Garde à vue : le message des écoles de l’État à Nicolas Sarkozy

Quel enseignement majeur pouvons-nous tirer de la garde à vue de Nicolas Sarkozy ?

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Nicolas Sarkozy à Davos (Crédits : World Economic Forum, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

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Garde à vue : le message des écoles de l’État à Nicolas Sarkozy

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 15 juillet 2014
- A +

Par Bernard Zimmern
Un article d’Emploi 2017.

Nicolas Sarkozy à Davos (Crédits : World Economic Forum, licence Creative Commons)

Hors de tout pro- ou anti-sarkozysme, un ancien bâtonnier, Nicolas Repiquet, s’insurgeait récemment contre la garde à vue infligée par deux magistrats, appartenant par ailleurs au Syndicat de la magistrature, à celui qui fut président de la République. Il rappelait que « la garde à vue est une mesure exceptionnelle et à laquelle il ne doit être recouru que si c’est « l’unique moyen » d’empêcher notamment que la personne entendue ne modifie les preuves ou indices matériels ou ne se concerte avec d’autres personnes susceptibles d’être ses coauteurs ou complices ».

De cet épisode, il nous semble que Nicolas Sarkozy pourrait tirer un enseignement majeur, essentiel, s’il revient à la magistrature suprême : le danger de toutes les écoles auxquelles nous avons confié de former nos fonctionnaires.

Ce sont en effet des juges appartenant au Syndicat de la magistrature dont on sait les opinions politiques très marquées, qui lui ont infligé cette garde à vue ; et c’est la très grande majorité des magistrats, formés à l’École nationale de la magistrature de Bordeaux, qui rejoint ce syndicat.

img contrepoints473 garde à vue sarkozyAu lieu de confier leur magistrature aux élèves formés dans une école de la République, d’autres pays préfèrent les choisir au sein de la société civile, dans le secteur privé en les élisant parmi les avocats ou les juristes formés pour défendre tout un chacun. Des magistrats sélectionnés sur un concours passé à 20 ou 22 ans, et de ce fait isolés du reste de la société, font-ils de meilleurs juges que ceux, issus de cette société, après avoir démontré leur expérience ?

Mais la réflexion pourrait aller beaucoup plus loin car, pourquoi avoir créé une école des directions d’hôpitaux à Rennes ? Nicolas Sarkozy ne pourrait-il se demander si des hôpitaux publics ne seraient pas mieux gérés s’ils étaient dirigés par des médecins, comme c’était le cas en France avant la dernière guerre et dans l’immédiat après-guerre, ou actuellement dans les hôpitaux et cliniques privés ?

Et à l’Élysée où il était secondé ou plutôt entouré d’énarques, que dire des résultats de sa présidence ?

Il répondrait vraisemblablement que sans énarques comme relais, il aurait été incapable de gouverner. Il n’est pas de décision politique qui puisse aboutir sans un accord de la direction du Budget, plus généralement de Bercy où l’Énarchie occupe plus de la moitié des postes les plus élevés dans la hiérarchie. Les 5.000 anciens élèves de l’ENA ne sont-ils pas beaucoup plus influents que les 20.000 anciens élèves de Polytechnique ou que ceux sortis seulement de HEC, Essec, Centrale, etc. ?

Alain Madelin s’en était bien aperçu en 1986 lorsque, responsable de l’Industrie dans le ministère Chirac, il avait essayé de réduire son budget la première année et de se passer à son cabinet des inspecteurs des Finances. Il avait dû faire marche arrière la seconde année, ré-augmenter son budget, embaucher des Inspecteurs à son cabinet, faute d’arriver à faire passer des mesures du fait du barrage du reste de l’Administration.

Il est donc vrai que le principal problème du futur dirigeant de la France pour sortir celle-ci de la spirale de déchéance économique et sociale où elle est plongée, est d’abord de casser la dictature sur les politiques économiques et sociales, qu’impose de fait une petite minorité, quelques centaines d’individus fonctionnaires, dont 99% n’ont jamais mis les pieds dans une entreprise privée.

