Réforme des retraites : de l’audace M. Mariton !

L'UMP sous la houlette d'Hervé Mariton propose une réforme des retraites aux prémisses intéressantes mais qui ne va pas assez loin.
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Hervé Mariton

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Réforme des retraites : de l’audace M. Mariton !

Publié le 10 août 2013
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L’UMP sous la houlette d’Hervé Mariton propose une réforme des retraites aux prémisses intéressantes mais qui ne va pas assez loin.

Par Philippe Robert.

Nécessité faisant loi, dans l’optique actuelle d’une énième réforme des retraites que je ne conteste d’ailleurs pas, j’observe que le contre-plan de l’UMP piloté par Hervé Mariton n’est pas dénué d’intérêt : en particulier le retour de l’âge légal de la retraite à 65 ans (et 44 ans de cotisations à l’horizon 2020) ainsi qu’une convergence vers un régime unique pour tous.

En revanche, vouloir instaurer une retraite par points est une fausse bonne idée : en effet, cette innovation de façade, certes porteuse de plus de visibilité tout au long de sa vie pour le candidat à la retraite, repose toujours sur le système par répartition dont nul ne devrait ignorer que, quoi que l’on entreprenne pour le sauver, il est définitivement condamné par les faits.

Dans l’intérêt bien compris des Français, un véritable homme d’État devrait avoir à cœur de prendre en compte cette dernière réalité incontournable et proposer (à l’instar du Medef), par exemple, la mise en place d’un système de retraites à trois piliers : un pilier de base obligatoire par répartition, un pilier collectif de capitalisation et un pilier  individuel de capitalisation.

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  • Fillon propose également retour à 65 ans, puis avoir un régime unique à point, mais lui rajoute le développement de la capitalisation.

    • Merci de cette précision. J’ai entendu Mariton exposer son projet sur RMC l’autre matin. J’ai bondi moi aussi. Comment se fait-il que lui, même lui, lorsqu’il évoque le fait scandaleux que la retraite par répartition est sans cesse à réformer au gré des évolutions démographiques et économiques, n’envisage pas une part de capitalisation?

      Les français sont fans de l’assurance vie et pas uniquement pour des raisons bassement fiscales : Les français savent au fond d’eux qu’il faut de la capitalisation!

      L’UMP n’a toujours pas compris qu’avec des propositions « petit bras » elle ne reviendra pas au pouvoir avec une solide base électorale confiante. Ils reviendront hélas par défaut comme toutes les majorités successives. Sans ma voix.

  • Avec les trois piliers, la France ne ferait jamais que suivre la Belgique avec 40 ans au moins de retard 🙂

  • Je fais partie de la génération qui va se prendre la réforme en pleine tête! mais personne ne me plaindra, je suis dentiste. Je suis donc riche et ai un métier facile à exercer. Je peux donc travailler jusqu’à ce que mon dos, mes yeux, mes doigts n’en peuvent plus, personne ne me plaindra puisque depuis le début de mon exercice, je m’en suis mis plein les poches. Oui mais voilà, je considère que ce que je croyais être un privilège à mes débuts n’est qu’un leurre. En effet, mon corps fatigue, stresse. Par ailleurs, je vis très mal le sors réservé à nos fonctionnaires, nos dockers, nos agents edf, sncf etc.Non pas que je sois jaloux mais je hais l’injustice. Que dire de nos chers concitoyens bénéficiant d’avantages tels le rsa, la cmu,l’ame, comme çà, sans jamais avoir cotisé. Alors comme charité bien ordonnée commence par soi même, que Mr Mariton and co commencent par donner l’exemple en réformant leur propre système de retraite qui est un véritable scandale. De tout bord, les politiques auraient pu réformer en douceur depuis des décennies. A priori, le Chili a su donner l’exemple et plusieurs nations d’Amérique du sud ont adopté leur système. Pas étonnant que des rebelles commencent à poindre le bout de leur nez en se marginalisant du système de sécurité sociale national(cf claudereichman.com). En attendant, je vous en supplie, ne vous apitoyer pas sur mon cas; étant donné que mon régime de retraite complémentaire applique la loi stricto sensu, il n’interviendra que cinq années après ma retraite sécu. Comme mes années d’étude ne comptent pas, je ne disposerai pas de mes trimestres en temps et en heure. Je serai donc décédé avant d’avoir touché entre 1500 et 2000 euros /mois vers mes 70-75 ans! Oui mais voilà que ma vie aura été….riche!

