Les diététiciens n’auraient-ils rien compris ? Pourquoi on grossit, de Gary Taubes

Publié Par J. Sedra, le dans Santé

Les décisions prises par les experts au nom du reste de la population seront toujours moins bien raisonnées que celles que les premiers prendront pour eux-même. Déléguer au gouvernement le soin de s’informer à notre place est un processus fatalement vicié et voué à l’échec. Il est plus que temps de reprendre notre santé en main.

Par J. Sedra.

5 ans après son best-seller “Good calories, bad calories” (hélas toujours pas traduit en français), le journaliste Gary Taubes de Science et du New York Times, spécialiste de la vulgarisation scientifique et plusieurs fois distingué pour son travail d’investigation, revient dans son dernier livre FAT: pourquoi on grossit sur le parcours qui l’a mené à remettre en question le bien-fondé du “consensus officiel” en matière de nutrition, sur le divorce consommé entre la recherche actuelle, et sur les présupposés obsolètes et erronés auxquels s’accrochent encore de nombreux médecins, diététiciens et institutions de santé. Dix ans de travail sont condensés dans cet ouvrage, pour enfin comprendre: comment a-t-on pu autant et si longtemps se fourvoyer ? Comment fonctionnent vraiment les mécanismes de la prise de poids et de l’amaigrissement, et comment sont-ils liés aux nouvelles “épidémies” d’obésité et de diabète de type II ? Combien a-t-on subi de morts prématurées et de vies abîmées pour l’acharnement du secteur de la santé et de nos gouvernants à ne pas remettre en question le statu quo ?

Avec nos systèmes de santé publics écrasés par le poids du diabète (10% des dépenses de la sécu en France, et ça grimpe), des maladies cardiaques et de l’obésité, nous payons très cher aujourd’hui d’avoir laissé la classe politique et le monde médical tenter de régler notre problème d’alimentation à notre place, par l’autorité.

“Il y a toujours une solution facile à chaque problème humain – une solution claire, simple, et fausse.” — H. L. Mencken

Le dangereux mythe des calories

Les recommandations actuelles de lutte contre le surpoids et l’obésité, tant de la part des institutions publiques que de la grande majorité des médecins, peuvent pour l’essentiel être ramenées au “modèle de l’équilibre calorique”, à savoir que la prise ou perte de poids est directement commandée par la quantité de calories ingérées en excès ou en carence par rapport aux calories dépensées. Ce modèle, tout droit issu de la thermodynamique, est une hypothèse simple, évidente… et fausse. Depuis que les hypothèses différentes ont disparu avec beaucoup de médecins et chercheurs européens pendant la seconde guerre mondiale, c’est ce modèle qui domine le paysage nutritionnel ambiant. Nous vivons depuis presque 70 ans dans le monde simpliste et inutilement culpabilisant qui découle logiquement de ce présupposé : nous continuons de grossir et d’aller de plus en plus mal alors même que nous nous acharnons de plus en plus à suivre la logique apparente de ce modèle.

Gary Taubes retrace pour commencer l’histoire du surpoids en Amérique du Nord : dans les années 1930, longtemps avant l’invention du fast-food, longtemps aussi avant l’introduction du sirop de gucose-fructose dans tous les aliments ou presque : l’augmentation de la fréquence du surpoids et de l’obésité, en particulier chez les enfants, était déjà remarquée et étudiée dans la littérature médicale, comme par exemple dans l’analyse poussée faite par la pédiatre Hilde Bruch en 1934. À l’époque, il était déjà apparent que ces enfants mangeaient bien plus que ceux en bonne santé, mais le fait de postuler que ce surpoids était dû à cet excès de nourriture et qu’il suffirait de “renverser la vapeur” pour en guérir, était déjà perçu comme une erreur grossière et voué à l’échec. En se fondant sur la biologie et pas juste sur la thermodynamique, les médecins européens de l’époque avaient déjà compris qu’ils étaient en face non d’un déséquilibre énergétique, mais d’un déséquilibre hormonal qui causait à la fois la prise de poids et l’excès de calories ingérées. À la source de ce problème hormonal, une stimulation excessive de production d’insuline. Cette hormone agit comme un facteur de croissance : elle stimule la prise de poids… en augmentant, entre autres choses, le stockage des calories au détriment de leur utilisation comme source d’énergie. Du coup, toutes les calories que le corps stocke au lieu de brûler doivent être compensée par un apport supplémentaire : c’est de là que vient l’excès d’appétit et donc la “suralimentation”. La réalité fonctionne en fait à rebours du modèle conventionnel : grossir incite à manger plus pour compenser l’énergie qui finit stockée, plutôt que l’inverse. C’est pour ça que les non-obèses n’ont aucun besoin de “compter les calories”, et peuvent “se permettre des écarts” aussi souvent sans pour autant grossir – nous en connaissons tous au moins quelques-uns autour de nous. C’est le modèle de la lipophilie, décrit initialement par Gustav von Bergmann dans les années 30.

Pour bien comprendre, imaginons deux flacons. L’un représenterait nos dépenses d’énergie du jour (métabolisme + exercice), l’autre représenterait ce que nous stockons sous forme de graisse. Dans le modèle conventionnel de l’équilibre calorique, quand on mange on commence par remplir de calories le premier flacon, puis l’excédent “déborde” dans le second. C’est simple, clair, et faux. Un système complexe d’enzymes et d’hormones toutes coordonnées par l’insuline joue le rôle de tuyau reliant les flacons, et dans le cas d’un individu obèse, à mesure que l’on tente de remplir le premier flacon, elles siphonnent les calories vers le second. Plus ce tuyau laisse passer de calories, plus il faut “surmanger” pour garder le premier flacon plein… et ne pas se sentir affamé et fatigué. En essayant de maigrir “simplement” en arrêtant de remplir autant le premier flacon, celui de nos dépenses énergétiques, on ne fait que s’affamer sans enrayer la prise de poids. Il y a de nombreux exemples d’expériences scientifiques où des chercheurs affament des souris obèses, et se retrouvent rapidement avec des souris toujours obèses mais mortes de faim. Toutes les calories qu’elles ingurgitaient étaient siphonnées vers le stockage ou bloquées dans leur tissu adipeux sans pouvoir en sortir, privant leur métabolisme de carburant au point de les tuer.

