Réforme à la Juncker : plus d’UE, toujours et partout

Jean-Claude Juncker (Crédits : European Parliament, licence Creative Commons)

La réponse de Bruxelles est toujours, comme elle l’a toujours été, « plus d’Europe ».

Par Daniel Hannan.

Jean-Claude Juncker (Crédits : European Parliament, licence Creative Commons)

L’UE peut bien avoir été secouée par la crise de l’union monétaire. Les récentes élections européennes peuvent bien avoir vu des avancées sans précédent des partis eurosceptiques. Mais la réponse de Bruxelles est toujours, comme elle l’a toujours été, « plus d’Europe ».

En s’adressant aux eurodéputés hier matin, Jean-Claude Juncker a offert un euro-zèle inaltéré digne des années 50. La monnaie unique, a-t-il dit, a protégé l’Europe et protégé ses citoyens. (Ça doit être une nouvelle pour les 19 millions de chômeurs de la zone euro, mais voilà). Nous avons besoin de nous souvenir, a-t-il ajouté, que les marchés sont là pour servir les gens, et non l’inverse. Ça veut dire combattre le « dumping social ». Ça veut dire adopter un salaire minimum à l’échelle de l’Union Européenne. Ça veut dire l’harmonisation fiscale. Ça veut dire dépenser 300 milliards d’euro en « investissements ». Ça veut dire une politique énergétique commune, et la fusion des politiques étrangères et de défense. M. Juncker a appelé tout ça « des réformes ».

Et juste au cas où son argument aurait échappé à quelqu’un, il a conclu en chantant les louanges des hommes qui l’ont inspiré : François Mitterrand et Helmut Kohl. Les eurodéputés ont solidement applaudi. Peu importent les scandales de financements louches qui ont englouti ces patriarches maastrichiens dans leurs dernières années : les valises pleines de cash, les caisses noires qui ont valu au Chancelier allemand le surnom de « Don Kohleone ». Tout ça, ils l’ont fait pour l’Europe ! Plus que tout, nous a dit Juncker, il voulait rendre hommage à l’homme qu’il voit comme son héros, Jacques Delors.

Que nous dit le fait qu’un tel homme, qui partage de telles vues, ait été nommé par 26 voix contre 2, sur l’équilibre des opinions dans l’UE ? Comment quiconque peut-il soutenir l’argument que la réforme telle que l’entendent les Britanniques – moins de pouvoirs pour Bruxelles, plus pour les électorats nationaux – est sérieusement sur la table ? Le nouveau ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, Philip Hammond, a déclaré récemment qu’il voterait pour sortir de l’UE dans les termes actuels. Eh bien, il est maintenant clair que le referendum qui vient se fera dans les termes actuels – plus ou moins quelques trucages optiques. Je me réjouis d’avance de te voir me rejoindre dans la campagne pour le « Non », Philip.


Sur le Web. Traduction : Contrepoints.