Économie française : la rentrée sera chaude !

Lorsque la réalité économique nous rattrapera, à la rentrée, il nous faudra admettre et comprendre que la récession est là.

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Économie française : la rentrée sera chaude !

Publié le 17 août 2013
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Lorsque la réalité économique nous rattrapera, à la rentrée, il nous faudra admettre et comprendre que la récession est là.

Par Jean-Luc Ginder.

En ce mois d’août en France, malgré l’optimisme affiché par le gouvernement suite à un frémissement de croissance, on peine à déceler la moindre reprise à l’horizon…. D’après les derniers chiffres, la France pourrait même bientôt avoir besoin du soutien de la Banque européenne et cela peut être dès le mois d’octobre. Car en septembre, le gouvernement français devra établir son budget pour 2014 et là, il va falloir admettre cette vérité : le pays est au-dessus de 4% de déficit public par rapport au PIB. Il nous faut comprendre dès à présent que cela ne sera pas du goût des investisseurs qui pourront en toute évidence raviver la crise de la dette française, tout comme en Italie et en Espagne.

En cette période estivale, nous rêvons encore sur notre nuage. Normal. Mais lorsque la réalité économique nous rattrapera, à la rentrée, il nous faudra admettre et comprendre que la récession est là, que le déficit public est plus élevé que prévu, et de surcroît, que les mesures prises depuis le début de l’année ne vont malheureusement pas dans le bon sens. Nous vivrons à la fin de cet été, l’inévitable, mais si prévisible crise de la rentrée, avec sa commune dégradation des marchés. Cette dégradation sera particulièrement violente cette année et il serait souhaitable de nous y préparer psychologiquement.

Nous sommes, en ces temps de vacances dans le sens propre de vide, vacuum, dans une période de fausse tranquillité en  raison du si normal paradoxe français. Un pays, qui est un pays d’Europe du sud avec tous ses déséquilibres si caractéristiques, mais sans les réformes de l’Europe du sud, tout en ayant les taux d’intérêts de l’Europe du Nord. Ce paradoxe ne va pourtant pas durer et la France va être rattrapée par un choc de la dette. N’oublions pas que la France est à ce jour le plus gros emprunteur en Euros du monde (200 milliards). Il est incontournable qu’un choc de clarification de modèle économique voie le jour. Et là se jouera la vraie partie économique de l’année : soit le pays passe sous la tutelle de l’Europe ou du FMI avec les indispensables réformes, soit l’appareil de production compétitif est relancé et le marché du travail libéralisé, ceci accompagné d’une diminution des dépenses publiques (impensable au vu de l’état actuel de l’Hexagone).

1. Émissions d’emprunts en euros zone européenne (Source ING).

Au fond, il suffirait de retrouver le sens de la production, de l’investissement et de l’innovation. Pourtant à tous niveaux, nous restons obstinément dans le déni de la crise. Souvenons-nous en juin encore, on taxait et « retaxait » pour soutenir la dépense sociale, cassant ainsi en toute logique mécanique l’appareil de production et en coupant par conséquence l’économie française de toute source de financement externe à la manne publique. La surchauffe se dessine pour l’automne et comme déjà annoncé, pour ne rien arranger, notre PIB de fin 2013 sera inférieur à celui de 2008.

En toute transparence, la rentrée se présente sous forme de récession économique avec un taux de chômage record et une profitabilité des entreprises la plus basse d’Europe. – Septembre chaud et octobre torride – voici la prévision. Tous les moteurs de la croissance viennent de bloquer net : pouvoir d’achat -0,4%, taux d’investissement -3%, et des exportations qui dévissent plus vite que les importations (pour la première fois depuis 2010, le déficit passe sous la barre des 30 milliards d’euros). Le déficit public sera à 4% et la dette française à 95% du PIB.

Rien à ajouter à ce constat sauf une injonction de circonstance : « Chaud devant….. »

2. Commerce Extérieur de la France (Source Douanes).
3. Pouvoir d’achat (Étude 60 millions de consommateurs).
4. Récession de la France (Source Insee).
5. Profitabilité des entreprises en Europe (Source OECD).
6. Taux de chômage en France (Source Insee).
7. Déficit budgétaire 2013 (Rapport Carrez) .
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  • Rendons cet hommage à la France : rarement un pays a mis autant d’application et de bonne volonté à se ruiner. La totale.

    – on commence par remplacer une bonne équipe au milieu du gué

    – le nouvel attelage est fait d’une bande de débutants sans aucune compétence, dogmatiques plutôt que pragmatiques, et totalement à côté de leurs pompes.

    – d’emblée, on déclare la chasse aux riches, et on ne trahit pas cet idéal discutable : il ne faut surtout pas leur faire de « cadeaux » (voir chapitre précédent. Donc, les capitaux se tirent en pantoufles.

    – comme il est fatiguant et sujet à critiques de réformer ce pays arriéré, on laisse tout en l’état, la dette se creuse, et on matraque les classes moyennes, qui se barrent ou agonisent.

