Belgique : le mouvement des Bonnets rouges récupéré politiquement

Après un départ tonitruant, la vague des Bonnets rouges vient de retomber comme un soufflé à la suite de nombreuses décisions irréfléchies.

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Belgique : le mouvement des Bonnets rouges récupéré politiquement

Publié le 10 janvier 2014
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Cette chute brutale illustre une nouvelle fois l’incapacité à monter un mouvement sérieux lorsque les activistes en première ligne sont dépourvus des connaissances nécessaires à la compréhension des grands sujets économico-politiques.

Par Oliver Rach, depuis Liège, Belgique.

Souvenez-vous : il y a un mois, le mouvement des Bonnets rouges organisait sa première manifestation dans les rues de Charleroi. Une petite centaine de manifestants, venus d’horizons politiques divers, se retrouvaient dans les artères carolorégiennes pour protester contre la pression fiscale asphyxiant la Belgique. Une équipe de RTL-TVI avait d’ailleurs immortalisé les actions de sensibilisation menées ce jour-là.

Depuis la naissance du mouvement, quelques semaines auparavant, les troupes avaient sérieusement gonflé : sur Facebook, près de 2500 personnes soutenaient ainsi les Bonnets rouges de Belgique — et, au quotidien, c’était par dizaines que les individus spoliés par les multiples gouvernements du plat pays rejoignaient le mouvement contestataire. L’une des raisons de ce succès rapide était l’apolitisme des Bonnets rouges. Leur objectif unique était la baisse drastique de la fiscalité ; les autres thématiques politiques n’avaient pas droit de cité chez eux. Las ! Tout allait trop vite. Mi-décembre, un groupe de motards débarqua l’instigateur du mouvement et, dans la manœuvre, déséquilibra la belle mécanique. Ce virage mal amorcé engendra une chute, une longue glissade brûlante sur un tarmac de qualité wallonne — c’est-à-dire perforé d’ornières —, et un frontal avec un autre accident — j’ai nommé Laurent Louis.

Le groupement, qui se voulait initialement familial, non-violent et apolitique, devint en effet — une fois étêté — sectaire, d’agitation extrême et connoté politiquement. Refusant de mener leurs actions en étroite collaboration avec la police, les nouveaux leaders du mouvement se coupèrent d’une partie de leur base. La manifestation organisée à Mons le 15 décembre n’attira qu’une dizaine d’irréductibles ; la marche sur Liège, une semaine plus tard, mobilisa six personnes. Le nombre de sympathisants dégringola : à ce jour, sur Facebook, seuls quelques 400 membres suivent encore les tribulations des derniers Bonnets rouges. Et ce nombre diminue sans discontinuer : les déçus et les purgés désertent le groupe au fil des jours.

Dernièrement, les Bonnets rouges de Belgique, dans un dernier sursaut, ont remisé leur antienne apolitique au placard. Ils se sont acoquinés, en la personne de Mickaël Dethière, leur vice-président, avec le farfelu député fédéral Laurent Louis. Ce dernier, un vagabond politique, qui a créché, lors des cinq dernières années, sur la paillasse du MR, dans les meilleures chambres du PP, dans les obscures fondations du MLD, sur le matelas adultérin d’Islam et dans la cave interlope de Debout les Belges, ce vagabond politique — disais-je —, qui mange à tous les râteliers, n’hésite pas à qualifier la politique confiscatoire menée par le gouvernement Di Rupo (PS) d’ « ultralibérale » — preuve de son incommensurable bêtise politique. Surfant sur la vague populiste, donnant écho à la moindre théorie du complot (pédophilie du Premier ministre Elio Di Rupo, grand complot juif mondial, etc.), il récupère ici un mouvement à son image : en pleine agonie intellectuelle. Nul doute que Laurent Louis et les derniers rescapés des Bonnets rouges s’entendront à merveille.

Bonnets rouges Belgique
Le président de Debout les Belges, Laurent Louis, et le vice-président des Bonnets rouges, Mickaël Dethière, exécutant une quenelle.

La chute brutale des Bonnets rouges de Belgique illustre à merveille l’incapacité à monter un mouvement sérieux lorsque les activistes en première ligne sont dépourvus des connaissances nécessaires à la compréhension des grands sujets économico-politiques. Que peut-on espérer d’une association politique lorsque ses leaders déclarent que l’idéologie communiste est parfaitement compatible avec le combat anti-fiscalité mené, mais que le libertarianisme ne l’est pas ?

Il est des vagues qui, en vue de la côte, avec espoir, s’élèvent, grossissent tant et plus et s’élancent fièrement à l’assaut de leur cible ; parfois, leur onde est tellement puissante qu’elles se transforment en tsunami. Il en est d’autres, par contre, qui, bien qu’élancées, bien que grondeuses, bien que menaçantes, accouchent d’un petit filet d’écume trop chétif que pour atteindre les premiers rivages ; ce sont des vaguelettes. Le mouvement des Bonnets rouges de Belgique n’était pas une vague, encore moins un tsunami ; ce fut une vaguelette désorientée qui s’échoua un soir de janvier non loin du rivage endormi de la côte belge.