Le destin d’une nation doit se décider en faisant participer à l’élaboration des politiques publiques toutes les couches de la société ayant réussi leurs carrières et pas seulement une petite minorité sélectionnée sur la base de concours passés à 25 ans.

Le premier signe qui montrera que nous sommes sur la bonne voie de casser cette dictature, sera le jour où Bercy, ou plus exactement sa division statistique de l’INSEE, aura reconnu la catastrophe pour l’emploi à laquelle ont abouti 30 ans des politiques de Bercy pour éviter d’encourager les créations de vraies entreprises.


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  • Imaginons un gouvernement composé exclusivement d’anciens militaires. Tout le monde s’accorderait à dire que c’est une dictature militaire.
    QUE des religieux, c’est une dictature théocratique.
    QUE des nobles, c’est une dictature aristocratique.

    Alors QUE des fonctionnaires, c’est une dictature bureaucratique.
    CQFD.

  • il y a pas de gant à prendre envers un délinquant combien même serait-il ancien chef d’état .
    ces passes droits ont sans aucun doute ouverte grande les portes des délinquants politiques de tous poils .
    ils se sentent immunisés par leur mandat pour faire tout et n’importe quoi , un chef d’état doit être justiciable de ses forfaits à la sortie de son mandat présidentiel comme n’importe qui du lambda .

  • Dans la série, il y a deux catégories de gus, il y a ceux qui ont les mains dans le cambouis et ceux qui ont les pouces dans leurs goussets. Ces derniers vous invectivent sur l’éthique, la morale et la méthode, une leçon de savoir être et de savoir faire alors qu’ils n’ont jamais « été » et qu’ils n’ont jamais rien su. Mon attitude est simple « Je vous écoute sans déplaisir mais sans intérêt »

  • Nicolas Sarkozy … Dès qu’il est mêlé à quoi que ce soit on ne voit plus que lui, même lors d’un concert de sa femme, c’est dire. Sur cette affaire c’est encore le cas. Personne ne voit ni le fond du dossier ni les manœuvres tortueuses de Tati Christiane. Aussi personne ne prête-t-il attention à ce que cela révèle sur les juges et que vous dénoncez. Il y a les gens de gauche, qui n’ont aucune chance de voir le mal que vous décrivez, et la cohorte des ennemis de l’ancien chef de l’Etat, qui sont près à fermer les yeux pour peu que cela lui nuise. Ca fait du monde.

  • Le Syndicat de la Magistrature n’est pas majoritaire… et autant l’argument de l’inexpérience des magistrats peut avoir de la valeur en matière commerciale, autant au pénal il s’agit d’enquêter sur des faits et de voir si ceux-ci sont en conformité ou pas avec la loi !

    De plus le rapport avec l’énarchie est pour le moins ténu !

    Bref le nivellement par le haut n’est pas gagné !

    • « Le Syndicat de la Magistrature n’est pas majoritaire » justement c’est cela le probleme comment un syndicat qui est minoritaire peut il avoir autant d’influences ??? c’est comme la cgt comment un syndicat aussi minoritaire peut il avoir autant de pouvoir ?? l’un des probleme en france s’est le pouvoir qu’ont ces syndicats pourtant minoritaires ultradomgamtiques, qui sont pétris par leur idéologie socialocommuniste

    • Si l’on met de coté l’Alsace, qui bénéficie de magistrats professionnels en matière commerciale, les tribunaux de commerce fonctionnent plutot bien, en termes de delai et d »experience. LA corruption et les conflits d’interets que l’on constate dans le sud de la France sont spécifiques à cette zone. Pour le reste, le rapport cout/bénéfice des TC est plutôt bon.

  • Cela fait des années que feu mon père proposait de fermer l’école de la magistrature à Bordeaux.

    • Cette école traîne en effet depuis longtemps une sulfureuse réputation socialiste.

