Rencontre avec le dissident cubain Eliécer Avila

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Dans le cadre de sa tournée mondiale et européenne, le dissident cubain Eliécer Avila, s’est entretenu avec les représentants d’Alternative Libérale, le parti pris de la liberté, lors de son passage en France.

Dans le cadre de sa tournée mondiale et européenne, le dissident cubain Eliécer Avila, s’est entretenu avec les représentants d’Alternative Libérale, lors de son passage en France.

Par Frédéric de Harven.

C’est dans un café parisien que les représentants d’Alternative Libérale, Emilio Pagura et Frédéric de Harven respectivement Secrétaire Générale et Président ont eu l’honneur d’échanger sur les droits fondamentaux et le régime cubain.

Ce jeune homme de 27 ans, dont les conditions de vie et la famille sont menacées, n’hésite pas à braver les interdits, au risque d’être emprisonné pour délit de propagande et d’espionnage à son retour, pour faire connaître au monde l’état de décomposition de la société cubaine.

Ingénieur en sciences informatiques, Eliécer Avila veut témoigner auprès des médias du monde entier de l’absence de liberté d’expression et des libertés fondamentales à Cuba. Avila a été le premier à bénéficier librement du droit de quitter l’île. Il se définit comme « un militant indépendant n’appartenant pas à un groupe politique traditionnelle. J’appartiens à une génération qui a su utiliser les nouvelles technologies pour créer un nouveau champ de pression ».

Le récent décès d’Hugo Chávez pose  la question de la stabilité économique de Cuba dans la mesure où les aides économiques dépendent très largement du Venezuela. À ce propos M. Avila a, immédiatement après sa mort, exprimé son respect et ses condoléances à la famille de Hugo Chávez et au peuple vénézuélien.

Alors que le printemps arabe a vu le jour grâce aux réseaux sociaux, l’accès à Internet est encore très précaire à Cuba. Notre hôte devant faire plus de 800km pour se connecter à Internet dans une salle mise à disposition par une ambassade européenne.

Avila nous explique que le système repose sur une corruption généralisée. Le salaire moyen mensuel est de 12 dollars, les plus pauvres utilisent le recyclage et le système D, le marché noir lié au rationnement de nourriture est présent partout, chacun essayant d’améliorer ses conditions d’existence. Le système de santé, tant vanté, est déficient et l’éducation nationale, un moyen de propagande. La liberté de la presse n’existe pas.

Je ne suis pas contre les régimes communistes d’Amérique du Sud, mon seul problème est que les communistes ne m’ont pas laissé être ce que je voulais être, et, pas seulement moi, mais aussi une grande majorité de cubains, en particulier les jeunes.

Au XXIe siècle, Avila pense que l’opposition au régime passe par la voix d’une multitude d’individus libres et capables de s’exprimer et de réagir grâce à internet de telle sorte que les Cubains puissent choisir librement leur destin.

Enfin, Avila conclut l’entretien en précisant : « Nous faisons pression pour un changement pacifique et, pour y arriver, nous sommes à la recherche d’un soutien international. »

Eliécer Avila a souhaité rencontrer Alternative Libérale parce que le projet de l’association est de contribuer au développement du progrès social, du progrès économique et de participer à l’émancipation de l’homme par la défense et la promotion de l’idée de liberté. La reconnaissance et la défense des droits individuels constituent un point incontournable de notre action.


Le chemin vers la liberté de Eliécer Avila

Étudiant à l’Université des sciences (U.C.I.) en 2008 à la Havane, il a suffi à Eliécer de poser une question à un haut fonctionnaire (séance filmée en vidéo et reprise en boucle) pour qu’il soit considéré comme un dissident. Il s’est vu refuser à deux reprises d’habiter La Havane et a été confiné dans son village natal, réduit à faire des petits boulots. C’est ainsi qu’il est devenu, après avoir soutenu l’idéologie officielle, un militant de la liberté et de la démocratie.

Après un entretien vidéo récent réalisé par la blogueuse Yoani Sánchez où il révèle la mise en place d’un système de contrôle, de désinformation et de blocage d’internet qui a fait grand bruit, il est le premier dissident à voyager à l’extérieur de Cuba à la suite de « la modernisation des permis de sortie » accordée par Raul Castro.