    • tututut, pour les fonctionnaires il s’agit de justice, votre grand âge vous cause des fatigues soudaines.
      Pour ce qui me concerne je veux travailler jusqu’à mon dernier jour. Je reconnais 1 que mon travail, certes très intellectuel, est aussi mon loisir 2 que je suis facilement content de ce que j’ai.
      Et enfin la richesse n’est jamais d’argent, l’argent n’est qu’un moyen, pas une fin. On est riche de ses talents, de son expérience, etc, pas de son argent.

  • Ce qui est envisagé, tout parti confondu, ce n’est pas une réforme des retraites. Ce n’est qu’une solution ponctuelle au déficit des retraites. Une vraie réforme doit tenir compte de tous les paramètres intrinsèquement liés aux retraites, notamment, le chômage, la fonction publique et la fiscalité.
    Avec un taux de chômage qui ne cesse d’augmenter, quelles que soient les mesures prises, et du fait que chaque retraité, par la mauvaise gestion des retraites depuis des décennies, ne peut prétendre à percevoir ce qu’il a cotisé, le paiement des retraites s’inscrivent dans un processus de cavalerie. Ce ne sont plus les retraités qui financent leur propre retraite mais les actifs. Avec plus de 5 millions de fonctionnaires et déjà un déficit des retraites de la fonction publique de plus de 8 milliards d’euros, le tout payé par les contribuables, donc encore à la charge des actifs, en plus des retraités du privé, le taux de chômage élevé est là aussi un problème majeur.
    Avec une fiscalité écrasante, non seulement les retraités sont pénalisés sur le fruit de leur travail, après avoir étaient pénalisés du fait de travailler, mais de plus bien des actifs préfèrent exercer leur talent dans des pays moins castrateurs réduisant ainsi le financement par cavalerie des retraites. L’imagination et l’audace se résumant au logiciel de Bercy, il y a automatiquement une hausse des impôts et une spirale qui ne cesse d’étouffer le tissu économique.
    Dès lors, avoir de l’audace, c’est attaquer de front à tous les paramètres qui sont interconnectés: flexibiliser le droit du travail, réduire le nombre de fonctionnaires en optimisant les ressources et les moyens, revoir la politique fiscale pour la rendre moins confiscatoire, plus stable et lisible, et bannir les régimes spéciaux de la fonction publique payés par les contribuables. Mais comme ces paramètres ont à leur tour des paramètres interconnectés, il faut aussi revoir l’adéquation de l’enseignement et la formation (le financement de la recherche et de l’innovation ne sert a à rien si il n’y a pas de gens formés pour sa production), dépoussiérer le droit pour alléger les formalités administratives des entreprises et favoriser leur expansion sans les pénaliser (revoir le seuil de 10 et de 50 salariés pour favoriser la production de l’innovation car là aussi rien ne sert de créer si nous ne pouvons produire), optimiser la répartition territoriale de la fonction publique et une vraie réforme des collectivités territoriales afin d’en atténuer le coût (et non par un transfert de fiscalité), etc.
    Bref, il faut une vision d’ensemble avec un nouveau modèle, une nouvelle définition du rôle de l’Etat. Le reste ne sont que des patchs provisoires qui ne font que retarder les réformes structurelles de fonds indispensables. De plus, les caisses de retraites complémentaires sont devenues des usines à gaz financées par les cotisants, leur travail. Il faut dépoussiérer tout le système et permettre, aussi, à chaque salarié la possibilité de pouvoir créer sa propre rente complémentaire de retraite avec un seuil minimum et maximum pouvant aller de 300 à 1000 euros par an exonérés d’impôts sous la forme d’une assurance vie perçu en rentes mensuelles à la retraite avec une durée préétablie à la souscription et toujours exonérées d’impôts et transmissible en cas de décès sans frais, ni impôts. Pour les plus aisés, les placements en assurance vie actuels constituent déjà un capital complémentaire.
    Faire une réforme des retraites, tel que le préconise tout parti confondu, c’est traiter un symptôme sans traiter la maladie d’un Etat obèse. De la poudre aux yeux qui finira par nous rendre aveugles, en plus d’impotents.

