Européennes : ça bouge !

Le verdict des élections européennes en France est à la fois inquiétant et porteur d’espoir.

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drapeau européen (Crédits : jeunes-europensdotorg vx_lentz, licence Creative Commons)

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Européennes : ça bouge !

Publié le 26 mai 2014
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Par Claude Robert.

drapeau européen (Crédits : jeunes-europensdotorg vx_lentz, licence Creative Commons)
drapeau européen (Crédits : jeunes-europensdotorg vx_lentz, licence Creative Commons)

 

Au-delà des batailles de chiffres et querelles de chapelles, le verdict des élections européennes en France est à la fois inquiétant, et porteur d’espoir.

Inquiétant parce que :

  • Si l’on rajoute les voix des deux Fronts (National et de Gauche), on obtient 34% des voix. Bien sûr, le taux d’abstention très élevé (entre 56% et 58%) fausse les proportions mais le tiers environ des Français qui se sont déplacés aux urnes ce dimanche ont fait un choix protestataire et populiste. Protestataire car ces deux partis sont en opposition avec le système en place. Populiste parce que les solutions que ces deux partis suggèrent sont à la hauteur de leur discours protestataire : elles tiennent plus du rejet de l’ordre établi que de la recherche de solutions concrètes et opportunistes, plus de la recette de grand-mère que de la stratégie réfléchie et qui a fait ses preuves ailleurs ou plus tôt dans l’histoire économique…
  • Le parti au gouvernement, qui accumule les échecs depuis deux ans, et qui malgré cela, continue de discourir et de travestir les faits aux Français, ne représente plus que 14% et quelques. Si l’on compare aux résultats obtenus dans les autres pays européens, il est évident que le rejet du gouvernement actuel a pesé très lourd dans la balance. Structurellement, une bonne partie du vote populiste s’explique vraisemblablement par l’impuissance publique actuelle. Il s’agit, à l’instar et dans la continuité des municipales, d’un vote sanction sévère à l’attention du Président français et de son gouvernement.
  • Même si additionnés entre eux, les partis de droite modérée, non étatiste, et « plutôt non anti-libérale » (il faut rester nuancé car en France, même la droite est un peu de gauche) arrivent en tête avec près de 30% des voix, le principal parti de l’opposition qui puisse se targuer d’être crédible en tant que présidentiable, a également été lui aussi méchamment sanctionné. Contrairement aux municipales, élections qui ont peut-être fait illusion à son sujet, lors de ces européennes, la présidence bancale de l’UMP paie (enfin ?) le prix de ses conflits et du fait générateur, celui qui est un peu à l’origine de tous ses errements : la fausse-vraie élection de son premier secrétaire. Ce parti qui aurait dû faire un carton sur les décombres d’un gouvernement de gauche plus qu’aux abois (il cumule en effet tous les échecs : chômage, dette, et pression fiscale, c’est-à-dire le comble du ratage) se fait tout simplement descendre (il ne représente que 20% des voix exprimées), après avoir sans doute un peu trop trompé ses militants et les électeurs en voulant ne pas traiter le problème à sa racine, tout cela probablement pour des raisons d’ego et/ou de calcul à plus ou moins long terme de la part de certaines ambitions politiques… Au lieu de compenser l’artificialité handicapante de l’élection de son premier secrétaire, sa direction quasiment bicéphale n’aura fait qu’accroitre ses blocages internes.

Mais porteur d’espoir car pour ces élections européennes, les Français se sont laissé aller et se sont même défoulés. Avec une certaine rugosité d’ailleurs. Il en résulte plusieurs avantages :

  • Au niveau national, le gouvernement actuel, totalement à la rue, qui a perdu deux ans et dont le Président a sauvé sa peau récemment en nommant premier ministre probablement le seul joker compétent qu’il pouvait trouver au sein de sa famille politique, se trouve sous une pression encore plus forte. C’est presque dommage pour ceux qui seraient prêts à croire en la réussite de M. Valls, mais cela devrait inciter le gouvernement à se remettre encore plus en question, et puisse-t-on rêver, cela pourrait pousser le Président à prendre des décisions radicales à la mesure de son incapacité avérée (et dangereuse). Imaginons un instant qu’il soit habité par une certaine forme d’abnégation, qu’il ait le sens du ridicule ou encore celui du devoir patriotique. Il pourrait en sortir grandi, et éviter par la même occasion de trainer ad vitam aeternam au fond des poubelles de l’histoire…
  • Au niveau européen, cela fait rentrer certes en nombre limité, mais suffisamment bruyamment, des députés prêts à tout, notamment à parler cru et à oser nommer les problèmes actuels des démocraties déclinantes comme la nôtre. Un peu d’anti-européanisme (à dose supportable au vu du nombre de députés) au sein du Parlement Européen peut sans doute titiller les conservatismes, remuer les mauvaises habitudes, et réveiller certaines torpeurs…

En réalité, le score du FN n’est pas si dramatique car ce parti ne trouvera pas si facilement des alliés au Parlement Européen lui permettant de passer à l’acte et de mettre en œuvre ses remèdes de rebouteux. Et puis, nous sommes en démocratie, et le FN a au moins un mérite, celui d’exprimer la profonde défiance de la part d’une part croissante de la population française vis-à-vis de sa classe politique, ce qui n’est pas rien ! Cela devrait finir par payer.

Enfin, en France, même si l’enjeu de ces élections européennes n’était que relativement peu domestique, le mauvais score de l’UMP doit servir de détonateur salvateur. Face à un Parti Socialiste qui, selon les mots même de l’actuel Premier Ministre, a un problème, celui « de ne jamais avoir réussi à se libérer de la nostalgie marxiste », il est urgentissime qu’une force crédible, indiscutable et exemplaire dans son comportement comme dans ses propositions émerge clairement et torpille chaque fois qu’il est possible le gouvernement actuel afin d’interrompre au plus vite cette chronique d’un échec annoncé qui a déjà coûté beaucoup trop d’argent et de malheurs individuels en seulement deux ans.

