La France va mal, préparez-vous au pire !

Crise (Image libre de droits, crédits cc0)

La France va mal. Le moment approche où il sera trop tard. Surveillez les signes annonciateurs de la chute et préparez-vous à partir.

La France va mal. Le moment approche où il sera trop tard. Surveillez les signes annonciateurs de la chute et préparez-vous à partir.

Par DoM P.


Enseignant en CDD dans la banlieue d’Athènes, Nikos P. est inquiet pour son avenir et celui de sa famille. A 26 ans, son salaire, d’un montant de 1114€ l’année dernière, sera de 660€ cette année, en attendant une nouvelle baisse ou le chômage. L’été, ses allocations de 461€ l’année dernière passeront à 356€ cette année. Sa femme, Liana D., est au chômage, son employeur ayant fermé boutique faute de clients. Elle touche 356€ par mois, a abandonné tout espoir de trouver un travail et consacre son temps à ses deux enfants en bas âge. Ils vivent dans une petite maison de 4 pièces avec les parents de Nikos. Avec les retraites cumulées des parents de Nikos et tandis que les taxes et les prix augmentent, la maisonnée de 6 personnes compte vivre avec 2440€ par mois en moyenne cette année, 406€ par personne. Hier, Alexias, frère de Liana, souffrant d’une situation similaire et en dépression, s’est donné la mort… (Histoire inspirée de cas réels).

Il y a quelques jours, j’ai commencé à rédiger ce courrier pour mes amis et ma famille. Puis, au cours de sa rédaction, je me suis dit qu’il serait dommage de ne pas en partager le contenu avec un lectorat plus large. D’où l’idée de cet article.

Les nouvelles du monde en général et de la France en particulier sont extrêmement inquiétantes. J’ai quitté ce pays voilà quelque temps, mais j’y conserve mes racines et… vous, ma famille et mes amis. Et c’est un peu de vous que je voulais vous parler, justement…  Je n’écris pas pour vous informer d’un énième « effet de bord » prévisible bien qu’imprévu, dû à une énième mesure liberticide. Non. Je vous écris car je pense qu’il est temps de partir. Vraiment.

La France est dans un sale état. Je l’ai souvent dit, mais il n’est pas suffisant de le dire. Il faut aussi que vous le ressentiez. La France va TRÈS mal. Les signes d’alerte s’accumulent, tels que les retards de paiement de la solde de nos soldats, de certaines retraites, des experts judiciaires, des heures sup’ dans les hôpitaux, et tant d’autres encore ; telle l’incapacité de l’État à se réformer, à faire des économies, ou même à cesser tout simplement d’augmenter les impôts ; telle l’incompétence crasse de ce gouvernement de bras cassés, moqué à l’étranger plus encore qu’il ne l’est en France

Oui, décidément, la France se meurt, la France va mal et elle entraînera du monde dans sa chute.

Je voudrais que, dans les mois qui viennent, vous ouvriez bien grand vos yeux et vos oreilles, car le moment approche où il sera trop tard. Surveillez les signes annonciateurs de la chute et préparez-vous à partir. Les médias étrangers, bien plus que les français, sont une source inépuisable d’informations cruciales à ce sujet.

Ces signes, ce sont – sans ordre et de façon non exhaustive – les suivants : la hausse des taux d’intérêt des OAT françaises (Obligations A Terme [1]) qui, comme la dégradation de la note de la dette [2], indique la frilosité des investisseurs (quoi qu’on en pense, ce sont eux qui ont de l’argent à perdre, ils sont donc consciencieux quant à leurs inquiétudes) ; la hausse des CDS (Credit Defaut Swap [3]) sur les obligations françaises [1] ; la chute du PIB [4] ; des mesures restreignant de quelque façon que ce soit les mouvements de capitaux [5] et, plus encore, de personnes [6] ; la baisse globale des dépenses sociales [7] (venant d’un gouvernement socialiste, c’est un signe inquiétant) ; des délais accrus et/ou restrictions dans les paiements que l’État doit réaliser (dépenses sociales [7], retraites, factures de ses fournisseurs, salaires des fonctionnaires, etc.) ; acharnement sur certaines cibles de choix [8] (exilés fiscaux, « délinquants » de la route, patrons, riches, etc.) ; faillites retentissantes (banques, grosses industries, etc.) ; comportement agressif, insultant, ou menaçant des membres du gouvernement [8] ; la chute des importations comme des exportations… Certains de ces signes sont déjà perceptibles. Voyez-les comme les briques du mur qui formera peut-être votre prison.

