La France 1er exportateur mondial d’électricité

L’Allemagne souffre de l’instabilité de sa production causée par les renouvelables.

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La France 1er exportateur mondial d’électricité

Publié le 14 novembre 2013
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Par Jean-Pierre Riou.

L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) a publié ses statistiques 2013.

La France y est classée premier exportateur mondial d’électricité (p. 27). Une telle place dans un domaine aussi stratégique que la production d’énergie est d’autant plus réjouissante que l’électricité française est une des moins chères du marché et que seuls 14% de sa production sont responsables d’émission de CO2. Cette performance méritait d’être signalée.

L’Allemagne, quant à elle disparaît du top ten où elle figurait encore l’an dernier. La légende est pourtant coriace et nous rappelle constamment que la France importe massivement son électricité depuis l’Allemagne.

Qu’en est-il vraiment ?

La publication du 18/07/2013 de l’observatoire de l’industrie électrique explique les raisons de ces transferts d’énergie et mérite une lecture attentive. Nous y comprenons en effet que si les énergies renouvelables intermittentes n’ont produit, en Allemagne, que 13 % de son électricité en 2012, la puissance installée éolienne + photovoltaïque représente 5 fois la puissance nucléaire du pays, c’est-à-dire un peu plus encore que les 63,130 GW de puissance nucléaire française.

On sait que cette production est aléatoire et que, même en France, qui pourtant bénéficie de trois régimes de vent différents, elle a été capable ponctuellement de varier dans un facteur de un à 100 pour l‘éolien, c’est-à-dire entre 63 MW (le 15/11/2012 à 14 h) et 6198 MW (le 29/12/2012 à 15 h 30), ainsi que l’indique le site Eco2mix. On comprend ainsi pourquoi « un coup de vent sur la mer du Nord ou un rayon de soleil en Bavière » activant les 63,9 GW intermittents allemands sont de nature à compromettre la sécurité du réseau électrique européen.

Ce document de l’observatoire de l’industrie électrique explique en effet les difficultés imposées à la France par cet afflux massif d’électricité, qui oblige EDF à moduler la puissance de ses réacteurs et même à les arrêter, notamment lors de la période de Noël 2012. En effet, le 25 décembre 2012, la puissance éolienne allemande dépassait les 18000 MW, entraînant le MWh, pendant sept heures de suite, au cours négatif de moins 200€ ! Ce matin-là, il aura fallu payer les acheteurs plus de 40 millions d’euros pour qu’ils débarrassent l’Allemagne de 208 000 MWh indésirables, capables de faire disjoncter en chaîne le réseau allemand. De tels éléments relativisent largement l’intérêt de certaines exportations coûteuses.

Pour bien comprendre les importations françaises d’électricité allemande, il faut enfin savoir que lorsque la France achète de l’électricité à l’Allemagne, elle en revend au même moment à la Suisse et que ces accords commerciaux, liés au cours du MWh, n’entraînent même pas obligatoirement le passage effectif de ce courant par nos frontières. Il peut en effet directement passer de l’Allemagne à la Suisse en étant pourtant comptabilisé contractuellement comme une importation française depuis l’Allemagne. Est-ce la volonté de présenter la transition énergétique de l’Allemagne comme modèle qui amène à occulter les performances françaises et à travestir les problèmes allemands ?

Le rapport 2013 de l’AIE est établi d‘après les données 2011. Le bilan RTE 2012 indique une augmentation en France de 757 MW éoliens et 1012 MW photovoltaïques. Parallèlement, la production a subi une très légère baisse (moins 1,6 TWh) et une baisse plus marquée des exportations (moins 11,5 TWh), tandis que le CO2 augmentait de 2,1 millions de tonnes en raison d‘un recours accru au charbon.

Souhaitons que la France ne se trompe pas d’orientation.

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  • Il y aurait une bonne solution pour consommer efficacement ces excédents d’électricité : le chauffage électrique ! Certes, une hérésie quand on voit les coûts de production, mais une évidence auquelle les verts devront se résoudre pour leur verte énergie…

  • Se pose la question de savoir si l’électricité d’origine éolienne « made in France » profite aux seuls consommateurs français qui financent les parcs éoliens sur le territoirenational, et ce via la contribution au service public de l’électricité , car si cette électricité éolienne est exportée ( ou l’équivalence de sa production ) alors pourquoi aurions nous à financer les installations de développeurs étrangers ?

    http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i1404.asp

    2ème objectif : Limiter la hausse des prix de l’électricité pour les ménages.