L’autre effet trop souvent ignoré par le consensus officiel sur la nutrition, c’est que baisser les apports caloriques fait aussi baisser les dépenses, et réciproquement : pour reprendre la métaphore, la “taille” du premier flacon tend à s’ajuster à ce que l’on met dedans. En l’absence de “siphonnage” par l’insuline, nos dépenses d’énergie suivent nos apports : c’est ainsi que ceux qui essaient des régimes réduisant l’insuline rapportent systématiquement une sensation “d’énergie renouvelée” dès la première semaine. Les calories n’étant plus séquestrées sous forme de graisse, elles sont à nouveau disponibles pour l’exercice et les mécanismes métaboliques. La fatigue et la somnolence jusque-là associées à la digestion disparaissent. De la même manière, si l’on tente de réduire nos apports caloriques, on peut tomber en dessous d’un seuil minimal, nécessaire à la survie à long terme : par exemple le jeûne, prolongé assez longtemps, amène le corps à s’autodétruire pour continuer à fonctionner. En dessous de ce seuil, on perd du poids parce qu’on perd du muscle, organes internes compris, jusqu’à finalement mourir d’inanition… Ce que l’on remarque, c’est que si les individus sains peuvent puiser spontanément de l’énergie dans les réserves de leur tissu adipeux quand ils jeûnent, ce n’est pratiquement pas le cas des individus obèses. Quelque chose a détraqué leur système de stockage : c’est ça, la vraie cause de leur obésité. On devient gros puis obèse parce que notre système de stockage d’énergie devient anormalement “avare” : il se met à stocker trop de calories lors des repas, et à en libérer trop peu entre les repas. Le système complexe d’enzymes et d’hormones commandant la prise ou la perte de poids, et les conditions qui l’amènent à se détraquer, sont expliquées avec une grande clarté et étayés de sources scientifiques tout au long du livre : quels types spécifiques de glucides dits “adipogènes” entraînent les cellules de notre tissu adipeux à stocker plus que de raison, à quoi ressemblerait un régime efficace qui renverserait cette tendance, etc. Je ne détaillerai pas plus cette partie du livre, que je vous laisse découvrir par vous-même. À la place, je préfère me concentrer sur l’autre aspect essentiel de “Pourquoi on grossit” : la façon dont la science a été malmenée et dévoyée par quelques intérêts particuliers, causant la multiplication des maladies du métabolisme: obésité, diabète mais aussi cancers, démences séniles, Alzheimer, scléroses, caries, etc.

Cinquante ans de persistance dans l’échec

Car Gary Taubes déroule aussi l’histoire de la théorie du modèle d’équilibre calorique : comment, avec la fin de la seconde guerre mondiale tout un pan de la science, principalement des publications en langue allemande (comme celles de l’Autrichien Julius Bauer et de l’Allemand Gustav von Bergmann) a été entièrement escamoté, et comment la communauté scientifique s’est rabattue dans les années 50 et 60 sur ceux qui n’étaient pas les plus rigoureux, mais bien les plus véhéments et bruyants : Jean Mayer, avec sa thèse (infondée) selon laquelle l’appétit ne s’ajusterait pas avec l’activité physique modérée, ou Ancel Keys et son hypothèse lipidique accusant (à tort) les graisses saturées de causer des maladies cardiaques via le cholestérol, ou encore Louis Newburgh et sa thèse de “l’appétit perverti”.

Dès la fin des années 60, le divorce entre l’état de la recherche en matière de nutrition d’un côté, et les “conclusions scientifiques” hâtives (simples corrélations issues d’études épidémiologiques, donc non-prouvées) voire erronées colportées par les médias traditionnels de l’autre, est consommé : Gary Taubes donne des exemples précis en comparant les publications médicales et les articles de presse généraliste de la même année… aux contenus totalement opposés ! Puis, en 1973, le sénateur américain McGovern décide de monter un comité d’experts médicaux pour fournir à l’USDA (ministère fédéral de l’agriculture des USA) des recommandations officielles en matière de nutrition… comité qui, après limogeage des récalcitrants (comme ce fut le cas du directeur de l’académie nationale des sciences, qui faisait de la résistance au nom de la vraie science), finit simplement par donner à McGovern exactement les conclusions qu’il avait prévues de prendre dès le départ : celles de son médecin personnel, un végétarien convaincu accusant les graisses d’origine animale de tous les maux, d’une part, et d’autre part des recommandations de consommation de produits céréaliers abusivement gonflées pour faire plaisir aux lobbies agricoles, très influents en politique. Le résultat, c’est la fameuse “pyramide alimentaire” selon laquelle la moitié de ce que nous mangeons devrait être à base de céréales, et moins d’un dixième devrait provenir d’animaux. À partir de cette époque, la plupart des efforts fournis par les comités et panels d’experts successifs engagés par le gouvernement américain consacreront la quasi-totalité de leurs efforts et des moyens publics mis à leur disposition… à simplement justifier, envers et contre tout, les choix déjà faits avant eux, quitte à nier les faits médicaux ou à les interpréter de travers.

