Les monopoles posent-ils problème ?

Faut-ils lutter contre les monopoles naturels ? contre les monopoles légaux ?

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Les monopoles posent-ils problème ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 7 mai 2014
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Une chronique d’Emmanuel Bourgerie.

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Certains penseurs libéraux, à l’instar de Milton Friedman, considèrent que dans une économie libre les monopoles sont temporaires. Comment expliquer la situation de Microsoft avec Windows qui a si longtemps monopolisé le marché ?

Le monopole de Microsoft est resté temporaire. Je ne vois pas où Friedman a eu tort sur cet exemple.

Les monopoles se forment naturellement quand il y a des ruptures technologiques, puisque pendant longtemps Microsoft a été le seul à proposer des systèmes grand public (de même pour l’iPhone avec les smartphones, même si dans ce cas la concurrence est arrivée plus rapidement). Ensuite, MacOS et Linux ont apporté une certaine concurrence, et aujourd’hui il ne subsiste que le problème de la vente liée sur les ordinateurs portables.

Au passage, il est intéressant de noter que Microsoft a bien profité de commandes juteuses des États (armée, Éducation nationale pour ne citer qu’eux) et des brevets logiciels aux États-Unis… Il est communément admis dans la communauté du libre que l’Éducation nationale a aussi joué un rôle non négligeable en éduquant les élèves à ne connaître que Windows.

Qu’est-ce que vous pensez des polémiques sur Amazon qui  tuerait les librairies parce qu’elle est en quasi monopole ? Sachant que, par ailleurs, son patron, Jeff Bezos, est libertarien.‎

Si les librairies n’arrivent plus à suivre, il est de bonne guerre qu’elles disparaissent au profit de la vente en ligne. Si Amazon fournit un service qui convient mieux aux clients que les libraires, je ne vois aucune raison recevable pour les taxer d’une quelconque façon. Certains libraires se comportent comme des marchands de chandelles sur ce sujet.

Tout n’est pas rose du côté d’Amazon ceci dit, notamment l’optimisation fiscale dont ils bénéficient. Mais si j’étais mauvaise langue, je dirais que notre système fiscal est conçu pour profiter aux gros au détriment des petits.

Que penser du business model propriétaire comme Apple ou les machines à cafés ? Sans l’État, avec ce modèle il n’y aurait pas de concurrence.

Il est normal quand une nouvelle technologie arrive de voir les compagnies essayer de s’assurer des rentes en utilisant des chargeurs/dosettes/autres propriétaires. Mais ce n’est généralement pas un calcul intéressant sur le long terme, car les entreprises finissent par se mettre d’accord sur un standard – sauf peut-être les plus grosses, qui jouent sur leur notoriété pour vendre un peu ce qu’elles veulent.

Faudrait-il l’État pour accélérer ce processus ? C’est la question de l’ordo-libéralisme, mais je ne suis pas certain que la réponse soit évidente malheureusement.

Que penser de l’ordo-libéralisme, c’est-à-dire de l’intervention étatique pour maintenir la concurrence, en particulier par la Commission européenne (sanction des ententes et abus de position dominante, contrôle des concentrations, contrôle des aides d’État…) ?

Ce sont des institutions qui ont su montrer leur utilité et qui font bon an mal an un bon travail. C’est une bonne théorie en effet.

Si j’avais cependant une critique, elle ne porterait pas sur ces autorités de la concurrence en particulier mais sur la règlementation économique plus généralement. Si les États ont montré qu’ils pouvaient entretenir la concurrence de la main droite, de la gauche ils créent des monopoles légaux qui sont bien plus difficile à dévisser que les monopoles naturels.

Si l’on pouvait ne garder que les autorités qui font un bon travail ce serait bien, ceci dit. Mais j’ai peur que les monopoles légaux en soient l’inévitable prix à payer.


Sur le web.

Voir les commentaires (15)

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  • « pendant longtemps Microsoft a été le seul à proposer des systèmes grand public » Crosoft n’a jamais été en situation de monopole sur ce marché. Il peut être tentant d’oublier la concurrence disparue (commodore, sinclair, thomson, amstrad, atari…), antérieure au MS-DOS pour certains concurrents, mais cela ne décrit pas fidèlement la réalité.

    « l’optimisation fiscale dont ils bénéficient » : l’optimisation fiscale est inhérente à n’importe quel système d’imposition. Pour limiter l’optimisation, la fiscalité doit être la plus négligeable possible, la plus réduite et simple possible.

  • Mouais.

    En attendant, beaucoup de matériels n’ont que des drivers Windows.

    J’appelle ça un monopole. Et oui je suis pour la sanction des abus caractérisés d’un monopole, comme ceux de MS.

