Le Ministre de l’Intérieur s’oppose à la baisse des limitations de vitesse

Contrairement à ce que prétendent les « experts » français de la Sécurité routière, la réduction de la vitesse ne permettra pas de « sauver des vies ».

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Le Ministre de l’Intérieur s’oppose à la baisse des limitations de vitesse

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 19 juin 2014
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Un billet de l’association 40 Millions d’Automobilistes

Le lundi 16 juin 2014, le Conseil national de Sécurité routière s’est réuni en séance plénière pour aborder la question de l’abaissement de la limitation de vitesse de 90 à 80 km/h sur le réseau routier secondaire français. Le CNSR doit voter pour déterminer si une expérimentation de cette mesure doit être préconisée, dans le but de réduire l’accidentalité routière. Ce matin, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a d’ores et déjà annoncé publiquement être opposé à une baisse généralisée des limitations de vitesse.

Depuis l’annonce d’une telle mesure par l’ancien ministre de l’Intérieur et actuel Premier ministre Manuel Valls en juillet dernier, l’association « 40 millions d’automobilistes » s’oppose fermement à l’abaissement généralisé des limitations de vitesse.

Tout d’abord, cette mesure ne trouve ni fondement, ni justification dans les études statistiques menées sur l’accidentalité routière en France : l’alcool demeure la première cause de mortalité sur les routes depuis 20 ans (29% en 2013 selon l’Observatoire national de Sécurité routière) et rien n’est fait pour enrayer ce fléau. Pour « 40 millions d’automobiliste », s’il y a une mesure à prendre pour réduire le nombre de tués sur les routes, c’est de s’attaquer à cette cause principale.

Ailleurs en Europe : des limitations de vitesse plus élevées et moins de tués

Contrairement à ce que prétendent les « experts » français de la Sécurité routière, la réduction de la vitesse ne permettra pas de « sauver des vies ». Pour preuve, des pays tels l’Angleterre et l’Allemagne autorisent des vitesses bien plus élevées que la France sur leurs routes secondaires (respectivement 97 et 100 km/h) et dénombrent pourtant bien moins d’accidents ! D’autres, tel le Danemark, expérimentent même – avec succès – une hausse de leurs limitations de vitesse de 80 à 90km/h. Les bons résultats de ces pays en termes de sécurité routière sont la démonstration que la formule des années 1980 sur laquelle se base nos « experts » pour soutenir la recommandation et selon laquelle « 1km/h de vitesse en moins, c’est 4% de tués en moins », n’a plus de sens aujourd’hui.

L’enquête menée à ce sujet par l’association « 40 millions d’automobilistes » est résumée dans le film « La fin de la guerre contre les automobilistes : l’Angleterre, un autre modèle de sécurité routière », diffusé en mai dernier lors d’une conférence de presse soutenue par le député-maire de Villiers-sur-Marne, Jacques-Alain Benisti.

Le ministre de l’Intérieur opposé à la baisse généralisée

Ce matin, à la sortie de la réunion plénière du CNSR, le ministre de l’Intérieur s’est prononcé publiquement en défaveur d’une généralisation de la baisse, notamment en raison du rejet massif de cette mesure par l’opinion publique. Pierre Chasseray, délégué général de l’association « 40 millions d’automobilistes », salue le discours empreint de bon sens du Ministre :

« Monsieur Cazeneuve a prononcé des mots que l’on avait plus entendus depuis longtemps en parlant de sécurité routière : il a parlé de prévention et de pédagogie. C’est ce que demande notre association depuis le début de ces débats. »

Et s’il ne s’oppose pas à l’expérimentation d’une baisse des limitations de vitesse sous condition d’une étude au cas par cas des routes concernées, le ministre de l’Intérieur a ajouté qu’il souhaitait désormais rencontrer et travailler en concertation avec « 40 millions d’automobilistes », parce qu’il est parfaitement illégitime de chercher à imposer une mesure à laquelle s’opposent près de 90% des Français et que d’autres pistes existent pour réduire l’accidentalité routière.

« C’est une grande victoire pour l’association. C’est une victoire pour les 40 millions d’automobilistes qui sont conscients de l’enjeu de la sécurité sur la route, mais aussi du fait que l’on ne peut pas faire de la sécurité routière la seule dimension des transports. Le Ministre a su entendre leur voix et nous sommes prêt à répondre à son invitation pour travailler ensemble »

… conclut Daniel Quéro, président de l’association.

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  • C’est certain que le gouvernement ne pouvait pas prendre une décision aussi stupide et aussi suicidaire.
    Ceci dit, ils sont tellement à côté de la plaque que l’on se dit qu’avec eux, tout est possible dans la débilité.

  • Tiens ! un ministre qui renonce à une source de profits.

    Il trouve que l’oie a suffisamment été plumée ? Il a peur d’ôter la plume de trop ?