Non seulement les sources en langue allemande ont été passées à l’as dans les années 1950, ramenant la compréhension de l’obésité en arrière jusqu’au niveau des connaissances que l’on en avait au milieu du XIXème siècle, mais en plus s’est installée une croyance néfaste : l’idée qu’il faut traiter l’obésité comme un trouble alimentaire, et non comme une maladie endocrinienne. Imagine-t-on sérieusement soigner les diabétiques ou les cancéreux par la psychiatrie ? C’est pourtant ce que l’on fait depuis ces années pour les personnes en surpoids : avec le modèle d’équilibre calorique, on interprète leur maladie comme ayant “forcément” pour origine leur paresse, leur manque de volonté, leur “gloutonnerie” voire leur ignorance crasse. Cette interprétation a la vie dure parce qu’elle conforte les autorités tant politiques que médicales dans leur position dominante, d’une part, et d’autre part parce qu’elle leur évite d’avoir à admettre toute falsifiabilité de leurs hypothèses : il leur est toujours possible d’accuser un peu plus les malades de ne pas suivre correctement ou suffisamment leurs conseils, au lieu de se remettre en question et de risquer sa carrière… C’est ainsi que nous en sommes arrivés à croire, en dépit des résultats contradictoires de très nombreuses études et de tests cliniques répétés, que les matières grasses saturées causent des maladies cardiaques, que la viande rouge donne le cancer colorectal, que l’obésité est liée à la pauvreté ou à l’invention du fast-food, et qu’il faut absolument manger des céréales et faire de l’exercice prolongé et régulier pour être en bonne santé. Ce qui n’était qu’au départ un ensemble d’hypothèses non-prouvées (et depuis longtemps infirmées par la recherche) a été repris tel quel par le gouvernement fédéral américain parce que les conclusions allaient dans le sens de ses propres biais, puis propagé à des institutions non-gouvernementales mais “d’utilité publique” comme l’American Heart Association ou l’Americain Diabetics Association (par exemple via des plans de subvention conditionnés au respect des recommandations officielles), et a fini par devenir la référence “mainstream” de l’état de l’art pour un grand nombre de médecins qui n’ont ni le temps ni les moyens de suivre d’un œil critique la recherche médicale dans le domaine.

C’est principalement pour cela que, malgré l’échec évident et répété des politiques de santé publique en matière de nutrition, ces recommandations officielles ne changent pas d’une virgule. Le “Dietary Guidelines” du ministère américain de l’agriculture, dans sa version 2010 comme dans ses versions précédentes, n’est qu’une redite des conclusions du comité McGovern, et ce malgré l’opposition et les critiques de plus en plus visibles du monde de la recherche médicale. Cela fait près de cinquante ans que les autorités gouvernementales et médicales nous disent de manger moins de graisses et surtout moins de viande, de manger plus de céréales, de faire plus d’exercice. C’est ce que, globalement, nous avons fait. Le résultat, c’est une explosion de la fréquence de l’obésité, du surpoids, du diabète, des maladies cardiaques, de certains cancers et de toutes sortes de démences et autres dégénérescences nerveuses (Alzheimer).

Un processus de prise de décision vicié de haut en bas

Un tel aveuglement, si massif et persistant, démontre le danger qu’il y a à laisser les autorités (gouvernementales comme médicales) se charger de résoudre des problèmes de société. Une autorité qui décrète des recommandations nutritionnelles ne peut que cristalliser des conflits d’intérêt latents au profit de quelques-uns et au détriment de tous les autres, parce qu’elle s’appuie forcément sur un nombre réduit d’experts, dont les recommandations ne peuvent elles-même qu’être imparfaites et très lacunaires puisque ces experts concentrent (en les tronquant forcément) leurs conclusions vers l’étage politicien au-dessus (pour les rendre “plus accessibles”… mais parfois aussi ils les biaisent pour les rendre “plus convaincantes” ou “plus acceptables” pour leur destinataire, ou pour ne pas risquer leur carrière), qui à son tour les simplifie (souvent de travers ou d’une manière partisane qui les arrange vis-à-vis de leurs lobbies) en essayant de s’adresser au reste de la société. À chaque niveau, l’asymétrie d’information déforme le message et l’éloigne de la réalité… à la fin, il ne reste rien d’utilisable, ce qui fait plus de mal que de bien car tous ces efforts, tout ce temps, toutes ces ressources médicales dépensées ne sont alors plus disponibles pour faire de la vraie science et de la vraie prévention. Une perte incommensurable pour la société !

Aujourd’hui, les échanges d’information sont si faciles et accessibles que la sagesse des foules dépasse en pratique les capacités de n’importe quel panel d’experts : les décisions prises par ces derniers au nom du reste de la population seront toujours moins bien informées et moins bien raisonnées que celles que les premiers prendront pour eux-même. Cela veut dire que déléguer au gouvernement ou à toute forme d’autorité centrale le soin de s’informer à notre place, et de décider une fois pour toute en matière de science (et pas seulement de nutrition, voyez par exemple la climatologie !) est un processus fatalement vicié, dès le départ, et voué à l’échec à long terme. Il est plus que temps de reprendre notre santé en main.

Sur le web

Acheter sur Amazon

Laisser un commentaire

  1. Pour avoir lu le précédent bouquin de l’auteur (good calorie, bad calorie), c’est effectivement un travail de qualité qui montre que science et politique ne font pas bon ménage…

  2. Stephane LallementStéphane Lallement

    Mais encore ?
    On aimerait savoir quelle est la solution pour guérir, voire aussi prévenir, le trouble métabolique à l’origine de l’obsité.

