Université d’été de La Rochelle : le PS veut faire gagner la démocratie contre l’extrême droite

Université d’été du PS : au lieu d’axer toute sa réflexion sur les politiques à mener pour redresser la situation économique de la France, le PS continue d’agiter des épouvantails.

Université d’été du PS : au lieu d’axer toute sa réflexion sur les politiques à mener pour redresser la situation économique de la France, le PS continue d’agiter des épouvantails.

Par le Parisien libéral.

Quel titre paradoxal, que celui de cet atelier de l’Université d’été 2013 à la Rochelle. Faire gagner la démocratie contre l’extrême droite…

La définition classique de la démocratie, c’est un système politique dans lequel la souveraineté est attribuée au peuple qui l’exerce de façon :

  • directe lorsque le peuple adopte lui-même les lois ;
  • indirecte lorsque le régime repose sur des représentants tirés au sort ou élus par les citoyens (on parle alors de démocratie représentative) ;
  • semi-directe dans le cas d’une démocratie indirecte dans laquelle le peuple est cependant appelé à statuer lui-même sur certaines lois, par référendum, qui peut être un référendum d’initiative populaire, soit pour poser un veto à un projet de loi, soit pour proposer un projet de loi.

En France, on adore la démocratie, mais pas trop quand même. De quand date le dernier referendum d’initiative populaire ? Ni Sarkozy, ni Hollande ne semblent goûter l’outil. D’ailleurs, la France est-elle une démocratie ? Oui, mais loin d’être parfaite ! Il n’y a qu’à voir le classement de The Economist ou d’autres organismes tels que Transparency International pour voir que nous pouvons faire des efforts.

Et puis, si les Français décidaient d’élire des représentants de l’extrême droite, dans le cadre prévu par les lois de la république, ne serait-ce pas démocratique ? Les Français ont élu des représentants de l’extrême gauche, certains contestant même la légitimité de la Veme République. Sont-ils plus légitimes que l’extrême droite ?

Le PS semble s’inquiéter du rejet par une partie de l’UMP du projet de mariage pour tous – et c’est un raccourci, puisque l’UMP n’a pas de position sur le sujet –, du fait que des individus contestent la légitimité des élus (de la majorité) et d’un rapprochement entre la droite et l’extrême droite.

Le PS se soucie-t-il de la même façon du rejet par une grande partie du spectre politique du projet de l’Aéroport Notre-Dame-des-Landes et du fait que des individus d’extrême gauche contestent la légitimité des élus, notamment en s’attaquant aux permanences des élus, à Paris par exemple ?

Le PS regarde-t-il avec la même attention le rapprochement entre une partie de la gauche et son extrême gauche ?

En ce qui concerne le mariage pour tous, puisque le PS insiste sur le sujet, rappelons qu’il y a des élus de droite et du centre qui étaient pour le projet (Franck Riester, Benoist Apparu, Jean-Louis Borloo, Roselyne Bachelot, Jean-Christophe Lagarde et Yves Jégo ) tout comme il  y avait des élus de gauche opposés au mariage pour tous (Nestor Azérot, Gabriel Serville, Alfred Marie-Jeanne, Jean-Philippe Nilor, Huguette Bello, Bernadette Laclais, Jérôme Lambert,  Jean-Philippe Mallé et Patrice Carvalho). Il n’y a donc pas d’un coté des conservateurs, de l’autre des « progressistes ». Le mariage pour tous, un projet conservateur, a été adopté par une gauche en France et par les Tories et Libéraux Démocrates en Angleterre.

Que le Front National au pouvoir ne soit pas une bonne chose, les défenseurs des valeurs des démocraties libérales en conviendront. Mais l’extrême droite, qui s’incarne dans le FN en France, parti porteur d’un projet socialiste au plan économique – véritable parti socialiste car nationaliste assumé, serait-on même tenté de dire avec une pointe de provocation –, ne fait que reprendre, dans son programme, les idées que défendent ou prônent les partis au pouvoir actuellement : action forte de l’État et dirigisme.

Les « démocrates » auto-proclamés feraient bien mieux de travailler leurs programmes et leurs actions, au lieu de s’attaquer à celui des autres – d’autant qu’ils sont aujourd’hui au pouvoir et on peine, depuis un an, à comprendre quelle est l’orientation de leur politique. Le PS est dans un dangereux jeu de rôle en agitant le danger de l’extrême droite. Même dans sa critique, il sait qu’il se trompe. Un seul exemple : la question de la sortie de l’Euro et l’impact sur la dette. Oui, on peut sortir de l’Euro. Il « suffit » pour cela de promettre de ne pas rembourser les créanciers étrangers et de capturer l’épargne des français. C’est de toutes façons ce qui est arrivé à de nombreuses reprises en France, de par le passé.

En réalité, les seuls adversaires idéologiques des deux Fronts (de Gauche et National) sont les libéraux. Faiblement représentés dans la sphère médiatique et politique, certes. Au plan politique, un petit parti tente néanmoins de porter leurs idées : le Parti Libéral Démocrate (membre de l’UDI) qui assume son fédéralisme européen, son libéralisme économique et sociétal ainsi que son rejet du dirigisme.

Si les Français choisissent de voter FN, la démocratie n’est pas trahie, surtout dans un contexte où les affaires qui minent l’UMP aussi bien que le PS (Andrieux, Guerini, Dalongeville, ISF du Président de la République) minent la confiance envers les élus. Elle est simplement utilisée pour amener au pouvoir des gens encore plus étatistes que les gouvernants actuels. C’est plutôt par le renouvellement du personnel politique, par la lutte contre le socialisme et par le recentrage de l’action publique sur le domaine régalien de l’État, afin d’éviter la faillite, en plus de l’empiétement sur nos libertés, que passera la résistance aux deux Fronts, de Gauche et National.

Mais tout cela, le PS semble s’en moquer, et préfère au contraire un FN au plus haut niveau possible, avec des élus, comme cela s’est produit avec Marion Maréchal le Pen.


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