La France va malVous savez que j’aime l’histoire, car elle éclaire le présent en parlant du futur. Permettez-moi donc de vous suggérer l’étude du Chili d’Allende puis de Pinochet, du Venezuela de Chavez, de l’Allemagne nazie, de La Route de la Servitude. Vous y verrez que, bien souvent, l’enfer ne tombe pas d’un coup sur tout un pays. Il y a des étapes à franchir. La France les franchit à toute allure. Ne croyez pas que Chypre ou la Grèce soient des exotismes impossibles sous nos cieux plus nordiques.

Je vous écris, donc, pour vous exhorter à vous préparer au pire, car il arrive. Je n’aime pas l’image de prophète de malheur que ça me donne, mais je vous préfère vous, mes amis, mes frères, mes parents, à mon image à moi.

Dans les mois ou les années qui viennent, ceux qui seront restés en France auront probablement trois choix :

  1. Rester et subir, ce qui peut aussi amener à une funeste fin.
  2. Remplir une valise et fuir, façon « valise ou cercueil » connue des pieds noirs d’Algérie, et accepter la ruine pour sauver leur vie.
  3. Exécuter un plan prévu à l’avance.

Historiquement, une majeure partie de la population tombe dans le cas 1. Le cas 2 n’est en général envisagé que par des jeunes, sans famille nucléaire, armés de courage et de quelques économies. Ou alors à des gens poussés à bout par la faim, la peur, ou la mort.

C’est du troisième cas dont je voudrais vous parler. Car, si vous ne voulez pas partir dès aujourd’hui – et vous avez vos raisons, j’imagine (travail, famille, immobilier, investissement, langue, culture…) – il est probable cependant que vous voudrez partir bientôt. Il faudra alors être prêt, car l’inconvénient de ne pas partir dès maintenant, c’est que tout devra être fait dans l’urgence, et en même temps que tout le monde.

Si vous voulez bien me croire donc, quand je dis que la France est réellement dans un état catastrophique, il vous faut, vous qui restez, un plan d’urgence.

Permettez-moi de vous suggérer quelques pistes dans ce but :

1. Tout d’abord, le nerf de la guerre. Si vous avez de l’argent, extrayez-le des institutions soumises à la loi de l’état. Si vous doutez du bien-fondé de cette mesure, pensez à Chypre [9]. Du livret A à l’assurance-vie, du PEL au PEA, en passant par le PEE et tout le reste. Gardez un compte courant, le reste en métal (or, argent, platine, acheté sans trace, pour que l’État ne vienne pas vous le saisir. Si vous doutez de cette éventualité, jetez un coup d’œil ici), ou en placements à l’étranger (tout en s’assurant que l’état français ne peut y accéder).

2. Dites-vous que vous devrez partir. Il faut vous en convaincre vous-mêmes. Il est impératif de dédramatiser l’éventualité du départ tout en mesurant clairement le risque de rester. Peu importe votre âge, votre condition physique, vos contraintes… Vous pardonnerez mon point Godwin, mais permettez-moi de vous dire que les juifs de 1933 et les koulaks [10] de 1918 qui auraient suivi mes conseils auraient majoritairement survécu à la suite des événements. Le juif ou le koulak d’aujourd’hui, c’est le riche, le patron, le spéculateur… Celui de demain, c’est le « bourgeois », à savoir celui qui possède son logement, qui gagne deux fois le SMIC, qui s’achète une jolie voiture… Celui d’après-demain, c’est le traître. Dites-vous bien que vous serez, un jour, le juif, le koulak, le zek [11]… Le même langage est d’ailleurs utilisé, du juif apatride à la finance apatride, du koulak spéculateur aux spéculateurS, du juif profiteur aux patrons profiteurs, et du juif insulté au riche insulté, des nepmen [12] aux investisseurs… Alors, je sais bien que vous qui restez, vous avez d’excellentes raisons de le faire. Vous êtes à la retraite, vous êtes peu qualifié, vous venez d’acheter votre maison ou de créer votre entreprise, vous êtes fonctionnaire, étudiant, votre moitié ne veut pas ou ne peut pas partir… Bref, vous avez vos raisons. Sachez bien que ces raisons-là, des millions de gens les ont eues, exactement les mêmes, alors qu’il fallut fuir en urgence de France en 1793, de Russie en 1917, d’Allemagne en 1933, de Cuba en 1959, d’Algérie en 1962, du Cambodge en 1975, de l’Argentine en 1998, du Venezuela depuis les années 2000… Combien furent ruinés ou en sont morts ? N’en soyez pas : préparez-vous !