    1. C’est expliqué dans le livre, et un chapitre entier est dédié à un régime-type. Dans un autre chapitre Gary Taubes donne des exemples de régimes prescrits dans le passé, de 1850 à nos jours, et qui marchent parce qu’ils s’attaquent à la vraie cause du surpoids. Cela consiste à ré-entraîner ses cellules à exploiter l’énergie sous forme d’acides gras, et ses cellules adipeuses à libérer cette énergie au lieu de ne faire que stocker. Il faut pour cela changer d’alimentation, pas en quantité (cela se fait tout seul dès que l’amaigrissement commence), mais en qualité: remplacer certains aliments (en gros: céréales, féculents, sucre) par d’autres (légumes-feuilles, viandes et poissons gras, œufs) – mais c’est une simplification. Lisez-le !

      Guérir le trouble métabolique et inverser les symptômes d’un pré-diabète (type 2), c’est ce que j’ai fait il y a quelques années en suivant des conseils similaires. Ça fonctionne.

    1. C’est aussi expliqué dans le livre de Gary Taubes. Par exemple le chapitre 1 démolit l’idée selon laquelle les populations pauvres du monde ne connaîtraient pas le surpoids, dans d’autres chapitres il revient là-dessus pour montrer comment l’occidentalisation des habitudes alimentaires en est à l’origine.

    1. Clairement, si la quantité de glucides compte une fois qu’on est en pré-diabète ou diabétique de type 2, leur qualité joue énormément pour la période avant. Parmi les mauvais, par exemple, il y a le blé (pain, biscuits, etc.), la pomme de terre, le maïs, le sucre blanc, le sirop de glucose et/ou fructose (ainsi que jus de fruits, miel ou sirop d’érable), ceux associés à l’alcool (bière) et le riz. Ils stimulent intensément et longtemps la production d’insuline. Parmi les « bons », il y a ceux qui sont associés à des fibres non-digestibles, ce sont ceux qu’on retrouve par exemple dans les carottes, les tomates ou les légumes-feuilles.

      Par ailleurs une petite quantité de fructose est utile pour freiner la conversion du glucose en graisse par le foie et augmenter l’absorption de glucose par les muscles sous forme de glycogène: http://dysnutrition.blogspot.fr/2012/03/fructose-des-fruits-une-dose.html

      Mais franchement, il vaut mieux expérimenter soi-même. Je sais par exemple qu’on ne réagit pas tous pareil à différentes sources de glucides, pour moi les pommes de terre sont pires que le riz, mais ça peut être l’inverse chez d’autres.

      1. Merci. Faut-il en déduire que pour prendre de la masse musculaire il faut prendre des « mauvais » glucide ? plus généralement, existe t-il un régime cohérent pour prendre du poids ou bien les personnes corpulence petites ou moyennes sont condamnées à le rester ?

        1. Pour ce qui est de prendre de la masse musculaire, j’ai lu qu’un apport en protéines d’à peu près 2 grammes pour chaque kilogramme de masse totale est idéal: par exemple si on fait 60 kg, ça représente 120 grammes de protéines par jour. Et un apport d’un gramme par kg est nécessaire pour éviter la déperdition de masse musculaire sinon. Et bien sûr il faut aussi stimuler la croissance musculaire, par des signaux hormonaux adéquats déclenchés principalement par l’exercice physique (toutes les formes d’exercice ne se valent pas, loin de là). Je ne connais pas bien le sujet (jamais eu besoin) mais je pense que Mark Sisson (blog: Mark’s Daily Apple) est une bonne source d’informations.

  3. Je n’ai pu finir l’article tellement il est débile est empli d’incongruité « scientifiques »….
    En fait la lecture des exemples (les deux vases communicants) montre juste que si vous coupez l’arrivée de calories vous mourrez de faim… Grande découverte!!! Et vous maigrissez d’abord … Il suffit pour s’en convaincre de voir le résultat sur des grévistes de la faim.

    Ensuite les « études sur les souris obèses qui meurt de faim » j’aimerais bien avoir des références.
    Je suis chercheur en biologie et ce genre d’étude c’est comme l’arlésienne, beaucoup en parle mais personne ne les montre… Et pour cause, elles n’existent pas.

    Faire intervenir l’insuline pour expliquer la prise de poids est une connerie digne d’un collégien. L’insuline est gluco-dépendante. C’est à dire qu’elle est excrétée dans la sang sous l’action du sucre. Quand le taux de sucre dans le sang dépasse un certain seuil (en général après le repas) l’insuline est sécrétée. Elle va forcer les cellules à stocker le sucre sous forme de glycogène puis de graisse.
    Cependant ce mécanisme s’arrête dès que le taux de sucre revient à la normal. La mobilisation du sucre est sous le contrôle du Glucagon.
    Donc si l’apport calorique (en fait en sucre ou lipide) est important une grande partie sera stocké sous forme de graisse ou de glycogène (mobilisation rapide). Si la demande du corps est faible, alors cette réserve sera pas ou peu entamée.

    La perte de poids est facile à obtenir avec une baisse des apports énergétiques et une augmentation de la demande!!!

    1. « Faire intervenir l’insuline pour expliquer la prise de poids est une connerie digne d’un collégien.

      Quand le taux de sucre dans le sang dépasse un certain seuil (en général après le repas) l’insuline est sécrétée. Elle va forcer les cellules à stocker le sucre sous forme de glycogène puis de graisse. »

      Donc, vous dites bien que c’est l’insuline qui ordonne aux cellules de stocker de la graisse. Vous n’avez pas l’impression de vous contredire ?

      « Cependant ce mécanisme s’arrête dès que le taux de sucre revient à la normal. »

      Et dans le cas d’un syndrome métabolique accompagné de prédiabète, ce taux de glucose sanguin ne revient jamais à la normale. La prise de poids devient impossible à enrayer. CQFD.

