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Comme la croissance ne vient pas malgré les coûteuses politiques de relance, les « spécialistes » affirment que c’eût été bien pire si nous n’avions rien fait.

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Publié le 11 juillet 2013
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Comme la croissance ne vient pas malgré les coûteuses politiques de relance, les « spécialistes » affirment que c’eût été bien pire si nous n’avions rien fait.

Par Guillaume Nicoulaud.

Pour venir à bout de la crise, déclara le Grand Prêtre, il faut élever un veau d’or au sommet de la butte Montmartre et inciter tous les Français à en faire trois fois le tour.

De là, deux possibilités :

  • Si la croissance revient, on en conclura que la méthode fonctionne.
  • Si la croissance ne revient pas, on affirmera que c’eût été bien pire si nous n’avions rien fait [1] et on en conclura qu’il aurait fallu faire huit tours plutôt que quatre.

Une chose que nous ne ferons pas, en revanche, c’est remettre en cause l’efficacité de la méthode. Elle est bonne et ce point ne souffre pas de contradiction. On peut ergoter sur la taille du veau d’or, sur le nombre de tours à faire et même sur l’emplacement de l’idole mais remettre en cause la méthode elle-même n’est pas envisageable. On en a excommunié pour moins que ça.

Comme vous le savez certainement, pour relancer la demande et donc la croissance, il faut que l’État dépense plus qu’il ne perçoit – c’est-à-dire qu’il doit exécuter quelques budgets déficitaires et donc s’endetter. C’est la base de la théorie keynésienne [2] et c’est l’avis que partagent l’immense majorité de nos politiciens (sinon tous) ainsi que les éminences grises qui écrivent leurs discours. Naturellement, le corollaire naturel de cette idée est que toute politique de réduction du déficit (sans aller, bien sûr, jusqu’à dégager des excédents [3]) est une politique d’austérité ou de rigueur ; et qu’une politique d’austérité ou de rigueur est nécessairement récessive.

Là-dessus, point de débat.

Il est en revanche permis de se demander comment, précisément, l’État doit dépenser l’argent ainsi emprunté. Certains expriment une préférence pour les grands travaux (construire des barrages ou des canons) ; d’autres préfèrent que l’on distribue cet argent via les systèmes d’aide sociale (les « stabilisateurs automatiques » ou la conscription) ; les derniers, enfin, recommandent un mélange des deux (un plan de relance ou une guerre). Après tout, peu importe la méthode, pourvu que le déficit des comptes publics soit important (et qu’on ait l’ivresse).

La référence absolue des partisans de la relance, c’est le New Deal de Franklin Roosevelt. De quelle ampleur fut cette mythique réussite ? C’est bien sûr très difficile à résumer en un chiffre mais – au regard de ce que nous avons écrit plus haut – nous allons tout de même le faire en utilisant le déficit budgétaire d’oncle Sam comme point de référence. De 1932 à 1937 donc, le New Deal s’est traduit par un déficit de 251 milliards de dollars de l’époque – soit une moyenne de 4,3% du Produit Intérieur Brut sur six ans.

Or voilà, même en faisant preuve d’un optimisme hollandien pour l’exercice en cours et le suivant, le déficit budgétaire de l’État français devrait attendre au bas mot 5% sur la période 2009-2014. C’est un minimum. Je ne suis même pas sûr qu’ils y croient. C’est-à-dire que, sauf miracle, la relance Sarkozy/Hollande aura très largement surpassé celle de Franklin Roosevelt.

Comme il semble que cela ne fonctionne pas, les spécialistes nous répètent que c’eût été bien pire si nous n’avions rien fait et qu’il suffit, pour obtenir les effets escomptés, de creuser encore un peu plus le déficit. De toute manière, comme disait ma grand-mère, après la pluie viendra le beau temps.


Sur le web.

Notes :

  1. C’est un élément de philosophie Shadok (d’où le titre de ce papier) : il vaut mieux continuer à pomper même si cela ne produit rien de bon que risquer qu’il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas.
  2. Du nom de John Maynard Keynes, son inventeur.
  3. Sur ce point, les disciples de Keynes tendent étrangement à s’écarter des recommandations du maitre.
Voir les commentaires (10)

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  • Votre dernière phrase prouve une chose : votre Grand-Mère est le principal conseiller de François Hollande.
    Il apparaît en effet de plus en plus clairement que FH et son gouvernement sont convaincus que la croissance reviendra toute seule d’une manière ou d’une autre.
    En attendant, ils font le dos rond et se consacrent pleinement à la seule chose qui les intéresse vraiment : modifier la société avec des réformes sur le mariage, l’école, le gender, etc et accessoirement réglementer tout et n’importe quoi (la cigarette électronique par exemple).
    J’espère que votre Grand-Mère est correctement rétribuée par l’Elysée.

  •  » l’on distribue cet argent via les systèmes d’aide sociale  » et au sens propre et au sens figuré, l’aidé social va planter ses salades dans son jardinet, sans se poser la question de la rentabilité de son geste et convaincu du bien fondé de son attitude; favorisant ainsi la non contribution aux circuits économiques plus larges dont il tire ses allocations.
    Je préfère les grands travaux, privés, en tous cas ceux qu’entreprendraient des investisseurs libres, que des réglementations castratrices et idéologiques n’interdiraient pas.

  • On injecte du curare au malade, et s’il fait des convulsions, on trouve qu’il en faudrait plus 🙂

    Chaque intervention « bienveillante » de l’Etat a un important coût direct, mais presque ridicule en comparaison de son coût indirect !

    Endettement et taxes tuent tout sur leur passage.

    Réalisez-vous que la Belgique, 6 fois plus petite que la France, a réduit ses dépenses d’un montant très supérieur à celui de la France, sans toucher pratiquement à l’impôt, aux fonctionnaires ni aux droits sociaux ? Et qu’encore, sans les écolos-PS, elle pourrait faire mieux ?

  • je doute que les politiques soient si idiots que ça, mais, ils considèrent la politique comme un métier et donc leur but est l’élection et non amélioration de la situation du pays, ils ont donc une trouille bleue de réformer véritablement en changeant de système, car il savent qu’à court terme il y aura beaucoup de mécontents, le bordel, et leur non réélection…

    Par exemple on ne réforme pas la sncf non pas par ignorance mais par peur des grèves..

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