    • Sauf que ce n’est pas MS qu’il faudrait sanctionner pour ça, mais les producteurs des matériels en question. Et là, problème, eux ne sont pas en monopole. On a plutôt une espèce monopsone ou « le système windows » est le client quasi unique d’une foule de producteurs en concurrence.
      C’est rarement nuisible pour le client.
      Si une demande suffisante existe de drivers GNU/Linux existe, les producteurs de ces périphériques les distribueront. En attendant rien ne vous empêche de les écrire et de les commercialiser et/ou donner.. Il n’y a donc pas monopole, contrairement à celui de taxi, des notaires, de la SNCF, des companies d’autoroute, etc.

      • Le problème est de raisonner en terme de « monopole » et pas en terme de monopole local. On peut échapper à un monopole local en déménageant suffisamment loin, c’est à dire en changeant de maison, peut être de boulot (selon la distance), etc. Un monopole local doit être combattu AMA.

        Windows est en monopole local sur le marché des systèmes Windows.

        Chaque fabricant est en monopole local sur le marché des drivers de son matos.

        Apple est en monopole sur la fourniture des appli iBidules.

        • Le monopole « local » (ou « ponctuel » ou « transitoire ») ne devrait pas être combattu s’il n’est pas imposé par la force.
          En gros il se dissipe dès que les concurrents sont présents de façon significatives (il ont une proposition de valeur pour les clients). Mais il est la seule raison de la richesse que nous avons aujourd’hui, de l’innovation, de l’existence d’investissements.
          En effet si on n’a pas ces monopoles « locaux » il n’y a pas de profit, donc d’incitation à produire. La concurrence sur l’objet ou le service parfaitement substituable s’en charge. Les entreprises tentent de se créer ces monopoles temporaires et locaux par l’innovation ou le marketing, créant de nouveaux produits ou faisant croire qu’ils répondent à de nouveaux besoins. Cela permet de se retrouver seul sur sa « niche » et donc de générer des profits (faire apparaitre des projets à NPV positive stricte).
          Si cela est combattu (par la coercition?) alors il n’y a tendanciellement plus de profit dans l’innovation, l’amélioration de la qualité ou autre, donc plus d’innovation, plus d’investissement, plus de progrès.

          Ces « monopoles » qui n’en sont pas ne sont pas seulement « non nocifs » ils sont l’âme même de la croissance, de l’investissement, du capitalisme réel. Schumpeter l’a bien montré.

          • Heu… Les brevets sur les systèmes de fichiers (VFAT…) l’interdiction d’analyser/décompiler le code exécutable… ça vous va comme « coercition »?

            Comment faites-vous concurrence à Windows? Sachant qu’il y a tout plein d’applicatifs qui n’existent que pour Windows.

            Je ne comprends pas ce que vous voulez dire par « l’âme même de la croissance ». Est-ce que Google crée un monopole local? Est-ce que MS a eu besoin de mettre des restrictions sur Windows avec un store comme Apple pour les iBidules?

            Si les monopoles sont l’âme de la croissance, comment expliquer Internet?

            • C’est pas Microsoft qui a inventé le système de brevets, non ? Et ce ne sont pas les seuls à en utiliser. A la limite on peu considérer que les licences GPL sont en gros la même chose, d’ailleurs.
              Si vous vendez ou distribuez votre travail, vous avez bien le droit de demander qu’on n’y touche pas ou alors seulement de la façon qui vous chante, ça me semble la moindre des choses. C’est tout sauf de la coercition.

              Les applicatifs qui n’existent que pour Windows c’est comme les livres qui n’existent qu’en Français, ça n’a rien à voir avec un monopole, et surtout pas celui de la France ou de MS. Je vous le répète, les seuls responsables de cet état de fait sont les développeurs de ces applicatifs. Et même MS ne fait pas cela, vous pouvez utiliser leurs softs hors windows sous pas mal d’OS.

              Et oui, Google crée plein de monopoles locaux, tout comme à peu près toutes les entreprises qui marchent. Si vous faites une recherche sur Google c’est bien parce que si vous faites la même sur Bing vous aurez moins de résultats pertinents, non ? Et google protège son algorithme de référencement et de classement comme la prunelle de ses yeux…

              Et les monopoles locaux sont l’âme de la croissance, ce qui explique justement internet, un système de mise en réseau et de « globalisation » des accès pour tenter de réduire ces monopoles (et d’en créer d’autres, évidement… ). Le marché, tout comme internet, c’est la rencontre permanente entre des acteurs qui vendent en tentant par tous les moyens honnêtes de générer du profit (via des monopoles locaux, je rappelle encore une fois que sans eux, le profit est très rapidement uniformément nul) alors qu’en face d’autres acteurs tentent d’acheter en obtenant par tous les moyens honnêtes le meilleur pour un prix donné ou le moins cher pour une qualité donnée.

