Les quatre biais de l’électeur (3) : le biais pro-emploi

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Les quatre biais de l’électeur (3) : le biais pro-emploi

Publié le 12 juin 2014
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Par Emmanuel Bourgerie.

Manifestation (Crédits : Gustave Deghilage, licence Creative Commons)Dans son ouvrage The Myth of the Rational Voter, Bryan Caplan expose quatre biais que l’on retrouve systématiquement chez les électeurs. En tant qu’économiste, il s’est particulièrement attardé sur les points où les économistes et le grand public (et par extension les hommes politiques) sont systématiquement en opposition. Ces biais sont le biais anti-marché, le biais anti-étrangers, le biais pro-emploi et le biais pessimiste.

Je vais vous faire découvrir ces quatre biais au travers d’un série d’articles. Que vous soyez démocrate convaincu ou sceptique, il est important de combattre ces idées fausses qui nuisent au débat démocratique et poussent les politiques à prendre de mauvaises mesures sous les applaudissements de la population.

Le biais pro-emploi se manifeste par la préférence des gens pour les politiques créatrices d’emplois, et à l’inverse leur opposition à tout ce qui peut en détruire, peu importe l’efficacité économique. Pour bien comprendre, imaginez qu’à l’aube de la révolution industrielle des syndicats se soient formés pour faire interdire toute machine agricole. Il faut avoir à l’esprit qu’à l’époque la quasi totalité de la population travaillait dans les champs. Si la révolution industrielle se déroulait aujourd’hui, nous aurions des manifestations monstres pour préserver les emplois agricoles et interdire ces odieuses machines qui créent du chômage. Avec le recul, cela semble stupide, n’est-ce pas ? Et bien allez l’expliquer aux salariés PSA de Aulnay.

Les grandes révolutions techniques se sont toutes traduites par des pertes d’emploi. La machine à vapeur a remplacé les ouvriers, puis l’électricité a mis les fabricants de chandelles au chômage, les voitures nous ont débarrassé des carrioles, et aujourd’hui des robots de plus en plus intelligents réalisent des travaux qui sont physiquement impossibles pour les ouvriers. Personne n’irait dire qu’il aurait fallu interdire les voitures ou les lampes électriques. De même, personne n’irait dire qu’il aurait fallu nationaliser la fabrication de lampes à huile pour « protéger un fleuron de l’industrie française » .

La recette d’une croissance économique durable n’est pas secrète : il s’agit de produire plus de richesses avec moins de ressources. De façon provocante, j’ai envie de dire qu’une nation qui s’enrichit est une nation qui licencie, afin de produire plus avec moins. Or, parce que nous vivons encore dans le schéma de l’emploi à vie, nous développons une peur du changement et une peur du progrès technique, à tel point que des manifestations contre les nouveaux acteurs du numérique se multiplient aux États-Unis, et plus particulièrement à San Francisco.

Ce qui n’est pas compris par la population, c’est qu’un salarié qui perd son emploi devient du coup disponible pour une activité plus productive. Et j’irais même plus loin : si un employé n’est plus productif pour une entreprise, le maintenir coûte que coûte n’est pas dans son intérêt particulier, ni dans l’intérêt général. En d’autres termes, quand on maintient de force un système non productif en place, on maintient les prix des produits et services artificiellement élevés. Ce n’est ni plus ni moins qu’une taxe invisible pour satisfaire des pressions politiques.

Une bonne politique contre le chômage est une politique qui fait sauter les freins à l’embauche, pas une politique qui freine les licenciements. Pourquoi vante-t-on l’efficacité des modèles nordiques ? Parce qu’ils ont un marché du travail très flexible (c’est pour cela que les syndicats français ne veulent pas en entendre parler) mais, en contrepartie, un système de formation professionnelle continue tout au long de la carrière de chacun. Ces pays ont compris que l’emploi à vie est une chose du passé et que la flexibilité n’est pas un gros mot mais un atout si les salariés sont qualifiés.

Comme pour le biais anti-étrangers, il est facile de confronter le biais pro-emploi en appliquant la logique à nos actions de tous les jours. Imaginez que vous viviez sans aspirateur, et qu’un jour un ami vous en offre un, en vous disant « Tiens, tu perdras moins de temps à balayer ». Est-ce que votre réaction sera de le jeter par la fenêtre et de gronder votre ami, au prétexte que balayer vous tient occupé toutes ces heures ? Cette logique n’a pas l’air bien rationnelle. Une réponse plus appropriée serait « merci, je vais avoir plus de temps pour cuisiner et lire des ouvrages sur l’école autrichienne d’économie ».