    « Conséquence d’une succession de décisions passées, la politique énergétique française se résume à une gestion de l’urgence. La hausse des tarifs réglementés de 5 % du 1er août 2013 n’est qu’une étape, et sans doute faut-il s’attendre à ce qu’il y en ait d’autres d’une ampleur similaire. Il n’est que de rappeler les montants d’investissements à réaliser sur le parc nucléaire, estimés à 55 milliards d’euros par la Cour des comptes, le poids du financement des énergies renouvelables et des tarifs sociaux, couverts par les charges de CSPE, qui atteindront 10 milliards d’euros annuels en 2020, pour mesurer à quel point les inquiétudes de nos concitoyens sur la hausse de leur facture d’électricité sont fondées. »

    • Vous avez tout à fait raison. L’association « Sauvons le Climat » a fait la démonstration (décembre 2012 par exemple) de l’exacte corrélation entre chaque MWh éolien supplémentaire produit et chaque MWh supplémentaire exporté, vérifiable sur le lien http://sauvonsleclimat.org/donneestechniqueshtml/analyse-graphique-des-donnees-du-site-eco2mix-rte-sur-la-production-francaise-delectricite/35-fparticles/1177-analyse-graphique-des-donnees-du-site-eco2mix-rte-sur-la-production-francaise-delectricite.html

      • Mais alors nous payons très cher pour que les voisins bénéficient d’une électricité française excédentaire qui est pratiquement « donnée » et même dans certains cas oû notre compte CSPE est débité ( donc plus de charges pour le consommateur ) pour que ces Mwh soient enlevés !!!

        Et l’on nous oblige à poursuivre dans cette voie !

        http://www.enerzine.com/14/16455+notre-obligation-cest-daller-vers-les-energies-renouvelables+.html

        enerzine.com | 30-oct.-2013 07:50

        « Notre obligation, c’est d’aller vers les énergies renouvelables »
        « A l’occasion du dernier colloque de l’Union Française de l’Electricité (UFE) qui s’est tenu le 22 octobre, le Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie a clôturé la journée par un discours sur la transition énergétique, où il a notamment réitéré son appel à réduire la consommation finale d’énergie de 50%, d’ici 2050.
        …/…
        « En effet, pour l’UFE, l’industrie électrique est aujourd’hui confrontée à plusieurs difficultés conjoncturelles et structurelles : l’essor des énergies renouvelables, dé-corrélé de la demande réelle, entraîne des surcapacités de production ; la conception du marché de l’électricité ne garantit plus ni la sécurité d’approvisionnement ni le financement des investissements très lourds à entreprendre ; le marché ETS (système communautaire d’échange de quotas d’émission), sur lequel l’Europe a fondé tous ses espoirs dans sa lutte contre les émissions de CO2, s’est effondré ; la crise économique et financière amplifie d’autant tous ces dysfonctionnements. »

  • Il faudrait insister sur le fait que le réseau électrique allemand est devenu hautement instable en raison de l’apport de l’éolien pratiquement ingérable et qu’il n’est pas à l’abri d’un black-out qui se généraliserait à toute l’Europe par un effet « boule de neige » des disjonctions en série. Vous savez ce que signifie un black-out. Il entraine automatiquement un découplage du réseau des réacteurs nucléaires automatiquement mis à l’arrêt pour une durée indéterminée car un black-out européen pourrait durer plusieurs dizaines d’heures. Inutile de décrire les conséquences … Le réseau électrique français est le plus stable d’Europe continentale et il sert à stabiliser les réseaux adjacents, c’est la raison pour laquelle la France est « exportateur » d’électricité et EDF le fait payer cher à ses voisins. Quant à utiliser l’énergie éolienne pour le chauffage domestique, c’est une vue de l’esprit car justement l’énergie éolienne passe par le réseau général. Ce réseau est constitué d’autoroutes que sont les lignes THT (400000 volts) et tout un maillage secondaire de tensions décroissantes jusqu’au 220 volts final. Je prendrai une comparaison pour illustrer l’impossibilité d’acheminer directement l’énergie d’origine éolienne (hautement fluctuante) vers les habitations sans passer par le réseau général : on ne fait pas rouler un TGV sur des chemins de terre si la voie est inutilisable. En d’autres termes, il faudrait créer un réseau parallèle indépendant pour les énergies alternatives dites « vertes » afin de préserver la stabilité du réseau général, en quelque sorte des chemins de terre pour ne pas endommager le réseau alimenté par les sources constantes et garanties, qu’elles soient thermiques classiques ou nucléaires. Tant que le stockage de cette énergie théoriquement gratuite ne sera pas résolu, il y aura de gros problèmes. le seul stockage est le pompage de l’eau en altitude et le turbinage aux heures de pointe, ce que pratique d’ailleurs EDF à grande échelle. Conclusion, ces énergies alternatives posent beaucoup plus de problèmes qu’elles n’en devraient résoudre, sans parler de l’augmentation inexorable des factures d’électricité pour financer ces élucubrations d’écologistes !

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Oui, mais il y a plusieurs problèmes : regardons la journée ensoleillée du 28 juin sur les diagrammes de RTE (eCO2mix)

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