Jusqu’où va-t-il laisser s’enfoncer la France avant de réagir ?

hollande_sous-marin_a (Crédits : Nicolas Nilsen, tous droits réservés)

La France n’est pas condamnée au long effondrement qu’elle connaît. Difficile à comprendre pour un capitaine de pédalo qui a perdu sa « boite à outils »…

Par Nicolas Nilsen.

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Que font les autres ?

Je ne reviens pas sur la puissance allemande, dont François Hollande et sa formidable équipe ne semblent toujours pas comprendre les ressorts économiques et industriels. Je comparerai plutôt ce qui se passe chez nous avec les nouvelles qui nous viennent de l’autre côté de la Manche.

En France, le chômage continue d’augmenter désespérément : pas « d’inversion »  de la courbe. Côté croissance, l’INSEE nous a confirmé hier qu’elle avait été nulle au premier trimestre : 0%… alors que Hollande nous annonçait le 4 mai un « retournement »… « Pas grave » a aussitôt commenté le pathétique Michel Sapin…

En Angleterre en revanche, dans l’enfer « libéral » de Cameron, ils créent 100.000 emplois chaque mois et, le 5 mai dernier, l’OCDE révisait ses prévisions économiques pour le Royaume-Uni en rehaussant son anticipation de croissance pour 2014 au taux le plus élevé des pays du G7. Lors de la présentation de son budget pour l’année fiscale 2014-2015, le chancelier de l’Échiquier George Osborne s’est vanté devant la Chambre des communes d’une progression de l’activité plus rapide que dans tout autre pays développé. « Il s’agit de la plus forte révision à la hausse de la croissance entre deux budgets depuis au moins 30 ans », a-t-il déclaré. À 2,7% la croissance britannique sera la plus forte d’Europe. Au sein du G7, seuls les États-Unis pourraient faire mieux, avec 3,3% prévus par le Trésor américain.

Le pire ce ne sont pas ces chiffres

De quoi nous parle le gouvernement de François Hollande depuis des mois et des mois ? D’économies et d’effort ? De réduction drastique du périmètre de l’État ? De création d’un environnement fiscal et juridique propice au développement des entreprises ? D’incitation aux entreprises étrangères à venir s’installer en France pour investir et créer des emploi ? NON, bien au contraire : pour financer ce qu’il continue d’appeler le « modèle social Français » (qui prend l’eau de toute part), le gouvernement a non seulement matraqué les entreprises et les contribuables mais inventé « Montebourg » qui n’a eu de cesse, depuis son arrivée, d’injurier les chefs d’entreprise et, à grands coups de « décrets patriotiques », de « commissaires au redressement » et de « plans stratégiques », d’imposer et d’étendre l’emprise de la grande bureaucratie d’État sur les décisions des entreprises…

Mais le pire est encore ailleurs : il est dans toute cette fumée absurde qui, tous les jours, a empêché les Français de se concentrer sur l’essentiel. On leur a parlé de mariage gay pendant des mois, puis de rythmes scolaires, puis de théorie du genre, puis de GPA, puis de Léonarda, puis Dieudonné, puis de la Marseillaise, puis de l’esclavage, puis des jupes pour lutter contre le sexisme… Ce sont tous ces trucs fumeux qui, je crois, commencent à prendre la tête des gens. Vous me direz que ce n’est pas sans intérêt : sans doute.

Mais… quand les retraites seront amputées, quand les prestations sociales ne pourront plus être payées, quand Pôle emploi implosera, quand les allocations Assedic ne pourront plus être versées, quand les sans-emploi casseront les vitrines des magasins pour manger, alors on verra si c’était vraiment cela qu’il fallait faire en urgence. Je ne le pense pas. Mais bon, je peux me tromper…

S’ils pensent qu’ils peuvent éternellement prendre aux « riches » pour acheter leurs clientèles et financer leur « État-Providence », très bien. Mais ensuite ce sera comme dans l’histoire de la cigale et de la fourmi. Bonjour le réveil !


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