Baisse des limitations de vitesse : tout se joue le 16 juin

Le Conseil national de la sécurité routière (CNSR) devrait s’exprimer lundi sur la baisse de limitation de vitesse.

Le Conseil national de la sécurité routière (CNSR) devrait s’exprimer lundi sur la baisse de limitation de vitesse. La Ligue de Défense des Conducteurs épingle les méthodes du CNSR.

Exces-vitesse-autoroute

Gouvernance déséquilibrée, partialité de ses membres et propositions dogmatiques : à la veille d’une réunion décisive du Conseil National de la Sécurité Routière, dont la proposition-phare pourrait être l’abaissement de la vitesse à 80 km/h, la Ligue de Défense des Conducteurs publie une enquête qui lève le voile sur les coulisses de la politique de sécurité routière.

Le 16 juin prochain, le Conseil National de la Sécurité Routière (CNSR) se réunira afin de proposer au gouvernement de nouvelles mesures en faveur de la sécurité routière. Parmi celles-ci pourraient figurer la diminution des limitations de vitesse de 10km/h sur le réseau secondaire ainsi que le redéploiement et une intensification des contrôles de vitesse.

Mais qui sont ces fameux « experts » du CNSR ? Comment justifient-ils la mise en avant de la baisse de la vitesse, plutôt que d’autres mesures ? La Ligue de Défense des Conducteurs (LDC) a mené l’enquête sur les mécanismes de prise de décision en matière de sécurité routière, et a relevé un certain nombre de « défaillances » inacceptables.

Sur la forme, tout d’abord, avec une gouvernance déséquilibrée et un Conseil qui ne compte qu’un seul représentant des automobilistes sur 51 membres. Pour Christiane Bayard, secrétaire générale de la LDC, « les conducteurs ne sont plus dupes : tout est fait pour donner l’impression d’un débat démocratique mais ce n’est qu’une façade, le CNSR est totalement acquis à la cause des lobbys autophobes ».

Sur le fond également, avec un comité d’experts dont les études sur la vitesse se fondent uniquement sur une formule mathématique erronée, et qui éludent délibérément de nombreux autres facteurs d’amélioration de la sécurité routière comme la formation, l’entretien des infrastructures routières, la sécurité des véhicules ou encore l’efficacité des premiers secours.

« Ce constat met en évidence l’incapacité du CNSR à proposer des mesures innovantes et réellement au service de la sécurité des conducteurs » ajoute Christiane Bayard. « Une fois de plus et une fois de trop, les recommandations du CNSR vont uniquement servir à justifier la mise en place d’une politique toujours plus répressive sur la vitesse dont les conducteurs seront très clairement les victimes ».

La Ligue de Défense des Conducteurs a adressé son étude au ministre de l’Intérieur, au Délégué interministériel à la sécurité routière ainsi qu’à l’ensemble des parlementaires.

La politique de sécurité routière française et l’avenir de millions de conducteurs méritent-t-ils de reposer sur un organe à la légitimité et aux décisions aussi contestables ? La Ligue de Défense des Conducteurs a lancé un appel pour que « cesse la mascarade du CNSR, et pour une politique responsable de sécurité routière ».

Étude CNSR – entre partialité et choix biaisés