    • Bonjour Tmatique, Ce député je le connais, c’est le mien, il est très actif et c’est un bourreau de travail. Il participe à beaucoup de travaux au sein du parti et à l’A.N. Il connaît ce vous énoncez de façon très explicite comme toujours mais c’est un politicien, ils avancent sur des oeufs. Alors comme vous dites, ils vont traiter le symptôme et encore mais pas la maladie. Par contre, vous préconisez (si j’ai bien compris) de sortir du système de répartition pour rentrer dans un système tout ou partie de capitalisation ? Créer sa propre rente complémentaire auprès d’assurances vie ? Oui, mais il faudrait que ces fonds colossaux versés soient garantie car le risque est grand en cas de placements douteux de ces compagnies d’assurances
      Nos caisses AGIRC/ARRCO en ont été victimes. Je crains que l’on ne s »en sorte jamais. Ne croyez-vous pas ? bien à vous.

      • En fait, Mia, à défaut de réduire le rôle de l’Etat aux strictes fonctions régaliennes, je pensais plus à une base correspondant aux cotisations de chacun ,avec la suppression des régimes spéciaux, et un complément annuel déductible dans sa totalité de la base imposable sous forme d’assurance vie dont chacun peut choisir dans une tranche donnée le montant, la durée et les modalités de versement à la retraite. Un peu le principe de la défiscalisation des heures supplémentaires, mais pour une prévoyance retraite propre à chacun en fonction de ses revenus, modulable dans le temps dans une fourchette qui limite le clivage fiscal entre les petits et gros revenus et s’adapte en fonction des fluctuations de la vie. Le minimum de 300 euros, par exemple, par an c’est 25 euros par mois soit sans intérêt qui resterait à définir par contrat privé disons un capital minimum de 12000 euros et un maximum de 40000 euros en 40 ans (autre exemple) auxquels seraient rajoutés les intérêts cumulés. Chacun pouvant au fil des ans en fonction de ses revenus alimentés ce compte à souhait jusqu’à la limité annuelle de 1000 euros (c’est un exemple) tout en gardant la possibilité de pouvoir revenir aux 300 euros annuels à n’importe quel moment. Un compte épargne à dissocier des assurances vie traditionnelles, puisque complément défiscalisé de bout en bout. D’ailleurs, les étudiants ou chômeurs pourraient y souscrire si la gestion de leurs bourses, des petits boulots, des dons, de leurs allocations, etc. le leur permette sans les mettre en difficulté. Une suspension pour cause d’événement majeur pourrait même être envisageable sans la perte de capital et d’intérêt malgré une suspension provisoire de l’approvisionnement. Rien ne serait perdu même en cas de décès, ce qui n’est pas le cas des cotisations vieillesse qui elles en plus sont re-fiscalisées au moment de percevoir la retraite. Et puis, si il y a bien un secteur en France réglementé et contrôlé à outrance, c’est bien le secteur bancaire de détail, celui qui propose aussi des assurances vie. Mais ce n’est qu’une idée parmi tant d’autres qui n’a de sens qu’avec de vraies réformes structurelles visant à optimiser et à réduire l’interventionnisme de l’Etat.
        En l’absence de toute définition du rôle exact de l’Etat, je conçois qu’il soit difficile pour un élu de concilier les réalités économiques et sa carrière politique qui dépend de son électorat et de son parti, mais si aucun n’a le courage de faire passer les intérêts de la France avant sa propre carrière, je ne vois pas pourquoi nous devrions les payer avec nos deniers. Au plus de 40 vice-présidents de région, si nous rajoutons leur invention de Comité d’agglomération avec tous les postes payés par les contribuables, l’opacité de l’octroi de subventions, les embauches de complaisance, etc. il y a quand même de quoi leur faire avaler les bulletins de vote! De plus, Mariton est un soutien de Xavier Bertrand dans la course à la présidentiel de 2017, comme si l’heure était à un inventaire quelconque sur des mesures prises et non prises dont eux-même sont aussi les instigateurs et à une conquête de pouvoir! De plus, chacun peaufine ce que Sarkozy avait déjà commencé, la vision d’ensemble en moins. Je préfère de loin l’original aux copies version chiraquienne.
        Ceci étant, je ne doute pas que Mariton, comme d’autres élus, ne tente pas de faire de son mieux. Mais le mieux dans la médiocrité ne va pas résoudre le problème de l’obésité de l’Etat. Par ailleurs, tout élu gravitant les échelles du pouvoir se coupe du terrain pour n’écouter que les conseillers dont il s’entoure, ou de leurs proches qui sont tout aussi dans leur bulle. Ainsi, même un Boorlo, proche des habitants en tant que maire de Valenciennes, est devenu en tant que député inaccessible pour les valenciennois et autres nordistes. Idem pour d’autres députés. Tout est sujet à protocole, à médiatisation. Fini les discussions autour d’un café, voire même dans la rue ou dans un commerce. Même certains, en fonction des communes et de leur notoriété au sein d’un parti sont devenus inaccessibles. Les élus sont devenus une caste et nous presque les dalits. Pour savoir ce que pense les français, ils ont obligés d’avoir recours à des gens chargés de lire les interventions sur les blog, forum, et autres réseaux sociaux. Encore un filtrage qui ne vaut pas le terrain comme chacun de nous le vit à son échelle.
        J’avoue que la désespérance de Ac sur le gouvernement actuel et la politique dans son ensemble commence à déteindre sur moi car au plus les français élargissent leurs horizons au plus le monde politique s’isole et se coupe des réalités. J’aurai aimé vous donner un message d’espoir mais pour l’heure je crains fort que nous ne devions nous contenter d’annonces au rabais et de people politique. À moins qu’il n’y ait un coup de semonce les faisant tous réagir?

