France ou Suisse : quel est le meilleur modèle ?

La France ne devrait-elle pas revoir son modèle de société et s'inspirer de ses voisins helvétiques ?

La France ne devrait-elle pas revoir son modèle de société et s’inspirer de ses voisins helvétiques ?

Par Daniel J. Mitchell.

Lors de la conférence de l’European Resource Bank en juin, Pierre Bessard de l’Institut Libéral suisse évoquait lors d’un débat « le lien entre le poids de l’État et la prospérité économique ». Sa présentation comprenait deux diapositives qui valent vraiment la peine d’être partagées.

La première, fondée sur des recherches du Boston Consulting Group, examinait quelles juridictions avaient le plus de ménages avec plus d’un million de dollars de biens. La Suisse est de loin le vainqueur et vous ne serez probablement pas surprise de voir Hong Kong et Singapour obtenir de bons scores.

Hmm, je me demande si les bons scores de la Suisse (4e), de Hong Kong (1er) et de Singapour (2e) sur l’index de liberté économique du monde ont un lien avec leur prospérité ? Ceci est bien entendu une question rhétorique. La plupart des gens sensés comprennent déjà que les pays avec un marché libre et un État modeste surpassent les nations avec de grands États providence et beaucoup d’interventionnisme.

En parlant de cela, regardons la diapositive de Pierre qui compare les finances publiques suisses avec les chiffres lamentables des pays de la zone Euro.

La partie la plus impressionnante de ces données est le moyen que la Suisse a utilisé pour maintenir un fardeau de dépenses publiques beaucoup plus faible. L’une des raisons des résultats supérieurs des Suisses est le « frein à l’endettement », un plafond des dépenses publiques imposé par l’électeur et qui empêche les politiciens d’augmenter les dépenses plus vite que l’inflation et la population.

Maintenant, comparons la Suisse et la France, ce que j’ai fait au Free Market Road Show organisé à Paris par Contrepoints (conférence « Après la faustérité » du 15 juin 2013).

Dans le cadre de mon intervention, j’ai demandé à l’audience si elle pensait que son État qui consomme 57% du PIB lui donne de meilleurs services que l’État allemand qui consomme 45% de son PIB. Ils m’ont répondu non. Je leur ai demandé s’ils avaient un meilleur État que les citoyens du Canada, dont le gouvernement consomme 41% du PIB. Ils m’ont répondu non. Et j’ai conclu en leur demandant s’ils avaient un meilleur État que le peuple suisse dont le gouvernement ne consomme de 34% de la production économique (j’ai utilisé les données de l’OCDE pour mes comparaisons, c’est pourquoi mes chiffres ne sont pas identiques à ceux de Pierre). Encore une fois, ils m’ont répondu non.

La question fondamentale est donc : pourquoi les politiciens français imposent-ils un fardeau si lourd de dépenses publiques (avec un coût si élevé pour l’économie) lorsque les citoyens ne reçoivent pas de meilleurs services ? Ou peut-être la vraie question est-elle de savoir pourquoi les électeurs français élisent des politiciens qui poursuivent ces politiques insensées.

Mais pour être juste, nous devrions nous demander pourquoi les électeurs américains ont élu Bush et Obama, qui ont tous deux rapproché les États-Unis de la France.


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Traduction : Cthulhu pour Contrepoints.