Les hypocrites de la coalition anti-austérité

imgscan contrepoints 322 austérité dépense

Les mauvais élèves de l’Union européenne s’unissent contre l’ « austérité ».

Par Steve H. Hanke
Un article du Cato Institute

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L’Union européenne (UE) est toujours enlisée dans son marasme économique. À Bruxelles, de nombreux membres de la classe politique affirment que l’austérité budgétaire est à blâmer. Mais, ce diagnostic est erroné. L’UE souffre d’un problème d’austérité monétaire et financière, mais non pas d’un problème d’austérité budgétaire. Pour s’en convaincre il suffit de regarder le graphique ci-dessous. Depuis le mois de mars 2012, le montant global des prêts octroyés au secteur privé dans la zone euro s’est constamment effrité, passant de 16,5 milliards d’euros à 16 milliards d’euros en juin 2014.

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Ça ne fait rien. La fronde contre l’austérité budgétaire de l’UE a le vent en poupe avec aux commandes Matteo Renzi, le Premier ministre italien et actuel Président de la présidence tournante de l’UE. En fait, Renzi est même allé jusqu’à former une coalition anti-austérité avec la France et l’Espagne. Selon cette coalition, ses membres ne peuvent tout simplement plus imposer de nouvelles réductions de dépenses publiques1. Ils affirment que leur budget a été rogné jusqu’à l’os. Cette affirmation est ridicule.

Ratio entre salaire moyen des hauts fonctionnaires et salaire moyen national
Ratio entre salaire moyen des hauts fonctionnaires et salaire moyen national

 

Il n’y a plus de coupe budgétaire possible en Italie ? Revenez à la réalité. Les hauts fonctionnaires sont payés plus de douze fois plus que le salaire national moyen. En ce qui concerne la France et l’Espagne, leurs fonctionnaires sont également  « bien payés ». Il est temps que les gens cessent d’écouter les hypocrites de la coalition anti-austérité, et qu’ils commencent à examiner les chiffres.

Traduction : Contrepoints.


Sur le web.

  1. NdT : Le 21 juin dernier, 8 chefs d’État de pays membres de l’UE, tous socialistes (Matteo Renzi pour l’Italie, Werner Fayman pour l’Autriche, Helle Thorning-Schmidt pour le Danemark, Victor Ponta pour la Roumanie, Robert Fico pour la Slovaquie, Bohuslav Sobotka pour la République Tchèque, et Elio Di Rupo pour la Belgique), se sont réunis à Paris. Au cours de ce mini-sommet, ils ont discuté des conditions qui les amèneraient à accorder leur soutien à la nomination de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission Européenne. En particulier, ils ont réclamé un assouplissement du Pacte européen de Stabilité et de Croissance, qui fixe une limite de 3% du PIB pour les déficits publics des pays de la zone euro, estimant que cette exigence est pour partie responsable de la croissance molle que l’on observe dans beaucoup de pays européens.