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  • Je l’avais dit depuis le début : il était ridicule de faire un mouvement apolitique, alors qu’un grand mouvement libéral/libertarien se dessine en Wallonie et à Bruxelles. Il aurait fallut que ce mouvement soit accompagné par l’UdL et le PLib, le Syndicat Neutre des Indépendants, et d’autres groupes de défense des indépendants. Si c’eut été le cas, ce serait en effet un tsunami aujourd’hui. Mais les fondateurs ont joué aux naïfs, hélas. Tout le monde y a perdu en conséquence. La notion même de « bonnet rouge » est dévoyée, et ne peut même plus être invoquée par un parti libéral, sous peine de honte totale…

  • Je ne connaissais pas ce Monsieur Laurent Louis, mais cette intervention est assez rigolote :

    • Avec le président de la Chambre André Flahaut (PS), Laurent Louis a formé ces 4 dernières années un duo comique n’ayant rien à envier à Laurel et Hardy.

    • Je ne parle pas ici de Laurent Louis, comme politicien mais uniquement de sa proposition, évidemment pas « urgente » et qu’il a présenté de telle façon qu’elle ne pouvait être acceptée. Il existe pourtant des érudits, théoriciens, en-dehors de la politique partisane professionnelle, qui proposent d’appeler sérieusement le système belge, taxé depuis longtemps de particratie, d’oligarchie (gouvernement par un petit groupe). Il est vrai que de plus en plus, on voit apparaitre un personnel politique « permanent », « fils de ou fille de » (Toback, Michel, Olivier, Lutgen, Watelet, Mathot, Dardenne, De Croo …). Une oligarchie héréditaire dans un royaume (même symbolique), ça commence à faire « ancien régime ». Contrairement au système du tirage au sort, je crois qu’il est indispensable, actuellement, d’être bien initié avant d’être capable de prendre des décisions politiques durables. Mais il existe dans d’autres pays (la Suisse, surtout ou le Québec) des systèmes où la population peut, en groupe pas excessivement nombreux, par pétition, demander l’assentiment (votation suisse) du peuple avant d’inscrire un projet dans la loi ou de le retirer. Il est difficile de prétendre que ce système n’est pas une bonne forme pour réintroduire un peu de démocratie.

  • Bonjour à tous…

    En tant que président des bonnets rouges belge je vous affirme que cet article est de loin le mauvais et le plus déformant que j ai pu lire depuis longtemps.

    Il est vrai que notre vice président à rencontrer monsieur Louis mais aucunement pour nous joindre à eux. Mais pour discuter des objectifs de debout les belges…

    Ce n est pas la première personne du monde politique que nous rencontrons parce que nous les interressons ou les dérangeons.

    Je tiens à insister sur le fait que NOUS SOMMES APOLITIQUE ET LE RESTERONS…

    Président des BRB

    • C’est sûr que se rencontrer pour se prendre en photo en train de faire une quenelle est une idée de génie pour démontrer son apolitisme…

    • D’après mes informations, des contacts ont également eu lieu avec le PTB, Nation et La Droite. Ce n’est pas ce qu’on appelle de l’apolitisme.

      • Comme j’ai dis plus haut nous interressons ces gens la.

        Il est normal qu’en période pré-électorale ces gens la viennent manger à tout les râteliers.

        Maintenant nous pouvons les entendre sans pour autant se joindre à eux et c’est ce qui a été fait. Nous ne sommes alliés avec aucun de ses partis. Et restons totalement indépendant.

        Après pour ce qui est de la quenelle. Celle ci n’est un signe contestataire et rien de plus. N y voyez pas par la un signe de ralliement à leur parti politique.

        • Un signe contestataire ? Ou bien vous êtes ralliez au parti anti-sioniste ?
          http://alainsoral.files.wordpress.com/2009/12/elections_affiche.png

        • La quenelle un geste anti-système ?????

          Mais de quoi parlez-vous enfin…

        • Il faudrait dans ce cas expliquer ceci:

          Laurent LOUIS (MLD) – Page officielle
          il y a 11 minutes
          Voilà, c’est officiel, les Bonnets Rouges de Belgique collaboreront à l’avenir avec Debout les Belges. Mickaël Dethière, le Vice-Président des Bonnets Rouges sera en outre le responsable de Charleroi et notre tête de liste pour les prochaines élections. Acquitté en Cour d’Assises en 2002 pour avoir tué un pédophile qui abusait de lui depuis des années, Mickaël Dethière est un symbole pour Debout Les Belges ! Même si je suis idéologiquement opposé à la peine de mort, comment ne pas comprendre l’acte posé par Mickaël ? Mickaël Dethière a eu le courage que peu de victimes de pédophilie ou d’abus sexuels ont, surtout quand on sait à quel point les pédophiles et les violeurs peuvent exercer leurs vices en toute impunité en Belgique. C’est une fierté pour Debout Les Belges que Mickaël soit notre représentant sur Charleroi !

  • Je crois que ces discussions de nains de jardin seraient plus à leur place dans la rubrique « humour » qu' »actualité ».

  • Mickaël Dethière sera tête de liste de Debout les Belges à Charleroi en mai 2014.

    https://twitter.com/Laurent_LOUIS/status/421597490366787584

  • Les articles disent ce que certains souhaitent faire passer et sont compris tel que certains souhaitent les comprendre. Les BRB resteront apolitiques! Il n’est pas question d’association entre les BRB et qui que ce soit. Ces infos sont fausses et les déductions un peu rapide.
    Une réunion du comité BRB aura lieu de vendredi et un rapport de réunion sera déposé sur le groupe FB des BRB : https://www.facebook.com/groups/667931423258011/

  • L’histoire des bonnets rouges belges qui cherche une visibilité et un électorat ressemble à l’hitoire d’un humoriste qui cherche la publicité et un auditoire quel qu’il soit 🙂

  • ils sont six, indépendants, et aiment les quenelles…

    l’europe est sauvée !!

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