3. Comprenez bien que tout actif non transportable non seulement sera perdu, mais fera également peser sur votre processus de décision de départ un poids très dangereux. Combien refuseront de fuir pour sauver qui un appartement, qui une parcelle de terrain, qui une entreprise, mais perdront tout, et leur vie peut-être ? Vendez, avant que tout le monde veuille le faire et que personne n’achète, rendez-vous légers et mobiles.

4. Préparez votre arrivée à l’étranger. Notez que plus vous attendrez, plus les portes se fermeront. Certains pays ne voudront pas accueillir toute la misère de France, et on peut les comprendre. Sélectionnez donc plusieurs points de chute possibles. Renseignez-vous sur ces pays : Culture, lois… Évitez les pays de la zone euro (quand la France chutera, l’euro ne vaudra plus grand-chose) et même de la CEE (Les pays de la CEE sont soumis à de nombreux accords qui pourraient poser problème à un expatrié). Allez voir le ou les pays dans lesquels vous envisagez de vous installer. Étudiez les us et les coutumes, le marché immobilier, celui de l’emploi… Renseignez-vous via des forums d’expatriés sur les conditions de vie et d’immigration, quelles sont les pièces administratives nécessaires… C’est un travail fastidieux mais comprenez bien que, le jour où ce sera urgent, il sera trop tard pour le faire, et vous n’aurez plus que le choix entre de mauvaises options, sans même pouvoir discerner les moins mauvaises des autres.

Quels pays choisir ? C’est beaucoup une question de préférences et de contraintes personnelles. Mes critères furent les suivants : hors zone euro, francophone ou anglophone, peu d’inflation, culture libérale bien ancrée, état des finances publiques correct, niveau de vie élevé. Ça m’a laissé avec les choix suivants : Suisse, États-Unis, Canada, Australie, Nouvelle Zélande, Singapour, Hong Kong. J’ai choisi la Suisse : francophone, proche de la France (ce qui pourrait s’avérer être un défaut, si la situation se dégrade trop violemment en France), culture similaire. À vous de voir avec vos propres critères.

5. Assurez-vous de pouvoir financer votre vie dans votre pays d’accueil : étudiez le marché et les conditions – notamment légales – de l’emploi si vous devez y travailler, assurez-vous de pouvoir y passer votre retraire sans la participation de l’État français si vous n’avez plus l’âge de travailler… Ce point, bien qu’essentiel, est très critique pour les retraités. J’ai conscience de la complexité de leur situation. Tout dépend alors de leur espérance de vie. En fin de vie, le jeu n’en vaut peut-être pas la chandelle. Mais attention, aujourd’hui, à 70 ans, on a souvent 15 à 30 ans de vie devant soi. Et dans 15 ans, le versement de la retraite est très loin d’être garanti. Aussi dur soit l’investissement lié au départ, il le sera moins que l’absence totale de ressources à 85 ou 90 ans. Vous voudrez bien me pardonner l’image : mourir de faim à cet âge est bien triste. Assurez-vous de ne pas en être !

6. Tout cela fait (et vite, il n’y a plus guère de temps à perdre), il vous faut un plan d’action clair : s’il se passe ceci, faire cela, s’il se passe cela, faire ceci, etc. C’est une grande bataille qui va se jouer. Ayez un plan, pour cette bataille. Prévoyez les coups à l’avance, ne vous laissez pas entraîner par la spirale de l’engagement… Évitez de vous contenter d’être la piétaille qu’on envoie au massacre : soyez le général qui prépare son plan, l’exécute et survit pour en parler.