      Au-delà, on se demande à quoi peut bien servir une école dans ce domaine, quand les juges devraient avant tout montrer sagesse et expérience, à l’école de la vie. Age minimum : 60 ans ?

      Enfin, pas de pouvoir sans contre-pouvoir dans une démocratie ! A ce titre, on attend encore des sanctions exemplaires contre les juges défaillants qui se signalent régulièrement à l’attention des Français par leurs décisions rocambolesques.

  • Vous dites, monsieur Repiquet : « …empêcher notamment que la personne entendue ne modifie les preuves ou indices matériels ou ne se concerte avec d’autres personnes susceptibles d’être ses coauteurs ».

    Sans être de la Chicane, il me semble que c’est exactement le cas.
    Les co-auteurs, Me Herzog et M. Azibert, étaient au même moment à l’étage au-dessus, celui de la baignoire, celle rapportée de la rue Lauriston 🙂

  • 1) Ce n’est pas Nicolas, mais Yves Repiquet qui est ancien bâtonnier de Paris.
    2) Un X-ENA qui critique le système dont il est pourtant un pur produit, cela ne manque pas de sel… J’aime beaucoup la notice de présentation de l’auteur. Encore un esprit supérieurement intelligent qui a découvert, un peu marri, qu’aux States, les diplômes de grande école, tout le monde s’en cogne. Alors, forcément, on ne peut pas faire illusion très longtemps. Notre inventeur de compresseurs rotatifs est donc revenu deux ans plus tard, – une fois fortune faite, nous précise-t-on, à l’attention de ceux qui auraient des doutes sur les capacités entrepreneuriales du personnage -, dans l’hexagone prophétiser le libéralisme et a créé… une autre entreprise ? Non, un « think tank » ! C’est vous dire à quel point la pensée du personnage est d’une importance considérable pour le devenir du libéralisme en France…
    3) Quant au cas particulier de l’école de Rennes (Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique – EHESP), monsieur Zimmern n’explique pas comment il parvient à la cataloguer comme étant de gauche. Certes, la commune, la communauté de communes, le département et la région sont socialistes. Pour moi, cela suffit à expliquer pourquoi la commune est à la pointe en matière d’action sociale (y compris pour les dépenses publiques). Pas besoin d’aller chercher une affiliation politique supposée dans la tête des directeurs d’hôpital formés dans cette école. Je ne vois pas bien ce qui empêcherait un directeur d’hôpital d’avoir des convictions libérales. La réduction des dépenses de la branche maladie de la Sécurité sociale, c’est pourtant furieusement tendance… et les directeurs d’hôpitaux sont en première ligne sur le terrain pour jouer les « cost killers ».
    4) Lorsque monsieur Zimmern daignera s’intéresser vraiment à la magistrature judiciaire, il constatera que le syndicat qui remporte régulièrement le meilleur score aux élections professionnelles est l’USM en raison de son apolitisme, et que le SM arrive régulièrement deuxième en raison de sa proximité avec le parti socialiste.
    5) Lorsque les magistrats judiciaires travaillent au quotidien, la question de savoir si leurs opinions politiques personnelles penchent à gauche ou pas n’interfère que rarement. En effet, leur métier, c’est de requérir l’application (parquet) ou d’appliquer la loi (siège). Le jour où les beaux esprits dont les noms remplissent les annuaires des anciens élèves des grandes écoles parviendront enfin à faire la différence entre le droit et la politique, la France commencera peut-être à voir poindre le bout du tunnel du déclin.

    • « La réduction des dépenses de la branche maladie de la Sécurité sociale, c’est pourtant furieusement tendance… »

      Quel rapport avec le libéralisme?

      • Je croyais naïvement que la réduction des dépenses publiques était un remède typiquement libéral à l’endettement public, qui se compose également du déficit des comptes de la Sécurité sociale.

