Les centrales nucléaires anglaises dans des mains chinoises

La Chine pourrait concevoir et conduire la prochaine génération de centrales nucléaires britanniques.

La Chine pourrait concevoir et conduire la prochaine génération de centrales nucléaires britanniques après une série d’accords inaugurant une nouvelle ère de coopération sur l’énergie et les infrastructures.

Par Laura Pitel, depuis le Royaume Uni.

Cameron Chine

Avec le Premier ministre chinois, Li Keqiang, en visite officielle en Grande-Bretagne, les ministres concernés ont convenu de coopérer dans plusieurs domaines de l’énergie nucléaire dans le cadre d’un ensemble plus large de transactions pour une valeur de plus de 17 milliards d’euros. Alors que la coopération nucléaire pourrait être augmentée de plusieurs centaines de millions d’euros pour les entreprises britanniques au cours des prochaines années, des préoccupations de sécurité pourraient apparaitre. Un protocole d’entente entre les deux pays a établi que tout progrès serait subordonné à des « exigences strictes » des régulateurs nucléaires britanniques indépendants. Toutefois, les députés et les experts ont exprimé des craintes sur les conséquences de sécurité si la Chine devait s’impliquer intimement dans le secteur sensible de l’énergie.

En annonçant ce partenariat, David Cameron a dit qu’il est avéré que la Grande-Bretagne était « économie la plus ouverte de l’Union européenne, le pays le plus accueillant pour les investissements chinois, y compris dans l’industrie nucléaire et ses infrastructures, et je suis déterminé à poursuivre cette voie. »

Il a aussi dit que l’essor de la Chine était « l’un des événements les plus marquants de notre siècle », ajoutant que le Royaume-Uni voulait renforcer ses liens avec la Chine à tous les niveaux.

L’accord nucléaire s’appuie sur une annonce faite en octobre dernier lorsque les ministres ont convenu de travailler ensemble sur le développement de l’énergie nucléaire civile et a annoncé que les entreprises chinoises prendraient une participation dans la nouvelle centrale nucléaire d’Hinkley Point dans le Somerset.

Les nouvelles offres vont même plus loin, établissant le désir de coopération future sur le développement du cycle du combustible, le démantèlement des installations nucléaires et la gestion des déchets radioactifs, ainsi que sur la recherche et la formation. D’autres marchés signés lors de la visite comprennent un accord sur le rail qui ouvre la voie aux entreprises chinoises pour investir et construire de nouvelles lignes, des gares et des équipements, y compris sur les lignes à grande vitesse.

Source : The Times. Traduction : Jean-Pierre Cousty

Commentaires du traducteur

Il est consternant pour un Français de constater qu’au moment où la France n’a de cesse de chercher à diminuer son énergie nucléaire de 33% (passant de 75% à 50% selon les vœux de Hollande), nos voisins Anglais, à contre-pied, l’augmenteraient de centrales chinoises de nouvelle génération. (Quid des propositions du nucléaire d’Areva revu et augmenté par nos écologistes ?)

De même, alors que les Britanniques verront sortir leur premier gaz de schiste avant la fin de cette année, la France se voile la face et a décidé de ne pas chercher à savoir si nous en possédons – « Tant que je serai président » a dit Hollande… Imaginons s’il était réélu en 2017 !…

Son ex, Ségolène Royal, munie d’un nouveau maroquin, en veut à nos portefeuilles. Elle veut relancer au plus vite les énergies renouvelables intermittentes et hors de prix. Elle confirme la construction de nos champs d’éoliennes en mer avec de l’argent que nous n’avons pas. Mais certains se font un plaisir de nous en prêter pour des futurs coûts d’électricité, amenés à doubler comme en Allemagne.

Ceci est confirmé par le polytechnicien spécialiste C. Gérondeau qui écrit dans son nouveau livre Écologie, la fin, page 225 : « Selon une étude récente de l’IAE et de l’OCDE, le prix de revient du courant provenant des centrales nucléaires d’EDF… est estimé à 1,7 centime d’euros par kilowattheure… alors que les éoliennes implantées en mer reviennent à 13 centimes et les panneaux voltaïques à 31 centimes d’euros le kilowattheure, voire plus encore si ce sont des particuliers qui en équipent le toit de leur maison. »

À noter que le chômage anglais est à 6,6% et diminue alors que le nôtre est autour de 11% (donc près du double des Britanniques, en comptant les contrats aidés par nos impôts) et monte, mais chut… il ne faut pas le dire, tout va bien, car on aura bientôt un pacte de compétitivité. Mais en coût d’énergie, et pour des raisons purement écologiques de moins en moins bien fondées, on cherche à s’éloigner au plus vite de cette compétitivité, et le reste pourrait suivre….