    – alors, on désigne l’ennemi, la bonne vieille technique pour fédérer les patriotes : le méchant Sarkozy, l’Europe, le FMI, Mme Merkel, St Médard, la mondialisation, la cruelle finance internationale, et le monde entier qui fait du dumping social pour ennuyer la France …

    Donc, on continue à claquer de l’argent inutile, à faire de grandes parlottes sur les sujets les plus anodins, à tirer à vue sur tout ce qui risquerait de bouger, à tenter de capturer au lasso les « mauvais français » expatriés, à « réformer la société » (?), en se disant que si tous les autres pays se redressent, la France finira bien par en profiter un peu.

    Ce pays de la gastronomie se contente désormais d’attendre les rogatons des autres …

  •  » le sens de la production, de l’investissement et de l’innovation  »

    Le sens de la production n’est pas d’ordre économique, il est dans les attitudes mentales, il est d’ordre quasi mystique.

    Rien ne se fera d’un peu dynamique sans débloquer les gaz de schiste, les OGM et autres crispations névrotiques.

    Avec l’état d’esprit d’aujourd’hui on ne construirait rien de ce qui fait de la France un musée établi dans un verger bucolique bordé de mers et longé de montagnes, qu’habitent des nains de jardin poètes rêveurs et rétrogrades, vivant à crédit, que les leaders moustachus et obscurantistes conduisent vers les abîmes repeints en paradis champêtre.

  • Je discutais par téléphone avec ma fille il y a quelques jours et elle m’a déclaré appréhender le dernier mois de mensualisation des impôts sur le revenu de son ménage. Elle prévoit un mois complet de salaire d’augmentation des impôts sur le revenu sans prendre en compte la CSG qui n’est rien d’autre qu’un genre de flat tax qui ne veut pas dire son nom. Par ailleurs plus d’un million de « nouveaux » foyers fiscaux émergent également en cette fin d’année 2013. Après le frémissement des cartables, crayons et cahiers, les derniers mois de l’année vont être effectivement particulièrement moroses

    • Idem : je m’attends à un doublement de mon IRPP cette année, déjà qu’il a augmenté de 1300 % l’an dernier.

  • Vous ne dites que des contre-vérités. La réalité officielle veut que la croissance repartent. Vois avoir commis un crime-pensée et devriez être arrêté et être exécuté pour crime de haute-trahison.

    • Avec l’aide de médias complices, tous les dogmes officiels et imbéciles sont autorisés.
      En seriez-vous – Herr Stasi – l’illustration le plus parfaite ? J’ose croire que non, en espérant que vous ayiez joué ici d’un subtil humour …

  • ben, vous n’avez pas de chance, vous les français; moi je suis rom et quelle n’a pas été ma joie de bénéficier d’une récente décision de justice qui consiste à verser 75 euros d’indemnité par jour à des Roms déplacés de leur campement et sans proposition de logement. « Cette annonce en Roumanie a provoqué un enthousiasme fanatique pour le départ, départ jusqu’ici limité.

    • Alors qu’il serait si simple de réquisitionner quelques places dans les logements des membres de RESF qui ne pourraient refuser.

  • Depuis l’émergence de la situation financière dramatique de la Grèce, les Français ont peur.
    Une grande majorité demande de manière pressante de baisser drastiquement toutes les dépenses publiques (état + collectivités locales + système social).
    Mais le peuple qui en a marre n’est toujours pas entendu.
    On le taxe davantage mais aucune baisse des dépenses n’est constatée.
    ça ne peut plus durer.
    L’hypothèse d’une mise sous tutelle serait, à mon avis, la bonne solution car les politiques ne veulent entreprendre aucune réforme d’envergure.
    La mise sous tutelle permettrait de bloquer les emprunts .
    Seule une privation de ressources empêchant le paiement des salaires d’une population fonctionnarisée non productive et le lancement de grands travaux sans argent , pourra débloquer la situation.

  • Joli, mais pas surprenant.

    Mais une nouvelle épouvante va s’abattre à la rentrée sur la France ::
    désormais, tous les pays d’UE devront rentrer un budget reprenant les déficits de l’Etat central, mais aussi des collectivités locales et des communes !!!

    Là, les comptes vont enfin devenir limpides, et ça va saigner !

    • Chers amis,

      Je suis silver et gold Toronto mines addict depuis 2006

      Et la j’achète massivement a nouveau depuis mai/juin 2013
      Je pense qu’on va faire des fois 10…..

      Jai 5/6 pépites

      Livrets A et Assur vie vidées avant le defaut

    • @ mps
       » les déficits de l’Etat central, mais aussi des collectivités locales et des communes !!! Là, les comptes vont enfin devenir limpides, et ça va saigner  »

      Pourquoi , ce n’était pas déjà le cas ?

  • Tout y est dans ce résumé de la situation. Hormis un paramètre: les primes de risque. Si certains ne mesurent pas l’impact d’une hausse des taux d’emprunts en faisant, peut-être, un transfert simpliste de leurs propres relations avec un banquier, les emprunts de l’Etat ne sont pas régis par le même principe. Non seulement, pour simplifier, il y a le principe d’offre et de demande qui fixe les taux, mais la hausse de la prime de risque s’applique aussi aux emprunts déjà faits et non remboursés. Un taux d’emprunt est fixe tandis que la prime de risque est négociable et donc variable, mais aussi sujette à spéculation.

