Le féminisme de genre, parasite de la cause de la liberté des femmes 2/3

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Le féminisme de nouvelle génération a abandonné le combat pour la liberté des femmes pour fonder son action sur des peurs irrationnelles qui attisent la haine.

Par Jabial

Lire le premier article : du combat héroïque des proto-féministes à l’idéologie haineuse des « gender feminists », comment la juste cause du féminisme a été pervertie.

féminismeUne tentative de désexualiser les êtres humains

L’être humain est doté d’une capacité d’apprentissage et d’adaptation tout à fait remarquable, et on peut parfaitement éduquer des enfants en contradiction avec leur nature. C’est même souhaitable lorsque cet effort produit un bénéfice individuel pour l’enfant. Ainsi, apprendre à être propre est une des bases de l’éducation humaine, ne déplaise à certains illuminés (je n’ai pas réussi à retrouver sur le net l’histoire hallucinante de ce fils de soixante-huitards que ses parents n’ont jamais voulu « opprimer » en lui apprenant à aller aux toilettes et qui a porté des couches jusqu’à découvrir avec surprise que les autres ne faisaient pas ainsi). Néanmoins, on ne doit jamais oublier que cette capacité a des limites, certes flexibles mais pas infinies, et qu’à chaque fois que l’on introduit une dissonance entre instinct et surmoi, on crée les conditions de futurs troubles psychiques. Ce n’est pas parce que la résilience de la psyché humaine ôte fort heureusement à cette conséquence tout caractère d’automaticité qu’il faut se comporter comme si l’être humain était une pierre brute que l’on peut façonner à sa guise. Il ne l’est pas, et si la lente évolution historique produit parfois des absurdités, c’est bien moins souvent le cas que les révolutions. L’ingénierie sociale est dangereuse, parce que si vous grandissez avec un mensonge gravé comme une évidence en travers de votre bonheur, vous serez prêt à tout croire de celui qui vous dira la vérité sur ce point.

Essayer de construire une société où les hommes ne tenteraient plus de séduire les femmes en apprenant aux garçons et aux filles que la séduction est un comportement agressif et répréhensible qui violerait le droit inaliénable qu’aurait chaque femme qu’aucun homme indésirable ne leur fasse l’insulte d’oser s’intéresser à elle est une excellente recette pour produire des hommes et des femmes malheureux. De fait, on ne peut que constater le nombre croissant de célibataires et de gens incapables de résister à un manipulateur ou à une manipulatrice. Il faut pourtant être bouché pour ne pas savoir faire la différence entre un « non » ferme, agacé ou apeuré et une minauderie. Au delà du ton, le langage non verbal est totalement différent. Et comment ne pas faire la différence entre la désinhibition réciproque que peuvent apporter quelques verres bus ensemble et une femme incapable de marcher droit avec qui tout contact sexuel serait évidemment un viol ? Quant à aborder une inconnue marchant en pleine rue avec des écouteurs dans les oreilles… Quelqu’un a-t-il déjà obtenu ne serait-ce qu’un sourire de cette manière ? Les goujats et les féministes de genre ont le point commun de ne pas être en mesure de faire la différence entre séduction et harcèlement, et parfois même, viol. Cela a quelque chose de terrifiant.

Des peurs irrationnelles qui attisent la haine

Ce refus de voir les frontières entre un comportement normal qui ne provoque la peur que chez une personne souffrant d’un problème psychologique trop souvent consécutif à un traumatisme, un certain nombre d’impolitesses qui tiennent de la goujaterie, et un comportement délinquant voire criminel d’agression et de prédation, est terriblement malsain. Cela participe, comme toute situation où on brouille les frontières entre innocents et coupables, à réduire la pression sur les seconds aux dépens des premiers qui n’y peuvent mais. Lorsque l’amalgame se concentre sur un groupe déterminé, les effets sont prévisibles. C’est malheureusement ainsi qu’une peur irrationnelle de l’autre qui n’est pas sans rappeler un certain nombre de préjugés racistes est en train de se développer chez l’audience habituelle des féministes de genre : des jeunes filles inexpérimentées qui se trouvent pour la première fois confrontées à l’absence d’un milieu familial protecteur et à la peur de l’inconnu, mais aussi malheureusement des victimes de violences sexuelles ou conjugales bien réelles. Comme toutes les peurs, si la réalité ne vient pas y faire obstacle, il ne faut pas beaucoup pour qu’elles se transforment en haine. Cette haine nourrit une nouvelle génération d’extrémistes qui voient les hommes comme des prédateurs qui rôdent. Elle s’illustre aussi sur les réseaux sociaux où au lendemain de l’affaire Elliot Rodger, on a pu constater un déchaînement absolument hallucinant de propos sexistes tout à fait indécents et déplacés, notamment sur Twitter.

