La « justice fiscale », une erreur économique

Après avoir matraqué fiscalement les entreprises et les entrepreneurs comme aucun pays ne l’a fait, le gouvernement promet de résoudre tous les problèmes d’investissement. C’est mal comprendre le problème.

Par Xavier Fontanet.

Toute entreprise a besoin d’actif (usine) et de fonds de roulement pour fonctionner. Si elle veut doubler ses ventes, il lui faudra deux fois plus d’actif : l’actif est proportionnel à l’activité, preuve que travail et capital ont indissolublement besoin l’un de l’autre.

Chaque année, l’actif s’accroît du bénéfice après impôts et dividendes. Les entreprises françaises ont, d’après toutes les études comparatives, une marge d’à peu près 30 % inférieure à celle des entreprises allemandes. C’est l’effet de charges comparativement plus élevées. Elles sont, de surcroît, à peu près deux fois plus taxées au niveau de l’impôt sur les bénéfices et les dividendes.
Une entreprise allemande qui a une rentabilité de 20 % avant impôt et dont l’actionnaire attend un dividende net de 2 % des actifs croîtra à 14 % l’an ; la rentabilité nette de sa consœur française sera de 14 % et, du fait des impôts plus élevés sur bénéfices et dividendes, elle ne pourra croître qu’à 5 % l’an ; sur la durée elle se fera forcément dépasser.

Il ne faut pas s’étonner qu’une stratégie dite de « justice fiscale » visant à transférer des richesses à l’intérieur d’un pays aboutisse à des catastrophes quand il s’agit d’être compétitif vis-à-vis de l’extérieur. Remise à plat ? Le vrai sujet n’est pas de collecter l’impôt plus vite, mais de remettre les coûts de notre sphère publique et notre fiscalité aux niveaux allemands ; il faudra beaucoup plus que 50 milliards d’économies, mais ce pacte plus musclé sera également plus crédible et la confiance pourra alors revenir.

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