Hausse du tarif des autoroutes

1,14%, c’est en moyenne ce que les automobilistes français paieront en plus pour leurs passages sur autoroutes à compter du 1er février prochain.

Par Thibault Doidy de Kerguelen.

Exces-vitesse-autoroute

Les hausses seront en fait comprises entre 0,7 et 1,6%, le chiffre de 1,14 étant une moyenne nationale. Moyenne nationale calculée sur les tronçons et non sur le trafic, bien sûr…

Dans ces augmentations, est incluse l’augmentation de TVA. C’était notre séquence, « 9 Français sur 10 ne seront pas touchés par l’augmentation de la fiscalité ».

Le ministère tient à préciser que cette augmentation « est inférieure de 0,8% à la moyenne des hausses des dix dernières années ». Et pourquoi ? Grâce « à un dialogue plus exigeant » avec les concessionnaires d’autoroutes. Autrement dit, l’État délivre des concessions à des sociétés privées, qui en assurent le financement, la construction, l’entretien et l’exploitation en contrepartie de la perception d’un péage dont elles ne peuvent fixer le montant en liberté, l’État se réservant le droit d’exercer un chantage. Au fait, quel chantage ?

Les tarifs des péages restent encadrés contractuellement par l’État. Pourquoi ? Pourquoi ne pas considérer que si des entreprises privées gèrent les autoroutes, en conformité avec un cahier des charges, elles puissent en fixer le montant des péages ? Qui mieux qu’une entreprise privée maîtrise les critères de coût, de rentabilité et de prix psychologique ? SI l’État, dans le cadre de sa politique sociale ou économique estime qu’un tarif particulier doit être appliqué à telle ou telle catégorie d’utilisateurs, c’est à lui de prendre en charge les coûts générés par son choix politique. Pas à l’exploitant (c’est d’ailleurs ce qu’il se passe de la part de certains départements qui prennent en charge tout ou partie des frais d’autoroute des habitants de leur département dans des cadres précis).

Le juste prix est celui qui est le résultat de la loi de l’offre et de la demande. La correction du juste prix ne peut se faire que ponctuellement, partiellement et temporairement. La fixation autoritaire d’un prix par la puissance politique est toujours génératrice de dysfonctionnements graves.

Maintenant, on peut aussi imaginer que les autoroutes soient, comme ce fut le cas en France, intégralement gérées par la puissance publique. Mais alors, il faut savoir que l’équation qualité/prix et le pouvoir de fixer le prix sont différents, comme nous l’expliquait récemment Stéphane Montabert.


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