Sécurité : le dirigisme m’a tuer

À l’approche des municipales, les élus locaux devraient s’intéresser aux causes de fond de l’insécurité plutôt qu’à la vidéosurveillance.

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Sécurité : le dirigisme m’a tuer

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 1 mars 2014
- A +

Par Brice Rothschild.

vidéosurveillanceEn cette période de campagne municipale, la tentation est grande pour les candidats d’envisager la vidéo surveillance de l’espace public et la multiplication des effectifs de police pour remédier à l’insécurité qui sape la qualité de vie des habitants. Mais le contrôle est-il une solution durable ? Mettons-nous un instant à la place d’enfants issus d’un milieu social difficile.

Nous voici donc au beau milieu d’une cité de logements sociaux. Pourquoi vivons-nous là ? Le code d’urbanisme prévoit que les mairies peuvent restreindre la construction sur les terrains privés de la commune, ce dont elles ne se privent pas. Le droit de propriété étant ainsi violé, l’offre de logement ne peut s’adapter à une demande croissante, et les prix grimpent. De plus, le code de la construction et de l’habitation « protégeant » les locataires, il y a de moins en moins de bailleurs, et les conditions d’obtention d’un logement privé sont de plus en plus draconiennes. Là-dessus, les pouvoirs publics ont fait construire des logements sociaux pour tenter de pallier les problèmes qu’ils ont eux-mêmes créés. Voilà pourquoi nous nous retrouvons parqués dans ces barres d’immeubles sans âme à des années lumières du centre ville.

Si nous pouvions voyager, voilà qui pourrait nous aider à prendre du recul par rapport à notre quotidien. Mais le code des transports nous empêche, de fait, de voyager en car, moyen de transport pourtant très bon marché. Il nous faudra donc rester chez nous pendant les vacances.

Nos parents paient des impôts qui financent notre école. Mais à cause du code de l’éducation, nous ne pouvons la choisir. L’Éducation Nationale nous place comme des pions selon des règles sur lesquelles nous n’avons aucune prise. Si nous voulons aller dans une école plus adaptée à nos propres difficultés, il faut payer une deuxième fois pour une école privée, ce que nos parents ne peuvent se permettre. Comme nous sommes tous différents, il est clair qu’un enseignement unique ne peut convenir à tout le monde. Le système étant dirigé d’en haut, il ne peut tenir compte de nous qui sommes les plus en difficulté.

Notre dernière chance : l’emploi. Là encore, la loi est en embuscade. D’abord, le code du travail nous interdit de travailler pour le prix dont nous aurions pu convenir avec notre potentiel employeur. Ensuite, elle nous empêche d’accepter d’être renvoyé si l’employeur le souhaite, ce qui fait que, comme nous n’avons pas de références, personne ne nous permet de mettre le pied à l’étrier.

Enfin, le code pénal interdit la vente d’un certain nombre de drogues. Un marché noir s’établit donc, marché où les prix sont très élevés et où on ne nous demande pas de références, rendant la vente de ces drogues très attractive à nos yeux. Comme rien n’est légal, nous réglons nos comptes par la violence, quitte à terroriser le voisinage.

img contrepoints108 vidéosurveillanceIl ne s’agit pas ici de justifier la délinquance, mais de la comprendre, car comme disait Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes ». Il est donc temps de s’attaquer aux causes de l’insécurité esquissées ici : ces lois ne protègent pas, elles réduisent le champ légal des possibles, conduisant à la violence ceux qui se voient privés d’avenir et qui n’ont donc plus rien à perdre.

