Effet dévastateur de la bureaucratie sur l’emploi

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Tout fonctionnaire supplémentaire entraîne mécaniquement l’apparition d’un chômeur dans le secteur privé.

Par Bernard Zimmern.
Un article d’Emploi 2017

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Utilisant les études d’un institut fondé par Jean-Claude Fitoussi, le conseiller économique de Lionel Jospin, l’OFCE, qu’on ne peut accuser de déviation droitiste, nous avions pu montrer que tout fonctionnaire supplémentaire entraînait mécaniquement l’apparition d’un chômeur dans le secteur privé.

Ce fonctionnaire doit en effet être payé et ce sont les prélèvements supplémentaires qui font basculer dans le rouge et disparaître les entreprises marginalement bénéficiaires.

bureaucratie rené le honzecIl est d’ailleurs assez remarquable que la montée de la bureaucratie en France ait eu son ascension la plus rapide dans la période 1965-1975, faisant passer les fonctionnaires d’État de 1 million en 1956, juste avant l’invention par Maurice Lauré de la TVA, à 2,2 millions en 1976. La TVA, impôt indolore, a fait rentrer dans les caisses du Trésor une manne considérable permettant toutes les dépenses publiques. La TVA, à elle seule, représente beaucoup plus que la somme de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et de l’impôt sur les sociétés. Pour ceux qui l’ont vécue, la période 1965-1975 était celle où il suffisait de donner un tour de vis supplémentaire, passer de la TVA sur les industries de fabrication (la première justification donnée par Maurice Lauré étant d’éviter la cascade des impôts sur le chiffre d’affaires et d’être plus neutre à l’égard des circuits de fabrication) à l’impôt sur les services en élargissant progressivement tous ceux qui y étaient soumis .

C’est depuis la période 1970-1980 que les prélèvements publics sur la valeur ajoutée s’emballent et que s’ensuit un effondrement de la croissance du PIB comme l’avait montré Pierre Lafronde dans ces colonnes.

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Mais c’est précisément là où la démonstration de « À tout fonctionnaire son chômeur » était insuffisante : c’est que les fonctionnaires qui ne servent à rien – mais dont beaucoup se donnent du mal – rendent impossible la vie de ceux qui, dans le secteur privé, n’ont pas quitté la France et cherchent encore à y travailler ; et qu’un fonctionnaire supplémentaire détruit plus d’un emploi privé.

Les syndicats nous font régulièrement le coup des moyens insuffisants mais la réalité est qu’il y a entre 20 et 40% des fonctionnaires qui sont au placard ou dans des emplois sans justification sérieuse et fabriquent des règlements ou des contrôles pour continuer d’exister.

Il est préoccupant de voir l’un des secteurs les plus essentiels à l’emploi, celui du bâtiment, partiellement démoli par une ministre qui pourtant sort d’une grande école de commerce.

Mais il faut regarder la part prise dans le PIB français par l’industrie du bâtiment pour constater que Cécile Duflot n’est pas la seule responsable de son naufrage et qu’il a fallu des couches de réglementations superposées pour protéger, ou encadrer, ou défendre, mais en fait d’abord pour justifier la bureaucratie qui l’a engendrée et qui fait maintenant qu’un permis de construire n’est plus délivré au bout de 3 mois mais plutôt 18.

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Espérons que les efforts de simplification entrepris par notre gouvernement porteront leurs fruits. Ou plus prosaïquement, que la statistique ci-dessus reflète simplement de la valeur ajoutée devenue travail au noir.

La tâche est d’autant plus redoutable qu’il nous paraît extrêmement difficile de réduire l’importance de notre bureaucratie tant que la création d’entreprises et d’emplois restera aussi anémique.

Mais qu’attendons-nous pour mettre en place les dispositifs fiscaux de Barack Obama et libérer les emplois dans les secteurs industriels comme le bâtiment, paralysés par la réglementation d’État ?


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