  • Un peu ras le bol du trop plein de limitations de vitesse sur de courtes distances :

    Vu sur à peine 1km hier mais très courant : (90), 50, 30, 50, (90), 70, 50, 30, 70, (90).
    Les (90) sont des panneaux de fin de limitation ou fin d’agglo.
    On ne regarde plus la route mais les panneaux et son compteur et on roule bêtement : j’ai écrasé un piéton mais j’étais à la vitesse réglementaire !

  • « l’expérimentation d’une baisse des limitations de vitesse » : et si un ministre légèrement plus burné que ses prédécesseurs proposait d’expérimenter les vitesses conseillées sur la file de gauche des autoroutes à 3 voies, pour commencer (suppression des radars sur ces axes) ? Il ne fait pas de doute que les limitations sur les autres axes seraient bien mieux tolérées par les automobilistes qui, souvenons-nous, les refusent majoritairement, ce qu’exprime le fait que plus de la moitié des automobilistes a déjà perdu des points.

    A la suite de la hausse récente des accidents alors que la vitesse moyenne n’a jamais été aussi basse, les dernières statistiques montrent sans ambiguïté que la vitesse n’a rien à voir avec la plupart de ces drames, sauf cas très spécifiques de comportements irresponsables par quelques attardés mentaux. Ce qui devrait relever des soins pour quelques-uns ne permet pas de justifier le harcèlement de tous par l’Obèse.

  • Elles sont stupides ces personnes qui cherchent à tout prix à réduire le nombre de morts sur la route. La solution est pourtant simple. Il suffit d’interdire la voiture. Et ça marche! On peut même faire pareil pour les accidents de bricolage. On interdit le bricolage.

    PS: Ça marche également avec le ski.

  • L’utilisation d’un véhicule engage la responsabilité individuelle. Les limitations de vitesse n’ont strictement rien à voir avec la responsabilité.

    Je m’appuie sur ce rapport pour étayer mes propos 🙂

    http://www.legorafi.fr/2014/04/15/accidents-de-la-route-dans-plus-de-90-des-cas-cest-bien-la-faute-de-lautre/

    • Moi, je me suis rangé dans les camp des autres, plus confortable. Je queuepoisse, je collehauku, je piledansla tronche etc. tout en brandissant un constat amiable, ça le fait bien

    • « L’utilisation d’un véhicule engage la responsabilité individuelle. Les limitations de vitesse n’ont strictement rien à voir avec la responsabilité. »

      Surtout elle engage la vie des autres !!!

  • victoria.melville
    19 juin 2014 at 18 h 54 min

    « Et s’il ne s’oppose pas à l’expérimentation d’une baisse des limitations de vitesse sous condition d’une étude au cas par cas des routes concernées »
    Grave erreur. C’est quand on commence à céder du terrain comme ça qu’on finit par se faire avoir. Il n’y a pas d’étude à mener parce que c’est n’importe quoi, c’est de l’idéologie appliquée à la route qui n’a rien demandé de tel, comme le dit très bien l’article par ailleurs.

    • On connaît « sous conditions » dès qu’il s’agit d’envisager une restriction…

      « Ah oui, on a pu constater une baisse de la mortalité sur les routes à vitesse réduite donc on généralise »
      L’idée qu’il y a peut être moins de véhicules sur cette route à vitesse réduite ne leur viendra pas à l’esprit.

  • Situation actuelle en Angleterre :

    « Dans les centres urbains, la vitesse maximale est 30 mph (48 km/h).
    Sur les routes d’une seule voie, la vitesse maximale va de 60 mph (97 km/h) pour les véhicules légers à 40 mph (64 km/h) pour les poids lourds de plus de 7.5 tonnes1.
    Sur les « motorways » (autoroutes) et sur les routes en deux voies, la vitesse maximale est 70 mph (113 km/h) (sauf indication contraire sur les panneaux de signalisation).
    Il est possible de rencontrer d’autres limitations de vitesse, l’équivalent des « Zone 30″ : 20 mph (32 km/h), et par endroits : 50 mph (80 km/h) »
    Si la limite de vitesse est dépassée de 10 % + 1 mph (ex: dans une zone 60 mph, 60 + 60/10 + 1 = 67 mph), l’utilisateur court le risque d’être condamné. »

  • Du moment qu’on roule, il y aura obligatoirement des accidents. Un mort c’est toujours malheureux mais il faut se rendre compte que 4000 morts par an par rapport au nombres d’automobilistes c’est peu. On arrive à un point où il n’est plus possible de réduire ce nombre. En comparaison, les accidents domestiques font 3-4 fois plus de morts par an.

    • « En comparaison, les accidents domestiques font 3-4 fois plus de morts par an. »

      Ce serait en fait 11 500, ce qui est effectivement énorme et surtout mal connu.

  • Bon à savoir, « La politique de Sécurité-Spectacle des radars, ronds-points et ralentisseurs », livre à télécharger gratuitement sur le site meslivres2.com à cette adresse: http://astouric.icioula.org/

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