Lire aussi :

Les quatre biais de l’électeur : (1) Le biais anti-marché

Les quatre biais de l’électeur : (2) Le biais anti-étrangers

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  • « Ce qui n’est pas compris par la population, c’est que qu’un salarié qui perd son emploi devient du coup disponible pour une activité plus productive.  »

    C’est là que la démonstration part en sucette. Pour qu’un salarié devienne disponible pour une activité plus productive, il faut qu’on ait besoin de sa force de travail, donc se trouver dans une situation de plein-emploi. Situation dans laquelle, par ailleurs, le biais emploi devient moins fort (mais pas nécessairement inexistant).

    Au final, on se retrouver à chercher devoir chercher des solutions contre le chomâge de masse…

    • En France aujourd’hui de même que dans toute l’Europe du Sud, un salarié qui perd son emploi aura souvent de grandes difficultés à en retrouver un. Même s’il est un bon professionnel, cela ne suffira pas, chaque offre d’emploi étant une compétition, son profil professionnel pour être retenu, devra être excellent.

      Est-il possible à chacun d’être premier dans une de ces compétitions ? Rien ne permet de l’affirmer. Au vu des statistiques par classe d’age du chômage en France, il est clair que les jeunes sans expériences antérieure et les chômeurs âgés sont écartés du marché du travail.

      Plus que le préjugé, le fonctionnement du recrutement est en cause. Souvent indirect, chaque intermédiaire (agence d’intérim ou cabinet de recrutement, voire société de services) propose d’abord ses meilleurs profils (pour décrocher le marché). Dans ce filtre à candidature restent tous les profils accidentés. Donc le chômage français est record à la fois en effectifs et en durée.

      Si l’on veut sortir ces concitoyens, nos prochains, de cette mort sociale, une recette immédiate : légaliser le travail au noir par une franchise fiscale et sociale personnelle, attachée au chômeur. Ou encore libérer le statut d’auto-entrepeneur de toute obligation fiscale et toute cotisation. Dans ces conditions n’importe qui pourra trouver du travail, souvent près de chez lui.

      Souhaite-on que l’opinion française assimile l’idée de la destruction créatrice ? Appliquons cette idée géniale à l’Etat. De chaque centre ce coût : instruction, santé, logement… faire un centre de profit… et d’emploi ! Si ces dépenses concernent votre famille, vous pouvez sûrement y dépenser (ou y investir ! ) votre dernier €. Il n’y a pas d’effet Laffer sur elles contrairement à l’impôt. Etatiser les dépenses de l’école, de la santé, du social, c’est les brider. C’est donc antisocial. CQFD

    • Ce que vous oubliez, c’est que le gain de productivité n’est pas perdu. Il équivaut à de la richesse supplémentaire, que les autres participants à l’activité vont réutiliser, soit en réinvestissant, soit en consommant. Les deux vont créer des nouveaux emplois.
      Le chômage de masse est un phénomène socialiste. Regardez les Etats-Unis lorsqu’ils étaient libéraux : un afflux incroyable de main d’oeuvre, et un quasi-plein emploi, même après la révolution industrielle (sauf pendant la grande crise). Ce n’est qu’avec la montée du socialisme (surtout la « war on poverty » de LBJ) que le chômage de masse a commencé à apparaître.

      • D’un point de vue global je suis d’accord avec vous, le gain de productivité n’est pas perdu… En revanche si on se place au niveau de l’individu qui a perdu son emploi, il faut prendre en compte plusieurs choses à mon avis.

        D’abord il faut qu’il retrouve un emploi répondant à ses attentes (qualifications, localisation etc). Mais surtout dans certains cas il faut envisager une nouvelle formation/qualification/mutation, ce qui n’est ni gratuit, ni immédiat. Sans compter que malheureusement tout le monde n’a pas les capacités pour y arriver.

        Et c’est là à mon avis le cœur du problème, est-ce que notre société saura soutenir sur la durée une précarité et flexibilité toujours croissante? Ne risque pas t-on de laisser sur le bord de la route des personnes, avec les risques sociaux que cela génère?

        • Mais d’où tirez-vous l’idée et que précarité et flexibilité sont croissants ? Il y a toujours eu, et il y aura toujours des évolutions technologiques, qui créent un chômage frictionnel. Le refuser, c’est refuser le progrès.

          J’ai bien compris que vous pensez qu’une quantité non-négligeable d’humains sont des imbéciles qui ne savent pas s’adapter, mais excusez-vous d’avoir l’opinion inverse. Je traite chacun comme un égal, capable de mener sa propre vie et de réfléchir par lui-même. Toute autre position crée l’infantilisation. Il y a sûrement des accidents, ou des gens qui effectivement sont irrécupérables, mais c’est une infime minorité, il y a la charité privée pour ça, et traiter l’ensemble des individus comme s’ils étaient potentiellement dans cette catégorie est profondément insultant.