        Mais j’ai dû me tromper. En fait, les libéraux sont sans doute pour l’augmentation de la dépenses publique… L’obésité est une autre manière de faire dépérir l’Etat…

        • « Mais j’ai dû me tromper. »

          En effet.

          Les libéraux ne demandent pas une réduction de toutes les dépenses, mais une bonne gestion de ce qui est public, la fin de privilèges, et le libre choix pour les citoyens.

          Des entreprises publiques ont vocation à être privatisées, ainsi elles pourront librement payer leurs employés (non fonctionnaires) comme elle l’entendent. Rogner les salaires des employés (jusqu’à ne plus recruter que des nullités qui n’ont trouvé de place nul part ailleurs) d’une entreprise publique tout en maintenant un monopole légal injustifiable n’est pas une solution libérale, c’est la méthode désespérée pour la préservation du Système.

          Le libéralisme, ce n’est pas la course aux bas salaires ni à la réduction des budgets de tous les ministères! La Justice a besoin d’argent pour bien fonctionner, mais elle a aussi besoin de se concentrer sur les vrais problèmes (donc pas pourchasser les auteurs de messages odieux par exemple).

          Certaines dépenses de l’Etat auraient vocation non pas à être réduites mais à disparaître. Par exemple, les libéraux sont généralement pour la suppression pure et simple de l’art subventionné par le Ministère de la culture, qui ne peut pas avoir la légitimité de décider ce qui artistique ou non. Peut-on imaginer que le Ministère achète un peu moins d’art « moderne » dégénéré sous les applaudissements des libéraux?

          Dérembourser partiellement des médicaments, en quoi est-ce « libéral »? C’est une mesure désespérée pour garder à flots le radeau. Cela n’a pas toujours cet effet, vu qu’il y a report vers des médicaments mieux remboursés parfois plus chers.

          Est-ce que vous pensez que créer une pénurie de soins est une solution libérale?

          D’ailleurs, qu’est-ce que crée les pénuries de médecins spécialistes en France? Une mesure libérale?

          « En fait, les libéraux sont sans doute pour l’augmentation de la dépenses publique… »

          Non plus.

          Vous avez tout faux.

          • J’ai bien noté que nous ne sommes manifestement pas d’accord. Il est vrai que, dans la galaxie libérale, il y a plusieurs systèmes solaires. De toute évidence, nous n’orbitons pas autour de la même étoile. Bonne journée.

    • Quelques remarques :
      1 : Le vrai prénom est indiqué très clairement en première ligne du lien donné…
      2 : Argument fallacieux…
      3 : Hors sujet, confusion avec l’école dite de Bordeaux ?
      4 : Une minorité certes mais active et présente de manière ciblée (ou le hasard…)
      5 : Où est le « mur des cons » ? Détruit ?

      • Quelques réponses :
        1 – Se tromper de prénom est révélateur à mon avis de la hâte avec laquelle monsieur Zimmern a écrit son billet. Les troubles de l’humeur peuvent expliquer bien des convictions et bien des comportements politiques.
        2 – Argument un peu court. Personne n’a obligé monsieur Zimmern à se présenter comme il le fait dans sa notice biographique.
        3 – C’est monsieur Zimmern qui parle des directeurs d’hôpital. Ces fonctionnaires sont formés à l’école de Rennes.
        4 – Les « deux dames » étaient déjà saisies de faits pouvant concerner un certain Sarkozy Nicolas. C’était donc à elles d’organiser un interrogatoire de première comparution en vue d’une éventuelle mise en examen.
        5 – Argument fallacieux. Vous me parlez de l’initiative de quelques magistrats syndiqués, quand je vous parle du quotidien de l’ensemble des magistrats.

    • en l’occurence, le fait que M. Zimmern soit lui meme x-ena est un excellent indicateur du fait qu’il sait de quoi il parle, lui.
      pour le reste, reportez vous aux commentaire fort pertinents d’amike

  • Je veux pas recevoi tous les commentaires de tous ces nazes anonymes !!!

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