  • un cotisant une retraite , ni plus ni moins pour les autres si nécessaire l’aide sociale du contribuable avec reconnaissance de dette.

    • Le gouvernement a peur des syndicats
      Il n’y aura pas de reforme des retraites à la rentrée mais un nouveau matraquage fiscal , à la place.

      Il est temps que tout ce m…. leur explose à la gueule

      http://www.lefigaro.fr/retraite/2013/08/12/05004-20130812ARTFIG00441-retraites-la-duree-de-cotisation-n-augmenterait-pas-avant-2020.php

      • Il ne faut pas baisser les revenus de retraite actuels perçus par les retraités car ils constituent un moteur essentiel de notre économie

        http://video.lefigaro.fr/figaro/video/reforme-des-retraites-l-inquietude-des-retraites/2628683664001/

        • La consommation, y compris celle des retraités, n’est évidemment pas un moteur.

          La consommation est une conséquence. Avant de détruire des biens, il convient de les créer. La création de richesses dans le cadre de l’échange volontaire est le seul et unique moteur de l’économie. Ceux qui créent absolument toutes les richesses d’un pays ne sont pas si nombreux. Ce sont les actifs du privé, salariés, investisseurs et entrepreneurs.

          Il suit que la retraite serait un moteur à la condition nécessaire et suffisante qu’elle corresponde à un travail productif, c’est-à-dire à une épargne investie dans l’économie que seule la capitalisation autorise. C’est ce qui explique pourquoi il conviendra d’abolir tôt ou tard l’impasse économique des retraites par répartition pour tous. On peut éventuellement imaginer réserver la répartition aux plus nécessiteux, sur le principe d’un minimum vieillesse, très faible pour éviter les effets d’aubaine, financé exclusivement par l’impôt et remboursé sur héritage quand il y en a un.

          Un exemple pour bien comprendre. S’il ne fallait pas financer à fonds perdus les retraites par répartition, le pouvoir d’achat des actifs serait mécaniquement plus élevé mais le pouvoir d’achat global de la population resterait inchangé. Ainsi, il est clair que la consommation des retraités bénéficiant de la répartition a un effet strictement nul sur l’économie. Ce n’est qu’un transfert de richesses, pas une création de richesses, encore moins un moteur.

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