Afrique : quel avenir à la sécession des États ?

Les Africains devraient-ils continuer dans la logique sécessionniste ou renforcer l’unité africaine ? Y a-t-il des alternatives à la sécession entre les deux ?

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Afrique : quel avenir à la sécession des États ?

Publié le 7 octobre 2014
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Par Chofor Che.
Un article de Libre Afrique.

femme afrique credits steve evans (licence creative commons)

Avant l’indépendance il y a eu une vague de tendances sécessionnistes dans le monde et particulièrement en Afrique. On se souvient, des anglophones et des francophones au Cameroun ou encore du cas de Zanzibar et de la Tanzanie, toujours sous surveillance du gouvernement tanzanien. En Europe les cas du Royaume-Uni et de l’Espagne sont parlants. Au regard du chaos qui a frappé le Sud-Soudan après sa sécession du Soudan, la question qui se pose est : les Africains devraient-ils continuer dans la logique sécessionniste ou renforcer l’unité africaine? Y a-t-il des alternatives à la sécession entre les deux?

Il est indéniable que l’idée de sécession est en vogue. Le cas de la Grande-Bretagne et de l’Écosse en témoigne. Le débat anime également l’Espagne bien que l’article 2 de sa Constitution de 1978 stipule « l’unité indissoluble de la nation espagnole, la patrie commune et indivisible de tous les Espagnols, et garantit le droit à l’autodétermination des nationalités et des régions qui la composent et la solidarité entre elles ». Cela a conduit certains chercheurs à affirmer que la Constitution espagnole ne garantit pas la diversité nationale, car elle permet l’autodétermination qui dans une certaine mesure ouvre la porte à la sécession. Actuellement, les Catalans utilisent l’argument de l’autodétermination comme alibi de rupture avec l’Espagne. Ils affirment être victimes de discrimination quand il s’agit d’accéder à des emplois, des ressources naturelles et des opportunités d’affaires. D’autres auteurs soutiennent que l’autodétermination peut ne pas signifier nécessairement la sécession, mais plutôt une revendication pour un système plus décentralisé ou fédéral.

La sécession semble présumer que les groupes mécontents dans un État veulent rompre et former leur propre État. Pourtant, il n’est pas évident que la sécession soit la priorité de toutes les communautés. Selon certains experts comme Yonatan Fessha, Professeur agrégé de droit à l’Université du Cap-Occidental (UWC), la séparation ne peut être une option appropriée, après avoir épuisé toutes les autres possibilités. Elle ne peut être envisagée qu’en dernier recours lorsqu’il n’y aucune possibilité de coexistence entre les différents groupes au sein du même État.

Dans le cas du Cameroun et de la Tanzanie, les raisons principales pour lesquelles les Camerounais anglophones et les gens de Zanzibar veulent faire sécession est qu’il y aurait une discrimination persistante. La répartition des emplois, des ressources naturelles, des opportunités d’éducation et d’affaires reste inéquitable.

Dans l’action opposant Kevin Mgwanga Gunme et autres à l’État du Cameroun devant la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, intentée en 2003 par le Conseil nationale du Sud du Cameroun (SCNC), un groupe de pression basé au Cameroun anglophone et luttant pour la sécession au nom de la marginalisation, a fait valoir que la République du Cameroun est une extension de la colonisation française. Il a ajouté que les Camerounais anglophones n’ont pas bénéficié de cette union politique et socio-économique. En 2009, la demande de sécession a été rejetée par la Commission africaine pour des raisons essentiellement procédurales au sens où le requérant n’était pas un groupe reconnu légalement pour défendre les intérêts de tous les Camerounais anglophones. Cependant, la sécession reste un problème réel au Cameroun et cela malgré le verdict de la Commission africaine.

Un exemple de sécession ratée est bien celui du Soudan et du Soudan du Sud. Depuis la rupture, la zone est le théâtre de l’agitation, de l’effusion de sang, du vol, de la souffrance familiale.

Une alternative crédible à la sécession pourrait consister à donner plus de pouvoir politique et socioéconomique aux groupes désavantagés dans leur État. Ce ne doit pas se faire au détriment des droits individuels, d’autant plus que les individus doivent être autorisés à posséder des biens, à échanger et à circuler librement.

Les professeurs Nico Steytler et Jaap de Visser, du Centre de droit communautaire à l’UWC, affirment qu’une décentralisation avec un gouvernement local peut être une excellente alternative à la sécession. Cela garantirait une plus grande autonomie financière et administrative aux collectivités locales, en particulier pour les groupes défavorisés. Le Professeur fait également valoir qu’un système de gouvernement fédéral pourrait contribuer efficacement à la protection de l’unité tout en favorisant la diversité. La décentralisation et le fédéralisme adéquats peuvent donc être des solutions alternatives à la sécession. Ces systèmes de gouvernance permettent à des groupes défavorisés dans un État de prendre part de façon équitable aux opportunités offertes.


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  • bonjour , au cours d’escales maritimes ,par la suite en coopération /formation ,j’ai noté ;Aucun pays d’Afrique n’a vraiment songé à changer les frontières artificielles qu’hélas nous leur avions imposées bêtement ,sans jamais tenir aucun compte de leurs territoires ancestraux ,ou même du fait que certaines populations nomades ne connaissaient pas de limites à leurs déplacements ,puisque tributaires des besoins de leurs troupeaux .Sans doute origine du B….ambiant actuel ! Peut-être auraient-ils du y penser dès leurs indépendances respectives il y a maintenant 50 ans .

  • Les commentaires sont fermés.

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