      « La perte de poids est facile à obtenir avec une baisse des apports énergétiques et une augmentation de la demande!!! »

      Vous avez essayé ? Moi oui. Ca ne marche pas, cela revient à se battre contre son propre corps. On a faim, on est fatigué, on se sent frustré. Et ce qu’on parvient péniblement à perdre, on le reprend dans les jours qui suivent, en pire. Tous ceux qui ont essayé vous le diront.

      Le modèle d’équilibre calorique est inutile parce qu’il est tautologique: bien sûr que si les apports dépassent l’utilisation, les calories sont stockées et s’accumulent. Mais ça ne nous aide pas à savoir pourquoi cela se produit.

    2. Quant aux études sur les souris obèses mourant de faim, il s’agit d’expériences menées par Francis Benedict en 1936. Il constata que les souris étaient mortes de faim avec encore 40% de leur graisse corporelle, soit 5 fois plus que les souris non-obèses.

      Voilà pour les « études qui n’existent pas »…

  4. @L’auteur

    Vous semblez décrire le syndrome métabolique comme étant la cause de la prise de poids. Or, je crois qu’il est avéré que ce syndrome ne se déclenche qu’après une longue période de déséquilibre alimentaire. L’exemple que j’ai en tête s’est Supersize me. Le gars dit clairement qu’il est devenu accro. Et cette addiction est bien postérieure au déséquilibre alimentaire qu’il s’est infligé.

    Qui plus est, a priori, le régime qui permet « le mieux » de guérir le syndrome métabolique n’est pas forcément celui qui empêche « le mieux » d’y entrer. Je pense surtout au cas des céréales.

    Les galettes et autres pains font partie du patrimoine de l’humanité. Ca ne serait pas la première tradition aberrante de l’histoire que cette forme de nourriture soit nocive, mais quand même .. on ne peut pas mettre la moitié de l’alimentation humaine à la poubelle sans être sur.

    A contrario, les glucides complexes que l’on consomme aujourd’hui en masse ne font pas partie de notre régime alimentaire depuis si longtemps. L’agriculture est une technologie encore « jeune » à l’échelle de l’humanité, et on en connait au moins un effet nocif : les caries. Le régime « légumes+viande » semble être plus proche du régime de cro magnon, qui avait dicté l’évolution de l’humanité jusque là.

    Mais bon, quand même … les céréales et autres sources d’amidon ont permis à l’homme d’arriver jusque là, ne les jetons pas trop vite à la poubelle.

      1. @Nick
        Je n’ai pas compris votre remarque. Enfin, Supersie me c’est pour l’exemple, afin d’avancer dans la discussion. Mais si vous voulez ouvrir une parenthèse pour critiquer ce document .. faites.

        1. Supersize me c’est de la propagande.

          Par exemple, Morgan Spurlock prétend être « accro ». Pourtant il arrête le fast-food du jour au lendemain après son expérience d’un mois, sans problème, sans symptôme de manque. Rien.

          Ensuite, sa diététicienne lui dit devant caméra qu’il absorbe plus de 5000 calories par jour en moyenne… ce qui est IMPOSSIBLE à atteindre même avec des menus supersize à chaque repas (on arrive au pire à 4300 en prenant toujours le menu le plus riche de tous ET en le passant en Supersize) – or pendant le mois il ne passe en supersize qu’une minorité des repas: il devrait en être autour de 3500 calories par jour.

          Il a donc menti sur ce qu’il mangeait vraiment.

          D’après une de mes sources (indirecte, certes) j’ai entendu dire qu’il mangeait des barres chocolatées pendant la nuit pour grossir plus vite et plus spectaculairement.

          Si le sujet vous intéresse, regardez « Fat Head », un documentaire indépendant de Tom Naughton, qui est une sorte de « suite » à Supersize Me: Tom a refait l’expérience de Spurlock de manger au fast-food tous les jours, tous les repas pendant un mois. Et en appliquant une règle toute simple limitant les glucides, il parvient quand même à perdre du poids et améliorer son bilan lipidique, à la grande surprise de son médecin. Pour vérifier ces résultats paradoxaux, j’ai refait cette même expérience, et eu les mêmes résultats, en avril 2008.

    1. Effectivement, il y a beaucoup à dire sur l’effet insulinogène de certains glucides comme les céréales. Je suis en train de lire « Wheat Belly » du docteur Davis, qui détaille tout cela en profondeur, je ferai une revue pour Contrepoints une fois fini.

  5. Je lis seulement maintenant cet article, très intéressant, mais qui me laisse sceptique sur un point en particulier.

    Au sujet des cinquante années de préconisations médicales et gouvernementales en faveur de moins de graisses et de viande, plus de céréales et plus d’exercice, vous dites « C’est ce que, globalement, nous avons fait. ».

    Nous aurions donc (globalement) suivi ces recommandations ? Je suis assez étonné, le contraire m’aurait semblé plus évident.

    Globalement, nous sommes moins nombreux aux champs, moins nombreux à l’usine, et plus nombreux dans des bureaux qu’avant, le tout sur des cadences et un temps de travail réduits. De même, nous sommes moins souvent à pied ou sur nos vélos et plus souvent dans nos voitures qu’avant. Dans le même ordre d’idées, là où il fallait de longs moments de fatigue uniquement pour nettoyer son linge (se déplacer au lavoir avec le panier chargé de linge, le battre sans relâche, essorer de toutes ses forces, revenir avec le panier chargé de linge humide) aujourd’hui on presse quelques boutons et on attend. J’imagine qu’on peut trouver des tas d’exemples du même type.

    Par ailleurs, de mes aïeux, je retiens que manger de la viande tous les jours relevait autrefois du luxe, et que le meilleur moyen de manger des œufs restait encore d’avoir des poules. Aujourd’hui, pas besoin d’être particulièrement riche pour manger viande et œufs quotidiennement, ce que beaucoup font d’ailleurs.

