Antibiotiques et asthme chez l’enfant : encore un scandale !

Selon une étude de l’université de Manchester, l’administration superflue d’antibiotiques aux enfants avant l’âge d’un an pourrait favoriser l’apparition de l’asthme.

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Antibiotiques et asthme chez l’enfant : encore un scandale !

Publié le 27 mai 2014
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Par Jacques Henry.

rhinovirus

Les enfants a qui on a prescrit des antibiotiques avant leur premier anniversaire sont plus exposés à des atopies – c’est un terme médical barbare qui recouvre la respiration dite « sifflante » –, l’asthme et certaines formes d’eczéma et c’est un réel problème qui perturbe non seulement l’enfant qui doit parfois se soumettre à vie à des anti-histaminiques mais également les parents qui doivent prendre soin de leur progéniture quotidiennement. Les médecins n’en ont cure, ils ont quasiment créé un marché captif bien juteux ! Mais la corrélation directe entre antibiotiques et atopies n’avait jamais été formellement prouvée jusqu’à une étude récente réalisée à l’université de Manchester qui a analysé les données recueillies par le Centre d’allergie et d’asthme associé à l’Université concernant plus de 1000 enfants suivis depuis la naissance jusqu’à l’âge de 11 ans avec leurs dossiers médicaux complets concernant les doses d’antibiotiques administrés, les diagnostics réalisés par des praticiens de respiration sifflante, d’asthme et d’allergies. On suspectait que l’administration parfois superflue d’antibiotiques aux enfants, en particulier avant l’âge d’un an pouvait favoriser l’apparition d’asthme mais aucune étude n’avait été décisive dans ses conclusions.

Pour ces 1000 enfants, étaient également inclus les résultats de recherche d’allergènes par tests sous-cutanés à 3, 5, 8 et 11 ans car l’asthme est souvent lié à des réactions allergiques à toutes sortes d’agents externes dont l’identification précise est parfois impossible. Pour aider les médecins dans cette analyse, tous les enfants ayant reçu au moins une prescription d’antibiotiques avaient été soumis à une analyse sanguine à l’age de 11 ans pour déterminer leur réponse immunitaire aux principaux agents pathogènes de l’enfance, à savoir rhinovirus (rhume), virus syncitial respiratoire (RSV, bronchite et bronchiolite), Hemophilus influenza et Streptococcus pneumoniae pour les bactéries affectant le rhino-pharynx et les poumons. Les échantillons sanguins ont aussi permis d’analyser les SNPs d’une région du chromosome 17 appelée 17q21 qui commande l’expression d’une série impressionnante de gènes impliqués dans toutes sortes de fonctions, depuis l’architecture de la glie dans le cerveau, les marqueurs du cancer du sein ou encore l’asthme chez l’enfant, autant dire qu’il s’agissait de rechercher une aiguille dans une grosse botte de foin malgré la richesse des données médicales. Heureusement que l’équipe de chercheurs disposait aussi d’un nombre suffisant d’enfants n’ayant jamais été traités avec des antibiotiques pour disposer de témoins au cours de cette étude.

Il est tout de suite apparu que les enfants traités avec des antibiotiques avant leur premier anniversaire étaient plus de deux fois plus sujets à une respiration sifflante ou de l’asthme caractérisé dûment diagnostiqués par les pédiatres. Plus troublant et totalement inattendu, ces mêmes enfants présentaient des taux de cytokines inférieurs à ceux des « témoins », les cytokines étant des marqueurs de défense immunitaire contre les affections virales. Preuve s’il en est que l’administration d’antibiotiques pour une affection virale est non seulement inefficace mais réduit inutilement la réponse immunitaire de l’organisme ! Pire encore, les enfant soumis à un traitement antibiotique présentaient une réponse immunitaire contre les bactéries citées plus haut sensiblement équivalente à celle des enfants « témoins » de l’étude, ce qui prouve que les antibiotiques sont d’une utilité très relative, l’organisme réagissant aux bactéries de manière équivalente, antibiotiques ou pas. Comme l’avait laissé sous-entendre une étude parue en 2007, l’administration d’antibiotiques est associée à la modification de l’expression du gène ORMDL3 qui code pour une protéine appelée filaggrine également régulée par la région 17q21 du chromosome 17 dont le rôle n’est pas totalement clarifié mais qui intervient dans le développement notamment de l’eczéma et cette modification de son expression est également systématiquement retrouvée chez les enfants asthmatiques auxquels ont été prescrits des antibiotiques avant leur premier anniversaire. Les antibiotiques semblent donc induire une plus grande sensibilité aux attaques virales, l’enfant se défend moins bien, sans pour autant modifier la réponse immunitaire aux bactéries.