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  • http://www.valeursactuelles.com/abstentionnistes-fn-t%C3%AAte si le vote était obligatoire, les scores seraient plus au moins similaires

    • Valeurs actuelles…
      Autant sortir un article de l’huma disant que Méluche aurait été vainqueur…

      • le sondage vient d’Ifop. en plus, VA est de droite (meme si c’est vrai qu’elle a des tendances islamophobes et xénophobes) que d’extreme droite. VA a justement consacré un dossier sur ceux qui ne votent pls

      • Hum VA est totalement et violement anti-FN depuis quasi toujours… Un peu trop, même, à mon sens. C’est le seul magazine un micro poil libéral (pas toujours ni tout le temps, mais tout de même) et pour le reste plutôt Sarkozien.

        Bref, pas vraiment l’Huma et la méluche…

  • Bien vu. On peut espérer un effet salvateur à ce coup de pied dans la fourmilière. Mais il faut être un tantinet optimiste. Essayons.

  • Un article au dessus de la médiocrité ambiante, mais à peine.

    On y retrouve la même logique de ‘hurlage au loup’ dès que le mot FN est prononcé et de réactivation de cette espèce de phobie collective, fondée sur…. pas grand chose, à part une très adroite manipulation moralo-médiatique.

    Ce qui inquiétant pour la France (mais c’est pareil ailleurs aussi), c’est cette obsession à garder le nez dans le guidon et cette persistance à trouver ‘normal’ le vote ‘raisonnable’ en faveur des grands partis de gauche ou de droite (qui démontrent pourtant avec la même persistance leur incompétence, voire leur malhonnêteté depuis des décennies) et à trouver honteux tout vote autre.

    Avec un tel raisonnement a priori, que peut-on attendre ?

  • Quand aura t on un grand parti de droite intelligent libéral et populaire??????
    N’oublions pas le vieil adage: quand les riches souffrent les pauvres pleurent

  • Vous prêtez à Hollande la possibilité de faire des réformes, mais cet homme n’en a aucune compétence.
    Il n’a jamais rien fait de lui même mais à toujours bénéficié de piston comme son admission à HEC qu’il ne doit pas à ses compétence ,car il n’a jamais passé les concours, mais à ce que l’on appelle pudiquement une « admission sur titre », ce qui est la traduction administrative de piston.

  • Quelle est la définition officielle du « vote populiste »?

  • « les partis de droite modérée, non étatiste »

    Dire que le pack UDI-UMP est non étatiste, je suis estomaqué 🙂

    Pour un peu, vous pourriez dire que les verts ne sont pas communistes…

  • « Imaginons un instant qu’il soit habité par une certaine forme d’abnégation, qu’il ait le sens du ridicule ou encore celui du devoir patriotique. Il pourrait en sortir grandi, et éviter par la même occasion de trainer ad vitam aeternam au fond des poubelles de l’histoire… »

    C’est beau l’optimisme !!
    Le seul problème, c’est que je doute fortement du sens du devoir de Hollande, qui prouve, et ce depuis qu’il fait de la politique (il suffit de regarder son bilan de 1er secrétaire du PS), que seul son sort personnel l’intéresse.
    Par ailleurs, il est inculte et, de son propre aveu, n’ouvre jamais un livre ; je ne suis même pas sur que le mot « poubelles de l’Histoire » lui évoque quoique ce soit (au passage, je trouve amusant que vous utilisiez cette expression typiquement marxiste…). Quant au sens de l’Histoire, à la compréhension du « temps long » et des grands équilibres géo stratégiques, toute son action montre que ces concepts lui échappent.

  • « Cela devrait finir par payer »

    Ben non justement. Le message que les guignols du gouverne-ment ont compris est « on n’a pas été assez à gauche ». Le pays va donc avoir droit à encore plus de socialisme et d’étatisme qui accélèrera la mise en faillite de l’Etat.

    « le principal parti de l’opposition »

    C’est l’abstention, pas le parti mongaullien dont les dirigeants n’ont toujours pas compris pourquoi ils avaient perdu en 2012. C’est dingue de croire encore que ce parti fera son aggiornamento : l’espoir fait vivre.

  • désormais , plus qu’un recourt possible : PACO RABANE

    ou éventuellement RICA ZARAI

  • Franchement en tant que libéral je pense de plus en plus m’abstenir et ne plus prendre part à cette mascarade ( qui me dégoute de plus en plus)en attendant l’effondrement total du système …

  • Personnellement, quand je lis ça « Même si additionnés entre eux, les partis de droite modérée, non étatiste, et « plutôt non anti-libérale » (il faut rester nuancé car en France, même la droite est un peu de gauche) », j’arrête de lire car je me dis que le reste de l’article va être tout aussi médiocre.

    On va le rappeler une énième fois:
    – la droite française non étatiste??? Mais sur quelle planète vous vivez?
    – plutôt « non anti-libérale »? Mais quel type de drogue vous prenez?
    – la droite en France est « un peu de gauche »??? Non, elle est bel et bien de droite, la vraie droite, la pure et dure, dirigisite, paternaliste, protectionniste, étatiste, liberticide, bref 100% anti-libérale. Je suis dépité à chaque fois que lis un soit disant libéral qui croit que la droite est sensée être plus ou moins libérale et qui pleurniche quand elle voit qu’elle ne l’est pas et l’accuse alors d’être « de gauche ». Il faut vous réveiller! La droite française n’a jamais été, n’est pas, et ne sera jamais libérale, car elle est… de droite!

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