Publicité de Contrex : Se laisser faire face à l’injustice ?

collègue mouton credits tommy forbes (licence creative commons)

Quand la pub vous conseille gentiment de vous faire marcher dessus…

Pour Contrex, la passivité va vous faire perdre du poids…

Par Victoria Melville

collègue mouton credits tommy forbes (licence creative commons)

Comme bon nombre d’entre vous, j’achète parfois de l’eau en bouteille et il arrive que celle-ci soit de la Contrex. Je n’en suis pas une amoureuse éperdue mais enfin… Deux packs de six bouteilles, ça offre des occasions d’examiner l’emballage de près. Avez-vous remarqué les nouvelles étiquettes de cette eau ? La nouvelle campagne de la marque, ce sont les défis minceur, ou comment consommer des calories par les petits actes de la vie quotidienne.

contrext

On passera sur la supercherie visant à faire croire à la clientèle qu’elle perdra du poids en « consommant » des calories. Les voix s’élevant contre cette affirmation fallacieuse sont de plus en plus nombreuses et c’est tant mieux.

Non, aujourd’hui, je souhaite plutôt m’attarder sur un de ces défis en particulier. Je l’ai retrouvé sur plusieurs bouteilles, ce qui m’a laissé le loisir d’y réfléchir suffisamment longtemps et de me rendre compte progressivement à quel point je le trouve dérangeant.

bouteille

Quand on croise un collègue qui ne mérite pas son poste, on contracte les abdos !

Voilà une phrase à la formulation bien curieuse et révélatrice. Il faut examiner chaque mot pour bien en saisir la portée. « Quand on croise un collègue » signifie bien que la situation est avérée. Non seulement on sait qu’on a un collègue qui ne mérite pas son poste mais en plus que c’est suffisamment commun pour faire l’objet d’une étiquette de bouteille d’eau. La situation est admise, presque considérée comme normale, un peu comme si on disait « quand il pleut, je prends mon parapluie ». On notera ensuite que dans la dimension professionnelle, ce qui retient l’attention est le poste, pas les responsabilités, pas la rémunération, pas la carrière, non le poste. Encore une fois, on dirait qu’il s’agit de quelque chose d’immuable. On pourrait penser à quelqu’un qui ne mérite pas sa chevelure blonde, par exemple, ou ses beaux yeux bleus.

Et le comble est évidemment la solution proposée par Contrex : on consomme des calories en serrant les abdos. Voilà, face à une situation d’injustice flagrante, d’inefficacité économique, d’agression caractérisée et de désincitation à l’effort, on attend que ça passe et surtout, on se laisse faire.

La question que je me pose est la suivante : si on lui mettait plutôt un pain sur la tronche à ce collègue et à tous les autres abrutis qui ont des postes qu’ils ne méritent pas, ça consommerait combien de calories ?

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