7. Ça risque d’être chaotique, dans les mois et les années qui viennent. L’inscription à un club de tir et la possession d’armes à feu et de munitions semble de plus en plus nécessaire. N’oublions pas que l’État s’étant arrogé le monopole de la force légale, en cas de démission de celui-ci, vous serez seuls et nus devant la violence des autres. Demandez ce qu’en pensent les survivants pieds-noirs ou harkis de l’Algérie, par exemple.

Cela étant dit, je vais conclure en partageant avec vous certaines de mes inquiétudes concernant la France. Notons simplement qu’il s’agit d’inquiétudes, et non de prévisions, malgré leur probabilité d’occurrence croissante.

1. La France fait face à deux défis majeurs : une situation économique catastrophique, et un tissu social et culturel en état de délabrement avancé.

Concernant l’économie, il faut bien saisir la mesure du cataclysme approchant : le jour où la note de la dette française passera à B [2], le processus de chute sera non seulement irréversible, mais aussi extrêmement rapide (c’est le moment de la dernière chance de partir sans trop de perte, d’ailleurs). En quelques semaines, tout ce qui vient de l’État commencera à manquer : salaires des fonctionnaires, retraites, allocations diverses, assurance chômage, sécurité sociale, subventions, etc. Ce sont, littéralement, des dizaines de millions de gens qui, d’un coup, vont se retrouver avec une part non négligeable de leurs revenus amputée, le reliquat étant à risque dans les semaines et les mois qui suivront. Ce scénario, pour ceux qui s’en souviennent, a été vécu en grandeur nature par l’ex-URSS et les pays du bloc de l’Est. Plus près de nous, la Grèce montre le chemin (chemin suivi par Nikos, Liana, et Alexias).

Concernant le tissu social et culturel, le problème est d’un autre ordre : les français ont passé tellement de temps dans les bras de l’état-maman, qu’ils ont pour beaucoup perdu l’habitude de se battre et de prévoir. Par ailleurs, ce qui a fait la culture française disparaît peu à peu – remplacée par un mélange de culture allogène et d’inculture (merci l’Éducation Nationale) dans des matières pourtant essentielles pour comprendre le monde (économie, histoire, psychologie des masses, etc.). La notion de patriotisme en est même devenue infamante. Il est ainsi peu probable qu’un homme providentiel – un De Gaulle moderne – en émerge pour prendre la tête de la nécessaire reprise en main des fonctions régaliennes [13] de l’État. Il n’y a plus, comme ce fut le cas par le passé, de réelle cohésion nationale, car il n’y a plus vraiment de sentiment général de faire partie d’une même nation, avec une histoire et des intérêts communs. Or, il me semble clair qu’entre les syndicats habitués depuis des lustres à se comporter comme des enfants se croyant tout-puissants en cassant tout ce qui leur résiste, et les hordes de voyous peuplant les banlieues des grandes villes tout en vivant de la mamelle étatique, lorsque la situation économique deviendra critique, ces populations, par nature et habitude violentes, vont descendre dans les rues, et saccager ce qu’il restera de richesses. Il ne fera pas bon être propriétaire à ce moment. Surtout sans arme.

2. La France, pour faire face à ces deux défis, souffre également de deux tares qui limiteront grandement sa capacité d’action : D’une part les institutions françaises et la classe politique ne sont pas taillées pour gérer des problèmes de cette ampleur. Elles ont créé le problème et l’entretiennent depuis plus de 40 ans. Comme en Grèce. Ne comptez pas sur elles pour le résoudre. Le processus de décision politique sera trop long et fastidieux pour pouvoir réagir à l’urgence d’une situation se dégradant à vitesse grand V. D’autre part, la seconde tare de la France est la fuite – depuis des années et qui s’accélère aujourd’hui – de centaines de milliers de français parmi les mieux formés, les plus inventifs, imaginatifs, jeunes, et entreprenants. La force vive de la France est ailleurs. C’est peut-être une chance pour le long terme, car ils reviendront peut-être la sauver plus tard, mais, sur le court terme, sachez bien que la plupart de ceux qui resteront ne resteront que par manque d’autres options. Les pauvres, les vieux, les chômeurs, les allocataires, les fonctionnaires vont se retrouver bien seuls, d’une part sans État pour les soutenir, d’autre part sans grand-monde pour créer de la richesse et des emplois.