              C’est vrai en tout. Relations économiques classiques, achat/vente de marchandises ou de services, relations économiques « nouvelle mode » achat/vente d’information, relations économiques moins classiques : « économie de la connaissance », « capital humain » (hat tip à G. Becker), ou relations qu’on pense souvent non économiques : relations amoureuses, familiales, spirituelles, etc. (double hat tip à G. Becker).

            • « les licences GPL sont en gros la même chose »

              Ah oui, quand même.

              Tu t’es vu quand t’as bu?

            • Contrairement à certains je ne bois pas beaucoup mais je réfléchis souvent… Je précise tout de même « à la limite », et « en gros ». Bon pour vous éclairer car à défaut de boire vous semblez peu penser : il s’agit dans les deux cas de stipuler quel usage peut-être fait de la chose (code) acquise. L’un est très restrictif, l’autre nettement moins. L’un est « contre royalties », l’autre « gratuit », mais conceptuellement ils sont de même nature.

            • D’un coté, GPL ne met aucune restriction à la lecture du code, à l’analyse du code ni à la compilation et à l’exécution du code.

              De l’autre coté, la plupart des licences commerciales interdisent la décompilation et l’analyse du code compilé, ne donnent pas accès au code source.

              D’un coté, la GPL permet d’effectuer autant de copies à usage privé que l’on désire. De l’autre, les licences commerciales limitent presque toujours la possibilité d’effectuer des copies privées et de les conserver en cas de « revente ».

              D’un coté, la GPL permet à certaines conditions (*) de transmettre (ou distribuer) une copie du logiciel. De l’autre, la plupart des licences commerciales interdisent formellement de transmettre une copie à moins de détruire toutes ses copies du logiciel.

              (*) indiquer que la licence GPL s’applique et donne des libertés, fournir le code complet et correspondant en même temps ou bien une offre valable plusieurs années etc.

              Conclusion : allo, non mais allo quoi. Il dit la GPL c’est comme une licence commerciale allo, c’est comme si chte dit, la liberté c’est comme l’esclavage, allo.

            • Décidément, vous semblez assez alter-comprenant pour parler comme une pseudo starlette de la téléréalité.

              Bon, je tente une dernière fois, si après vous n’avez toujours pas compris, tant pis pour vous, je vous laisse dans votre caverne (référence à Platon, pas à cro-magnon… )

              Dire « il faut baiser partout, tout le temps, avec le plus de partenaires possibles, c’est quelque chose de bien » et « il faut s’abstenir de toute activité sexuelle avant le mariage et la minimiser après, c’est là le bien » sont deux phrases très différentes, avec des contenus d’autorisation ou d’interdiction totalement opposés. Mais il s’agit bien de deux expressions de « morale sexuelle ».

              Idem le GPL et la licence commerciale. Maintenant utilisez vos neurones pour comprendre le monde qui vous entoure et non pour vitupérer, et pondre des posts « rageux ». C’est un peu difficile au début, mais ça aide beaucoup, après.

              Vous me remercierez plus tard.

            • ‘tain, c’est du lourd.

              La GPL ne dit pas que vous devez redistribuer le programme.

              La GPL ne dit pas que si vous modifiez le programme, vous devez redistribuer le programme modifié, ou partager d’une quelconque façon vos modifications avec le reste du monde.

              La GPL dit juste que si vous décidez de redistribuer le programme que vous avec modifié, vous devez fournir le code source modifié (directement ou proposer une offre pendant plusieurs années etc.).

              La GPL dit ce que vous avez le droit de faire. C’est une licence, elle donne des droits supplémentaires (elle donne licence de …), alors qu’un contrat de licence très souvent vous prive de vos droits en établissant des obligations réciproques déséquilibrées.

              La philosophie du libre encourage le partage mais respecte le libre choix de chacun de garder privées ses modifications. Par exemple, il est notoirement connu que Google a modifié linux pour l’adapter à ses besoins sur ses serveurs et n’a pas partagé ses modifications (et que ce serait un peu tard maintenant vu le moment où ça a forké). Cette position est tout à fait respectable, même si beaucoup aimeraient voir les modifications de Google.

              Décidément, vous semblez assez alter-comprenant pour parler comme une pseudo starlette de la téléréalité.

              Quelle starlette a dit ça?

            • Bon, je vous laisse à vos délires péri-plaquistes, cher touriste simplet, vous avez visiblement même du mal à lire.

            • Commencez par rechercher la définition de « monopole local ».

              Ensuite cherchez en quoi un système verrouillé (« store » obligatoire) restreint vos liberté, en quoi le rapport de force est déséquilibré, en quoi les choix sont liés.

              Ensuite cherchez l’équivalent chez Google (il n’existe pas d’équivalent).

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