UMP : pourquoi il ne faut pas financer le parti

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L’UMP fait la quête pour combler le trou abyssal de ses finances. Sans aggiornamento libéral, aucune raison d’aider le parti étatiste de droite.

L’UMP fait la quête pour combler le trou abyssal de ses finances. Sans aggiornamento libéral, aucune raison d’aider le parti étatiste de droite.

Par le Parisien Libéral.

UMPL’UMP met sur la place publique ses problèmes d’argent, et lie sa survie au sort de la démocratie française. Soit.

Citons Jean-François Copé qui écrit sur Facebook : « Le Conseil constitutionnel a décidé de rejeter les comptes de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Il s’agit d’une décision grave puisqu’elle a pour conséquence de priver le premier parti d’opposition républicaine des moyens d’exercer sa mission au service de la démocratie française » ou encore « Cette situation inédite sous la Ve République, poursuit l’ex-Président, met en péril la formation qui doit préparer l’alternance tellement nécessaire au socialisme ».

L’UMP, donc, selon Jean-François Copé, doit préparer l’alternance tellement nécessaire au socialisme.

Qu’a fait le PS depuis un an ? Certes, rien de bon. Fidèles lecteurs, vous n’avez pas besoin de vous remémorer de :

Sans parler des problèmes attribués au Président Hollande :

etc.

Au vu du bilan du PS au bout d’un an à l’Élysée, on pourrait croire que l’UMP a un boulevard devant elle.

Ceci étant dit, qu’avait fait l’UMP pendant cinq ans, entre 2007 et 2012 ? Avant tout, des monumentales hausses d’impôts et des lois votées par milliers, exactement comme le PS qu’ils critiquent.

Reprenons la définition du socialisme : Le socialisme est un système économique et politique qui repose sur la propriété collective, à divers degrés et sous diverses formes, des moyens de production. Sous sa forme étatique, il implique nationalisations et planisme ; sous sa forme utopique, il préconise coopération et mutualisme (source Wikiberal). On peut ajouter à cette définition les objectifs d’égalisation des conditions de vie (source Wikipedia).

Qu’a fait l’UMP pour lutter contre le socialisme quand ce parti était au pouvoir ? Pas grand chose. L’UMP s’est même ralliée, sur le plan économique, aux théories keynésiennes de déficit public contracyclique (d’où la fabuleuse hausse de la dette publique, soutenue par le PS) et à l’idée de stabilisateurs automatiques par redistribution de « pouvoir d’achat » pour « soutenir la consommation.

M. Copé et ses amis ont-ils voté toutes les lois de finance, toutes en déficit monstrueux, entre 2007 et 2012 ? Oui.

M. Copé et ses amis avaient-ils une religion définitive, ou non, sur le bouclier fiscal ? Non.

M. Copé a t-il protesté contre la nationalisation de Dexia, contre l’abaissement du seuil de taxation des plus values sur cessions de valeurs mobilières au premier euro de cession ou contre la taxation des clefs USB ? Non.

Quant au plan idéologique, no comment. Ce pas si subtil amalgame entre État et Nation dont l’UMP nous a rebattu les oreilles pendant cinq ans n’a jamais été conclu par un Bade Godesberg de la pensée conservatrice française. L’UMP est-elle nationaliste ou européenne ? Socialiste de droite ou libérale ? Keynésienne ou de bon sens ? Dirigiste et nationaliste ou tournée vers l’échange ?

Amis et adhérents de l’UMP, peut-être serait il bon que vous trouviez des réponses à ces questions, avant de donner un chèque. Le plus incroyable dans l’histoire récente de l’UMP est que le violent affrontement pour la présidence n’ait même pas donné lieu à ce débat d’idée. Comment se fait-il, par exemple, que des partisans d’une droite dure et décomplexée se soient retrouvés aussi bien aux cotés de Fillon que de Copé ?

On le voit clairement, en 2012, il n’y a pas eu d’alternance socialiste, il y a eu la victoire d’un socialisme de gauche, encore plus violent que le précédent. Donc affirmer que l’UMP est nécessaire à l’alternance fait sourire.

Quant à affirmer que la démocratie est en danger, c’est oublier un peu vite que d’autres formations politiques se tiennent prêtes. Ne parlons même pas de l’Union des Démocrates et Indépendants (UDI), le parti de centre droit de Jean-Louis Borloo, mais mentionnons juste le fait que Force Républicaine, le nouveau parti politique de François Fillon, se tient en embuscade.

La droite française ferait mieux de parler des débats qui la traversent, avant de parler d’argent.

Note aux webmasters des sites web de l‘UMP et du PS : on ne trouve pas aisément les objectifs politiques de vos formations respectives. Est-ce à dessein ?


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