les études d’un institut fondé par Jean-Claude Fitoussi, le conseiller économique de Lionel Jospin, l’OFCE, qu’on ne peut accuser de déviation droitiste, nous avions pu montrer que tout fonctionnaire supplémentaire entraînait mécaniquement l’apparition d’un chômeur dans le secteur privé.

Ce fonctionnaire doit en effet être payé et ce sont les prélèvements supplémentaires qui font basculer dans le rouge et disparaître les entreprises marginalement bénéficiaires.

bureaucratie rené le honzecIl est d’ailleurs assez remarquable que la montée de la bureaucratie en France ait eu son ascension la plus rapide dans la période 1965-1975, faisant passer les fonctionnaires d’État de 1 million en 1956, juste avant l’invention par Maurice Lauré de la TVA, à 2,2 millions en 1976. La TVA, impôt indolore, a fait rentrer dans les caisses du Trésor une manne considérable permettant toutes les dépenses publiques. La TVA, à elle seule, représente beaucoup plus que la somme de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et de l’impôt sur les sociétés. Pour ceux qui l’ont vécue, la période 1965-1975 était celle où il suffisait de donner un tour de vis supplémentaire, passer de la TVA sur les industries de fabrication (la première justification donnée par Maurice Lauré étant d’éviter la cascade des impôts sur le chiffre d’affaires et d’être plus neutre à l’égard des circuits de fabrication) à l’impôt sur les services en élargissant progressivement tous ceux qui y étaient soumis .

C’est depuis la période 1970-1980 que les prélèvements publics sur la valeur ajoutée s’emballent et que s’ensuit un effondrement de la croissance du PIB comme l’avait montré Pierre Lafronde dans ces colonnes.

zimmern1

Mais c’est précisément là où la démonstration de « À tout fonctionnaire son chômeur » était insuffisante : c’est que les fonctionnaires qui ne servent à rien – mais dont beaucoup se donnent du mal – rendent impossible la vie de ceux qui, dans le secteur privé, n’ont pas quitté la France et cherchent encore à y travailler ; et qu’un fonctionnaire supplémentaire détruit plus d’un emploi privé.

Les syndicats nous font régulièrement le coup des moyens insuffisants mais la réalité est qu’il y a entre 20 et 40% des fonctionnaires qui sont au placard ou dans des emplois sans justification sérieuse et fabriquent des règlements ou des contrôles pour continuer d’exister.

Il est préoccupant de voir l’un des secteurs les plus essentiels à l’emploi, celui du bâtiment, partiellement démoli par une ministre qui pourtant sort d’une grande école de commerce.

Mais il faut regarder la part prise dans le PIB français par l’industrie du bâtiment pour constater que Cécile Duflot n’est pas la seule responsable de son naufrage et qu’il a fallu des couches de réglementations superposées pour protéger, ou encadrer, ou défendre, mais en fait d’abord pour justifier la bureaucratie qui l’a engendrée et qui fait maintenant qu’un permis de construire n’est plus délivré au bout de 3 mois mais plutôt 18.

zimmern2

Espérons que les efforts de simplification entrepris par notre gouvernement porteront leurs fruits. Ou plus prosaïquement, que la statistique ci-dessus reflète simplement de la valeur ajoutée devenue travail au noir.

La tâche est d’autant plus redoutable qu’il nous paraît extrêmement difficile de réduire l’importance de notre bureaucratie tant que la création d’entreprises et d’emplois restera aussi anémique.

Mais qu’attendons-nous pour mettre en place les dispositifs fiscaux de Barack Obama et libérer les emplois dans les secteurs industriels comme le bâtiment, paralysés par la réglementation d’État ?


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  • Lors d’une interview de l’ambassadeur de Grande Bretagne en France, celui ci précisait que depuis les réformes entreprises par le gvt Cameron, la suppression d’un fonctionnaire avait entrainé la création de 3 emplois dans le privé.
    A suivre …

  • ça n’est pas seulement le poids économique négatif du fonctionnaire qui plombe l’économie, c’est aussi l’aversion culturelle engrammée dans l’esprit du fonctionnaire, renforcée par la pesanteur mécanique de la pensée unique auto entretenue

  • Nombreux sont encore nos compatriotes qui pensent qu’en embauchant des fonctionnaires on lutte contre le chômage ! Leur manque évident de culture économique leur fait ignorer que chaque fonctionnaire est payé et entretenu, de son embauche jusqu’à sa mort, par le secteur privé. Ils n’ont pas réalisé que ce sont les entreprises du secteur concurrentiel qui, en payant salaires, impôts, taxes et charges financent à eux seuls le secteur public. (Même les impôts et taxes payés par leurs salariés sont en réalité payés par les entreprises car ces impôts et taxes sont prélevés sur les salaires qu’elles ont versés.)