Si tel était le cas, car il faudra affiner les recherches afin de vraiment prouver cette relation de cause à effet apparemment difficile à comprendre, mais les faits sont pourtant là, entre l’expression de certains gènes sous le contrôle de la région 17q21 et l’apparition d’allergies et d’asthme chez le jeune enfant, les médecins qui ordonnent des antibiotiques pour un simple rhume sont donc doublement coupables ! Non seulement ils semblent ignorer qu’un antibiotique n’a aucun effet sur un virus mais ils condamnent parfois à vie des enfants à des affections allergiques handicapantes tout en réduisant dramatiquement la réponse immunitaire aux virus communs du simple rhume ou de la bronchiolite et peut-être ultérieurement à bien d’autres virus, un comble pour ne pas dire un très gros scandale !

Source : The Lancet News Room


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  • content de pouvoir vous lire sur contrepoints.Profitez de votre retraite aux canaries et de votre famille au japon,et faites nous profitez de vos billets.

  • étude très étrange , comparer des bébés n’ayant pas eu besoin d’antibiotiques a ceux dont les défenses immunitaires ont nécessité leur emploi et en déduire quelques chose …de particulièrement inutile ! campagne contre les antibiotiques ?

    • Oui, la conclusion de ce billet est, mot pour mot « Les antibiotiques c’est de la merde, c’est du poison, n’en prenez pas ».
      C’est marrant cette tendance à voir ce qui vous arrange là où ça vous arrange.

  • Bonjour
    Comme dit dans l’article, corrélation, mais pas lien de causalité ou plutôt à prouver.
    Toujours est-il que la prescription d’antibiotique doit être mesuré., de la à faire un chapeau ronflant 🙂
    « Les antibiotiques c’est pas automatique » comme nous disent nos ‘amis’ de la secu.

  • Billet intéressant, je me demande comme agissent les antibiotiques sur l’expression du gène ORMDL 3, la comorbidité entre asthme eczéma, et si cette étude a révélé une dose d’antibio seuil.
    Moi je n’ai pas lu la même conclusion, je dirais plutôt:
    Attention avant de prescrire ou faire prendre des antibio systématiquement à votre enfant, informez-vous, posez des question quand à leurs effets!
    Un compromis :  » les antibiotiques c’est pas très bon, n’en prenez pas trop » :p

  • L’article ne montre qu’une corrélation et tient du foutage de gueule en barre.
    Si l’on rajoute que cette corrélation se résume à : enfant fragile sujet à des infections respiratoires donc ayant eu des AB très jeune, est après études un enfant qui est fragile et présente les caractéristiques d’un enfant fragile.
    De ce que je lis, la seule déduction serait que les enfants fragiles ayant eu besoin de traitement AB ont deux fois plus souvent de l’asthme que les autres.
    Pour finir: « Plus troublant et totalement inattendu, ces mêmes enfants présentaient des taux de cytokines inférieurs à ceux des « témoins », les cytokines étant des marqueurs de défense immunitaire contre les affections virales. » .Mon dieu, les enfants fragiles ont moins de citokynes. Ca alors, tu es fragile, donc tu te défends moins bien, merde alors, et on t’aide avec des AB, et tu es toujours une personne fragile qui se défend moins bien! La preuve tu as moins de citokynes!
    Bref, tel que rédigé cet article est un bullshit.

    • @ Wakrap : Ou avez vous lu enfants « fragiles »? et expliquez moi, dans un cadre scientifique ce que signifie enfants « fragiles », d’avance merci, je reconnais que j’ai des lacunes notamment en science nat!

      • Bah, vous présentez les citokynes comme marqueur de la défense. Si on en a pas ou peu tout en étant malade c’est donc que l’on se défend mal, bref fragile.
        On aurait une étude affirmant un enfant avec des réponses normales aux infections, voit ses réponses plus faibles après AB, là on peut suivre.
        Là on a une étude qui dit que les enfants malades avant un an ont plus de maladies que les autres dont l’asthme.
        C’est du Séralini avec ses rats développant le cancer génétiquement, et fouyaya, ils ont le cancer.

        • wakrap croit les lobbys manipulateurs qui dénigrent Séralini simplement parce qu’il n’a pu prendre que 10 rats au lieu de 50, alors qu’on autorise les produits chimiques , les pesticides, et leur OGM en faisant très attention d’étudier les rats sur moins de 3 mois au lieu d’une vie et plusieurs gestations, imposées par l’épigénétique !!
          wakrap, fouyaya, ne changera d’avis qu’en ayant une maladie génétiquement due aux perturbateurs endocriniens, trop tard.

      • Comme quoi les enfants malades sont prédisposés à être en moins bonne santé que les bien portants

    • Pour vous les enfants à qui on donne des antibiotiques à gogo à tort pour une simple infection virale (90% des fièvres de nos enfants ) sont plus fragiles, car seul les solides résistant aux virus sans la moindre fièvre ne sont pas fragiles !!
      Il vaut mieux ne donner d’antibiotiques, que si absolument nécessaires, test si bactérie ou virus et si grande fièvre qui dure longtemps.
      Les antibiotiques qui tuent les bactéries ne sont pas anodins sans risques cachés pour nous, même si nous paraissons résister mieux que les bactéries.

