Résolutions 2014 : prenons-nous en charge

Feu d'artifice (Crédits Yann Caradec, licence Creative Commons)

Chers lecteurs de Contrepoints, sans m’éterniser sur le grand honneur qu’est pour moi de prendre part à la création de ce jeune média d’information, je voudrais profiter du nouvel an pour céder au périlleux exercice des bonnes résolutions.

Celle que je vous propose pour 2014, c’est : prenons-nous en charge. Pour m’expliquer sur ce que j’entends par là, laissez moi prendre comme exemple quatre domaines essentiels : santé, sécurité, éducation des enfants, et vieil âge.

Pour chacun de ces postes, permettez moi de vous poser deux questions : qui est en charge ? Et qui devrait l’être ?

Commençons par notre santé. Du corps de qui s’agit-il ? S’il ressent de la douleur, ou devient handicapé ou dégénérescent, qui en souffre ? Votre docteur ? Le directeur de la CNAM ? L’organisme qui émet des recommandations de santé publique ? Et de là, qui en est responsable, qui doit avoir le dernier mot, et le prendre ?  Une fois répondu à cette question, d’autres en découlent, telles que « dois-je suivre aveuglément les recommandations de santé publique sans m’informer par moi même ? » et « jusqu’où dois-je me soumettre corps et âme à un monopole aux mains des autorités syndicales (patronales comprises) et politiques pour cet aspect si critique de ma vie ? », et bien d’autres questions.

En ce qui concerne la sécurité, des questions similaires s’imposent naturellement : si quelqu’un s’en prend à ma propriété, à mes êtres chers ou à mon intégrité corporelle, que va-t-il alors se passer ? Si j’appelle les services d’urgences, viendront-ils ? Viendront-ils à temps ? Et sinon, quelle conséquences ? Dès lors, pourquoi ne pas se préparer, se rendre moins vulnérable, prévoir des solutions pour y échapper, savoir comment répondre, comment se former, comment s’équiper, pour réduire le danger de telles situations, ou encore, car nous ne sommes pas seuls, en parler avec les voisins, le quartier, au moins s’interroger sur qui est bien disposé pour surveiller et tenter de prévenir des dangers ?

Sur la question non moins importante de l’éducation des enfants, le monde d’aujourd’hui offre plus d’opportunités que jamais et quel meilleur service leur rendre que de développer leurs capacités pour qu’ils s’en saisissent ? Là aussi, on peut légitimement se demander si le monopole des autorités sur l’éducation est la meilleure solution pour les ouvrir au monde. D’autres solutions émergent en masse. Demandons nous comment nous pouvons les exploiter au mieux pour le plus grand plaisir, et le plus grand avantage, des enfants. Que peut-on, par exemple, leur apprendre à la maison, sans forcément que ce soit ni une classe, ni rébarbatif ? Quelle possibilité avons-nous de créer une école ? Comment leur désapprendre les choses fausses ou tendancieuses que l’école officielle aura passé du temps et des efforts à leur mettre en tête ?

Dernier exemple, le vieil âge. Dois-je laisser entre les mains d’une administration monopolistique et dans des syndicats (patronaux compris) le soin de prendre de force à mes compatriotes productifs pour me donner à moi ? Et s’ils ne voulaient plus ? Et si l’administration n’était pas aussi universellement bienveillante que j’ai passé ma vie à le considérer ? Et si le système actuel n’était pas aussi durable qu’on le dit ? Et si je me retrouve d’une façon ou d’une autre en incapacité ? Qui prendra soin de moi ? À quel coût ? Comment avoir suffisamment de réserve pour y faire face ? Puis-je partager des prestations de soins avec d’autres ? Que dois-je faire pour me préparer ?

Par ces quatre aspects vitaux, nous voyons bien certainement que, dans nos vies, il y a de la place pour la réflexion, et même pour l’action, en vue de reprendre nos vies en charge. Car qui d’autre est mieux placé que nous ?

Et quand commençons-nous ? En cette saison des bonnes résolutions, je vous soumets la question : quels premiers pas pouvons-nous commencer à faire dès maintenant, sur ce passionnant chemin ?

Bonne année 2014.