Éducation nationale : moins de moyens pour les meilleurs

âne credits Myri_bonnie (licence creative commons)

L’école à deux vitesses a commencé, et c’est les socialistes qui sont en train de l’instaurer.

Najat Vallaud-Belkacem vient de proposer un nouveau projet : les académies qui obtiennent les meilleurs résultats auront moins de moyens financiers que celles où il y a de l’échec scolaire. Un plan dévastateur.

Par Phoebe Ann Moses.

âne credits Myri_bonnie (licence creative commons)

Si l’intention socialiste s’en tient à ses idéaux habituels (égaliser les résultats), on constatera bientôt les effets dévastateurs du plan de Najat Vallaud-Belkacem. Il est en effet tentant de penser que l’échec scolaire est lié au manque de moyens d’une académie. Il n’en est rien : l’ensemble du système scolaire français est mal noté dans la dernière étude PISA, et pourtant la France est l’un des pays qui accorde le plus de moyens financiers et humains à la scolarité. C’est donc déjà, dès le départ, un raisonnement appuyé sur une erreur.

Mais admettons quand même que donner encore plus de moyens à des académies en difficulté puisse laisser entrevoir une réussite un peu meilleure des élèves. Il est tentant de faire un essai avec les meilleures intentions du monde (et surtout avec les moyens financiers donnés par l’ensemble des contribuables).

Les académies qui obtiennent de bons résultats se verront dotées de moins de moyens que les autres. S’il est admis par les enseignants qu’un bon élève « s’en sort toujours de toute façon », quel que soit le mauvais prof qu’il a en face de lui, ou les locaux en mauvais état dans lesquels il ira travailler, il est envisageable qu’à la longue les parents de bons élèves finiront par avoir envie de donner les meilleures chances à leur enfant. Que feront-ils ? Ils l’inscriront dans une école en bon état, pour ne pas dire dans une école où les enseignants sont toujours présents.

Au final, terminée la mixité sociale : les bons élèves iront dans le privé, les mauvais se contenteront du système public. L’école à deux vitesses a commencé, et ce sont les socialistes qui sont en train de l’instaurer.

S’il est pourtant un constat qu’il aurait fallu faire, et il y a des années qu’il aurait dû être fait, c’est que l’enseignement passe par des êtres humains : s’il y a un échec de l’apprentissage à l’école, c’est que le fil est rompu entre celui qui émet le message et celui qui le reçoit, c’est que le contenu ne passe plus. La gauche a toujours préféré penser que la faute en incombait au fameux contenu : si les enfants échouent, c’est que le contenu est trop long/rébarbatif/politiquement inapproprié… Et d’années en années on a élagué le contenu du savoir, afin de ménager l’électorat puissant que constitue le « corps enseignant ».

Seulement le problème ne vient pas du contenu, il vient des enseignants. Et il ne vient pas de leur formation, qui jusqu’ici leur permettait d’être recrutés avec un niveau moyen de connaissances correctes. Non. Il vient de leurs opinions politiques. Les enseignants sont en grande majorité de gauche et ils appliquent depuis des années une politique de gauche dans leurs classes : on veut de la discipline pour enseigner correctement, mais on ne veut pas blâmer untel qui a des conditions de vie difficiles. On veut de bonnes notes, mais on ne félicite pas publiquement le bon élève car cela découragerait les autres. On veut bien faire une moyenne des notes, mais sur quelques notes seulement, les contrôles ça demande du travail. On veut de la tenue mais on arrive en cours habillé et coiffé par la CAMIF, il ne faudrait pas que les élèves croient qu’un prof est autre chose qu’un ami et qu’il va faire preuve d’autorité et de rigueur.

Tout cela est une vaste erreur et si le monde de l’enseignement était un peu secoué par de vraies réformes (de celles qu’on propose et qu’on retire, comme la déréglementation) il y aurait certes du monde dans la rue, mais au moins un vrai débat serait lancé. Oui les enseignants doivent se remettre en question. Oui ils doivent se concurrencer les uns les autres. Oui ils doivent être notés, et pas par des inspecteurs qui passent une seule fois dans toute leur carrière.

Ils doivent être notés par les élèves et les parents. La crainte est grande pour un fonctionnaire d’être passé à la moulinette de l’évaluation ! Et pourtant c’est le seul moyen d’améliorer la qualité des enseignants : notation de la ponctualité ; notation de l’autorité ; notation de l’ambiance en classe ; notation du nombre de contrôles effectués pour établir la moyenne de l’élève ; notation de la tenue vestimentaire ; notation de l’effort d’explication et des conseils donnés quand ils sont demandés. En un mot : transparence. Ne croyons surtout pas qu’un élève ou sa famille demande un « prof cool ». Non. L’élève, il veut réussir. Et il sait pertinemment que cela passe par un bon niveau d’enseignement.

C’est seulement fort de ce constat qu’on comprendra que « l’égalité des chances » n’est pas une égalité de résultats, qui est d’ailleurs impossible à obtenir. L’égalité des chances, c’est de donner à une classe un enseignant capable de répondre à l’exigence de la classe qu’il a en face de lui. C’est seulement cela que devrait s’imposer l’école publique : recruter pour donner le meilleur à l’élève.
Donner de l’argent à des académies en difficulté ne servira absolument à rien, sinon se donner bonne conscience.

En effet ; qu’en attend-on ? Plus de personnel ? Moins d’élèves par classe ? Cela a déjà été expérimenté et n’a pas réduit les difficultés d’apprentissage dès les petites classes. De beaux locaux qui donnent envie d’aller travailler ? C’est ce que la société propose qui donne envie de s’en sortir. Le problème est qu’elle ne propose pas grand-chose, encore moins quand un Président de la République blâme ceux qui gagnent de l’argent. Qu’attendre d’autre qu’une vie minable quand au plus haut niveau on vous indique que c’est la seule vie moralement acceptable ?
Quand les établissements scolaires seront notés, et qu’ils choisiront eux-mêmes leurs enseignants, là on pourra entrevoir une solution : il y aura un marché des enseignants et pour avoir un emploi il faudra être le meilleur.

On est donc bien à des années-lumière du système actuel.