  • c’est une classique et pas uniquement de l’asthme, les antibiotiques sont responsables de la destruction de la flore intestinale et ca peut avoir des consequences gravissimes.
    Donnez du yaourt a vos enfants apres une cure d’antibios!

    • Bah, oui ils tuent plus ou moins les microbes. C’est con, c’est pour cela qu’on les utilise. Les huiles essentielles aussi d’ailleurs. J’ai l’habitude de me soigner les sinusites avec, et la prise de flore intestinale m’est indispensable, bien plus qu’avec des AB. L’article ne parle pas de ceci mais de réponses de l’organisme via les cytokines. Sujet complexe encore bien inconnu du monde scientifique et que je ne maîtrise pas.

      • @ Wakrap: Hum, donc je ne tiens pas compte de votre précédent commentaire. Dans mes souvenirs, on peut parler de fragilité au niveau chromosomique ( délétion, mutation…) mais je n’ai jamais entendu ce terme au niveau protéique. Je vais chercher et si cela vous intéresse je posterais ici ce que je trouve.
        @minitax: Preuve?? je ne crois pas au coïncidence ;)!

  • Effectivement, ça a tout l’air de la science zombie, avec une conclusion déjà toute faite et une torture des données pour pondre une corrélation bidon en guise de preuve.

    La vraie cause de l’asthme commence à être de plus en plus admise : c’est le paracétamol. Non seulement, les multiples corrélations paracétamol/asthme sont solides (les premières prescriptions de paracétamol dans les années 80 coïncident parfaitement avec l’explosion de l’asthme, les pays qui prescrivent peu ou pas le paracétamol sont à où l’occurrence de l’asthme est faible…) mais on connaît également le mécanisme d’action à l’échelle cellulaire. Les pédiatres ont maintenant pour consigne d’éviter la prescription de paracétamol par précaution afin de réduire la prévalence de l’asthme.

    Mais ça bien sûr, il ne faut surtout pas le dire trop fort, pour que les pastèques puisse continuer à blâmer la pollution, les particules, les pesticides… Une bonne nouvelle est toujours une mauvaise nouvelle pour un marchand de peurs.

  • Le problème essentiel d’une utilisation déraisonnable des antibiotique (ATB) c’est la sélection des bactéries multirésistantes aux ATB (BMR). Et là, la causalité ressort dans toutes les études cliniques et épidémiologiques. Compte tenu de la diffusion mondiale majeure et irrésistible de souches hospitalières et communautaires BMR (voire totalement résistantes) et des énormes problèmes thérapeutiques qui en découlent, il me semble que la problématique de l’asthme passe au second plan.
    De nombreuses études montrent que 30 à 50% des traitements ATB sont soit non indiqués soit incorrects (posologie, molécule, durée)! Donc oui, les médecins doivent s’améliorer dans leur prescriptions. il ne faut pas non plus oublier la pressions des patients (et des parents) pour une prescriptions d’ATB dans des situations pour lesquelles ils ne sont pas indiqués. La peur du gag médical et d’une complication non prévue, incite nombres de praticiens a passer outre les recommandations de bonnes pratiques.
    Rappelons que l’industrie pharmaceutique se désengage de la recherche concernant de nouvelles familles d’ATB. Il faut donc se débrouiller avec les molécules qui reste encore actives.
    Quant au rôle de notre flore bactérienne en particulier digestive (le microbiote intestinal), il est d’une complexité effrayante. Des pistes d’études formidables sont en train de se préciser, comme par exemple des corrélations entre maladies inflammatoires (crohn, cancer colique…) et profil de flore. Bref rien n’est simple et tout reste à découvrir

  • 1000 mômes….et des certitudes?
    ET sauf le respect du à l’auteur commencer un article par l’administration d’antibiotique superflue….sans vraiment la définir…

    Pas très convaincant…

    Mais c’est sur administration d’antibiotique superflue …est non nécessaire…

  • L’art de comparer des pommes et des poires. La seule comparaison valable est un groupe d’enfants « à respiration sifflante »comme vous dites ayant reçu des antibiotiques avant l’âge de 1an, avec un groupe d’enfants ayant les MÊMES CARACTÉRISTIQUES mais n’ ayant pas reçu d’antibiotiques. POSEZ-VOUS LA QUESTION : POURQUOI ces jeunes enfants ont reçu un tel traitement au lieu de décrire COMMENT ILS SONT DIFFÉRENTS APRÈS tel ou tel traitement. Des pommes et des poires…

  • beaucoup de travail, intéressant, mais peu convaincant. Je ne doute pas un instant qu’il y ait une forte corrélation. Mais y a-t-il causalité? de cet article rien ne ressort . Qui vous dit que ces enfants asthmatiques ne l’aurait pas été de toutes manières?, ou qu’ils étaient plus fragiles , ou encore, vivant dans un cadre qui a causé leur première dose d’antibiotique?
    Il n’est pas facile de dire à un parent: ‘ faites confiance à la science, 50% des enfants du groupe aura des antibiotiques et les autres 50% , choisis scientifiquement , auront un placebo. Personnellement , j’aurai simplement refusé.

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