Les adorateurs de l’État omnipotent, qu’ils soient de droite ou de gauche, nous ont pavé un enfer avec leurs bonnes intentions. Ils ont créé une société fracturée par la loi entre ceux qui sont dans le système et ceux qui sont en dehors, entre ceux qui ont des droits acquis et ceux qui voient leurs libertés piétinées, entre ceux qui ont de l’influence auprès du pouvoir et ceux qui n’en ont pas. Les plus fragiles n’ont pas besoin d’allocations pour échapper à la délinquance. Ils ont juste besoin de recouvrer la liberté qui n’aurait jamais dû leur être enlevée. Ils ont juste besoin qu’on les laisse agir comme ils l’entendent tant que cela ne nuit pas à la liberté d’autrui. Ils ont juste besoin d’être délivrés du carcan réglementaire qui les condamne à l’exclusion. Le discours misérabiliste et moralisateur est non seulement d’une absolue hypocrisie, mais surtout une insulte à ceux qu’il prétend défendre. Le discours sécuritaire n’a pour seule issue que l’État policier, qui n’est nécessaire pour maintenir l’ordre que dans une société où l’injustice a été érigée en norme. La paix et la prospérité vont de pair et ne pourront être obtenues qu’en rendant à chacun la maîtrise de son destin.

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  • je comprends bien le point de vue que vous devlopez;je voudrais donc dire pourquoi je suis pour la video-surveillance:ayant subi des mises en cause(dénonciation calomnieuse,accident de la route,en ville,etc…)et ayant vécu les « enquetes de police »qui ne sont que des embrouilles verbales,menaces,rapport de force et d’autorité(avec des personnes niveau bac avec les points de gym,hum,hum)basées sur aucun fait objectif,embrouillant meme les témoins à décharge(qui de ce fait ne veulent meme plus témoigner!)il reste la video surveillance pour prouver son innocence au vu du fonctionnement pratique du système…
    Désolé,pour vos généreuses idées

  • « If you have ten thousand regulations you destroy all respect for the law. »
    Winston Churchill

  • Bonjour
    Vous avez raison, quand on regarde de la naissance à la mort, toute notre vie est contrainte. Le pire c’est que nous sommes tellement habitué que nous trouvons cela normal.

    • Bonjour gillib,

      « toute notre vie est contrainte. » Y-a-t-il une vie sans contrainte ?

      • Oui, il n’y a pas de vie sans contrainte (nécessité) mais il y a des actions individuelles sans contraintes extérieures.

        Par exemple, la religion recommande le congé hebdomadaire de son « travail ». On peut argumenter que c’est pour des raisons d’efficacité, cependant, le repos n’est pas en lui même efficace…

        C’est la différence qui continue a exister dans toutes les langues depuis le grec ancien entre le « labeur (travail) » et l’oeuvre humaine.

        Dans cette confusion de la nécessité vitale et de la liberte humaine, les libéraux à cause de leur prétention « d’universalité économique » ont de la peine il me semble, et c’est bien la seule critique valable à mes yeux, – à bien se différencier des marxistes dans la mesure ou ils négligent largement la réalité de l’action humaine en dehors de sa « fonctionnalité ».

        Mais la fonctionnalité est une considération d’ordre publique (objectif) tandis que le « subjectif » est le domaine de la propriété privée.

      • Bonjour Citoyen
        Y-a-t-il une vie sans contrainte ?
        Oui, pouvoir aller sur Contrepoints sans tomber sur des trolls.

        Nan j’deconne
        Alors citoyens, toujours anti-libéral.
        C’est beau vous avez une mission, un cause, une raison de vivre.

        Bon je vous laisse j’ai des p’tits n’enfants que doit envoyer dans la mine. lol

        • « Alors citoyens, toujours anti-libéral. »

          Non, pas exactement, j’attend simplement un libéralisme Responsable avec un grand R qui irait noyauter les sociales démocraties.

  • Quel beau discours dogmatique et plein d’idéologie !!! bien loin de la nécessité d’être responsable de ses actes, de repousser la faute toujours sur les autres et de se plaindre de la malchance et de l’injustice quand on refuse toute forme d’autorité, de respect et …. d’effort… C’est sûr qu’avec des idées de bobos comme cela, la France n’est pas sortie du pétrin…

    • Qui parle de refus de l’autorité, du respect ou de l’effort?