    Il sera déjà difficile pour la France de subir une hausse des taux d’emprunts avec une hausse déjà avérée du déficit de plus de 3milliards, mais subir les conséquences d’une hausse inéluctable de la prime de risque sur les emprunts précédents non remboursés et ceux contractés cette année, va nous conduire dans la spirale d’un endettement sans précédant. Certes, il y en a aussi pour se rassurer avec la valeur du patrimoine français. Mais, un débiteur aux abois n’obtient jamais le prix espéré, ou estimé, pour ses biens, et subit le bon vouloir de ses créanciers.

    Quant à l’intervention providentielle de la Bce, elle ne pourra pas faire face au besoin de la France, les besoins étant déjà conséquents avec d’autres pays du sud. Le cumul en numéraire de la dette de l’Espagne (922,9 milliards d’euros), de la Grèce (305,2 milliards d’euros) et du Portugal (208,3 milliards d’euros) s’élève à 1436,4 milliards et ne représente que 76,8% de la dette française qui s »élève à 1870,3 milliards; l’Italie, quant à elle, ayant déjà une dette de 2034,8 milliards d’euros. Autant dire que la Bce ne pourra pas faire face à tous les besoins. Par ailleurs, dans le « programme de stabilité » financière portant sur la période 2013-2017 présenté par le gouvernement qui prône inlassablement l’optimisme, la dette selon eux devrait représenter 94,3% du PIB en 2014 sans variante des taux, ni de la prime de risque, et un Pib ajusté à un taux de croissance optimiste, alors qu’elle représente déjà 91,7% du Pib au 1er trimestre 2013.

    Par ailleurs, certains confondent austérité et bon sens économique. L’austérité c’est avoir les moyens d’être grand seigneur mais de préférer la sobriété, et non de vouloir paraître grand seigneur au détriment des autres. Mais même si le pouvoir actuel, dans éclair foudroyant de lucidité, reniait tous les fondements du socialisme, non seulement leurs électeurs paralyseraient le pays, mais de plus, même sans cela, il faudrait des mois, comme l’Espagne, pour espérer voir une inversion de tendance, pour réparer leurs ….. (au choix et encore ce serait un euphémisme ). Le socialisme est déjà dangereux mais le prévôt-socialisme libertaire c’est comme le socialisme nationaliste: l’euthanasie assurée.

    Avec un socialiste au pouvoir, l’an II n’est pas la fin de Louis XVI sans perruque mais bel et celui de l’avenir du pays et du nôtre. Un avenir hypothéqué, saisi, et bientôt en liquidation totale. Et comme dans toute faillite, il y en a pour se focaliser sur des droits d’inventaire, chacun n’a plus qu’à sauver ses meubles. Après l’exil, l’exode.

    • C’est faux (la dette française qui s’élève à 1870,3 milliards). Elle est de 4000 millards si l’on incorpore les retraites des fonctionnaires et autres dettes oubliées (non provisionnées, oups)

  • Et même si….L’Etat va continuer à fermer les yeux. Ils commencent même à lire contrepoints. C’est dire qu’ils doutent d’eux même. Peut être cherchent ils des idées pour placer l’argent Suisse non déclaré sur des investissements plus « bisou compatible »…… Non, ce pays n’est pas foutu. Ce pays nage dans le cynisme et la médiocrité. Le pire est de la savoir, mais de ne rien faire. Le seul, l’unique pays au monde, l’exception Française….le pire exemple au monde ! Un mélange de Karl Marx sous « couvert » de démocratie et de libéralisme. C’est une honte, il n’y a plus de liberté. Sauf celle de cracher ses thunes pour des impôts, de plus en plus insupportables.

  • Et pendant ce temps, les taux remontent inexorablement (2,4% au dernier top, plus 23 pdb rien qu’en un mois
    ), dépassant les principales résistances pour les fanas d’AT. Prochain objectif supérieur à 3% : ouh, les vilains marchés !

    • La dette du Japon représente 240 % du PIB si je me souviens bien et cette dette comprend le « hors bilan » que les fonctionnaires de Bercy se gardent bien d’inclure dans la dette (déficits sociaux). Si les dépenses de l’Etat non provisionnées étaient incluses dans la dette on atteindrait comme au Japon 240 %. Si de surcroit il faut maintenant inclure la dette des collectivités locales et des communes, alors à coup sûr les investisseurs ne vont pas apprécier, l’automne sera chaud mais l’hiver glacial, réchauffement climatique oblige !

      • @jacqueshenry

        Faut-il s’attendre d’ici fin 2013 à une brusque remontée des taux d’intérêts qui mettra l’Eata et les collectivités locales en grande difficulté?

  • Je ne vois plus qu’une solution : envoyer la troupe piller la Suisse et dire merde au reste du monde, on vous remboursera jamais. Faut pas traîner, on aura bientôt plus d’armée.

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