3. Les conséquences de ceci sont prévisibles : de la pauvreté partout. Un chômage qui explose ; des salaires qui baissent ; la notion de SMIC qui disparaît via les emplois au noir, seuls à être encore sur le marché ; la violence qui gagne du terrain, au fur et à mesure que les forces de police et les militaires sont contraints de démissionner par manque de moyens financiers ; l’inflation des prix liée d’une part à l’instabilité du pays et d’autre part à la probable politique inflationniste de la BCE (Banque Centrale Européenne) ; la valse d’impôts, de taxes, de contributions ; la chute vertigineuse de l’immobilier qui, poussé par une bulle créée par les lois françaises pendant des années, ira probablement flirter avec des bas historiques, plus grand-monde n’ayant alors les moyens de louer, et encore moins d’acheter ; la santé qui s’en ressent, partout, les hôpitaux français – déjà en état de quasi faillite – fermant les uns après les autres, tandis que la Sécurité Sociale ne rembourse plus rien du tout ; et puis, surtout, partout, la faim. Ne croyez pas que les famines n’appartiennent qu’à l’histoire, car si cela fait effectivement des siècles qu’en Europe, on ne meurt plus de faim pour cause météorologique, les communistes ont eu la charmante idée de prouver qu’il était possible d‘en organiser de main d’homme, via des conditions économiques calamiteuses, ce que nous aurons en France d’ici peu…

Certains me diront pessimiste, ou extrémiste. Peut-être le suis-je. Mais, vous qui restez, voulez-vous vraiment prendre ce risque ? Et si vous étiez trop optimistes ? Suivez, je vous en prie, les liens que j’ai fournis. Ils vous donneront une vue d’ensemble de la situation actuelle, et des pistes pour suivre son évolution. En attendant, je ne suis pas le seul à m’inquiéter

Je vous invite donc, une fois encore, à quitter ce pays, ou à tout le moins vous préparer à le faire. Les mois et les années qui viennent vont être chaotiques, et je préfère – égoïstement peut-être – savoir mes proches et mes amis à l’abri.

Soyez prêts, et n’oubliez pas que s’il y a des heures de pointe pour les embouteillages, il y aura sans doute des semaines de « pointe » pour quitter le pays ! Les derniers trains seront bondés !


Notes :