    • Et encore moins avec des perroquets qui répètent des mots débiles comme « bobos » qu’ un conciliabule de primo-écervelés prennent pour unique référence à l’étroitesse de leurs opinions…
      Un simplisme permettant de définir tout ce qui n’est pas en accord avec sa suprême parole, de n’être qu’un « bobo ». A noter que la complexité étymologique du mot laisse rêveur et présage sans doutes, le meilleur futur de nos générations érudites..

  •  » Logements sociaux  » c’ est quoi ? une architecture Abbé Pierre ! cage à poules ! la LAIDEUR
    le contraire de ce qu j’ ai bati avec mon argent ma sueur ET mon SANG ! une maison en pierres de pays construite petit à petit sur 20ans après démolition d’ un vieux bati mais il faut de la gnass courage les gars c’ est pas du boniment d’ intello ….
    OUI comme l’ écrit l’ auteur l’ enfer est pavé de bonnes intentions Bonaparte par exemple , Abbé pierre non là j’ exagère pardon c’ était la perso préférée des français …..je suis un mauvais français …..

  • donc dans des pays sans état et sans lois??pas de délinquance?
    certes en effet si il n’y a pas de loi, on ne peut pas l’enfreindre.

    Il me semble aussi que dans les pays totalitaires la délinquance est faible.

    Les causes de la délinquances sont plus complexes je pense. Le mal etre en fait partie, il est possible que les causes que vous invoquez jouent un rôle dans notre société , mai s il y a d’autres facteurs.

    • « donc dans des pays sans état et sans lois??pas de délinquance?
      certes en effet si il n’y a pas de loi, on ne peut pas l’enfreindre. »

      Qui parle de pays sans états ni lois?

      « Il me semble aussi que dans les pays totalitaires la délinquance est faible. »

      Il me semble que l’état y’est très fort. Il me semble aussi que la violence légale l’est tout autant. La délinquance n’y est pas faible, elle y est institutionnalisée.

      « Les causes de la délinquances sont plus complexes je pense. Le mal etre en fait partie, il est possible que les causes que vous invoquez jouent un rôle dans notre société , mai s il y a d’autres facteurs. »

      Lesquelles? Il est au contraire évident que la politique de nos gouvernements a une part énorme dans tous les problèmes du pays. Cela est évident, dés lors qu’ils nous ont prit nos responsabilités, en nous ôtant nos libertés.

  • Ne voyez-vous pas une contradiction ici:

    « D’abord, le code du travail nous interdit de travailler pour le prix dont nous aurions pu convenir avec notre potentiel employeur. »

    « Comme rien n’est légal, nous réglons nos comptes par la violence, quitte à terroriser le voisinage. »

    D’un coté vous prônez la loi de la jungle comme remède immédiat aux problèmes d’emplois, de l’autre vous accusez le manque légalité, donc d’Etat, comme cause de violence et de transactions frauduleuses.
    Et quid de la violence des rapports de type « pauvre/riche », « salarié précaire/patron bien gras »?

    Vous avez la notion d’injustice sélective, pour être sympa…

    • @hank3942 @lemiere jacques @redg

      Mon texte est critiqué (par les conservateurs ?) pour être bobo/rejeter la faute sur les autres/dévaloriser l’effort/chercher des excuses aux délinquants et (par les socialistes ?) pour promouvoir l’absence de lois/la loi de la jungle.

      A tous, je réponds ceci :
      « La Loi, c’est l’organisation du Droit naturel de légitime défense ; c’est la substitution de la force collective aux forces individuelles, pour agir dans le cercle où celles-ci ont le droit d’agir, pour faire ce que celles-ci ont le droit de faire, pour garantir les Personnes, les Libertés, les Propriétés, pour maintenir chacun dans son Droit, pour faire régner entre tous la Justice.

      Et s’il existait un peuple constitué sur cette base, il me semble que l’ordre y prévaudrait dans les faits comme dans les idées. Il me semble que ce peuple aurait le gouvernement le plus simple, le plus économique, le moins lourd, le moins senti, le moins responsable, le plus juste, et par conséquent le plus solide qu’on puisse imaginer, quelle que fût d’ailleurs sa forme politique.

