Immigration : l’opinion française se durcit par la droite

Visa Schengen immigration passeport (Crédits marco bono, licence Creative Commons)

L’opinion française se durcit sur le sujet de l’immigration. Quelles analyses en tirer ? Quelles menaces pour la société ouverte ?

Par Alexis Vintray.

Passport immigration stampLa nouvelle enquête réalisée par l’Ifop pour le magazine Valeurs Actuelles fait apparaître un « durcissement » croissant de l’opinion publique sur la question de l’immigration. Quelle que soit la question posée, les Français semblent en effet de plus en plus inquiets : en avril 2006, 62% des personnes interrogées pensaient qu’il « fallait passer d’une immigration subie à une immigration choisie », elles sont aujourd’hui 86% à formuler cette opinion soit 24 points de plus. Quand on leur demande si « on en fait plus pour les immigrés que pour les Français », 67% des sondés répondent oui contre 40% en avril 2006. Par rapport à une enquête de février 2007, les évolutions sont similaires : seuls 37% des Français pensent que « l’immigration est une chance pour la France » (contre 49% en février 2007) et 24% (contre 45%) que « les pouvoirs publics luttent efficacement contre l’immigration clandestine ».

Quand on rentre dans le détail, ce sont surtout les sympathisants de droite ou du Front National qui sont nettement plus conservateurs désormais. L’avis des sympathisants de gauche ne change que très peu : par rapport à avril 2006, le pourcentage de sympathisants de l’UMP et du FN considérant qu’on en fait plus pour les immigrés que pour les Français augmente de respectivement 41% et 27%, alors que la hausse n’est que de 8% chez les sympathisants de gauche. Dur de ne pas y voir la conséquence néfaste du discours « décomplexé » de l’UMP sur tout sauf les bons sujets.

Enfin, ce sont systématiquement les sondés qui habitent dans les communes ayant le moins d’immigrés qui sont le plus inquiets, même si l’écart est faible. « Seuls » 61% des sondés résidant dans des communes avec plus de 9% d’immigrés hors UE disent qu’on en fait plus pour les immigrés que pour les français, alors qu’ils sont 68% dans les communes avec moins de 1% d’immigrés hors UE… La tendance est identique quelle que soit la question : moins vous côtoyez d’immigrés, plus vous craignez l’immigration. Comme pour la prostitution, ce sont les moins concernés qui sont aussi les plus radicaux.

Une partie du ressenti est pourtant bonne, en particulier en raison des incitations perverses d’un système social français (Aide médicale d’État (AME), Couverture médicale universelle (CMU), etc.) auquel les Français ne sont pas si attachés que cela, comme l’avait démontré le sondage  Contrepoints-Opinea. Alors que l’accès aux prestations sociales devrait être lié au fait d’avoir cotisé pour y avoir droit, le clientélisme de la classe politique a fait du « modèle » social français un appeau pour ceux, qui, étrangers ou non, veulent tirer le plus possible du système sans rien verser. Quand on attire des quatre coins du monde non pour la créativité du pays ou le dynamisme de son économie mais pour la générosité et le laxisme d’aides sociales pléthoriques, on va au devant de graves problèmes.

Laissant déjà un gouffre de dettes (plus de 26 000€ par Français), le système social français dresse de plus en plus les populations entre elle et nourrit l’envie, le racisme et la xénophobie. L’attitude libérale, conditionnant l’assurance médicale au versement des cotisations dues et à la solidarité spontanée/charité privée, est la seule qui peut garantir une société ouverte et apaisée, dans laquelle les individus coexistent harmonieusement.

Face à la montée du repli sur soi et du racisme, qui osera enfin agir pour ces réformes nécessaires pour apaiser une société de plus en plus crispée ?

Méthodologie du sondage : échantillon de 1002 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas. Questionnaires auto-administrés en ligne du 23 au 25 octobre 2013. Détails du sondage ici.