Dé-civilisation occidentale

charognards

Le problème de l’Occident n’est ni un manque de naissance ni un trop plein d’immigration — mais sa propre dé-civilisation.

Le problème de l’Occident n’est ni un manque de naissances ni un trop plein d’immigration — mais sa propre dé-civilisation.

Un billet d’humeur de François-René Rideau.

Dans un pays où règne la civilisation, chaque habitant au cours de son existence produit en moyenne davantage qu’il ne consomme, et ainsi contribue positivement à la société. Aussi, davantage de population, par naissance ou immigration, chaque fois enrichit le pays. Et ni le renouvellement générationnel ni les migrations démographiques ne sont des problèmes, car les vivants se suffisent économiquement à eux-mêmes, ils gagnent leur vie, et n’ont pas besoin de vivre au crochet d’un autrui qu’il faudrait faire venir ou empêcher de partir.

À l’opposé, dans un pays en processus de dé-civilisation, où chaque nouveau citoyen contribue en moyenne négativement à la société, consommant plus qu’il ne produit, davantage de population, que ce soit par naissance ou immigration, ne fait qu’empirer les choses. Et en même temps, moins de population, que ce soit par moins de naissances et d’immigration ou par davantage de morts et d’émigration, ne peut pas sauver le pays ; au mieux cela ne peut que retarder un peu l’inévitable chute : le pays mange son capital, et retournera à la barbarie une fois ce capital épuisé.

C’est pourquoi le problème de l’Occident n’est ni un manque de naissances ni un trop plein d’immigration — mais sa propre dé-civilisation. Cette dé-civilisation, rapide pendant les guerres, et lente en période de paix, est aujourd’hui bien avancée ; elle est le résultat de deux siècles de ruine par la social-démocratie, cette guerre permanente de tous contre tous pour le contrôle de tout. Mais comme la source de cette ruine est cette religion totalitaire qui occupe tous les esprits, tous les postes de pouvoir, tous les médias, et tout le système éducatif, il n’y a aucune issue positive possible à l’évolution interne de l’Occident.

L’Occident mourra, c’est une certitude. La pourriture est au cœur même de l’arbre. Les morceaux putréfiés seront dévorés par des masses de petits et grands charognards venus du tiers-monde, et qui déjà sont accourus à l’odeur du mourant. Peut-être un sursaut sauvera-t-il quelques pays atypiques, qui après avoir observé le triste sort de leurs voisins, non seulement se couperont de l’infestation, mais surtout identifieront et aboliront la source de ce mal. Dans l’ensemble, il est fort peu probable qu’ils identifient le mal, si profondément ancré dans leur identité collective. Peut-être, après l’écroulement de l’hégémonie américaine, une invasion russe ou chinoise viendra-t-elle renouveler la civilisation ; mais cela suppose que ces pays eux-mêmes arrivent à cultiver cette civilisation. Là encore, rien n’est sûr, et le pire est plus probable que le meilleur.

Dans tous les cas, c’en sera fini de l’Occident (post)chrétien qui conquit un jour le monde. Il ne restera que des débris, de quoi reconstituer un musée d’une civilisation disparue, d’un peuple qui s’est suicidé au nom d’une religion auto-destructrice, pour laisser place à de nouveaux occupants certes barbares par de nombreux aspects, mais du moins pas suicidaires. L’un dans l’autre, le plus barbare des deux n’est pas celui qu’on croit.


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