      Car, sous un tel régime, chacun comprendrait bien qu’il a toute la plénitude comme toute la responsabilité de son Existence. Pourvu que la personne fût respectée, le travail libre et les fruits du travail garantis contre toute injuste atteinte, nul n’aurait rien à démêler avec l’État. Heureux, nous n’aurions pas, il est vrai, à le remercier de nos succès; mais malheureux, nous ne nous en prendrions pas plus à lui de nos revers que nos paysans ne lui attribuent la grêle ou la gelée. Nous ne le connaîtrions que par l’inestimable bienfait de la Sûreté. »

      Frédéric Bastiat, La Loi, 1850
      http://www.institutcoppet.org/2011/01/19/bastiat-la-loi-1850/

      • Brice, et depuis cette brillante définition de la loi qui date de plus de 150 ans y-a-t-il eu un exemple de son application qui nous permettrait aussi de la qualifier de clairvoyante !

        • La loi telle que souhaitée par Bastiat est appliquée pour l’essentiel dans les pays qualifiés de libres par la Heritage Foundation :
          http://www.heritage.org/index/ranking
          Il s’agit également de pays parmi les plus prospères au monde…

          • Les deux premiers ne sont pas de réelles démocraties ni de véritables pays libéraux, de plus je doute que les asiatiques soient les plus enclins à intégrer l’individualisme à la sauce libérale car ce sont à l’origine des cultures profondément collectivistes.

            • Il est vrai que l’objet du classement n’est que la liberté économique, et que les autres libertés sont aussi importantes. C’est tout de même un indicateur qui donne une idée de la pertinence des idées de Bastiat dans la quête de prospérité. L’Australie, la Suisse et le Canada ne sont-ils pas des pays où beaucoup de français vont tenter leur chance ? Ils ont certainement leurs raisons…

        • « Brice, et depuis cette brillante définition de la loi qui date de plus de 150 ans y-a-t-il eu un exemple de son application qui nous permettrait aussi de la qualifier de clairvoyante ! »

          J’ai tout un tas d’exemple, si vous voulez, ou cette définition de la loi n’est pas appliquée, et ou c’est le bordel. A commencer par la France.

          On peut remarquer aussi que les pays ou on s’approche plus de cette définition s’en sortent mieux.

          Par ailleurs, cette définition à beau avoir 150 ans, elle est juste. Plus que bien d’autres définitions pourtant plus récentes, qui ont, elles, fait la preuve de leur nocivité.

          Il semble bien que l’age d’une théorie ne nous apprenne rien concernant sa pertinence.

          Au final, si la seule chose que vous trouvez à reprocher à Bastiat est son age, c’est bon signe concernant la puissance de sa pensée et la force de ses raisonnements.

  • La vidéo, c’est pour surveiller aux alentours des mairies ! Ou alors pour mettre des PV plus facilement ! C’est tout et c’est pourquoi la vidéo n’est pas efficace contre la délinquance.

  • Pour votre gouverne, les élus savent déjà quelles sont les origines de l’insécurité…

    C’est la conséquence de leur politique de prohibition des stupéfiants, grace à laquelle,
    ils financent leurs campagnes électorales hors de toute fiscalité, et ramassent les voix des
    idiots que le mot « drogue » fait aller pleurer dans le giron d’un gouvernement rassuré que
    les Français n’aient pas vus l’escroquerie, car bien embobinés dans les grosses ficelles de la
    médecine et de la presse au service du mensonge public.

  • « Le dirigisme m’a tuER », « toute notre vie est contrainte » et autres formules prémâchées sorties d’un tract UNEF… ???
    Plus sérieusement, arrêtez de publiez de merdes pareil Contrepoint, c’est à cause de vous que le libéralisme et les libertariens ont une image d’attardés en France.

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