Le climat rend fou : Conséquences plus ou moins désopilantes

Contrepoints 389 changement climatique

Sophisme des écolos et des ONG environnementales, bien-pensance dogmatique politico-médiatique, tout est cadenassé.

Par Thierry Levent.

Contrepoints 389 changement climatiqueLe GIEC erre

Le fameux rapport du GIEC destiné aux décideurs, bréviaire des Verts et élément de langage ânonné sur tous les tons, est un concentré de contradictions écolo-incompatibles. En direct de Berlin, les meilleurs climatologues du monde nous promettent toujours l’apocalypse à moins d’être raisonnable. C’est simple : il faut quadrupler l’énergie neutre en carbone, ralentir la croissance mondiale (la France est pour une fois en avance) et réduire la pullulation humaine pour le plus grand plaisir d’Yves Cochet.

Ottmar Edenhofer, coprésident de la sauterie berlinoise, nous affirme sans rire que les énergies renouvelables (EnR) ont fait la preuve de leur niveau de performance et de réduction des coûts ! Les consommateurs allemands risquent d’avaler de travers leur bretzel face à l’envolée des tarifs de l’électricité outre-Rhin. Il est bon de rappeler que le prix de vente du kWh au particulier est passé de 18 centimes d’euro en 2004 à 28,5 centimes en 2012 (pour 12 centimes en France), résultat de la fumeuse transition énergétique. L’explosion des tarifs n’est pas finie1. Ottmar, décidément dans une forme olympique, nous raconte : « Je ne dis pas que cela ne coûtera rien. Je ne dis pas que la politique climatique est gratuite, mais cela vaut la peine de payer. » Ben voyons. Balayons dédaigneusement la limite physique désagréable des EnR que l’on appelle l’intermittence expliquant en grande partie le retour gagnant du charbon et du gaz couplée aux coûts pharaoniques de ces filières subventionnées via l’argent facile du contribuable.

Le GIEC, pour sauver la planète, milite donc pour un retour du gaz (donc de schiste), et le nucléaire. Le Japon rétropédale sévèrement en renouant avec l’atome. Ce qui rend fous tous les anti-nucléaires pratiquants qui invectivent maintenant le GIEC devenu carrément le suppôt de l’ignoble cartel nucléocrâte mondial. On a de plus en plus de mal à suivre… Ségolène a bien compris le problème, du moins on l’espère, en nous affirmant que la transition énergétique est « un travail considérable » et que les arbitrages qui se profilent seront difficiles.

La revue Science&Vie, assez GIECo-compatible, dans son n°1159 d’avril 2014 s’interroge sur les causes de l’hiver 2014 un peu chaotique. La revue reste prudente sur les causes avancées mais ne peut s’empêcher de faire remarquer, par la voix de Robert Vautard du labo des sciences du climat et de l’environnement, Gif-sur-Yvette, que la vague de chaleur australienne et les pluies anglaises « collent parfaitement aux modélisations ». Sauf que les mécanismes de ces épisodes restent totalement inconnus (sic) ! On n’est donc pas vraiment avancé.

Paris 2015. La grand-messe climatique de la dernière chance !

Elle se prépare activement, du moins dans les esprits que l’on espère réceptifs. Pour les petits, le bourrage de crâne et le formatage commencent très tôt. Pour les grands, il est maintenant possible d’acheter en kiosque une revue trimestrielle s’intitulant Climat & Catastrophes naturelles. Dès l’introduction que du lourd : Philippe Martin et Nicolas Hulot nous parlent de la future conférence parisienne. La page 5 est consacrée au 11e forum international de la météo et du climat (3-6 avril 2014, Paris). Jean Jouzel trône évidemment en tête des intervenants. Comme par hasard un atelier réservé aux professionnels de l’information météo proposera « des exemples d’actions pour sensibiliser le public au changement climatique ». Évelyne Dhéliat (TF1), Anaïs Baydemir (France 2), Fabienne Amiach (France 3) dont les compétences scientifiques incontestables les autorisent à diffuser la bonne parole réchauffiste. L’absence de journalistes d’ARTE, la chaine écolo-boboisante est incompréhensible. Impossible d’imaginer une seule seconde la moindre connivence idéologique réduisant les médias à une simple tribune militante, au conformisme idéologique et à la pensée unique.

Pour finir en beauté, la dernière page de ce premier numéro est ornée d’une photographie de l’inévitable et « tartuffiant » Yann Arthus-Bertrand intitulée « La mer Morte », et toc, c’est bien fait.

L’indigence du glaciologue

Jean Jouzel, encore et toujours lui, fait des ménages. « À partir de 1995 euros seulement », c’est pas moi qui le dit, c’est la réclame du voyagiste, vous pouvez embarquer sur un rafiot de Costa croisière et vous taper une conférence du glaciologue réchauffiste entre les îles Lofoten et le cap Nord du 31 mai au 11 juin 2014. Les glaçons favorisent les voyages et mettent du beurre dans les épinards congelés.

Conclusion

Confusion à tous les étages sauf dans la tête des responsables d’EELV, du moins dans celle de Duflot. Nous avons échappé à sa participation à un ministère de l’écologie aux larges compétences. Refus net de la grande prêtresse légèrement dictatoriale du mouvement écolo, cap sur la présidentielle via les combines électorales habituelles des Verts. Leur environnement d’abord mais pas l’environnement, devise tenace chez les sauveteurs officiels et auto-proclamés de la planète qui risque d’attendre. Sophisme professionnel2 des écolos et des ONG environnementales, bien-pensance dogmatique politico-médiatique, tout est cadenassé… Pour le moment.

  1. Odent bruno. Modèle allemand. Une imposture. Éditions Le Temps des Crise, 2014.
  2. Jean de Kervasdoué. Le Monde du 12 avril 2014.