          • Qui vous parle de chômage frictionnel lié aux évolutions technologiques? Je parle d’emplois dont les conditions se dégradent sous le couvert de flexibilité et précarité, ce n’est pas du tout la même chose.
            De plus je n’ai jamais mentionné qu’une quantité d’humains non négligeable étaient des imbéciles, j’ai seulement dit que suivre une nouvelle formation/qualification n’était pas évident et je parle en connaissance de cause. Je ne sais pas si vous avez suivi une formation en cours du soir, mais je peux vous assurer que c’est malheureusement contraignant et difficile.
            Je n’essaie pas de forcer ni de diriger les personnes dans leur vie (même si je pense qu’elle font des erreurs) . Seulement, je ne suis pas sûr que les personnes ayant besoin d’aide en reçoivent…

    • Expliquez ça aux Suisses… Avec un taux de chômage aux alentours de 3% leur problème principal n’est pas pour le salarié licencié (il trouve rapidement du travail, parfois en perdant un peu de salaire, parfois en en gagnant) mais plutôt pour les entreprises qui ont du mal à trouver des salariés rapidement : il y a trop peu de chômage (ça crée un pression à la hausse sur les salaires, et donc « même » sans SMIC ou assimilé, les caissières des supermarchés de Lausanne gagnent mieux leur vie que nombre de cadres moyens ou débutants à Paris).

  • Une étude de l’INSEE a chiffré, pour la période 1995-2001 l’ampleur des emplois perdus dans le secteur industriel à cause de délocalisations : en moyenne, 13.500, dont plus de la moitié vers des pays à hauts salaires. Ce chiffre est à comparer aux 6,8 millions d’emplois dans le secteur secondaire en France.
    http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ECOFRA05b.PDF
    Une seconde étude du Conseil d’Analyse Economique, écrit ainsi : « les restructurations d’entreprises s’étant produites en Europe entre le 1er Janvier 2002 et le 15 juillet 2004 concernent 1456 entreprises et ont entrainé la suppression de 780 394 emplois, ce qui correspond à 0,42% des 192 millions emplois européens. Ramené à 1 an, on obtient un taux de 0,17%. Chaque année, c’est donc 0,17% des emplois européens qui disparaissent dans des restructurations. »
    http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/054000102/index.shtml

    Les délocalisations ne représentent, selon le rapport, que 4,74% des emplois supprimés (36 977) pour restructuration et 7,14% (100) des entreprises restructurées. En terme d’emploi, cela correspond donc en deux ans et demi à 36 977 suppressions donc 0,019% de la totalité des emplois européens. Rapporté à 1 ans, on obtient un taux de 0,0076%. Chaque année, c’est donc 0,0076% des emplois européens qui disparaissent dans des délocalisations. ». « Au niveau de la France, les 8 000 suppressions d’emplois survenues en 2001 suite à des fermetures d’unités de productions correspondent à 0,032% des 25 millions d’emplois français.
    Un rapport du Sénat expose les mêmes conclusions que les précédents rapports.
    http://www.senat.fr/rap/r03-374/r03-3740.html
    Je vous invite aussi à consulter cet article : http://www.wikiberal.org/wiki/D%C3%A9localisation

  • « Les syndicalistes ont tellement l’habitude de ne rien faire que lorsqu’ils font grève ils appellent ça une journée d’action. »
    Jean d’Ormesson .

  • Casimir Piketty
    16 juin 2014 at 21 h 21 min

    Tout ce que dit ce monsieur est vrai à deux conditions :
    – Que tout le monde pense comme il pense,
    – Que tout le monde fasse comme il dit.

    Je comprend qu’il n’aime pas les comportements des électeurs !

    Je n’ai pas lu le bouquin, mais il faudrait aussi souligner les énormes qualités des électeurs.
    J’en vois au moins une : il a tendance à ne pas taper sur son voisin, il vote juste contre lui.

  • Casimir Piketty
    16 juin 2014 at 21 h 22 min

    Je feuillette sur Amazon « the myth of the rational voter ». Ca m’a tout l’air d’un repackaging structuré de toutes les blagues de potaches sur les électeurs.

    Ceci dit, ca fait maintemant 40 ans que la réflexion sur les fonctionnement (tant effectifs que théoriques) des marchés permettraient d’écrire des chapitres entiers sur « The myth of the rational market ».