    D’après moi, nous mangerions ainsi plus de viandes et d’œufs qu’autrefois, tout en faisant moins d’exercice.

    Enfin, s’agissant de l’ « explosion de la fréquence de l’obésité, du surpoids, du diabète, des maladies cardiaques, de certains cancers et de toutes sortes de démences et autres dégénérescences nerveuses (Alzheimer) », je me demande si tout peut être expliqué par ce que nous mangeons. Les progrès des sciences et techniques, dont la médecine, ont permis à de nombreuses personnes « de faible constitution » de vivre et de se reproduire alors que les mêmes n’auraient pas atteint la puberté deux siècles plus tôt. S’opposant à l’état de nature, le progrès humain aurait à long terme un deuxième effet kiss-kool par lequel de « mauvais génomes » persistent et se multiplient au sein de la population au lieu de disparaitre. Ceci pourrait être l’une des causes de l’explosion des troubles que vous mentionnez, à laquelle on pourrait ajouter le fait que la médecine d’aujourd’hui diagnostique mieux ces troubles qu’autrefois.

    Je reconnais que je base mon raisonnement sur des déductions d’après ce que je sais (ou crois savoir) plutôt que sur des données chiffrées avérées. Qu’en pensez-vous ? Vous-même, avez-vous des sources sur votre affirmation concernant notre comportement alimentaire « global » durant ces 50 dernières années ?

    Merci.

    1. « Nous aurions donc (globalement) suivi ces recommandations ? Je suis assez étonné, le contraire m’aurait semblé plus évident. »

      C’est pourtant le cas: entre les années 80 et maintenant, à peu près 10% de nos calories ont vues leur origine passer de lipides à glucides. Nous mangeons donc 10% plus sucré, et 10% moins gras. Notre consommation de viande a baissé (essor du végétarisme et explosion de la culture du soja, qui s’y substitue désormais dans pas mal d’aliments industriels), la consommation des graisses animales en particulier a bien baissé: 40% de celles-ci ont été remplacées par des graisses d’origine végétale, au premier rang desquelles les huiles de soja (aux USA) et de colza (surtout en Europe).

      « D’après moi, nous mangerions ainsi plus de viandes et d’œufs qu’autrefois, tout en faisant moins d’exercice. »

      La mode de faire de l’exercice est apparue à la fin des années 70. Avant, personne n’aurait eu l’idée (ni le temps libre !) de sortir courir juste pour courir. Après, c’est l’explosion.

      « Globalement, nous sommes moins nombreux aux champs, moins nombreux à l’usine, et plus nombreux dans des bureaux qu’avant, le tout sur des cadences et un temps de travail réduits. De même, nous sommes moins souvent à pied ou sur nos vélos et plus souvent dans nos voitures qu’avant. »

      Cela ne peut pas expliquer pourquoi l’obésité et le diabète frappent indifféremment les catégories de travailleurs « physiques » ou non. Un bon exemple ce sont les maçons et ouvrier de la construction aux USA, qui ont les mêmes taux de surpoids et obésité que les autres. Et pourtant on peut difficilement trouver plus fatigant comme métier ! De même, il y a eu de tout temps des emplois peu physiques: au siècle dernier, les cordonniers, les clercs de bureau, etc. n’étaient pas aussi gros qu’aujourd’hui.

      « S’opposant à l’état de nature, le progrès humain aurait à long terme un deuxième effet kiss-kool par lequel de « mauvais génomes » persistent et se multiplient au sein de la population au lieu de disparaitre. Ceci pourrait être l’une des causes de l’explosion des troubles que vous mentionnez, à laquelle on pourrait ajouter le fait que la médecine d’aujourd’hui diagnostique mieux ces troubles qu’autrefois. »

      Ces « mauvais génomes » doivent bien venir de quelque part à l’origine, non ? Si leurs porteurs ne pouvaient pas se reproduire, ils n’ont pas pu se transmettre jusqu’à nous. D’autre part, pour qu’ils se répandent dans la population d’une micro-minorité à une quasi-majorité (de 0 à 30% d’obèses, de 5 à 60% de surpoids) en l’espace de trois générations seulement ne peut PAS s’expliquer par la génétique et l’évolution. Il faudrait des millénaires, voire plus.

      Plus sérieusement, cette tendance à introduire des hypothèses « ad hoc » à base de génétique inconnue supposée, est TYPIQUE de la mauvaise science nutritionnelle à laquelle se raccroche encore désespérément ceux qui ont intoxiqué des peuples entiers de leurs mensonges. Franchement, repousser ainsi toujours plus les preuves contraires et la réfutation de ses hypothèses par un empilement sans cesse croissant et branlant de nouvelles hypothèses tirées par les cheveux, c’est du niveau du créationnisme.

      1. « Ces « mauvais génomes » doivent bien venir de quelque part à l’origine, non ? Si leurs porteurs ne pouvaient pas se reproduire, ils n’ont pas pu se transmettre jusqu’à nous. D’autre part, pour qu’ils se répandent dans la population d’une micro-minorité à une quasi-majorité (de 0 à 30% d’obèses, de 5 à 60% de surpoids) en l’espace de trois générations seulement ne peut PAS s’expliquer par la génétique et l’évolution. Il faudrait des millénaires, voire plus. »

        Je rejoins votre avis et celui de l’auteur… néanmoins pour ce point, peut être faut il ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Un patrimoine génétique n’est pas déficient par nature; mais au fil des reproduction il peut le devenir ou devenir moins adapté. Dans un domaine autre que l’obésité; a savoir celui des allergies; il fort probable qu’il y ait une part de patrimoine génétique qui arrive en bout de course. Même si dans le cas de certaine allergie (surtout gluten); la cause est bien plus imputable a mon sens à l’excès d’asepsie durant les accouchements (qui empêche les bactéries fecales de la mère de coloniser le bébé pour lui assurer sa primo protection) et de facteurs environnementaux.

