Les élus, ambassadeurs du savoir-vivre à la française

Malgré la crise, les hommes politiques n’oublient pas leur savoir-vivre. Merci aux contribuables, sans qui rien de tout ça ne serait possible.

Ils sont souvent critiqués, haïs, dénoncés pour leur manque de probité, et condamnés par la justice. Mais s’il y a bien une chose qu’on ne peut pas reprocher aux hommes politiques français, c’est leur manque de savoir-vivre.

Jean-Luc Mélenchon, par exemple, estime que, passé un certain âge, on ne peut plus voyager en classe économique. C’est un peu comme ne pas avoir de Rolex au poignet : ça veut dire qu’on a raté sa vie. Un joli message pour les dizaines de milliers d’électeurs du Front de Gauche, et pour les millions de Français dont les contribuables ne financent pas les déplacements.

Avec panache, les anciens hommes politiques prennent aussi le temps de vivre. Leurs retraites – amplement méritées  au vu des résultats, à savoir la situation économique de la France aujourd’hui – permettent de vivre dignement, comme il se doit pour un ancien président. Vous comprendrez qu’ils n’ont pas le temps d’envoyer aux contribuables un mot de remerciement personnalisé, même s’ils pensent à eux souvent.

S’ajoute à ce savoir-vivre la persévérance. Pour lutter contre le chômage, rien de tel que le partage du travail ; et puis, un député sait bien que travailler 35 heures par semaine serait inhumain. Vous ne connaissez sans doute pas Barbara Romagnan, mais soyez certains qu’elle vous remercie pour le train de vie sympathique que vous lui offrez, et vous gratifie en retour de ses idées merveilleuses.

Aujourd’hui, le travail est bien partagé, il l’est déjà entre ceux qui ont un travail et ceux qui n’en ont pas. Je pense qu’il faut vraiment engager cette réflexion. Partager le travail, le temps et les richesses qui y sont associées autrement on ne pourra pas résoudre durablement et vraiment le problème du chômage.

Le travail est bien partagé entre ceux qui ont un travail et ceux qui n’en ont pas ; merci pour les quelques millions de demandeurs d’emploi qui aimeraient pouvoir en trouver un. Partager le travail, le temps et les richesses : le bonheur socialiste, malheureusement retardé par les vilains fascistes d’extrême-droite, d’extrême-gauche et de la Commission Européenne.

Les députés européens sont, eux aussi, plutôt inspirés par l’art de vivre à la française. Journées de travail courtes mais productives, champagne et petits fours, culture financée par le contribuable : la vie est belle. Sauf quand il s’agit de justifier qu’on vienne pointer, l’espace de quelques minutes, pour toucher des indemnités confortables ; et sauf quand des paparazzis et autres admirateurs viennent vous interroger sur votre productivité sans commune mesure. Il faut alors chasser les curieux, qui chercheraient à savoir ce qui justifie que le contribuable finance une fois de plus une vie de seigneur.

Un grand merci aux contribuables, qui rendent toute cette opulence possible. Les dîners républicains, les parties fines d’union nationale et les soirées petits fours et champagne n’auraient pas la même saveur si tout cela n’était pas offert par les citoyens dont le montant des impôts est décidé par les convives de ce grand banquet qu’est la vie politique française et européenne.

Et pour ceux qui pensent que le savoir-vivre, c’est bien, mais c’est encore mieux que ce ne sont pas les honnêtes gens qui financent le train de vie des moins honnêtes gens, le brillant h16 a quelques idées. Entrez en résistance contre le Léviathan qui se nourrit de vos talents, de vos efforts et de vos échanges, et qui nourrit toute cette bande de piques-assiettes aux deux bras gauches cassés. Inutile d’espérer que ceux qui se nourrissent d’impôts et de dépense publique réduisent l’un ou l’autre ; il ne reste plus qu’à précipiter la chute d’un État qui, jusqu’au bout, fera tout pour ne pas être privé de sa drogue : votre argent.