    • Cela fait un certain temps aussi que James Buchanan (qui a eu le « Nobel » d’économie) et Gordon Tullock ont sorti « the Calculus of Consent » (1962), qui fonda l’école dite du « public choice » et qu’ils ont décortiqué les comportement des électeurs et des politiciens.

      Quant aux marchés, il n’y a pas de « mythes » sur leur « rationalité », personne n’a jamais dit (sauf chez les anti-marché, par technique de « l’homme de paille ») que les marchés étaient rationnels. Ce serait indiot, le marché est un « lieu » où se rencontre l’offre et la demande, un « système » au pire, qui coordonne cette rencontre.

      D’aucuns ont dit que l’on arrivait mieux à modéliser le comportement statistique des agents économiques en supposant qu’ils sont, chacun individuellement, rationnels. Mais les marchés n’ont même pas besoin de cela pour fournir une allocation « optimale » des ressources avec en bonus (en fait c’est même le cœur de l’histoire) le fait que cela soit obtenu sans que quiconque contraigne quelqu’un d’autre à faire quoi que ce soit.

      • Casimir Piketty
        17 juin 2014 at 11 h 51 min

        Mea Culpa : il aurait plutot phallusse que je disse : « The Myth of the Efficient Market ».

      • Casimir Piketty
        17 juin 2014 at 11 h 59 min

        La critique de l’électeur est aussi vieille que les élections, pas besoin des tordus du Public Choice (une des plus obtuses et moins fécondes écoles de pensées de l’histoire du libéralisme).

        Il faut sans cesse ressasser l’avantage du système électif de transmission du pouvoir : l’absence (relative, élire est nécessaire, pas suffisant…) de décapitations, exils massifs et massacres.

        La dictature des 51% est le prix à payer pour éviter la dictature des 0.001%.

        • Les démocraties au moyen âge en avaient à peu près autant que d’autres régimes… Idem dans l’antiquité.
          Pas sûr que des autocraties/monarchies absolues ou autres aujourd’hui dans un pays développé en aurait plus qu’avec notre système.
          Il y a un bel exemple, la dernière monarchie absolue d’Europe, le Liechtenstein, qui se porte très bien, ne connaît pas plus (en fait moins) de troubles publics que nos « démocraties » sans pour autant pratique la décollation des opposants.

          Nous vivons dans un mythe soigneusement perpétué qui veut que la république soit le régime « moderne » et idéal (bon, tant pis pour l’Angleterre, le Danemark, les Pays-Bas… entre plein d’autres) et que la démocratie représentative est la seule forme d’organisation politique correcte.

          Comme le fait remarquer Hans-Hermann Hoppe, une monarchie absolue au pouvoir limité au domaine régalien strict donne bien plus de libertés à ses citoyens qu’un régime électif s’occupant de tout. Et apporte la garantie de l’incorruptibilité du pouvoir, de son efficacité en général.

          • Casimir Piketty
            17 juin 2014 at 17 h 35 min

            Vous avez fumé quoi ?

            Le Liechtenstein (36 000 habitants, soit à peu près la ville de Vannes…) n’a absolument rien d’une monarchie absolue, mais parlementaire (les dernières élections se sont tenues en 2013), avec gros pouvoir de veto du roitelet. Ca rappelle un peu Monaco, à ce titre. Le peuple a en plus un important contre-pouvoir ultime : le référendum d’initiative populaire.

            • Fumé, non. Bu un excellent Bourgogne, oui… 😉

              Vous savez, Louis XIV qu’on donne comme le prototype du monarque absolu n’avait pas non plus tellement de pouvoir. Notamment sur les impôts, les lois diverses, etc. il était contraint par la « loi fondamentale », par les « privilèges », par les parlements (hé oui, monarchie parlementaire, donc), etc. et finalement nettement moins à même de faire ce qu’ils voulait que, mettons, François Hollande.
              D’ailleurs le montant total de la dépense publique par rapport à la richesse nationale était bien plus faible qu’aujoud’hui. Ainsi que les impôts en tout genre. Et les contraintes réglementaires tant au niveau social qu’économique.
              Je vous concède qu’on pouvait potentiellement se faire embastiller sur lettre de cachet pour avoir déplu au roi (ça ne concernait que très peu de gens, mais en soi ce n’est pas franchement sympa)… Mais aujourd’hui est-ce vraiment mieux ?

              • Casimir Piketty
                17 juin 2014 at 22 h 23 min

                « Mais aujourd’hui est-ce vraiment mieux ? »

                Allez vous installer, sans un sou, dans un havre de paix monarchique, par exemple dans le golfe persique, et revenez me dire… Prenez tout votre temps.