        Néanmoins, le problème des mécanismes naturel de contre reproduction ne doivent pas être négligé… dans le règne animal; on a pléthore de cas où un animal naitra « idiot » (donc espérance de survie limitée), différent physiquement (donc pas de partenaire prossible) ou… homosexuel/asexuel (ce qui rend l’affaire un poil sensible en cette époque de PMA/GPA) pour l’empêcher de prolonger la lignée. bref, sans vouloir rentrer dans des histoires douteuses d’eugenisme; il reste possible de se dire que certaine personnes ne sont pas ou plus adaptées a leur environnement.

  6. Très intéressant et très heureux d’entendre parler de ces idées que je partage. Reste-il des choses à apprendre de cet ouvrage quand on a lu « le modèle paléo » de Mark Sisson ?

    1. Je réponds à ma propre question puisque je me suis finalement procuré le bouquin de Gary Taubes. Il est énorme, un vrai thriller je ne pouvais plus le lâcher ! Scientifiquement très accessible, surprenant et vraiment intéressant.

  7. dans l’article, l’auteur dit que les cereales auraient été imposées pour faire plaisir au lobby agricoles ? mais la viande, elle, elle n’est pas d’origine agricole ? curieux ! quand on sait ( je suis agriculteur ) , qu’elever des bètes pour la viande consomme justement de grosse quantité de céréales, tous cela n’est pas tres credible !
    pour moi, le problème de l’obesité et de l’alimentation est bien plus complexe que de savoir si c’est l’insuline qui provoque la prise de poid ou non. l’auteur estime qu’on peut manger de la viande sans moderation, encore faudrait-il savoir de quelle viande on parle. dans son livre  » le livre noir de l’agriculture  » , isabelle saporta, affirme que nourrir du betail avec du mais enrichi leur viande en omega 6, et l’appauvri en omega 3, ce qui serait cause de surpoid, diabete et cancer. agriculteur, je peut comfirmer que les bètes, ne sont plus du tout elever comme du temps de nos grand-parents: beaucoup de mais, de vitamine de synthèse, d’antibiotique, cela a forcement un impact …
    mais il y a une chose qui a egalement beaucoup changé de puis 60 ans, c’est le mode de vie des gens: les gens sont de plus en plus sedentaires, il ne veulent plus rien faire physiquement, ont une alimentation riche, beaucoup de sucre, etc … cela est surement bien plus important dans le declenchement de l’epidemie d’obesité, que le fait d’avoir remplacer les legumes feuilles par des cereales.
    autour de moi, les gens qui font du sport regulièrement sont minces, et ceux qui n’en font pas on tous de la brioche.
    en asie, ou les gens consomment les fameuses cereales depuis toujours: le riz, les gens sont tous tres minces. sauf que maintenant, les jeunes qui commencent a adopter la nourriture occidentale ( coca, pizza … ) commencent a grossir. la encore, la sedentarité joue un role important, labas comme chez nous: les vieux se deplaceaient en velo, mais les jeunes ont une moto.
    peut-etre y a t-il du vrai dans le livre ? mais l’auteur n’a-t-il pas un regime a vendre ?

    1. Il y a un chapitre sur le sport et les efforts physique dans le bouquin qui montre qu’il n’y a pas corrélation entre sport et taille mince, sinon les gens obèses depuis 30 ans à qui la médécine préconise de faire du sport auraient tous maigri.
      Faire du sport consomme de l’énergie et demande de se nourrir en plus grosse quantité. Si on mange correctement (IG bas) aucun problème. Mais si on ne se nourrit en grande partie de féculents et céréales (IG haut) il sera très impossible de maigrir, à moins de consommer la même quantité de nourriture qu’avant le début de la pratique d’un sport.
      Mais alors là bon courage pour tenir ce mode de vie sur du long terme…

  8. Je l’ai lu l’annee derniere et commence a appliquer les principes durant un voyage d’affaire (je prends typiquement du poids en voyageant, comme beaucoup d’autres je pense), a ma grande surprise, j’ai perdu 2 kg cette semaine la en mangeant tres bien au resto tous les soirs. J’ai reussi a perdre 8 kg en deux mois, pas peu perdre plus pour le moment car pas assez discipline (surtout sur le sucre) mais pour avoir suivi les principes, je crois qu’il y a pas mal de vrai