  1. Les obligations sont des titres de créance représentatifs d’un emprunt. Dans le cadre de cet article, l’emprunt dont il s’agit est la dette de l’état français. Pour mieux comprendre, voir Les obligations pour les nuls.
  2. Des entreprises, telles Mooddy’s, Standard and Poor’s, ou Fitch, se sont spécialisées dans la notation d’actifs financiers, afin de fournir une information supposément neutre sur le risque de perte lié à leur possession (Voir ce tableau récapitulatif des notes). Ainsi, posséder une obligation de l’État grec (C) est plus risqué que pour l’État français (AA1), ou suisse (AAA). Voir ce tableau des notations des pays de la zone euro. Ces notes sont des indicateurs de la qualité d’un investissement. Si la note est trop basse, les investisseurs se détournent de l’actif en question, et sa valeur plonge. Dans le cas d’une dette financée via des obligations, cela veut dire qu’une mauvaise note accroît dans un premier temps le taux d’intérêt réclamé par les investisseurs (plus de risque = plus de rémunération) puis cause à terme une cessation quasi totale d’achat, ce qui met rapidement l’état face à la faillite. C’est le cas de la Grèce.
  3. Les Credit Defaut Swap sont des contrats de protection financière entre acheteurs et vendeurs. Voir article plus poussé sur Wikipedia. Les CDS fonctionnent comme une assurance, ce qui implique que leur valeur est variable. Plus l’actif assuré devient risqué, plus la valeur marchande de son assurance augmente, et vice-versa. Les CDS ont tendance à grimper très fort avant la déclaration de faillite d’une entreprise ou d’un État. D’où l’utilité d’en surveiller l’évolution.
  4. Le PIB (Produit Intérieur Brut) est une mesure de la richesse produite en une année dans un pays. Sa hausse implique normalement une croissance économique, et sa baisse une récession. Il existe une corrélation forte entre les variations du PIB et le taux de chômage. C’est une mesure imparfaite, mais c’est celle la plus couramment utilisée.
  5. Quand un État commence à limiter les mouvements de capitaux, c’est-à-dire la fluidité de l’argent, cela implique non seulement qu’il craint de perdre des ressources taxables, mais aussi qu’un seuil a été atteint et que ceux qui ont de l’argent et qui peuvent fuir sont en train de le faire en quantité importante.
  6. Si un État limite les mouvements de personnes – notamment les flux d’émigrants – on se dirige à grands pas vers un système tel que les communistes savent les créer, le mur de Berlin étant l’illustration parfaite des méthodes susceptibles d’être utilisées. Quand ce genre de pratique commence à se mettre en place, il n’est plus temps ni de se demander s’il faut partir, si de réfléchir à une date : Il faut faire une valise tout de suite et partir en courant. Les barbelés du mur de Berlin, protégés par l’armée, ont été posés en quelques jours, tandis que le mur de pierre ne nécessita que quelques semaines, le tout en secret alors que le président niait le tout en bloc.
  7. Les dépenses sociales comprennent entre autres les allocations familiales, l’aide au logement (APL), les retraites, les allocations chômage, le RSA, les aides aux handicapés, etc.
  8. Un gouvernement techniquement en difficulté a besoin d’exutoires, de boucs émissaires, et de diversions. Il est primordial qu’on parle d’autre chose que de lui, et qu’on fasse peser le poids de la faute sur d’autres épaules que les siennes. Pour une étude approfondie du système du bouc émissaire dans l’histoire (notamment judéo-chrétienne) je suggère la lecture des œuvres de René Girard.
  9. Le langage courant des gouvernants est symptomatique de leur façon d’appréhender notre travail et nos économies : Le déficit du budget et présenté non pas en pourcentage de lui-même ((dépenses – recettes) / recettes), mais en pourcentage de PIB ((dépenses – recettes) / PIB), ce qui met au jour un sous-entendu terrible : le maximum de dépenses tolérable est égal à la richesse créée par les travailleurs. Il en va de même avec le montant de la dette, présenté en pourcentage du PIB, et non en capacité de remboursement lié aux recettes. Parfois, même, certains osent mettre en parallèle le montant de la dette avec le total des économies des citoyens d’un pays. Ce glissement sémantique et comptable laisse deviner la mentalité des gouvernants, pour qui les moyens de l’État sont équivalents à ce qu’ils sont capables, techniquement, de prendre. Rien d’étonnant alors à ce que les comptes en banque chypriotes, originellement garantis par l’État, soient à présent bloqués et pour certains partiellement saisis. Il s’agit d’un hold-up géant. C’était prévisible, et ça recommencera, et ailleurs qu’à Chypre qui plus est.
  10. Les koulaks étaient des paysans russes possédant leur terre, souvent en échange d’années passées dans l’armée. L’avènement du socialisme a permis de les mettre au ban de la société, puis de les affamer et de les déporter, pour leur voler les terres et en faire des kolkhozes (fermes d’État).
  11. Les zeks étaient les prisonniers du goulag soviétique. Alexandre Soljenitsyne entre autres, en a rendu le terme connu, en même temps que l’ampleur et l’horreur du système concentrationnaire soviétique.
  12. Les nepmen étaient de petits entrepreneurs russes ayant tenté de profiter de la Nouvelle Politique Économique (NEP en russe) pour créer de petites entreprises. Le système soviétique, égal à lui-même, a su punir ces imprudents qu’il avait pourtant incités à agir de la sorte. Ils ont en général fini au goulag.
  13. Les missions régaliennes sont la sécurité intérieure (police et justice) et la sécurité extérieure (armée).