                • La question n’est pas dans l’organisation politique, mais dans la taille de l’Etat et le niveau de développement.
                  Mettez une monarchie absolue ou autre truc autocratique dans un pays assez développé et où l’Etat n’intervient pas sur tout et pour tout et vous avez Singapour, par exemple. Et n’eut été le climat, je m’y installe sans hésiter…

                  • Casimir Piketty
                    18 juin 2014 at 11 h 31 min

                    Même à Singapour vous avez des élections au suffrage universel (même si c’est toujours le même parti qui gagne…).

                  • Casimir Piketty
                    18 juin 2014 at 11 h 32 min

                    (Et en apparté : à Singapour, l’Etat intervient sur tout et pour tout. 85% du logement est social).

                    • Tout autant en aparté, ça doit être des magiciens à Singapour… L’État est partout à Singapour, intervient dans tout… mais c’est le pays avec le deuxième indice de liberté économique le plus élevé (89.4) et la part de la dépense publique dans le PIB est de 17%… Trop forts, non ? En France l’État ne fait rien, ne se mêle de rien, laisse les gens libres de tout… Mais en dépensant 57% du PIB et avec un indice de liberté économique de 63.5 qui la place en 70eme place.
                      Et d’un coté pas de dette publique et des budgets en excédent, de l’autre quasiment 100% du PIB en dette publique « officielle » et des déficits depuis pratiquement 40 ans.

                      Quant aux élections… Il y en a pratiquement partout, même en Algérie, ça ne prouve strictement rien. Dans ma monarchie absolue il y a bien entendu des élections régulièrement.

                    • Casimir Piketty
                      18 juin 2014 at 14 h 54 min

                      « Dans ma monarchie absolue il y a bien entendu des élections régulièrement. »

                      Oxymore, encore…

                    • Ce n’est pas parce que vous manquez d’imagination et que quelque chose n’a jamais été fait que cela est 1° impossible et 2° contradictoire.

                      Je vous rappelle qu’il y avait des élections régulières sous l’ancien régime (concernant surtout l’aristocratie, mais est-ce une distinction réellement importante), que le roi ne faisait pas ce qu’il voulait sur tout ce qu’il voulait, et pourtant sur la fin le régime est bien qualifié de nos jours de monarchie absolue.

                      Supposez maintenant un régime où il y a un monarque héréditaire incontestable. Il gère à sa guise, personne ne pouvant contester sa décisions, les domaines régaliens de l’État : police, justice, défense. Il le fait cependant dans les limites d’un budget voté par le parlement et contrôlé par lui (laquelle de ces fonction reçoit combien pour l’année à venir). Ce parlement gère donc les impôts et l’endettement (contraint à une certaine fraction du PIB, tout comme les impôts). Il est élu au suffrage universel direct pour 3 ans. L’organisation de tout cela, ainsi que les règles successorales, le « Bill of Rights » local, etc. étant intégrée dans la loi organique du royaume, intangible sauf changement total de régime.
                      Les villes se constituant comme des « co-propriétés de co-porpriétés » et fonctionnent de même façon : elles ne peuvent dépenser que les impôts votés et payés précédemment, et plus les tantièmes de votes sont ceux des impôts.

                    • Casimir Piketty
                      18 juin 2014 at 15 h 38 min

                      Chiffres faux et/ou incomplets. Singapour est bel et bien un Etat ultra-interventionniste.

                      – « pas de dette publique » : si, 111% du PIB à Singapour, plus qu’en France. L’Etat investit énormément (ne serait ce que sur les projets d’extension du territoire). Balance courante bénéficiaires
                      – L’Etat intervient bien dans tout et partout : education largement gratuite (et le privé est lourdement réglementé et supervisé), logement socialisé à 85%, assurance maladie largement publique (avec un système « d’accounts » qui fait que c’est sorti, en apparence, de la dépense publique), transports (taxes super lourdes sur les voitures pour inciter à l’usage des transports en commun).
                      – Sur le pourcentage de dépense publique : c’est le plus intéressant. En apparence il est bas, car le capital possédé par l’Etat est énorme (il possède les logements de 85% des ménages). C’est un exemple où l’Etat marque sa puissance non pas par ses revenus, mais par son capital propre.

                      Singapour est la preuve qu’on peut avoir un Etat ultra interventionniste et être bien noté par la Heritage Foundation (un « think » tank financé par les oligarques de l’énergie Charles et David Koch), qui est à l’origine du classement que vous évoquez…

          • Casimir Piketty
            17 juin 2014 at 17 h 46 min

            « une monarchie absolue au pouvoir limité au domaine régalien strict  » : c’est l’oxymore par excellence.

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