Cette recherche de l’amalgame et de la mise en accusation de tout un sexe est typique de la démarche idéologique des féministes de genre. Derrières les dénégations de surface, la quasi-totalité des propos publiés sous le hashtag #YesAllWomen sont de nature à propager de la propagande sexiste insidieusement haineuse contre les hommes en général sous couvert de lutte contre les agressions sexuelles. Le facteur commun de cette propagande est d’utiliser des faits réels très graves et particulièrement générateurs d’émotion pour justifier des aberrations logiques qui seraient sinon transparentes. On se croirait sur Nouvelles de France (non, je ne ferai pas de lien vers ce torchon). Plus grave : les féministes de genre répandent des mensonges sur la nature, la fréquence et l’origine des risques spécifiques subis par les femmes qui sont de nature à empêcher celles-ci de s’en protéger efficacement. Leur but : défendre des mesures de « protection » des femmes en tant que classe contre les hommes en tant que classe, comme sont « protégés » les travailleurs contre les patrons, les locataires contre les propriétaires, avec les résultats qu’on connaît. La fin de la présomption d’innocence en matière de délits et de crimes sexuels est ouvertement à leur programme.

La jalousie, le tout-m’est-dû, et la recherche d’un bouc-émissaire

D’autres types de mensonges sont également répandus en utilisant le biais de sélection. Ainsi, les inégalités de revenus dans les tranches les plus élevées sont présentées de manière à indigner et à donner le sentiment d’une discrimination contre les femmes, alors qu’en réalité, les différences sont essentiellement expliquées par deux phénomènes. Il s’agit d’une part de la moindre implication de la plupart des femmes dans leur vie professionnelle et d’autre part de l’absence de prise en compte des hommes les plus pauvres. En ce qui concerne le premier de ces phénomènes, on peut accepter l’hypothèse qu’il soit culturel mais il conviendrait alors de s’attaquer aux causes plutôt que d’exiger un résultat indûment égal pour une participation inégale, d’autant plus que cette situation se corrige d’elle-même petit à petit. Quant au second, au prétendu « plafond de verre » répond un « plancher de verre » dont on n’entend que rarement parler. La plupart des femmes qui ne travaillent pas le font par choix ; les femmes représentent moins de 10% des SDF et moins de 5% des prisonniers. Cela suit peu ou prou les courbes de QI, mesure imparfaite mais objective d’une certaine forme d’intelligence. À la moyenne, les femmes ont des capacités légèrement supérieures, mais avec un écart-type moindre. Cela signifie qu’une femme moyenne sera plus proche de la moyenne qu’un homme moyen, dans un sens comme dans l’autre, ce qui s’illustre par l’observation de Camille Paglia, une des rares féministes à avoir évité l’écueil du complotisme socialiforme : « il n’y a pas de Mozart femme parce qu’il n’y a pas de Jack l’Éventreur femme ». Plus précisément, il y en a peu pour la même raison.

L’intolérance absolue

Le plus insupportable, toutefois, reste la façon dont se comportent les féministes de genre avec ceux et celles qui ne sont pas d’accord avec eux. Leur réponse est toujours la même : tenter de faire taire l’opposition par tous les moyens. Leur incapacité à accepter une quelconque altérité dans le discours, autant qu’à ne pas prendre toute remise en question pour une agression violente destinée à justifier des horreurs et à défendre des ordures, est tout simplement consternante. Les attaques personnelles, les amalgames douteux, la culpabilité par association, et même les menaces de violence, tout y passe. Et surtout, ces avatars transposés des socialistes ont trouvé leurs fascistes : les masculinistes.

Dans le masculinisme, il y a à boire et à manger, et j’avoue que je n’arrive que rarement à lire un de leurs articles sans trouver un point de profond désaccord. Quand on lit un conseil du type « ne sortez pas avec une mère isolée, elle a probablement viré son mari pour avoir le beurre et l’argent du beurre », il y a franchement de quoi désespérer de l’âme humaine, surtout quand on pense à toutes ces femmes abandonnées ou victimes de violence qui élèvent seules leur enfant. Néanmoins, je n’ai vu nulle part les diables vociférants, promoteurs du viol et de l’esclavage marital des femmes, défenseurs de la violence conjugale pourvu qu’elle soit masculine, que prétendent leurs adversaires. Surtout, j’y ai trouvé un nombre considérable de femmes, celles-là même qui sont supposées être leurs ennemies. À ce jour, je suis persuadé qu’il y a plus de femmes chez les masculinistes que d’hommes chez les féministes. Je ne parle pas de sympathisantes mais bien de militantes qui pour la plupart opèrent à visage découvert. Est-ce là ce terrible groupe de haine supposé avoir entraîné Elliot Rodger ?

En fait, ce n’est qu’un mensonge de plus. Elliot Rodger n’a jamais été de près ou de loin proche des masculinistes. Quant à l’avoir rapproché des soi-disant pick-up artists (« artistes de la drague » ou « PUA » : des gens qui n’ont rien de mieux à faire que de publier sur l’internet des méthodes de manipulation mentale à l’usage des gens incapables de séduire autrement), cela provient d’une erreur de lecture propagée sans la moindre vérification. En effet, notre tueur fou, prétexte idéal à la haine catégorielle comme l’a été Mohammed Merah en son temps, n’était pas du tout proche de cette communauté. En fait, il sévissait dans un forum nommé PUAHate (« haine des PUA ») qui, comme son nom l’indique, n’était pas exactement rempli d’amour pour ceux-ci. Mais est-ce surprenant de la part d’un malade que la jalousie poussait à des fantasmes de massacres de masse ?

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