  • il y a une loi universelle; quand on payera 100% de son salaire en impôts, il y aura 100% de chômeurs.
    pas besoin d’avoir fait mat sup (maternelle supérieure) pour comprendre ça….à moins d’être autiste.

  • Le lobbying libéral n’atteint pas ses objectifs en France, ce n’est pas faute de persévérance, mais les intérêts étatiques sont anciens, puissants et généralisés. Le problème c’est que la bourgeoisie française n’est pas assez libérale. Heureusement la matraquage fiscal lui fait mal et elle va ouvrir les yeux.

    On ne peut pas demander au petit peuple d’être plus libéral que l’élite, et pourtant il est prêt à entendre l’argument libéral, car c’est décrire les solutions efficaces.

    C’est au payeurs d’impôts : entrepreneurs, indépendants, artisans d’entrer en politique et de faire entendre un discours de raison. S’ils ne le font pas qui le fera ?
    Il y a déjà Nous Citoyens (dix mille adhérents), si ce mouvement n’est pas assez audacieux vis à vis de l’Etat, pourquoi ne pas en créer un autre. Pareil pour Contribuables associés, ils sont parait-il 350.000 ! ça fait du monde ! combien seraient prêt à manifester ?
    Peut-on obtenir quelquechose en France sans manifester ? 😉

    • A votre dernière question la réponse est évidemment non !

      Et en plus de manifester il faut tout casser, sinon on perd son temps. C’est clair.

      Ceci est la vérité d’aujourd’hui avec les abrutis qui nous représentent…

      Hier ou demain c’était et ce sera peur-être différent…

  • Le graphique illustrant le billet contient une statistique absolument fondamentale, à savoir le ratio des dépenses publiques rapportées au PIB marchand.

    Il est assez simple de comprendre qu’un tel ratio, au niveau de 50%, détermine le point d’inflexion de la courbe de Laffer, point à partir duquel le rendement de l’impôt devient nécessairement décroissant parce qu’il décourage toute production, quand l’impôt en lui-même n’élimine pas impitoyablement les producteurs.

    On en déduit aisément le niveau des dépenses publiques qu’il convient de ne pas outrepasser si l’on espère préserver la prospérité d’un pays. Dans le cas français, le ratio des dépenses publiques limitées à 50% du PIB marchand permet de déterminer l’objectif de réduction des dépenses publiques, y compris le remboursement du principal de la dette, objectif à atteindre sans délai pour espérer retrouver croissance et prospérité économique. Cet objectif représente au moins 400 milliards d’économies de dépenses à réaliser dans un premier temps, non compris le remboursement de la dette. Y compris le remboursement de la dette, il convient donc d’économiser sans délai environ la moitié des dépenses publiques actuelles.

    Conclusion : le retour d’une croissance forte et durable en France demeure parfaitement inaccessible tant qu’un vaste plan de privatisation du secteur public ne sera pas mis en oeuvre. Dans le cas contraire, le pays ne connaîtra plus jamais de croissance significative, ruinant tout aussi sûrement la population productive que ses parasites.

    Par la suite, il conviendra de réduire puis stabiliser les dépenses publiques non pas au point d’inflexion de la courbe de Laffer mais au premier point d’inflexion de sa dérivée, s’il existe (la forme de la courbe est inconnue), situé bien avant le point d’inflexion de la courbe. En posant pour hypothèse que ce point se situe à la moitié de la partie croissante de la courbe, l’optimum fiscal est déterminé comme étant un ratio de 25% de dépenses publiques rapportées au total du PIB marchand. Ainsi, pour un PIB marchand de 1600 milliards, des dépenses publiques optimales ne doivent jamais dépasser 400 milliards, y compris remboursement de la dette.

  • Qui n’est pas convaincu que l’administration ne fait que ralentir le fonctionnement de la societe?

    • Les keynésiens, les marxistes, les étatistes de tout horizon, les fonctionnaires et tout un tas de gens qui craignent plus la liberté de leur voisin que de recevoir leur part du gâteau fiscal. Grosso modo.

  • « Qu’il s’agisse du ramassage des ordures, de la poste, des pompiers ou du travail administratif, tout ce qui est fait par l’Etat est deux fois plus cher que dans le privé. Ce n’est pas parce que les employés du gouvernement sont de mauvaises personnes, ils sont comme vous et moi. Ce n’est pas parce que les gens du privé sont meilleurs, ils ne le sont pas. C’est parce que, dans le privé, le client a sont mot à dire. Lorsque c’est traité par le gouvernement, le client n’a rien à dire et c’est le gouvernement qui commande. » http://youtu.be/ViAT1TxhBk4

    • @jacques c’est la différence entre le prix accepté et payé par le client dans un monde concurrentiel et le tarif fixé par l’état ou un monopole …

  • Les commentaires sont fermés.

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