  9. Chroniques de nos jours…

    Assis nonchalamment devant l’écran, une main dans le pantalon et l’autre dans un paquet de chips aromatisées, l’homme postmoderne se vide la tête cependant qu’il se remplit l’estomac. Là se dessine l’un des traits typique de notre époque : Le sujet ne persévère non pas dans l’être mais dans le non-être.
    Il se distingue de ses aïeux par ceci qu’il n’a pas la nécessité d’aller quérir de nourriture, de bois de chauffe et de tissus pour assurer sa survivance et à une moindre mesure son confort. Une fois la journée de travail achevée, il peut enfin s’adonner pleinement à l’écran, devenant ainsi une sous-catégorie du vivant, à cheval entre le minéral et l’animal. Minéral pour un mode d’être caractérisé par l’absence de mouvement, de volonté, en somme par l’inertie ; animal pour ce mode d’être caractérisé par la satisfaction de besoins rudimentaires dénués de toute spiritualité (le paquet de chips, la main dans le caleçon, etc.)
    Il se passe assurément quelque chose d’important à remarquer quand l’individu se fourvoie devant l’écran. D’un côté, son attention est portée vers un enchainement d’une multitude d’images fixes, colorées, sonorisées, esthétisées dont le sens reste à découvrir, de l’autre son corps lance un formidable appel à l’aide en demandant un remplissage non fonctionnel (il n’y a pas « faim ») au moyen de produits agroalimentaires (le nom d’aliment ou de nourriture n’est pas approprié pour ces produits). Ce qui est dommageable réside dans ceci qu’en aucun cas ce remplissage vient nourrir le corps, celui-là qui réclame une subtile alimentation composée de matières vivantes et de formes spirituelles. Le clivage corps/esprit pose problème en théorie, en pratique il n’existe pas car un corps n’est qu’un corps dans lequel s’équilibre des forces, des énergies dont l’esprit est partie prenante tout autant que l’estomac, esprit et estomac étant par ailleurs symboliquement intimes.
    Ce phénomène est comparable au tonneau percé des Danaïdes. Les malheureuses n’ont de cesse que de verser des quantités astronomiques d’eau dans le récipient mais rien n’y fait, l’eau continue à obéir aux lois de la nature, s’échappant par les orifices en direction du la Terre. On comprend mieux pourquoi l’individu tend ses mains vers toutes ces prescriptions de médicaments pour lutter contre ses carences. Mais sont-ce-t-elles seulement des carences en oligoéléments et en vitamines ? Nous ne le croyons pas.
    Réaffirmons-le, le corps, en pratique, est le corps, un point c’est tout. Ni plus, ni moins. Le cerveau a besoin de tourner comme le cœur a besoin de battre pour continuer la vie. Une voiture qui n’est pas conduite et laissée dans un garage trop longtemps, même de bonne facture, risque fort de faire des siennes lorsqu’on tentera de la réveiller. Ainsi, l’écran ne faisant pas office de nourriture, le corps réclame de quoi exciter l’appareil et notamment l’organe qui se vide, le cerveau. On comprend maintenant l’intérêt porté au produits agroalimentaires qui, nous le savons, contiennent énormément de sucre, de graisse, de sel et leurs imitateurs comme l’aspartame ou le glutamate qui ne sont rien d’autre que des excitotoxines. Ces substances entraînent un processus pathologique de destruction neuronal, elles sont neurotoxiques, elles font péter les neurones.
    Reprenons le cours du cheminement. Le sujet postmoderne donne son attention à l’écran qui diffuse un flux permanent d’objets asémantiques et hypnotisant (la lumière a un effet hypnotisant par exemple). Le cerveau, organe qui fonctionne lorsqu’on l’active, est réduit à un type d’activation, celui de l’écran. Et moins ces parties sont activées, plus les connexions entre les neurones se dégradent ce qui engendre des difficultés lorsqu’il faut les remettre en branle, sans compter la déperdition informationnelle globale, de concentration, de possibilité de mémorisation, de plasticité, etc. En contrepoint, pour lutter contre cette déliquescence (programmée ???), le corps, machine à jouer sur les équilibres, pour les préserver ou en créer (ce qu’on nomme homéostasie), se met à demander autre chose : le remplissage. L’individu prend donc l’habitude de manger, qu’il soit devant l’ordinateur, la télévision, au cinéma, il mange, mange, mange et perd conscience de ce qu’il mange, ne mangeant que de la merde emballée. Bonbons, plats réchauffés au micro à ondes magnétiques (que des animaux détectent comme toxiques), fritures et biscuits agrémentés de glutamate, sodium, E…, E…, E…, E…, soja, glucose, céréales extrudées, correcteurs en tout genre, font le bonheur du cerveau puisque ces substances viennent ensembles activer les neurones. Problème : Ils finissent par exploser.

  10. En fouillant dans vos articles pour un membre de ma famille (pas des masse 2.0), je suis tombé sur cet article; et je vais conseiller le livre à la personne. En effet je pense qu’il s’agit d’un cas avec problème d’insuline (toute la fratrie a des problème d’obésité, les parents en avaient aussi et… on eu du diabète sévère).

    Néanmoins, je ne suis pas forcément sur que tout les cas d’obésités rentre dans cette catégorie; et j’ai en tête un cas precis. Personne en stade d’obesité très avancée, et surtout doté d’une paresse énorme. Énorme n’est pas un euphémisme : se deplacer dans la cuisine « fatigue  » la personne; faire ses courses idem (la personne ne sort de chez elle que tout les 15 jours, et encore après 3 jours de jeune pour cause de placards vides et de gros poil dans la main). A coté l’alimentation se resume a peu ou prou 3 l/ jour de boisson chocolaté; du pain et des fruit de mer. Rien d’autre, sauf une fois par quinzaine ou mois; un plat normal. Coté dépense physique, on est plus proche du caillou que de l’escargot.

    Alors vous allez me dire : bah oui, l’insuline, fatigue tout ça

    Et bien oui, peut être, mais indirectement. Parce que la personne a réussit a perdre du poids. Pas en faisant un régime… mais simplement en allant bosser (du tertiaire, ne vous imaginez pas le bagne XD). Travailler l’a obligé a manger normalement (ça le fait moyen de manger des moules et du chocolat au lait au bureau), a sortir de chez elle, a bouger un peu (gardez en tête qu’on parle de quelqu’un qui trouvait fatiguant d’aller se laver…).

    donc au final, oui l’insuline joue surement un rôle dans beaucoup de cas; mais chez certain la racine du problème reste quand même certain comportement et surtout cet espèce de réflexe pavlovien inculqué par les parents de manger des sucreries pour passer les frustrations. Taubes a surement raison, mais dans des cas comme celui que je cite; il y a tout un problème en amont… car ils auront beau lire le livre, ça ne changera rien.